^Qfc »^fi!' # ANNALES DES SCIENCES NATURELLES TOME IX. IMPRIME CHEZ PAUL RENOUARD, RUH GARANCIÈRE, H. 5. fJ.>^::U(^^ SCIENCES NATURELLES COMPRENANT la zoologie, la botanique, l'anatomie et la physiologie comparées des deux règnes, ET l'histoire des CORPS ORGANISÉS FOSSILES J RÉDIGÉES POUR LA ZOOLOGIE PAR MM. AUDOUIN ET MILNE EDWARDS « ET POUR LA BOTANIQUE PAR MM. AD. BRONGNIART ET GUILLEMIN. TOME NEUVIÈME. — BOTANIQUE. PARIS. CROGHARD&C^ LIBRAIRES-ÉDITEURS, PLACE DE l'École -DE- MÉDECINE , N. l3. 1838. s -it- '-^^-^ ANNALES SCIENCES NATURELLES PARTIE BOTANIQUE, ••:• Y* »« »«9*»«3* !••«<• >•?•»•>• t*»*;^*»* •«:•:•}• o*»«»»»«>«**l»t«»«c«**»*«»t*»* *•»••••# Observations sur la circulation des fluides chez le Chara FRAGiLis Desvaux (i) , Par M. DuïROCHEï, Membre de l'Académie des Sciences, (Lues à l'Académie des Sciences le 4 dccembre iSS/.) §. I — Exposé historique» La découverte de la circulation qui existe dans les Chara est déjà ancienne; elle appartient, comme on le sait, à Corti et re- monte à l'année 1 774 (2). Ce physicien fit sur les Chara beaucoup d'observations et d'expériences. A peine cette découverte eut-elle été annoncée qu'un autre observateur italien, Fontana (3), s*em- (1) Dans les extraits de ce mémoire qui ont été précédemment publiés, cette plante, par inadvertance , a été désignée sous le nom de Chara flexiiis. (a) Osservazionl microscopiche sulla tremellae suUa circolazione del fluide in una piaola aquajola. (3) Lettre à M, ••*, piibljéç en français dans 1^ sfo^i'uql ^e phpi^uç , w «776, tom, v"^ j>ag, 285, 6 DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. pressa de répéter les observations de Gorti. Ce dernier publia, peu de temps après , de nouvelles observations sur une circu- lation analogue à celle des Chara et qu'il avait observée|dansune plante aquatique qu'il ne désigna que d'une manière imparfaite (i), et que l'on a reconnue depuis pour être le Caulinia fra- gilis. Dans son premier ouvrage, Corti ne s'était pas borné à faire des recherches sur la circulation des fluides chez les Chara; il avait recherché et trouvé une circulation analogue à celle que présentent ces dernières plantes, chez trente autres plantes tant aquatiques que terrestres qu'il ne désigne que fort imparfaite- ment, ou seulement par leurs noms italiens vulgaires ; parmi elles, j'ai pu reconnaître la Courge {Cucurbita Pepo)^ le Concombre {Cucumis satiuus)y la Mercuriale i^Mercurialis annua^, la Con- soude {Sjmphytum officbiale), le Radis (Raphanus satii^us) .^ \3iTom2iX.e {Solanum Lycopersicum) , le Froment (7>iYzV'w/72 hyher- num) et l'Épeautre {Trilicum Spelta). Ces curieuses observations furent négligées par les naturalistes jusqu'en 1807, époque à laquelle Tréviranus observa de nouveau la circulation qui a lieu chez le Chara flexilis (2), mais il n'ajouta rien à ce qu'avaient dit à ce sujet Corti etFontanadontd igno- rait les observations. En 1 818, M. Araici publia ses observations sur la circulation chez le Chara vulgaris (3), et je dois dire ici que ses recherches à cet égard , qui seront exposées plus bas, ne laissent rien à désirer quant à leur exactitude. Plus tard, M. Amici étendit ses recherches au Caulinia fragilis (4) qui avait été étudié par Corti dont il confirma les observations; il étudia aussi la circulation chez le Chara flexilis. V>dj\s ces derniers temps, de nouvelles recherches ont été faites chez d'autres (i) Lettre au comte Paradisi , publiée en français dans le Journal de Physique , en 1776, tome VIII. (2) Beytrage zur pflanzenphysiologie , s. 91. (3) Memorie délia societa ilaliana délie scienze résidente in Modena, tom. xviii, pag. 182. La traduction française de ce travail se trouve dans les Annales de chimie et de physique, tom. XIII. (4) observations microscopiques sur diverses espèces de plantes dans les Annales des sciences naturelles , 1824 , tom. 11 , pag. 4t. DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. 7 phntes sur ce même phénomène de circulation végétale par di- vers observateurs. Je citerai ici particulièrement les observations de Slack(i)surla circulation des fluides chez le Nitella flexilis (Chara fie xilis'L.) et XHydrocharis Morsus-ranœ\ les observa- tions de Pouchet (2) sur les globules circulatoires du Zanni- chellia palus tris ; celles, enfin, de Meyen (3) sur la circulation du suc cellulaire dans les plantes. Ce dernier a vu cette circula- tion chez le Fallisneria, le Stratioies et le Polamogeton. Il l'a vue également dans les poils radicaux de X Impatiens Balsamina, du Ficia Faba., de Vlpomœa cœrulea, du Cucurbita Pepo^ du Cucumis satii^us ^ du Feronica Crista galli et du Ranunculus sceleratus. Bien du temps auparavant, R. Brown avait décou- vert cette même circulation dans les poils staminaux des Tra- descantia. Toutes les circulations dont il vient d'être question sont bien différentes de celle qui a été découverte par Schultz chez les vé- gétaux , et qui meut leur latex. Dans cette dernière circulation , à laquelle Schultz donne le nom de cyclose , le liquide se meut dans des vaisseaux anastomosés les uns avec les autres, et de telle sorte qu'il accomplit un circuit en revenant dans celui de ces vaisseaux que l'on aura pris pour point de départ dans l'obser- vation. Dans la circulation qui s'observe chez les Chara et chez les autres plantes dont il vient d'être question, le mouvement rotatoire du liquide s'accomplit dans une cavité close , tube ou cellule, marchant le long des parois de cette cavité jusqu'à ce qu'il soit revenu au point que l'observateur a pris pour point de départ. §. 2. Organisation du Chara fragilis. Tous les Chara offrent des tiges grêles dont les mérithalles (i) Transactions of the soclely of arls, manufactures, commerce, elc, vol. 4g. La traduction française de ce travail se trouve dans les Annales des sciences naturelles, ae série, tom. i, pag. 193 et 271. (î) Annales des sciences naturelles, 2e série, tom. ui, pag. Sg, (3) Annales des sciences naturelles, a« série, tooi. iv, pag, aS;. 8 DUTROCHET. — Suj la circulation dans les Chara. tubiileux sont remplis dans leur cavité centrale par un liquide mêlé de globules. La cavité centrale et tubuleuse de chaqnemé- rithalle est séparée par une cloison à l'endroit des nœuds, des cavités pareilles que possèdent les deux mérithalles voisins. Autoiu' de chaque nœud sont disposées en verticille huit feuilles linéaires que les botanistes considèrent comme des rameaux , parce qu'elles portent les organes de la fructification. Ces feuilles offrent, comme les mérithalles, une cavité tubuleuse cen- trale remplie par un liquide mêlé de globules. Les racines des Chara sont extrêmement déliées. Leur centre est également oc- cupé par une cavité tubuleuse qui contient un liquide mêlé de globules. Cette cavité tubuleuse dans chaque racine ou radicelle ne s'étend que du lieu de la naissance de celles-ci à leur termi- naison, oubienau lieu où elles produisentpar embranchement d'autres racines ou radicelles. La figure i (planche i) représente amplifiées une tige et des racines de Chara fragilis. a a méri- thaile; bbbb feuilles verticillées ;c racine simple: d racine rami- fiée à son extrémité renflées de laquelle partent les radicelles^. Le méi ilhalle a n'offre pas ou offre à peine un millimètre de dia- mètre. Observé au microscope, on le voit composé en dehors de tubes placés bout à bout et dont l'ensemble décrit des spirales parallèles, ce quiindiqueque le mérithalle est tordu sur lui-même; lorsque ce dernier devient fort allongé, ces spirales parallèles se redressent beaucoup, en sorte qu'elles deviennent dirigées pres- que suivant la longueur du mérithalle. On voit de distance en dis- tance sur ce dernier des petites protubérances globuleuses/? p. Ce sont les ludimensdes spinules qui offrent un bien plus grand développement chez le Charahispida. Au-dessous du nœud ter- minal de chaque mérithalle, il y a deux rangées circulaires de ces rudimens de spinules m m. Dans les angles de jonction des tu- bes spirales que l'on voit à l'extérieur de la tige, se trouve un tissu cellulaire vert; la cavité de chacun de ces tubes placés bout à bout n'est point en communication avec la cavité du tube infé- rieur, ni avec celle du tube supérieur, ainsi qu'on le verra plus bas. Ces tubes observés sur la coupe transversale de la tige sont ordinairement au nombre de dix-huit, ainsi qu'on le voit dans la figure a^ Çeltç p%rtip ejçtérieqre de h\ tige composéç de \.\\h^ DUTROCHET. — Su7' la circulation dans les Chara. 9 et de tissu cellulaire vert est, selon moi, l'écorceou \e système cortical (le la plante. On peut enlever entièrentient cette écorce en la grattant doucement avec un instrument tranchant. On met alors à découvert un corps que je considère comme le système central de la p!ante. Ce corps qui est transparent se présente sous l'aspect représenté par la figure 3. D'innombrables globules elliptiques verts, qui sont autant de petites cellules, sont placés, bout à bout, en séries rectilignes, lesquelles sont disposées obli- quement et en spirale en raison de la torsion de la tige sur elle- même. Ces globules verts sériés sont situés au-dessous ou en de- dans d'un tube membraneux très diaphane, auquel ils n'adhèrent que très faiblement; ce tube membraneux se trouve mis à nu par l'enlèvement du systè.me cortical. Je regarde cet assemblage des globules verts sériés, et du tube membraneux qui les con- tient, comme étant le système central de la plante. Le tube membraneux me paraît être le corps ligneux à l'état tout-à-fait rudimentaire ; on lui reconnaît une très petite épaisseur sur la coupe transversale de la tige, ainsi qu'on le voit en ^(fig. a) ; les globules verts sériés représentent un cercle c sur cette même coupe transversale, ainsi que la très bien vu M. Amici. Je considère ces globules sériés, comme les cellules les plus extérieures de la moelle dont la partie centrale manque tout-à-fait, ainsi que cela a lieu dans les tiges fisluleuses de certaines plantes qui vi- vent dans l'air. Chez les Chara, qui sont des plantes submergées, la tige fistuleuse est remplie d'eau, ou plutôt d'un liquide orga- nique aqueux dans lequel flottent d'innombrables globules, ou petites cellules, tantôt libres, tantôt dans l'état d'association, et que je regarde comme les cellules du centre de la moelle qui ont été désagrégées, et cela, dès les premiers temps du déve- loppement de chaque mérithalle. C'est la présence de ces globu- les flottans dans le liquide qui remplit la cavité fistuleuse de la tige des Chara , qui sert à faire apercevoir la singulière circula- tion à laquelle ce liquide est soumis; circulation que M. Amici 9, parfaitement décrite. I o DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Ghara. § 3. Mécanisme de la circulation chez le Chara. La circulation qui a lieu dans la cavité fistuleuse de la tige , ou plutôt de chacun des mérithalles dont se compose la tige des Chara , n'est pas la seule qui se présente à l'observation chez ces plantes. On voit également «me circulation dans plusieurs des tubes qui entrent dans la composition de leur écorce. Chez le Chara fragilis je n'ai observé cette dernière circulation que dans ceux des tubes corticaux , qui correspondent par leur base et par leur sommet, à une spinule rudimentaire ; ainsi que cela a lieu, par exemple, pour les tubes o o o (fig. i ); les autres tubes corticaux ont aussi très probablement leur circulation, mais on ne l'aperçoit point, et cela parce qu'ils ne contiennent point comme les tubes o o o de globules flottans qui seuls peu- vent faire apercevoir cette circulation lorsqu'elle existe. Les feuilles des Chara sont composées d'articles, et chaque article qui est tubuleux contient, dans sa cavité, un liquide mêlé de globules qui servent à faire apercevoir la circulation qui a lieu dans chacun de ces articles. Enfin les racines et les radicelles des Chara sont tubuleuses,et ont des cavités distinctes dans lesquelles on voit circuler un liquide diaphane qui tient des globules en suspension. Tous ces faits ont été vus et décrits par M. Amici. La tige du Chara fragilis est assez transparente pendant l'été ; elle devient opaque pendant l'automne , par le dépôt du carbo- nate de chaux sur sa surface. Malgré cette transparence de la tige du Chara fragilis, on ne peut bien observer la circulation , qui a lieu dans sa cavité fisluleuse, qu'en enlevant complète- ment son écorce, au moins dans une petite étendue, et sur tout le pourtour de la tige. Sans cela, on confondrait la circulation qui a lieu dans la cavité fistuleuse avec celle qui a lieu dans plusieurs des tubes corticaux. Lorsque l'écorce est enlevée , on voit, sans aucune, difficulté, la manière dont s'opère la circula- tion dans la cavité fistuleuse. Les globules , suspendus dans le liquide central , suivent avec une parfaite régularité les rangées longitudinales et parallèles des globules verts qui sont situés sur DUTEOCHET. — Sur la circulation dans les Chara. 1 1 les parois et en dedans du tube central. Ces rangées, ou séries de globules verts, sont disposées en spirale, en raison de la torsion du mérithalle sur lui-même. Les globules circulans sui- vent cette direction en spirale. Si les séries de globules verts offrent accidentellement des sinuosités, les globules circulans suivent ces sinuosités ; si les séries de globules verts offrent ac- cidentellement une assez longue interruption de continuité, les globules circulans s'arrêtent dans cet endroit, s'y accumulent; puis, poussés par ceux qui les suivent, ils franchissent lente- ment l'espace dépourvu de globes sériés ; arrivés à l'endroit, où finit cette solution de continuité des globules sériés, les globu- les circulans reprennent leur mouvement de progression rapide. M. Amici a déjà annoncé ces faits et je les ai vérifiés. Nous sommes ici sensés suivre le mouvement du liquide dans sa pro- gression ascendante, c'est-à-dn*e de la base du mérithalle vers son sommet. Cette progression ascendante du liquide s'opère exclusivement dans l'une des moitiés latérales du tube central , et selon la direction plus ou moins spiralée des séries de globu- les verts qui tapissent l'intérieur de cette moitié latérale du tube. Arrivé auprès du nœud supérieur, où se termine la cavité fistuleuse du mérithalle, le liquide se réfléchit et prend une pro- gression descendante en suivant encore la direction plus ou moins spiralée des séries de globules verts qui tapissent inté- rieurement l'autre moitié latérale du tube central. Arrivé au nœud inférieur, où se termine encore la cavité fistuleuse du mérithalle , le liquide circulant se réfléchit de nouveau et re- prend la route ascendante qu'il ava^t suivie précédemment. Ainsi le liquide circulant, dans sa progression ascendante , suit la di- rection spiralée des séries de globules verts dans une des moi- tiés latérales de la cavité fistuleuse du mérithalle, et, dans sa progression descendante, il suit de même la direction spiralée des séries de globules verts dans l'autre moitié latérale de cette même cavité fistuleuse , décrivant ainsi une double hélice. La constance et la régularité avec laquelle le liquide circulant et les globules qu'il charie suivent la direction des séries de globules verts doivent porter à admettre, avec M. Amici, que ces globules verts sériés qui tapissent l'intérieur du tube cen- 12 DUTKOCHET. — Sur ta circulation daus les Chara. Irai, sont les sources de l'action invisible qui imprime le mou- vement de progression au liquide qui est contenu dans ce tube central. Or comme il y a deux mouvemens opposés dans ce liquide , il en résulte que les séries de globules verts ont une action inverse dans les dedx moitiés latérales du tube central ; aussi ces deux moitiés sont-elles assez nettement séparées l'une de l'autre et de chaque côté par un espace transparent dépour- vu de séries de globules verts, comme on le voit en a a. (fig.3); dans la moitié latérale et spiralée b le liquide circulant est ascendant, et dans l'autre moitié c ce même liquide est descen- dant. Au-dessous de la bande spiralée et transparente a a \\ n'existe aucun mouvement de liquide; je nommerai, avec Slack , cette ligne spiralée transparente ligne de repos. Yontunù. a an- noncé le premier, et M. Amici a constaté depuis, que les deux courans opposés que sépare la lig77e de repos sont en contact ab- solu , qu'ils n'en sont séparés par aucune cloison. M. Amici donne à cet égard des preuves tellement positives que l'on a peine à con- cevoir que cela ait pufair^ l'objet d'un'doute. Ainsi il a vu qu'une partie des globules contenusdans le liquide circulant étantacciden- tellement réunis en une grosse masse globuleuse qui occupait une grande partie du diamètre de la cavité fistuleuse centrale dans laquelle s'opérait le mouvement circulatoire, il a vu, dis-je, que cette grosse masse globuleuse tantôt montait, tantôt descendait, suivant qu'elle s'approchait accidentellement de l'une ou de l'autre moitié latérale du tube central dans lesquelles le mou- vement du liquide circulant était inverse. J'ai fait plusieurs ob- servations analogues, et elles prouvent bien que les deux cou- rtins opposés ne sont séparés par aucune cloison. Voici une autre observation qui m'est propre et qui confirme cette assertion', en même temps qu'elle achève de prouver que le liquide circulant se meut sous l'empire d'une force qui émane des globules verts sériés. J'ai dit plus haut que lorsqu'il existait une assez longue solution de continuité dans les séries de globules verts, le liquide circulant tendait à s'arrêter dans cet espace dépourvu de globules verts sériés. Or j'ai observé une fois que près de la ligne de repos a a (fig. 4), il existait dans les fériés de ^lobulçs verts u«e solution de continuité qu interrup- DUTROCHET. — Sut' la circulation dans les Chara. i3 tion assez longue b. Dans cet endroit le liquide circulant et les globules qu'il charriait en venant de c arrivés dans l'espace b dépourvu de globules verts sériés, au lieu de continuer leur marche vers d , ainsi que cela aurait eu lieu sans l'existence de la solution de continuité des globules verts sériés en Z>, se réflé- chissaient suivant la direction i o et retombaient ainsi dans le courant descendant et opposé m , ce qui prouve avec la plus grande évidence qu'il n'y a point de cloison séparatrice entre les deux courans opposés. Dans cette même observation je voyais le courant ascendant continuer la route eu nn^ là où les globules verts sériés n'offraient point d'interruption de conti- nuité. Ce sont donc indubitablement les séries de globules verts qui impriment le mouvement au liquide circulant et aux glo- bules qu'il charrie; puisque ce mouvement s'interrompt là où les séries de globules verts s'interrompent , et puisqu'il n'y a point de mouvement aux lignes de repos lesquelles sont dépourvues de globules verts sériés. J ajouterai à cela que j'ai constamment observé que lorsque les globules verts, quoique non interrom- pus , cessent accidentellement d'être disposés en séries régu- lières et qu'ainsi leur disposition est confuse, le liquide circulant cesse de se mouvoir dans cet endroit , et il se réfléchit vers le courant opposé, de la même manière que cela aurait lieu s'il y avait là une interruption de continuité. Il résulte de cette ob- servation que la disposition régulièrement sériée des globules verts est une condition indispensable pour qu'ils impriment le mouvement de progression au liquide qui les touche; cela permet de supposer que les globules verts ont des pôles et que ces pôles ont besoin d'être dans un rapport déterminé pour le développement de la force qui imprime au liquide circulant son mouvement de progression ; aussi M. ximici a-t-il été porté à considérer les séries de globules verts comme autant de piles voltaïques qui agiraient sur le liquide qui les touche par l'élec- tricité qu'elles produisent. Nous verrons plus bas ce que Ton doit penser de cette hypothèse ; toujours résulte-t-il des faits ex- posés ci-dessus que les globules sériés impriment îe mouvement de progression au liquide qui les touche en vertu d'une action invisible et qui s'exerce à petite distance dans un sens détermi- i4 BUTROCHET. — Sur lu circulation dans les Chara. né ; or comme ce sens du mouvement de progression du liquide étant inverse dans les deux moitiés latérales du tube central, il en résulte que, dans ces deux moitiés latérales les globules verts sériés agens de l'action motrice ,sont disposées en sens inverse relativement à leur faculté de produire cette même action motrice. L'action motrice, qui émane des globules verts sériés, meut la totalité du liquide contenu dans la cavité fistuleuse du tube central que tapissent ces globules. Or, comme cette cavité tu- buleuse possède environ f de millimètre de diamètre, il en ré- sulte que l'action motrice s'étend, de part et d'autre, à 7 de millimètre de distance des globules Verts sériés desquels elle émane. Or, j'ai mesuré l'épaisseur du tube diaphane central, que ces globules tapissent intérieurement, et j'ai trouvé que cette épaisseur est à peine de 7^ de millimètre. L'action motrice des globules verts sériés devrait donc s'exercer au dehors de ce tube central, à la même distance qu'elle s'exerce dans son inté- rieur, si ce tube central était susceptible de transmettre au travers de ses parois l'influence invisible qui est la source de cette action motrice. C'est ce qu'il m'a paru important d'expé- rimenter. Ayant dépouillé un mérithalle de Chara de son système cortical , et l'ayant réduit ainsi à son tube central dans lequel on voyait sans difficulté la circulation, je l'ai placé dans la concavité allongée d'un porte-objet de verre et je l'ai couvert d'eau, à laquelle j'ai ajouté le liquide circulant , rempli de glo- bules flottans que j'ai extraits de plusieurs mérithalles de Chara. Mon mérithalle, en expérience, était ainsi environné des mêmes globules flottans qui circulaient dans son intérieur : or , ces globules flottans extérieurs ne manifestèrent aucun mouvement, ce qui me prouva que malgré l'extrême petitesse de la distance qui les séparait des globules verts sériés , placés en dedans du tube central, ils n'en recevaient aucune influence motrice. On peut conclure^ de là, que la membrane diaphane, qui constitue ce tube central , n est pas perméable pour l'influence motrice invisible qui émane des globules verts sériés. J'ai expérimenté , en outre , que deux mérithalles de Chara , dépouillés de leur système cortical, étant placés l'un à côté de l'autre et mis en DUTROCHET. — Sur la circulatiou duns /^^ Chara. i5 contact immédiat, leurs circulations respectives n'éprouvent aucune influence de ce rapprochement , soit que les côtés en contact offrent la circulation en sens inverse, soit que cette circulation s'effectue dans le même sens. Ainsi il est certain qu'il ne se transmet rien au dehors de l'influence invisible qui meut à l'intérieur le liquide circulant des Chara , et on en peut con- clure que la membrane organique qui emprisonne ce liquide circulant est isolante pour cette influence. J'ai observé que chez les vieux mérithalles du Chara fmgilis, il n'y a point de circulation, et j'ai vu, en même temps, que chez eux les globules verts qui tapissent intérieurement le tube cen- tral ont perdu leur disposition sériée régulière ; les séries de ces globules verts y sont souvent interrompues ; souvent, aussi, ces mêmes globules verts sont devenus confusément épars; quel- quefois même ils ont presque entièrement disparu. Ces globules verts sériés ne sont, en effet, que très faiblement adhérens au tube central qu'ils tapissent intérieurement; il paraît que, par le progrès de l'âge, ils perdent cette faible adhérence, et qu'a- lors ils se détachent, soit en^ totalité soit par parties, et qu'ils deviennent flottans dans le liquide central. Alors, ce hquide perd son mouvement circulatoire, qu'il ne devait qu'à l'associa- tion en séries régulières des globules verts. Lorsqu'on enlève le système cortical d'un mérithalle de Chara, en le raclant avec un instrument tranchant, il arrive très souvent que cette action mécanique, lorsqu'elle est trop forte, détache les globules verts sériés de la paroi intérieure du tube central qui se trouve mis à nu par cette opération. Alors on voit la circulation se rétablir, après un certain repos, dans les parties où les globules verts ont conservé leur disposition sériée , et ne point se rétablir dans les parties où les séries de globules verts ont été détachées. J'ai observé, dans une de ces circonstances^ un fait très remarqua- ble. L'opération , au moyen de laquelle j'avais enlevé le système cortical d'un mérithalle de Chara, avait détaché plusieurs des séries de globules verts dans le voisinage de la ligne de repos r, r (fig. 6, planche 2 ), et dans la partie qui correspondait au cou- rant descendant a. La partie correspondante au courant ascen- dant b , avait conservé l'intégrité de ses séries de globules verts» i6 DUTROcriF.T. >— Sur la circulation clans les Chara. L'une des séries de globules verts c d, appartenant au côté descendant a, complètement détachée de ce côté, s'était acci- dentellement placée dans le milieu de la ligne de repos r,r^ et elle s'était roulée en spirale, comme on le voit dans la figure. Or, après quelques minutes, je vis cette série de globules verts quitter la disposition en spirale et se redresser spontanément, et cela demeurant toujours placée dans le milieu de la ligne de repos r,r, comme on le voit dans la fig. 7. Je vis alors un globule flottant i, appartenant au liquide circulant et égaré de son che- min, s'approcher de l'extrémité c de cette série redressée de globules verts et prendre, en la suivant, un mouvement de pro- gression jusqu'à son autre extrémité d, où ce globule s'arrêta. Ici , je vis manifestement que ce globule égaré se mouvait sous l'influence d'une action motrice dont la série de globules verts était la source, puisque le globule suivit la direction de cette sé- rie , située , cependant , dans la ligne de repos , et qu'il ne dé- passa pas son extrémité. Bientôt un autre phénomène se mani- festa. J'ai dit que celte série de globules verts c d (fig. 7) appartenait au côté a , qui était le côté affecté au mouvement descendant du liquide circulant; cette série de globules verts détachée de sa place naturelle et placée dans le milieu de la ligne de repos ^ était donc dans une position renversée puisque elle avait opéré, sous mes yeux, la progression ascendante du glo- bule flottant i de c en d. Or, je vis bientôt cette série de globules verts déplacée et accidentellement renversée, tendre à repren- dre spontanément sa direction primitive et naturelle. L'extré- mité c de cette série de globules verts se recourba vers le haut, comme on le voit en o c (fig. 8), et s'avança lentement selon la direction ascendante de la petite flèche qui se trouve placée en avant-, cependant, l'autre partie do descendait selon la direction de la petite flèche qui est à côté d'elle, et, de la sorte, la série entière des globules verts se trouva avoir changé de place, bout pour bout , comme on le voit au d c (fig. 9), et elle s'appliqua contre la plus extérieure des séries de globules verts, du côté descendant a auquel elle appartenait primitivement. On notera que ce mouvement de retournement s'est opéré dans un sens diamétralement opposé à celui du courant descendant «, dans le DUTROCHET. — SuT la circulation dans les Chara. in voisinage duquel il a eu lieu , et que, par conséquent, on ne peut attribuer ce phénomène de retournement à une impulsion du liquide circulant; ce phénomène dépend donc d'une action spontanée. Ainsi, nous voyons s'exécuter successivement les phé- nomènes suivans : 1° une des séries de globules verts du Chara, étant détachée de la paroi intérieure du tube central par une action mécanique exercée sur ce tube et portée, par hasard, dans le milieu de la ligne de repos} elle s'y roule d'abord spon- tanément en spirale; 2° ensuite elle reprend spontanément sa rectitude première; 3" se trouvant accidentellement renversée du haut en bas, elle se recourbe sur elle-même par un mouve- ment spontané et se retourne, de bas en haut, pour finir par se placer, côte à côte, avec la série de globules verts la plus exté- rieure du côté auquel elle appartenait primitivement. Cette suc- cession d'actions spontanées est fort surprenante, car on ne connaît point d'actions physiques qui soient capables de les pro- duire. Ce sont, cependant, là bien certainement, des phénomè- nes physiques , mais ils sont d'un ordre inconnu et font partie de ceux que nous désignons sous la dénomination mystérieuse de Phénomènes vitaux. Ces phénomènes ont ici leur sièo-e dans les petits corps verts que , pour abréger , j'ai désignés sous le nom de Globules, et qui sont, dans le fait, des cellules fort pe- tites et longitudinalement sériées, comme le sont toujours les cellules de la moelle à laquelle elles paraissent ici appartenir, étant tout ce qui reste de cette masse cellulaire centrale chez les Chara. Ce sont véritablement des cellules à Vétat naissant et elles jouissent , à cette époque , de propriétés particulières de propriétés vitales et motrices que ne possèdent point les cellules dont le développement est plus avancé. J'ai fait voir, dans un autre travail (1) , que le tissu fbreux des végétaux est dans le même cas ; il possède à l'état naissant des propriétés vitales et motrices toutes spéciales , et que ne possède point ce même tissu fibreux lorsqu'il est plus âgé ou plus développé. Ces propriétés vitales et motrices que possèdent les organes élémentaires des (i) Voyez dans mou Mémoire sur le scmmeil et le réveil des plantes, tom. i de la collection de mes Mémoires^ pag. 5o3. IX. BoTAN. — Janvier, j8 DUTROfJiJiT. — Su/ la circulailon dans les Cliiua. végétaux, lorsqu'ils sont à Xétat naissant, établissent un rap- procheuient très reuiarqnahle entre les végétaux et les animaux sous le point de vue de la faculté commune qu'ont les organes élémentaires végélaux à Yétat /laissa/it _, et les organes moteurs élémentaires des animaux à Vétaé normal de développement , d'exécuter les mouvemens spontanés que l'on désigne générale- ment sous îo nom de mouvemens ^irriiahilUè. En perdant, par le développement ultérieur, leur état naissant ,\^^ organes élé- mentaires végétaux perdent leurs propriétés i^itales et motrices. Or, M. Payeu (i) a découvert ce fait curieux et fort important que, chez les végétaux, tout organe naissant renferme une abondance de matière azotée, et, qu'à mesure que l'organe se développe, ia matière azotée diminue relativement à la matière non azotée qui devient, peu-à-peu, tout-à-fait prédominante. Ainsi l'existence, chez les végétaux àes propriétés vitales mo- trices, paraît liée à rexisîence d'une grande quantité d'azote dans leurs organes naissans y ce qui rapproche ainsi ces organes de ceux des animaux sons le point de vue de la composition chimique. Or, les Chara contiennent beaucoup d'azote (2), et cela comcide avec les observations qui seront exposées plus bas et qui font voir que les Chara présentent, à-peu-près, les mêmes phénomènes que les animaux sous l'influence des agens exté- rieurs. Cette disgression m'a un peu éloigné de l'étude de la cir- culation du Chara; je m'empresse d'y revenir. (i) Mémoire sur hi couiposition chimique géuérale des divers organes des végétaux pliané- rogames. Voyez !e rapport fai! par M. Biinias, conjointement avec M. Turpin et moi, snr ce mémoire, rapport publié dans le premier semestre (i 8 38) , des comptes rendus liebdomadaires des séances de i'Académie des Sciences, pag. i3i, (a) L'existence d'une grande quantité d'azote cliez îe Chara f va giUs ^di été constatée par M. Paycn au moyen des expériences suivantes, qu'il a entreprises à ma demande. ■ Le Chara , desséché dans le vide, a plus de 5o degrés centésimaux, fut calciné dans un • tube. Les vapeurs dégagées , mises en contact avec la teinture rouge de tournesol , la firent • immédiatement virer au bleu , qui persista jusqu'à la fin de l'opération: elles contenaient « donc une certaine quantité d'ammoniaque en excès sur la proportion équivalente aux acides " carbonique et acétique, que la calcination avait aussi développés, ainsi que nous t'avons M ultérieurement reconnu. La présence de l'ammoniaque fut encore constatée par l'acide chlor- « hydrique, qui pioduisi! , en s'y combinant , un précipité blanc dans l'air atmosphérique, « Le produit liquide de la condensation des vapeurs ammoniacales offrait d'ailleurs des gout- « telettes de celte luiile brune à odeur forte et fétide, qui caractérise les produits volatils de « la di^tillatioll des débris animaux et de différentes matièrci azotées. » DUTROCHET. »— Sur la circulation dans le Nitella , dans les intervalles è, cet^^ e qui existent entre le système cortical et le système central, et non dans la cavité fistuleuse d àe ce dernier système, ainsi que cela a lieu chez les Chara. Chez ces dernières plantes, les deux systèmes cortical et central sont juxtaposés sans adhérence réelle et intime, et il n'y a point de liquide dans leur intervalle; chez les Nitella, ces deux mêmes systèmes sont séparés partout, excepté aux lignes de repos, par un intervalle dans lequel se meut le liquide circulant. Telle est la différence qui existe entre les Chara et les Nitella , différence que Slack n'a point aperçue. Les observations rapportées ci-dessus ne permettent plus de douter que la circulation du liquide contenu dans le tube cen- tral des Chara n'ait pour cause une influence invisible émanée des séries de globules ou plutôt de petites cellules de couleur verte et sériées qui tapissent intérieurement ce tube central et qui sont en contact avec le liquide circulant. De pareilles séries de globules verts existent dans les feuilles et président indubita- blement à la circulation que l'on observe dans chacun des arti- cles ou des rameaux dont elles sont composées. Quant aux pe- tits tubes qui existent dans le système cortical de la tige des Chara, on ne peut voir s'ils possèdent également des séries de globules verts pour présider à la circulation que l'on voit dans 2a DUTROÇHET. — - Sur la circulation dans les Chara. l'intérieur de quelques-uns d'entre eux; environnés de tissu cel- lulaire vert qui masque plus ou moins leur organisation propre, celte dernière est difficile à bien voir. 11 reste actuellement à savoir si les racines des Chara qui so:it tubuleuses, et dans l'in- térieur desquelles on observe une circulation, possèdent aussi des séries de globules ou de très petites cellules pour présider à cette circulation. La couleur verte étant étrangère aux racines des Chara, comme à celles de la plupart des plantes , il s'ensuit d'abord que ces séries de globules ou de très petites cellules, si elles existent, nesontpas de couleur verte, et que par consé- q ent la Chlorophylle à laquelle est due cette couleur ne serait pas indispensable pour l'existence de l'action motrice qui pré- side à la circulation. M. Amici , qui a observé avec beaucoup de soin les racines de Chara, assure n'avoir aperçu aucunes cellules djuis leurs parois, qui effectivement n'offrent à l'œil armé des plus forts grossissemens qu'un tube membraneux extrêmement mince et diaphane comme du verre. Ce tub.; membraneux est indubitablement composé de globules cellulaires, comme le sont toutes les membranes organiques, mais on ne les aperçoit point; on les voit seulement dans les parois de l'extrémité renflée i de la ry.cine d (fig. i), partie renflée de laquelle naissent les radicel- les /, /. Cette partie renflée possède en effet des parois beaucoup plus épaisses que ne le sont celles du corps d de la racine , et on y aperçoit sans peine des petites cellules incolores et disposées en séries. On ne peut guère douter que ce ne soit de ces séries de globules ou de petites cellules incolores qu'émane l'influence invisible qui met en mouvement de circulation le liquide mêlé de globules flottans que contient la cavité tubideuse de ces ra- cines. Aussi voit-on ces globules flottans raser toujours de tiès près les parois de cette cavité tubulense, et comme, dans la partie renflée ^, les parois sont souvent sinueuses à l'intérieur, on voit les globules circulans suivre avec exactitude toutes ces sinuosités, obéissant ainsi visiblement à une actioti motrice qui émane de ces parois. Comme le liquide monte d'un côté et des- cend du côté opposé dans ces racines tubuleuses, il en résulte que les deux côtés opposés que suit le liquide circulant exer- cent sur ce liquide vue action inverse, et qu'il y a entre eu^ DUTROCHET. — Sur ta c'uciilaùon dans les Ciiara. â3 deux lignes de repos, ainsi que cela existe pour !es autres cavités tubuleuses dans lesquelles on observe une circulation chez lo Chara. Lesobservat'onsdeCortijdeivîeyen, dePoucheî, tîeBrownetde Slack , citées au commencement de ce mémoire ont prouvé qu'une circulation analogue à celle qui existe chez les Chara, existe dans les cellules et dans les tubes d'une foule de plantes soit aquatiques, soit terrestres; Meyen et Siack ont vu cette circu- lation dans toutes les cellules de \ Hy drocharïs Morsus-ranœ. Il parait donc infiniment probable que ce phénomène appartient à toutes les cellules ou plus généralement à tous les organes creux des végétaux dans lesquels il existe un liquide. Si ce mou- vement circulatoire ne se manifeste pas à la vue dans bien des cas , c'est que le liquide contenu dans les organes creux végétaux ne tient point en suspension des g'obules qui seuls peuvent faire apercevoir, par leur mouvement, celui du fluide qui les charrie. Ceci est donc un despliénomèhes les pîusimportans de la physiologie végétale, et l'on peut soupçonner, avec assez de fondement, qu'il appartient aussi à la physiologie des ani- maux. La circulation qui a lieu dans les Chara paraît rapide par le fait de l'amplification microscopique, mais dans la réalité elle est fort lente. La vitesse de cette circulation varie, comme on va le voir tout-à- l'heure, par l'effet de diverses causes et no- tamment par l'effet des variations de la température. Or, par le moyen delà mesure micrométrique du champ du microscope, j'ai vu que, par une température moyenne ou de -f- lo à 12 degrés centésimaux, les globules flottans que charrie le liquide qui circule dans le tube central du Charafragilis parcourent un miUimètre dans 35 à 36 secondes. Cette vitesse, qui est îa vi- tesse moyenne de cette circulation, devient un peu plus que double par une chaleur élevée; elle ne dépasse jamais cette me- sure. Ainsi lorsque, dans la suite, je dirai que !a circulation du Chara est lente ou rapide, cela devra s'eatendre de son mouve- ment tel qu'il apparaît dans l'observaîion microscopique, et comparé à la vitesse moyenne que je viens de déterminer. 24 DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Ghara. § 4* -"" Influence de la température sur la circulation du Char a. Avant d'examiner Finfluence que la température exerce sur la circulation du Cliara, je vais parler brièvement d'une opi- nion qui a été émise, il y a plusieurs années, sur la (ause de cette circulation. De l'eau dans laquelle flottent en suspension des corps légers et pulvérulens étant mise dans im tube de verre vertical ou peu incliné, fermé par son extrémité infé- rieure, offre une circulation continuelle. J'ai fait voir dans un autre travail (i) que ce phét'omène dépend de l'inégalité très légère de la chaleur à laquelle sont soumis deux côtés opposés du tube de verre, et cela en vertu de la direction qu'affecte le courant ou la transmission de la chaleur dans l'air environnant; ainsi le courant delà chaleur ayant lieu, par exemple, de gau- che à droite, le liquide devenu plus léger au côté gauche du tube, par cela même qu'il est plus échauffé, monte de ce côté, et , par une conséquence nécessaire , il descend au côté droit du tube, en sorte qu'il s'établit une circulation continuelle dans ie liquide. Si l'on approche un corps chaud du côté droit du tube, la circulation change de sens; le liquide monte alors de ce côté droit du tube., et il descend du côté gauche. Il est évi- dent que ce phénomène n'est comparable en aucune façon à celui de la circulation qui a lieu dans les Chara. En effet, dans le tube de verre, le mouvement circulatoire suit en droite ligne les parois du tube , tandis que dans la cavité tubuleuse du méri- thalle de Chara le mouvement circulatoire suit en spirale les J)arois du tube dans lequel il s'exécute , en sorte que le même côté de ce tube offre alternativement le mouvement oblique ascendant et le mouvement oblique descendant du liquide cir- culant. Cette circulation ne dépend donc en aucune façon de réchauffement inégal des deux côtés du tube, ainsi que cela (i) Expériences sur la circulation des liquides dans les tubes de verre verticaux; tom. II de la collection de mes Mémoires, pag, 56o. DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. a 5 a lieu pour la circulation qui a lieu dans les tubes de verre. Aussi ai-je expérimenté qu'en approchant un corps chaud de l'un quelconque des côtés d'un raérithalle de Chara , on ne change point la direction du mouvement circulatoire qui a lieu dans son intérieur ; seulement on augmente la vitesse générale de cette circulation. L'auteur de la découverte de la circulation qui a lieu dans les Chara, Corti a vu que lorsque la température est à + i6 degrés, la circulation est vigoureuse dans les Chara, qu'elle de- vient plus lente à + lo degrés et encore plus lente + 7 ou 6, et qu'enfin elle s'arrête par un abaissement de la température de + 5 à + 2 degrés 1 selon que la plante est plus ou moins affai- blie dans sa vitalité. 11 fit subir à des tiges de Chara un froid de — 5 degrés, et ces plantes reprirent leur circulation dans l'eau dégelée par le retour d'une chaleur suffisante et lentement gra- duée. Mes expériences sur ce sujet ne concordent pas tout-à-fait avec celles de Corti. J'ai vu, en effet, la circulation du Chara continuer dans l'eau refroidie à zéro, et même j'ai observé celte circulation pendant douze heures dans l'eau refroidie à un degré au-dessous de zéro et non convertie en glace pendant cet espace de temps. Cette circulation existe donc tant que l'eau conserve sa fluidité. Je n'ai point vu, comme Corti , cette circulation re- prendre par le dégel gradué d'une tige de Chara qui a été com- plètement gelée. J'ai observé, comme Corti, que l'élévation de la température augmente la vitesse de la circulation du Chara, et que l'abais- sement de la température diminue cette vitesse. La constatation de ce fait général était importante, sans doute, mais j'ai voulu pousser plus loin mes recherches sur l'influence qu'exerce la température sur cette circulation. J'ai pris trois mérithalles de Chara dont la circulation se maintenait dans de l'eau refroidie à zéro. Cette circulation était lente. Je laissai le vase qui conte- nait l'eau et les mérithalles de Chara refroidis à zéro dans un ap- partement dont la température était à + 9 degrés centésimaux. Au bout de quatre heures l'eau du vase avait acquis la tempé- rature ambiante de + 9 degrés, et la circulation des mérithal- les de Chara avait acquis à-peu-près sia vitesse moyenne. A l'aide 20 DUTROCHET. - — Suf la circulation clans les Chara. d'un appareil d'échauffement dont je modérais à volonté l'ac- tion, j'élevai, dans l'espace d'une heure, la température de l'eau à -f- 18 degrés centésimaux, alors la circulation devint extrême- ment rapide dans les mérithalles de Chara. Dans l'espace d'une autre heure je portai la température de l'eau à -h 27 degrés. La circulation devint alors extrêmement lente; je maintins cette même température de -f- 27 degrés, et, sous son influence con- tinuée, la circulation commença, au bout d'une heure et de- mie, à reprendre de la vitesse qui augmenta peu-à-peu, en sorte qu'après avoir subi pendant deux heures l'influence d'une chaleur de -H 27 degrés, les mérithalles de Chara reprirent une grande vitesse de circulation , vitesse qu'ils avaient d'abord per- due sous l'influence de cette même température. La force vitale qui produit cette circulation . d'abord oppriaiée par une cha- leur trop forte , avait réagi contre cette cause opprimante. L'un des trois raériîhalles de Chara, soumis à cette expérience, avait été employé la veille à une autre expérience par laquelle il avait subi des changcmens brusques et considérables de tem- pérature, dont les effets seront rapportés plus bas. Cette expé- rience avait, à ce qu'il paraît, affaibli la vitalité de ce mérithalle de Chara, en sorte que sa circulation était demeurée fort lente sous l'influence continuée pendant deux heures d'une tempéra- ture de H- 27 degrés, taudis que, sous cette même influence , les deux autres mérithalles avaient acquis une circulation ra- pide par l'effet de la réaction vitale qui s'était opérée chez eux. Ainsi cette réaction vitale n'avait point lieu chez le mérithalle affaibli. Je le retirai de l'eau échauffée à + 27 degrés dans la- quelle sa circulation demeurait languissante, et je le transportai dans de l'eau dont la température était seulement de 4- 12 de- grés; en peu de minutes ce mérithalle reprit sa vittsse normale de circulation. Je reviens aux mérithalles de Chara dont la force vitale avait réagi contre l'influence opprimante de la chaleur de H- 27 degrés, et dont la circulation, d'abord diminuée par celte chaleur, était r'.^devenue rapide sous son influence continuée ; j'augmentai peu-àpeu la chaleur de l'eau dans laquelle ces mé- rithalles étaient plongés, et en une demi-heure je portai cette chaleur 3 + 34 degrés. La circulation devint de nouveau extrê- DCTROCHET. '— Sw la Circulation dans les Chara. 2 7 mement lente dnns les deux mérithalles soumis à cette chaleur, mais cette ienteur de la circulation ne fut pas de longue durée; l'un des deux mérithalles reprit une circid;»tion rapide au bout d'un quart d'heure, et l'autre au bout de vingt-cinq minutes, sous l'influence continuée de cette même température de + 34 degrés. La force vitale à laquelle est due cette circulation avait de nouveau réagi contre l'influence de la chaleur qui l'oppri- mait. Alors je portai, en quarante minutes, la chaleur de l'eau à -|- 40 degrf^s. La circulation devint encore extrêmement lente dans les deux mérithalles , et ce ne fut qu'au bout de quarante- cinq à cinquante minutes d'influence continuée de cette même température que la circulation redevint encore très rapide; la force vitale qui l'opérait avait de nouveau réagi contre l'influence de la chaleur accablante qui tendait à l'anéantir. Enfin je portai en vingt minutes la chaleur de l'eau à + 45 degrés ; la circula- tion d'abord diminuée de vitesse s'arrêta complètement. La réac- tion vitale n'avait pu s'opérer contre l'influence de cette cha- leur excessive. Je laissai l'eau se refroidir lentement, mais les mérithalles de Chara qu'elle contenait ne reprirent point leur circulation: ils étaient morts. Après avoir vu quels sont les effets produits sur la circula- tion du Chara par des changemens lents et gradués de tempéra- ture, il s'agissait d'expérimenter quels sont les effets produits sur cette même circulation par les changemens brusques et considérables de température. Un mérithalle de Chara étant depuis long-temps dans de l'eau dont la température était deH- 6 degrés centésimaux, je le transportai dans de l'eau échauffée à + 22 degrés; le mouvement circulatoire y prit sur-le-champ une grande accélération de vitesse. Je reportai ce même méri- thalle dans l'eau dont la température était de -j- 7 degrés; le mou- vement circulatoire fut de suite diminué, et il reprit ensuite sa vitesse primitive. Je vis ainsi qu'un changement brusque de tem- pérature dans les limites indiquées ne produisait d'autre effet que d'augmenter ou de diminuer de suite la vitesse de la circu- lation. Il y avait là une transition brusque de i5 degrés centési- maux. Je pris un autre mérithalle de Chara qui était dans l'eau dont la température était à + 7 degrés et dont la circulation 28 DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Ghara. avait une moyenne rapidité; je le transportai dans de l'eau échauffée à + 32 degrés , il y avait ainsi 2 5 degrés de différence entre les deux températures auxquelles ce mérithalle était suc- cessivement soumis. Au bout de deux minutes je trouvai que la circulation était devenue très lente; elle se trouva complète- ment suspendue au bout de cinq minutes. La même tempéra- ture de + 32 degrés étant maintenue, je vis, au bout d'une heure de suspension, la circulation qui commençait légèrement à se rétablir, et une autre heure après elle se trouva complète- ment rétablie avec beaucoup de vitesse. La force vitale qui opère cette circulation avait ainsi réagi contre l'influence de la chaleur assez considérable à laquelle elle avait été soumise par une transition brusque et qui d'abord l'avait opprimée et sus- pendue. Ce même mérithalle dont la circulation se trouvait bien rétablie sous l'influence continuée d'une chaleur de + 32 de- grés ayant été replacé dans l'eau qui le contenait primitivement et dont la température était de + 7 degrés, sa circulation fut de nouveau suspendue au bout de quatre minutes, et elle ne se rétablit qu'après une heure et demie ae suspension complète , encore cette circulation demeura-t-elle très lente pendant cinq heures que je continuai à l'observer. Il est probable qu'elle re- prit plus tard la vitesse moyenne qui existe ordinairement par la température de H- 7 degrés. Un mérithalle de Chara qui était dans l'eau , dont la tempé- rature était à -|- 10 degrés , fut transporté dans de l'eau dont la la température était à -f 2 degrés. Le mouvement circulatoire, dont la vitesse était moyenne, fut d'abord très ralenti ; au bout d'une demi-heure il avait repris presque sa vitesse primitive, par l'effet de la réaction. La température la plus convenable, pour la vie et pour la cir- culation du Ghara, paraît être entre -|- 12 et -J- 26 degrés cen- tésimaux. En deçà et au-delà de ces limites, la vie et la circula- tion du Ghara n'existent qu'au moyen d'une réaction vitale qui finit toujours, à la longue, par être vaincue; et cela, surtout, lorsque ces limites de température sont beaucoup excédées, sur- tout dans le sens de l'élévation de la température; car j'ai expéri- menté qu'oa peut conserver le Cham fragilis pendant l'hiver , DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. 29 quelque basse que soit la température à laquelle il est soumis, pourvu que l'eau, dans laquelle il se trouve, ne gèle pas. En général l'abaissement de la température diminue la vitesse de la circulation du Cbara, et l'élévation de la température l'augmente directement lorsque cette élévation ne dépasse pas les limites de la température la plus convenable à la vie de la plante. Au-delà ou en deçà de ces limites la chaleur diminue di- rectement \2i vitesse de la circulation, en tendant à opprimer la force vitale qui la produit; mais la réaction de cette force re- donne subséquemment à celte circulation une très grande vi- tesse, en sorte qu'on peut dire que, dans ce cas, la chaleur augmente indirectement lavitesse de la circulation. Le froid pro- duit les mêmes phénomènes; son premier effet est de ralentir la circulation du Chara; c'est son effet direct^ il tend à oppri- mer la force vitale qui est l'agent de cette circulation ; mais, en- suite, la réaction de cette force redonne à la circulation une vitesse qui, il faut le remarquer, est très loin d'atteindre celle que la réaction de la force vitale redonne à cette circulation sous l'influence de la trop forte chaleur. § 5. — Influence de la lumière sur la circulation du Chara. La lumière n'influe, sur la circulation du Chara, qu'en sa qualité d'agent propre à déterminer les actions chimiques de nutrition et de respiration de la plante. On sait que la lumière détermine la décomposition de l'acide carbonique par les végé- taux , d'où résulte la fixation du carbone et le dégagement de l'oxigène. Le carbone , ainsi fixé , est un des principaux élémens de la nutrition des végétaux; j'ai fait voir, dans un autre tra- vail (1), que l'oxigène, dégagé dans cette circonstance, est in- troduit dans les organes pneumatiques des végétaux, et qu'il y sert à leur respiration. La lumière , considérée ainsi comme cause de nutrition et de respiration , est une des conditions pre- mières de la conservation de la vie des plantes ; on conçoit donc (i) Recherches sur les organes pneumatiques et sur la respiration des végétaux , tom. i de la collection de mes Mémoires , pag. 320. 3o DUTROCHJ T. — Sui' la circulation dans les Cbarn. qu'elle est in dis j3 en sable pour la conservation de la circulation du Chara , mais l'expérience apprend qu'elle n'est pas indispen- sable pour l'existence ni même pour la vitesse actuelles de cette circulation; car, la température étant la même, il n'y a point de différence dans la vitesse de la circulation, pendant le jour et pendant la nuit. 11 faut une obscuiité très prolongée, pour affaiblir et pour anéantir, ensuite, ce inoiiveii.ent circulatoire. J'ai placé plusieurs mérilballes de Chara dans une obscurité complète, en couvrant le vase qui les contenait avec un réci- pient opaque autour de la base duquel j'accumulais du sable fin. La température varia, pendant la durée de l'expérience, àe -\- \ l.\ k -\- 22 degrés centésimaux. Le huitième jour la circu- lation devint lente dans les plus vieux mérithalles; elle était de- meurée sensiblement la même chez les jeunes mérithalles. Le seizième jour la circulation s'abolit chez les vieux mérithalles; elle continua de persister, mais diminuée de vitesse chez les jeunes mérithalles. Du vingt-quatrième au vingt-sixième jour la circulation s'abolit dans les jeunes mérithalles; ils étaient étiolés. Ainsi la circulation dépend de la vitalité de la plante, vitalité qui diminue et finit par s'éteindre dans l'absence de la lumière. Cet effet aurait eu lieu plus promptement par une chaleur plus élevée; car des expériences, déjà anciennement publiées (i), m*ont prouvé que les plantes meurent dans l'obscurité d'autant plus promptement que la température est plus élevée. J'ai fait voir que cela provient de ce qu'elles subissent les effets de l'as- phyxie d'autant plus promptement qu'il fait plus chaud, ainsi que cela arrive de même aux animaux, d'après les expériences de M. Edv^ards. § 6. Influence de Vair atmosphérique sur la circulation du Chara. J'ai fait voir, dans le travail cité plus haut, que les végétaux respirent l'oxjgène comme les animaux, avec cette différence, (i) De rexcilabilité végétale , tom. idela collection de mes Mémoires, p. 555 et suivantes. DtiTRocHET. — Sur la circulation dans les Chara. 3£ que c'est spécialement l'oxigène qu'ils fabriquent par la décom- position de Tacide carbonique , et qu'ils introduisent dans leurs organes pneumatiques qui sert à leur respiration. L'air atmos- phérique ambiant ne sert que subsidiairement, et d'une manière imparfaite à la respii^tion végétale. On sait, en outre, que le phénomène de la production de Toxigène par les plantes, sous l'influence de la lumière , cesse d'avoir lieu lorsqu'elles sont plongées dans l'eau non aérée. La respiration de ces plantes est alors complètement suspendue, et elles s'asphyxient, comme cela leur arrive par l'absence prolongée de la lumière et même encore plus promptement , puisqu'elles n'ont pas la faible res- source de l'air dissous dans l'eau pour fournir, d'une manière imparfaite, aux besoins de leur respiration. Celte seconde cause d'avsphyxie fait cesser, de même que la première, la circulation et la vie du Chara. Je mis une tige de cette plante, composée de quatre mérithalles, dans un flacon aplati, rempli d'eau non aérée , et je bouchai ce flacon , avec son bouchon de cristal , sans y enfermer d'air. Ce flacon avait assez de capacité pour que la plante qu'il renfermait fût environnée d'une quantité d'eau suffisante pour qu'elle pût continuer à vivre long-temps, quoique emprisonnée. J'ai expérimenté, en effet, qu'eu mettant des tiges de Chara dans un vase plein d'eau, et bien bouché, elles y meurent par l'effet de la putréfaction de l'eau. Cela arrive d'autant plus promptement qu'il y a plus de Chara dans moins d'eau. Le flacon que j'employais, dans l'expérience que je vais rapporter, avait une capacité plus que suffisante pour que la tige du Chara que j'y plaçai n'occasionnât pas, par son séjour prolongé, la putréfaction de l'eau qu'il contenait. C'est, au reste , ce dont je m'assurai après la fin de l'expérience. La tige de Chara était dans son intégrité, ce qui veut dire que je n'avais enlevé, sur aucun de ses mérithalles, le système cortical, afin d'apercevoir la circulation. La transparence de ces méri- thalles me dispensait d'avoir recours à ce moyen qui, lorsqu'on l'emploie, ne permet pas de conserver plus de trois semaines, dans l'état de circulation et de vie, les mérithalles de Chara sur lesquels on a pratiqué cette opération. C'est dans les mêmes circonstances et avec les mêmes précautions qu'ont été faites les 32 DUTROCHET. — Suf Ici circulation dans les Chara. observations rapportées dans le paragraphe précédent. La tige de Chara, reployée en divers sens dans l'intérieur du flacon rempli d'eau, touchait dans plusieurs points aux parois de ce flacon, et c'était dans ces points seulement que je pouvais obser- ver la circulation , parce que c'étaient les seuls où il me fût pos- sible d'amener la tige du Chara au foyer du microscope. Le fla- con bouché, comme je l'ai dit , avec son bouchon de cristal, fut renversé dans du mercure , afin d'intercepter tout-à-fait l'air extérieur. De temps en temps je transportais ce flacon sous le microscope pour observer la circulation dans la tige de Chara qu'il contenait. Cette circulation subsista pendant vingt-deux jours; elle finit avec la vie de la plante. Ainsi l'asphyxie du Chara, par manque d'air atmosphérique, est arrivée un peu plus tôt que son asphyxie par manque de lumière; et, l'une comme l'autre, elles ont amené, avec la fin de la circulation , la fin de la vie. §.7. Influence des agens mécaniques et des lésions orga- niques sur la circulation du Chara. Les causes mécaniques qui agissent sur la sensibilité des ani- maux exercent aussi de l'influence sur la circulation du Chara; telles sont la compression, la piqûre et la brûlure. Cet ordre de phénomènes a été aperçu par Corti. Cet observateur a vu que, dans le Caulinia fragilis comme dans le Chara^ la circulation était suspendue non-seulement lorsqu'il coupait certaines par- ties de ces plantes, mais aussi lorsqu'il leur imprimait des secousses inéme faibles, et qu'ensuite la circulation reprenait son cours comme auparavant. Slack a vu que, en coupant la tige de \Hy- drocharis Morsus-ranœ la circulation qui a lieu dans les cellules voisines de la coupure diminue d'abord, et qu'elle reprend en- suite peu-â-peu sa première vitesse. Ces premiers aperçus sont fort intéressans et je me suis empressé de suivre leurs indica- tions. J'ai d'abord expérimenté quel effet produisaient les secousses sur la circulation du Chara. Pour cet effet, j'ai placé une tige de Chara dans un flacon aplati et plein d'eau. Ayant frappé très fort et à plusieurs reprises le fond de ce flacon sur une table , DCTROCHET. — Suv la circulaùon dans les Chara. 33 je l'ai proïïiptement transporté sousle microscope, car je pouvais facilement voir la circulation du Chara au travers des parois de ce flacon aplati. Je ne vis point, dans cette expérience bien des fois répétée, qu'aucune influence ait été exercée par ces vives secousses sur la circulation du Chara; ainsi, je ne sais que penser de l'assertion de Corti qui prétend que la moindre secousse sus- pend cette circulation^ Au reste , les secousses vives agissant en produisant un refoulement des parties les unes sur les autres, refoulement qui lui-même occasionne une compression , c'est cette dernière action mécanique que j'ai dû étudier en employant des moyens plus énergiques pour la produire. J'ai parlé plus haut des ligatures au moyen desquelles j'ai établi plusieurs circulations distinctes dans un même mérithalle de Chara. La hgature opère une compression, et l'effet de cette compression est d'arrêter subitement la circulation générale qui se rétablit ensuite, deux ou trois minutes après, en formant deux circulations séparées. Cette compression est supposée mo- dérée, mais suffisante, toutefois, pour intercepter toute com- munication entre les liquides circulant dans les deux comparti- mens que sépare la ligature. Les choses étant ainsi, j'ai serr^ un peu plus la ligature , et cela sans opérer de secousse ; les deux circulations ont été suspendues, et ne se sont rétablies que trois à quatre minutes après. J'aide nouveau serré la ligature, et avec plus de force, les deux circulations se sont suspendues; elles n'ont repris qu'au bout d'un quart d'heure; et, ce qu'il y a de très remarquable, elles ne sont point revenues, comme précé- demment, jusques auprès de la ligature; elles ont opéré leur mouvement de retour, de part et d'autre , à une certaine distance de cette ligature (figure i o, planche 2) ; en sorte qu'il est évident que la forte compression avait aboli, jusqu'à une certaine dis- tance de la ligature et des deux côtés , la force motrice qui met- tait lé liquide en mouvement. Au bout de deux heures, la cir- culation avait regagné insensiblement, et de chaque côté, jus- que auprès de la ligature. Ainsi, la compress'on a pour effet di- rect et primitif la suspension, ou simplement la diminution de l'action motrice sous l'influence de laquelle se meut le liquide circulant, action qui est ensuite rétablie par la réaction vitale, IX. BoTAN. ■» Jatmer. 3 34 DUTROCHKT. — Sw la circulation dans les Chara. malgré l'influence continuée de la compression, laquelle agit ici sur les globules verts sériés en même temps que sur le tube mem- braneux que ces globules ou petites cellules sériées tapissent in- térieurement. Tout porte à penser que c'est la compression exer- cée sur ces petites cellules à l'état naissant qui, seule ici , a de l'influence. Les coupures produisent des effets semblables; si l'on coupe les feuilles verticillées situées sur le nœud inférieur ou sur le nœud supérieur d'un mérithalle, la circulation s'arrête dans sou tube central, et elle ne reprend que quelques minutes après. Il y a eu ici transmission sympathique de l'influence nuisible exercée sur les feuilles. Je n'ai point vu que la circulation cen- trale d'un mérithalle fût influencée par la section des feuilles dont il est éloigné de toute la longueur d'un mérithalle voisin. Je n'ai fait, il est vrai, cette expérience que par une température de + 12 degrés cent.; peut-être la transmission sympathique (le l'influence dont il est ici question s'opérerait-elle de plus loin par une température de beaucoup plus élevée. Les piqûres produisent encore les mêmes effets : j'ai enfoncé la pointe d'une aiguille extrêmement fine dans l'un des nœuds d'un mérithalle, sans pénétrer dans la cavité du tube central; le mouvement circulatoire s'est arrêté, et il s'est rétabli au bout d'une à deux minutes; il est alors devenu plus rapide qu'il ne l'était avant l'expérience. Ainsi, l'effet direct de la piqûre a été la suspension par effet sympathique de la force motrice sous linfluence de laquelle se meut le liquide circulant , et son effet indirect a été l'augmentation de cette force motrice par réaction vitale. Lorsque la pointe de l'aiguille pénètre, même infiniment peu, dans la cavité du tube central, le mouvement circulatoire s'ar- rête sans retour, ainsi que le prouve l'expérience suivante. J'ai pris un mérithalle de Ghara long d'un peu plus de trois centi- mètres et ayant trois quarts de millimètre de diamètre ou de gros- seur diamétrale, et je l'ai piqué dans son quart supérieur avec ime aiguille très fine que j'ai enfoncée le moins que j'ai pu, et que j'ai laissée fixée dans la blessure , en sorte que le trou qu'elle avait fait se trouvait complètement bouché. Le mouve- DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. 35 ment circulatoire devint de suite extrêmement lent; il cessa complètement au bout de cinq minutes et il ne se renouvela point : il était aboli sans retour. Cependant, la blessure dont l'aiguille fermait l'ouverture ne donnait aucune issue an liquide intérieur du mérithalle. Je m'en assurai en observant au micros cope l'endroit où existait cette blessure que je voyais parfiaite- ment remplie par la pointe très fine de l'aiguille. Je mesurai, à l'aide du micromètre , la longueur de la pointe qui avait pénétré dans le mérithalle dont la transparence favorisait cette observa- lion. Je trouvai que la pointe introduite avait seulement sept centièmes de millimètre de longueur. Alors ayant pris une tranche transversale de ce même mérithalle, je mesurai l'épaisseur de son système cortical que la pointe de l'aiguille avait dû traver- ser pour arriver dans l'intérieur du tube central. Je trouvai à ce système cortical une épaisseur d'un peu plus de six centièmes de millimètre. Il résulte de là que la pointe de l'aiguille avait péné- tré à moins d'un centième de millimètre dans l'intérieur du tube central, ce qui ne pouvait opposer aucun obstacle méca- nique à la circulation qui avait lieu dans son intérieur. Quelle était donc la cause qui avait aboli cette circulation sans retour Je n'en aperçois point d'autre que l'établissement d'une commu- nication entre l'intérieur du tube central et le monde extérieur par le moyen de Taiguille. Des expériences rapportées plus haut m'ont semblé prouver que la membrane diaphane qui constitue le tube central n'est point conductrice de l'influence invisible qui meut le liquide circulant dans son intérieur, en sorte qu'il existe ici un isolement de l'agent, quel qu'il soit, qui opère la circulation ; cet agent est circonscrit et coercé pai- le tube mem- braneux isolant, à l'intérieur duquel il exerce son action. Or, du moment que l'intérieur de ce tube membraneux isolant est mis en communication avec le monde extérieur parle moyen de l'aiguille qui perfore ce même tube, sans cependant laisser échapper le liquide qu'il contient, la circulation s'abolit sans retour ; ce qui paraît provenir de ce que l'intérieur de ce tube central , ayant cessé d'être isolé du monde extérieur, l'agent qui produisait la circulation dans son intérieur a cessé, par cela même, d'y être circonscrit et coercé. C'est ainsi qu'une; bouteille de 3(3 DDTROCHET. — Sur la circulation dans les Chrira. Levde perd sa force électrique. Je ne fais, au reste, cette com- paraison que pour donner plus facilement une idée de la manière dont je conçois le phénomène dont il est ici question, et je ne prétends point du tout en inférer que le tube central d'un mé- ritballe de Chara soit une bouteille de Leyde, ni que l'agent de la circulation qui a lieu dans l'intérieur de ce tube soit l'électri- cité, du moins telle que nous la connaissons. Il est permis de soupçonner qu'il existe là un agent impondérable qui nous est inconnu,agentinvisible,moteur de la matière pondérable comme l'est l'électricité. J'ai observé que la piqûre de l'aiguille ayant fait cesser la circulation dans le tube central d'un mérithalle de Chara, les tubes dont se compose le système cortical de ce même mérithalle continuent d'offrir la circulation qui leur est propre. Lorsqu'on gratte un mérithalle de Chara avec un instrument tranchant et qu'on le dépouille ainsi de son système cortical, cette action mécanique qui lèse le tissu r^e la plante produit le même effet que la coupure et la piqûre ; elle suspend la circu- lation laquelle se rétablit quelque temps après. Jai vu, dans ce dernier cas, la suspension de la circulation durer plus de deux heures. La brûlure des feuilles qui sont situées sur les nœuds supé- rieur ou inférieur d'un mérithalle de Chara suspend la circula- tion qui a lieu dans le tube central de ce mérithalle , et celte cir- culation se rétablit ensuite après quelques minutes de suspen- sion. La brûlure des feuilles qui sont plus éloignées ou qui appartiennentauxdeux mérithalles voisins au-dessus etau-dessous du mérithalle observé, ralentit seulement, et pour peu de temps, la circulation qui a lieu dans ce dernier mérithalle. Il y a ici une transmission sympathicjue assez étendue de l'influence nuisible exercée par îa brûlure; mais cette influence n'est pas assez intense pour suspendre la circulation; elle ne fait que la ra- lentir. Les actions mécaniques qui suspendent la circulation du Chara produisent souvent en même temps des mouvemens convulsifs dans cette plante. Ainsi, j'ai observé que, après avoir gratté un mérithalle de Chara pour le dépouiller de son système cortical , bUTRocuLT. — Sur la circulation dans les Chara. 37 il se manifeste presque constamment des mouvemeus convulsifs brusques dont le siège est dans la partie qui vient d'être grattée ^ c'est-à-dire dans le tube central dénudé. J'ai vu une fois cetto partie dénudée qui avait peu d'étendue, et qui occupait le mi- lieu du mérithalle, se fléchir profondément de manière à former une équerre des deux moitiés de ce mérithalle^ ayant redressé ce dernier à plusieurs reprises, chaque fois ses deux moitiés retournèrent spontanément et rapidement à leur position do flexion. J'ai vu plusieurs fois des saccades convulsives se mani- fester, lorsque je pratiquais une ligature sur un mérithalle de Chara dépouillé depuis quelque temps de son système cortical, et dans lequel la circulation était rétablie, en sorte que l'effet produit par l'enlèvement de l'écorce ne subsistait plus. La liga- ture, ou plutôt la compression qu'elle opérait , produisait alors à-la-fois la suspension de la circulation et les mouvemens con- vulsifs. Les piqûres produisent les mêmes effets. J'ai vu que , en piquant un des nœuds terminaux d'un mérithalle, ce dernier offrait des saccades convulsives en même temps que la circulation se suspendait dans son intérieur. La suspension de la circulation peut avoir lieu dans tous ces cas, sans qu'il se manifeste de mou- vemens convulsifs ; mais ces derniers n'ont jamais lieu sans la suspension concomitante de la circulation. Les mouvemens convulsifs du Chara ayant lieu lorsque le système cortical de cette plante est enlevé, cela prouve que c'est dans son système central qu'existent les organes qui opèrent ces mouvemens. Ce système central se compose du tube mem- braneux et des globules verts sériés qui tapissent son intérieur sans y adhérer. Or, j'ai reconnu que ce sont ces séries de glo- bules verts qui sont les agens des mouvemens convulsifs dont il est ici question. Ces séries de globules se courbent en zig-zag comme des fibres musculaires; le tube membraneux et diaphane qui les recouvre ne participe point à cette flexion sinueuse qui le meut d'une manière passive. Cette flexion sinueuse des séries de globules verts est ordinairement peu profonde; la figure j i planche 1 en offre un exemple ; toutes les séries de globules ne se courbent pas simultanément ; on en voit beaucoup qui con- servent leur lectitude , ce qui prouve que ces séries de globule- 38 DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Ghara. peuvent agir indépendamment les unes des autres. Je rappellerai ici l'observation exposée plus haut, et qui se rapporte aux figures 5, 6, 7 et 8. Cette observation prouve que chaque série de glo- bules considérée individuellement possède la double propriété de se rouler en spirale sur elle-même, et de se dérouler en se redressant. J'ai fait voir dans un autre travail (i) que les fibres musculaires des animaux présentent exactement les mêmes phé- nomènes; isolées, elles se roulent en spirale; aggrégées en masses musculaires, elles se fléchissent en zig-zag. Je dois me borner ici à faire observer ceite analogie singulièrement remarquable , et à renvoyer à ce que j'ai dit au sujet des mouvemens de la fibre musculaire dans le mémoire que je viens de citer. M. Amici a noté et figuré la flexion sinueuse que prennent quelquefois les séries de globules verts du Chara; mais, n'ayant point observé les mouvemens convulsifs de cette plante, il n'a pu connaître l'usage ou le but physiologique de cette flexion sinueuse, au moyen de laquelle s'exécutent les mouvemens spontanés et convulsifs dont il est ici question. Il n'a point vu que cette flexion sinueuse était le résultat d'une action vitale. (^Suite et fin au prochain cahier.) ÇjE^TxmiE de plantes cellulaires exotiques nouvelles, Suite. (Voy. t. 8, p. 345.) HEPATIC^ 66. Riccia ochwsporaÇNees et JViont. mss.) : fronde irregulariter cordatâ,rar6 eumorphâ, glaucâ spongiosâ, marginibus imissub- adscendentibus ; fructibus in substantiâ frondis sparsis utrinque prominulis, sporisochraceis. (i) De la slrucUirc intime des organes des aniaiaux et du mécanisme de leurs actions vitales, tom. II de la coUeltion de mes Mémoires, pag. 488, c. MOJNTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. 89 Hab. propè Quillota regni cbilensis, in pascuis sterilibus coUium , locis udis à B. Berlero lecta et sab u. 1279 "lissa. D^sciK. Fi ondes non symmetricè consociatae , polymorphae, saepiùs auteoi irre- gulariter cordatae, 2-3 lin. lalae et longae margine subadscendeute , subtùs pilis, radicalibus innumeris vestitœ. Color glaucus. Substantia spougiosa et ccllulis Iaxis polyedris tota composita. Epidermis paginae superioris uti in R. fluilante. Fructus prorsùs immersi suprà minus quàm subtùs gibboso-proraiuentes absque styli vestigio rémanente. Sporce subsphaericae margine cellulis peripbaericis pel- lucidioribussubhyalinae , ochraceœ. SphtErocarpus Mich. reform. Fructus su perficiales; sporangium breviùs longiùsve pedicel- latum ex epigonio styligero vel stylum dejiciente factum, invo- lucro ventricoso apice perforalo cinctum; sporœ polyedrae; ela- teres nuUi. 67. Sphœrocarpus Berterii (Montag. mss.) : fronde tenerrimâ ramoso-lobatâ enervi , sporangii sessilis stylo deciduo , irivolu- cro conico-truncato stipitato! ore amplo pertuso, sporis tricoc- cis subasperis. Hab. in eisdem locis cum Ricciâ ochrôsporâ à B. Bertero lecta et sub n. 696 missa. 68. Sphœrocarpus Notarisii (Montag. in litt. ad cl. De Notaris) fronde semi-ovatâ falcato-recurvâ hinc nervosâ, apice laciniato- fissâ, vel appendiculatâ , sporangii pedicellatil stylo persistente, sporis echinatis ! Hab. in Sardiniae meridionalis paludibus spongiosis à Cl. De Notaris lecta mecuraqiie communicata. Sphœrocarpus ÂficheliiBeW. fronde rosaceo-Iobatâ ençrvi, spo- rangii sessili stylo deciduo, involucro obovato turbinatove sessili apice poro minimo pertuso, sporis tricoccis alveolatis. Nobis. Ors. La découverte de deux nouvelles espèces dans ce genre jusqu'ici monotype , m'a mis dans la nécessité de réformer non* 4o c, MOWTAGNE. — ' Plautes cellulaires exotiques. seulement les caractères génériques , mais encore ceux de l'es- pèce unique qui le composait. Je ne décris point ces nouvelles espèces : elles le seront en détail et figurées , l'une dans le Voyage dans V Amérique méridionale de M. d'Orbigny , et l'autre dans un travail que prépare M. De Notaris. 69. ^nthoceros disseçtus (Montag. mss. ): fronde è basi an- gustâ cuneato-dilatatâ multinervosâ palmato-multifidâ , laciniis capillaceo-dissectis ; fructu Hab. ad saxa inundata adhserentem ia arane Hyta dicto, leucas ferè decem à Rio de Janeiro distante, à cel. Auguste de Saint-Hilaire lectus. Desck. Frons uncialiset ultra, basiangustatâ cuneatâadsaxa adhœrens, demùm seiisim dilatata palraato-fissa subdicliotoma, sinubas obtusis, venulis pluribus scu nt'rvis dichoîomis percursa , laciniis linearibus vix lineauilatis divergentibus tandem in illameutacapillaria confervoidea dissectis. Color olivaceus, nervorum obscurior. Textura meiubranacea. Retis areolae subrotundae. Fructus deest. Obs. Si je m'en rapporte à la description , ma plante a par sa forme générale et son mode de division dichotome, quelque analogie avec les ji. giganteus Lehm. et javanicus Nées, qui me sont autrement inconnus. Ne pourrait-il pas se faire que les échantillons que je viens de décrire fussent des anamorphoses de l'une ou de l'aulre de ces espèces , dues aux circonstances de la localité où ils se sdht développés ? Nés sur dés pierréà'au fond d'une rivière au courant de laquelle ils ont été soumis , de là pourraient bien venir en effet et leur stérilité et leur division en lanierescapillacees.il îéiu- serait arrivé ce que nous observons tous les jours dans nos fleuves a Fégard de la renoncule aqua- tique dont les feuilles , soumises à l'action du courant , s'allon- gent jusqu'à devenir entièrement capillaires. Le fait est digne de remarque ; mais je ne donne son explication que pour ce qu'elle vaut , c'est-à-dire comme une hypothèse: 70. Targionia bifurca (N. et M. mss.): fronde liheari angustâ simplici , sœpiiis bifurca , nervo crasso , marginibus raembrana- ceis adscendentibus repando crenulatis, involucro apice frondis latiore. .1- y c- -)}fi - . Hab. pioj)è Quillota m Chile Icgit B. Bertcro. A T. hypophyl/â neivo crassiorc C. MOJNTA.GNE. — Fiantes cellulaires exotiques, L\v marginibus et infructiferâ convolutis , differt. T. capensis Hiiben. fronde tenerâ oblongâ margine incrassato à nostrâ dislinguenda. Obs. C'est sur cette espèce que j'ai découvert les organes mâles de ce genre , découverte qui fait l'objet d'un mémoire que j'ai adressé à l'Académie des Sciences, le \i février i838. 71. Fimbriaria Boryana (Montag. Herb. ) receptaculo femi- neo convexo rugoso, saepiùs 5-lobo,subtùs bar balo, fronde lineari simplici furcatâve subtùs squamosâ atropurpureâ , suprà viridi subpapillosâ,marginibus siccitate involutis canaliculatâ, perian- thiis multifidis , laciniis apice cohaerentibus. Marchantia syngenesica.'! Boij , Tter. Weber , Prodr. p. j44. llab. ad lerram nudam in Insulâ Borboniâ ubx cel. Bory priraus capsulis maturis detexit et posteriùs cl. Adolphe Delessert fructu nondùm maturo legit. Descr. Frondes 6-9 lin. longae, 2 lin. latae, lincarcs apice vix ampliori rotuodo emarginatOjbasi pariamangustatae, sœpii^is indi-visaesed et furcalae, merabranaceae, medîo raargineque sublùs tubiucrassatae , atropurpureae , radiculis instruclae , utrinque squamis parvis è basi ovatâ acuuiinatis imbricatis purpureis marginem non superantibus obsitse, ob riiargines siccitate involutos canaliculatae , suprà tandem virides tenuissimè papillosae, nec poris perforatae , nec manifeste areo- latae. E sinu frondis surgit pedunculus pro ration e plan tae longus, 9 lineasj ad pollicem usque metiens , tortilis, striatus, nudus. Receptaculum commune femi- neum junius globosum maxime rugulosum, subtùs pilis purpurcis jdensis barba- lumj demiim expansum hemisphsericttfn centro umbonatum, in tôt lobos quot fructus adsunt (plerùmque très) divisum, subcrenulatum. Perianthia deorsiiin spectaotia valdè prominentia in 12 lacinias fissa lineares planas niveas vel pur- purasceotes, pellucidas apice cohœrentes. Capsula sessilis globosa circumscissa , purpureo-fusca, semioibus (sporis) subrotundo-angulosis compressiusculis ad speciem marginatis, luteo-rufis, rcferta. Elateres adpressc dispiri lutei tubo sim- plici bifurcatoque serpentine inclusi. Receptacula mascula ignota. Affin. Fimbriaria elegans Spr. cujus frondes, uti in nostrâ, siccitate sunt involutae differt receptaculo subtiis nudo et pedunculo piloso. F. venosa Lehra. ab hâc diversa fronde subtùs viridi, laciniisque perianthii paucioribus triangu- lari-subulatis. k F. sanguineâ id^nà^m quae receptaculo piano gaudet, noslra receptaculo hemisphserico umbonato nec non sporis luteo-rufisdistincta. 72. Fimbriaria chileusis (Nées et Montag. mss.) receptaculo femineo obtuse umbonato subtrifido brevi barbato, fronde obovatâ bilobâ bifidâve tenerâ , limbo undato subvenoso , pe- [\2. c. xMONTA.GiNE. — Plaiites ce.llulaires cxotlques. dunculo glabro striato basi nudiusculo , perianthiis deorsùm spectantibus subquadrifidis apice diù cohaîrentibus. Hab. in sylvaticis urabrosis udisqiie collihus circa Quillota regni chilensis legit B. Bertero et sub nomine il/^rc/fa/z^iVc n. iiaSmisit. Septembri fractûs maturat. Species maxime affînis F. venohœ Lehra. Descr. Frondes in caîspites consociatfe, 3-ip îineas loiigae , i-i[4 lin. lalae è basi angustâ lineari apicem versus magis expansae bilobœ aut bifidœ, ex apice sœpè innovantes , marginibus nonnihil adscendentibus subundulalis répandis et crenulatis, tenues, costâ raediâ incrassatâ purpureâque percursae; adultiores in ventre puvpureo-squamosae, squarais semilunaribus; juvéniles sublùs squamis la- ceris hjalinis minoribus praeditse, omnes lirabo venis divergeutibus vix perspicuis picto notabiles, Color froudis glaucescens. Superficies poroso-tuberculata , sed pori plerique globulo viridi clausi. Gellulae epidermidis magis alîœ quàra latas ^ Gontiguae , dodecaedrae ; sectio transversalis epidermidis in poros siuuatim adscen- dens descendensquc. Strati cavevnosi cavitates trapezoïdeae, speciosœ, in unâ série positae; cellulae, mediiae frondi subjectse , angustse sunt et elongatœ, late- rum crassioresampliores dodecaedrae. Receptaculum femincum usquead médium ferè 3 rai 6 4 lobum, vertice prominente grosse tuberculato. PeduncuU 3-3 lin. longi, basi purpurei supernè virides glabri striati subtortiles, in apice frondis subgemini , scilicet in singulo lobo singulus ad ortum suum saepé à parte posticâ epidermide hoc loco desinente et adscendente suffultus. Involucri inferioris vix ullœ restant paleae. Involucrum superius barbiforme multipaleaceum angustum , pallidum, perianthiorum longitudine. Receptaculum o\^-\ lin. latum, viride ; lobi truncati veno<;i. Perianthia lobis suis vix duplo longiora , conica , alba , apice tetragona , primitus in lacinias quaternas triangulares apice cohaerentes par- tita, bis autem iterùm in raedio divisis apicequeliberis, 6-8 partita. Areolae retis periantbii longiusculae. Fructus (ia nostris iramaturus) brevissiraè pedicel- latus, globosus viridis , calyptrâ adhuc vestitus styloque brevi oblique purpu- rascente coronatus. Sporœ xxonàviïa. perfectae, sed jàm tricoccae futurae videntur. Elateres imperfecti. Affin. Similis F. venosœ L. et L. Pug. IV p. 29 n° 2 sed differrc videtur: fronde latiore tenui quidem nec tenuissimâ. An tantùm ejusdem varietas ? Caete- rùm vcnae sicdictaî in utrâque sunt dissepimentorura strati cavernosi , epidermidi insertorum, vestigia pellucida. Obs. Le réceptacle femelle ne porte souvent qu'un seul fruit : on.en trouve le plus communément trois, rarement quatre. En étudiant cette plante, j'ai remarqué encore une tendance no- table des bords de la fronde à se redresser quand on la met dans l'eau. Les deux moitiés de la face supérieure de celte fronde c. mowîkG^E. — Plantes cellulaires exotiques, 4^ sont alors si fortement appliquées l'une contre l'autre , qu'il faut employer quelque force pour les séparer et les remettre sur un même plan. Dans l'état de décrépitude de la plante » la ner- vure et le pédicule qui en part, persistent après la destruction du limbe et la chute du réceptacle. Il est difficile alors de re- connaître la vraie nature et l'origine de ces restes qu'on trouve épars sur les frondes nouvelles. 73. Marchantiâ? piicata (Nées et Montag. mss. ) : fronde membranaceâ subtùs transversim undulato-lamellosâ "pilosulâ apicem versus dilatatâ incisa, laciniis obtusis lobatis margine cartilagineo subciliatis ; receptaculo. .... Hab. ad terram in montibus, locis udis sylvarum inter Chupé et ïanacaché in provinciâ Yungas detexit cl. d^Orbigny. 74. Marchantiâ «^2y^d:ra (Nées et Montag. mss.). Simillima Marchantiœ paleaceœ Beftol. , sed differt fronde angustiori lineâri-bifidâ dichotomâve apice emarginatâ, margi- nibus rectis leniter répandis vix denticulatis , et receptaculi laciniis brevioribus apice pàrum dilatatis valdè inflexis.Frondis superficies glauca, pulchrè areolata, tractu medio intense viridi substriato. Pedunculus brevis basi squamis latioribus superiùs linearibus , dense vestitus. Receptaculi anguli et interstitia invo- lucrorum, quœ et ipsa laciniata sunt, paleaceo-hirsutissima. Hab. iaMartinicâ. cl. Mérat communicavit Ab hâcce dilfert Marchantiâ Swartzii L. et L. DilL t. j5. f. 3 A. C. recep- taculorum ambitu obtuse lobato , cujus loci est Chlamidium indicum Corda Sieb. FI. Martin, n. 378. 75. Marchantiâ amhoinensis Nées et Montag. mss. A Marchantiâ ernarginatâ N. ab E. Hep. Jav., cui quoad frondis figuram similis est , differt evidenter : fronde teneriori et paulô latiori, Costa valdè distinctâ, licet noc admodum crassâ, neclatâ, subtùs purpureo-squamosâ ; receptaculis femineis majoribus 11/2 lin. latis,omnino semi-circularibus, radiis latioribus tenuio- ribus explanatis, quorum 1res intermedii latiores cunéiformes, apice contigui, latè emarginati, angulis obtusis lobuloque medio 44 c. MONTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. obsoleto, basi distantes, latérales oblongi obtusi. Indusia radiis interjecta iisdem diiplô breviora,glabra, extrorsùm riraâintegiâ hiantia, biflora,à periphseriâ centru m versus florentia. Perianthia campanulata, quadrifida, lobis obtusis , laxè reticulata. Calyp- tra perianthio longior, tenuior, bi-quadrifida. Pedicellus capsula tripla longior. Capsula parva, globosa , bruneo-fusca , irregula- riter quadrifida , laciniis revolulis ; cellulis parietum tubulosis annulis nodisque crassis fuscis prœditis. Elateres longi, utrinque attenuati, dispiri, fibris pallidè fuscis arctiusculè tortis. Semina parva, f'usca, sub microscopio composito subtrigona , subtiliter cellulosa, margine tenui pellucido articulato cincta. Pedunculus ferè poilicaris , paleis raris angustis adspersus. Ilab. in Insulâ Amboinâ lecta et cum Montagneo à Balbisio communicata. 76. Plagiochasmaperiivianuin^'^e.e.?: et Montag. mss.) : recep- taculo femineo subtùs barbato mono-dicarpo, fronde lineari- oblongâ simplici vel bifurcâ. Hab. cum praecedente à cl. d'Orbigny lectum. Affin. à P. appendiculato L. et L. receptaculo sxpiùs monocarpo luteo uec atropurpureo, à P. cordato L. etL. iisdem notis et receptaculo subtùs barbato; ab utroque taudem basi pedunculi squamis vestito , nostra species videlur dis- tinctissima. 77. Preissia? cucullata (Nées et Montag. mss.) : fronde plana, innovationibus geminis quadrangulari-rotundatis eraarginatis basi cucuUatim contractis, subtùs purpureis ; fructu Hab. ad lerram in regno chilensi. Berlero. 78. Herpetium scutigerum (Nées et Montag. mss.) : caule pro- ciuîibente subdiviso , foliis distichè patentibus concavis ovato- subfalcatis apice truncatis bi-tridentatis ; amphigastriis duplo minoribus distantibus ovali-reclangulis répandis truncato-obtu- sis , basi brevi-cordatis appressis patulisve ; fructu Hab. Caesplles Dicrani longiseti Hook adrepentem locis udis sylvarum circà rivuUim Icho in Provinciâ Moxos Peruviae legit haucce speciem ci. d'Orbigny. HerpetUs stolonijero Sw. Viacentiano L. etL. (sub Jungerm.) affinis , notis allatis cvidenlissimè disliucta species. c. MONTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. /^S 79. Frullania (Jungermannia) Hilariana (Moritag. mss.) : caille repente apicem versus innovante inordinatè pinnalimque decomposito-ramoso , rumis supremis approximatis conferlis fastigiatis , foliis orbiciilatis roncavis arctè imbricatis margine snbreflexo integerrimis , auriculâ cucullatâ magnâ truncatâ à caule subdistante , involucralibus bilobis , lobo altero ovato- suborbiculato integerrimo, aliero ovato-lanceolato denticulato , amphigaslriis canlinis ex obovato-sub^uneatis, margine repando- dentatis, ad tertiam partem bifidis sinu laciniisque acutis ; perian- thii longioribus, laciniis dentatis uno alterove cilio prseditis sibi- met conniventi-incumbentibus; fructuin ramulis terminal! ; per- ianthio obcordatomucronato subtùs carinato, margine carinâque ciliatis î ! ! Hab. ad Stictam auratam adrepens [U'opè Uba m provinciâ Rio de Janeiro à cel. Auguste de Saint Hilaire lecta. DïscRo Caulis repens, pollice vix longior, 'dense pinnatimque decoinposito ramosus, ramis alternis decurvis recurvisve iterùni ramosis, supremis approxi- nîàtis confertis et subfastigiatis. Folia semiverticalia, crassa, arctissimè ii>cubo- imbricata, orbiculata, conferta, integerrima, margine subreflexa, opaca. Retisarc" olaespissœ, forma variae, quadrato-hexagonœ, hneolis moniliformibus circum- scriptae, scilicet celluUs rainimis intercalaribus. Auriculse inferiores cucullatas subgaleatae vel bas! truncatae , à caule subdistanles et amphigastriis non tectae, magnitudine diraidiura folii adaequantes ; superiores vel innovationum lanceo- latae, canaliculatae, leviter contortae. Ampliigastria parvaj caulina contigua, ra- morum longiora imbricata , omniâ è basi cuneatâ obovatâ ad tertiam partem bifida, sinu laciniisque acutis, ambitu répandis aut repando-dentatis, è niedio v<:ntris ad basin iibrillas numerosas quibus ad thallum Stlctœ auratœ adrepit, emittentia. Fructus in ramulis propriis terminalis. Folia inuolucralia intima bifida, lobis subsequalibus, altero oi-biculalo intègre, altero ovato-lanceolato acuto dentato, dentibus pluribiis ciliiformibus. Amphigaslrium reliquis longius bi- fidum, laciniis dentatis subciliatis sibimet iucumbentibus. Perianthiwn junius orbiculalum, adultum obcordatum in eraarginaturâ vel sinu mucronatum, suprà planura subtùs vero carinatum, margine carinâque ciliatis. Praetereà in sinu ca- rinse processus extant utrinque lineares ciliis etiam praediti qui in aetate tenerâ calycis, cùmlongiores sint, expeditiiis cernuntur. Calyptra in fundo perianthii jàm fecunda obovata stylo longiusculo coronata. ly/ïoran^iiiw (capsula) depresso- spbsericum badium selâ perbrcvi suffultum, etiamniim includens. Elateres tubu- losi, fîbiâ plana simplici, gyris utriculo contiguis. Sporœ poly«?drse fuscae , gra- nulis minimis implefae 46 c._j\TO!vrAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. Affin. Sini\§Js i';-z«//a«îœ(Jungermannia) glomeratœ\^.ç.\\j. infrà descriptse, quae abhâc noslrâ perianthiis dorso bicarinatis, ciliisque rn^ilis abundè differt. Ab omnibus hujusce generis speciebus ,'raargine perianthii carinâque ciliatis dis- tinctissima. Obs. J'ai dédié cette Jongermaniée, la seule qui fût nouvelle , à M. Auguste de Saint-Hilaire comme un hommage dû à tant de titres au savant voyageur qui, dans les vastes contrées qu'il a parcourues dans le Nouveau-Monde, n'a pas dédaigné de re- cueillir et de nous conserver un grand nombre de ces plantes cellulaires que la plupart des botanistes négligent ou ne trou- vent pas, parce qu'il faut les chercher pour les apercevoir. 80. Frullania glomerata'L. et L. (suh Jungennannia) : inordi- iiatè pinnatim decomposita, ramis superioribus approximatis con- fertioribus et confertissimis, foliis orbiculatisobtusis integerrimis opacis scepè squarrosis; auriculâ cucullatâ truncatâ,magnitudine dimidii folii , à caule subdistante , involucralibus bifidis lobulo angusto subserrato , amphigastriis orbiculatis bifidis , laciniis acutis obtusisve marginibus repando-dentaîis,perianthio oblon- go-mucronato dorso ventreque bicostato non tuberculalo. Jungermanniaobscuraxdir. cosiata^ .dih. E. inllerb. Berter. apiidHochsîett. n. 353 et 1066. — Jungermannia glomerata L. et L. Pug. IV p. 21 . n. 21 , (teste speciinine). Hal). ia Brasilia (Beyrich) in Chile (Bertero in Ilerb. Hochstett, etMontag.) in cortice Ginchonse (Fr. Fr.) in Gaylussacciâ buxifoliâ H. et K. è Regno Mexicano (Herb. de Berghes). Species hgec inter omnes maxime accedit Frullaniœ obscurœ à quâ imprimis differt: auriculâ folii alliori subrotundâ, basi truncatâ in foliumpaulo citrà ejus basin transennte necverôàbasideorsùra in plicam conjunclivam (lobulura aucto- rum)descendente ; porro et perianlhio in dorso carinulis duabus praedito praeterque eas pleriàraque striolato, in ventre bicarinato marginibusque acutis ; quae cuncta quidera et in Frullania obscurâ obviae sunt, sed minus conspicua, atque insu- per, ob carinas venti*ales in unam confluentes, perianthium isti persaepè in spe- ciem quadrangulum. Amphigastria tenera, modo profundiùs modo brevi spatio bifida , laciniis illorum acutis, horum obtusis ; marginibus magis aut minus ré- pandis , omnia de ventre radicibus agendis admodùm proclivia. Amphigastria involucralia majora , oblongi , ad médium usque bifida, laciniis angustis , den- tibus nonnulUs ins'ructis. Variât colore fusco et viridi scd seraper nitoris experte. Jungermannia glo- c. MONTAGNE. — P lanlcs Cellulaires exotiques. 47 merata L. et L. varietas est ramuUs ad apices raraorura confertissimis in rosulam aiit seraicirculum expansis foliisque squarroso-patulis margine quandôque re- flexis viridibus liideus. 81. Frullania ie/rap^^m (Nées et Montag. ross,): caille pin- nato, raiïiis insequalibus alternis , foliis cordato-ovatis obtusis subtùs auriculatis , caulinoriim auriculâ hemisphœricâ obliqua extùs truncatâjsuperiorumsensim acuminato-subulatâ margine réflexe; amphigastriisorbiculato-subovatis obtuse carinatis con- cavis bifidis , laciniis sinuque acutis , è dorso radiculosis; fructu terminali; perichsetii foliis intimis loiigè bifidis, segmentis acu- minatis cum amphigastrio connatis dentatisque perianthiura te- tragonum mucronulatum vix superaritibus ; calyptrâ virgineâ obovatâ stylo brevi recto coronatâ; capsula sphaericâ nutante (immature) brevissiraè pedicellatâ. Hab. ad Valparaiso in Chili à cl. d'Orbigny lecla. Ab affinibas prœsertim differt amphigastriis perichaetialibus cum foliis coalitis perianthioque îetragono. 82. Calypogeia peruviana (Nées et Montag. mss.) : caule pro- cumbente ex axillis amphigastriorum flagellifero ramoso; foliis subhorizontalibus, caulinis ovatis apice anguslioribus conniventi- bidentatis, dentibusacutis; flagellorum (sarmentorum) minoribus usque ad médium ferè bifidis ; amphigastriis patentibus trans- versalibus emarginato-bilobis , lobis obtusis; fructu Hab, ad rupes in sylvis excelsis inter Chupé et Yanacachu sterilis à cl. d'Or- bigny lecta. 83. Lejeunia Boryana (Montag. mss.): caule repente intricato ramoso, ramis elongatis ilérùm ramosis; foliis incubo-imbricatis subverticalibus, obliqué obovato-subrotundis , acuminalis obtu- sisve répandis , subtùs basi complicatis , lobulo oblongo inflato bidentato! rete amplo orbiculari; amphigastriis cuneatisplanis, patentibus, bifidis sinu lato obtuso, laciniis linearibus divergenti- bus extrorsùm unidentatis; fructu laterali; foliis perichœtii caulina subsequantibus, lobo acuto dentato ; amphigastrio magis elongato Cccterùm confoimi ; perianthio obovato pentagono mucronato. augulis membranaceis dentato-subciliatis. 4H c. MOXTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. Hab. in insulâ Dorninicâ Antillarum, undè hàbuit cel. Bory qui mecum ami- cissimè communicavit. Ab omnibus congeneribus liucùsque descriptis differt inprimis amphigastriis cuneatis bifîdis extrorsùm unidentalis. 84. Lejeuniacrenata Nées et Montag. mss. A Lejeuniâ {Jungermaniiiâ L. et L.) discoided, cui proxima , differt : foliis latioribus magisque rotundatis, in ambitu terminali répandis denticulisque miniitis creniformibus prœditis , sinu lobuli profundiori plicâ discreto , aiiriculâ magis prominente , amphigastriis majoribus latioribus rêvera orbiculatis neque ovalibus , sinu latiori ad i;3 emarginatis , lobulos à latere ferè tegentibus, neque tamen eôs à basi recondentibus , retis macu- lis tàm foliorum quàm amphigastriorum duplo majoribus pul- cherrimis lineis dnplicibus maculisque intercalaribus , licet minimis iis, discretis, cùm Lejeuniœ discoideœ inaculae per se quidem minores limitibnsobscurioribus nullisqueomnino inter- calaribus distinguantur. Color in utrâque jàm pallidus est ; viventis autem plantœ color verisimiliter laetior est virensque. Fructificatio latet. Caulis rigiduius est et viridis. Longitudo 3-4 lin., forsan et majora inveniuntur specimina. Accedit huic nostrae. 85. Lejeuniâ Funckiana N. ab E. : caule inordinatim subpin- natimque diviso, foliis imbricatis orbiculatis subapiculatis apice- que répandis, basi sinuato complicatis, lobulo saccato truncato, amphigastriis folio quadruplé minoribus distantibus patentibus suborbiculatis bifidis,sinu profundo Iwnatoque, laciniis acumi- natis extrorsùm unidentatis , perianthiis lateralibus obovatis , iitrinque apicem versus quadrangulis, angnlis membranaceis dentatis , dorso carinulato. Hab. in Drepanophyllo fidvo è Surinam allato paucula specimina invenit Funckius amicus dilectissimus. Textura foliorum, lobuli couditio , statura, color, ut in Lejeuniâ crenalà ^ sed amphigastria multùm differunt. î^,6. Plagiochila Orbigniana ( Nées et Montag, mss. ) : caule c. MONTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. 49 basi repente, ramis adscendentibus dichotomis, foliis imbricatis dimidiato-ovatis, margine posteriori reflexo nudo,anteriori apice- que dentatociliato, amphigastriis quadruplo minoribus ciliatis, trifidis , laciniis îateralibus incisis , medio bifido, perianthiis è dicholomiânascentibus ovalibus, dorso ventreque carinatis, ore ciliatis. Hab. in sylvis densis locis adis, ad radiées Aiidium orientales, prœsertim loco Motito dicto > ad corticem arborum legit hanc speciem distiuctissimam ele- ganlis imamqne cl. d'Orbigny. Junio i83i. Coll. Mus. Par. n. 282. MUSCi. 87. Gymnostomam lawprocarpum (Montag.mss.): caespitosum, caule simpliciusculo innova nti-ramoso rainis fastigiatis, foliis, imbricatis carinatis lanceolatis eroso-denticulatis , sub apice acu- minatis, nervo continuo obliqué mucronatis, siccitate crispatis; pednncLilis pseudolateralibus; capsula; cylindricieoperculo longé subnlato. Hab. ad terram in Insulâ Dominicâ Iccta et mecum à cel. Bory coramunicata. Desc. Coules caespitosi, erecti, dense conferti, sex lincas longi, lomealobruii- neo obdiicti et intertexti , subsimplices vel iunovationibus fastigialo-ramosi. ^o/^'a imbricala , lineari lanceolata, erecta, carinata, nervo conspicuo continuo apiculata, sub apice acuminata, eroso-denticulata , subpapillosa , siccitate cris- pato-intorta, supiema Isetc viridia, tandem luteo-viridia , inferiora bruiinea mas- chalorbîza. Perichœtialia exteriora brevia, latè ovato-acuminata, interioraque longiora, ovato-subulatd , convoluta, luteola , nervo tenui ad apicem percursa. /?e/«sareolaefoliorum caulinotum tenuissimae, quadratse, prominulse, pericliaetia- lium autem lineari oblongatae. Pedunculus è vaginulâ cylindricâ brunneâ basi curvulâ s. adscendente, ob innovationes hypogynaeas pseudo-lateralis, imo sub- basilaris, tenellus, torlilis, quadrilinearis , foliis suprcmis concolor. Capsula oblongo-cylindrica è purpureo-castanea nitidissima, exannulata. In paucissimis individuis hYmenulam tenuissimam deprebendi niveam , c pariele interiori ortam, sîoraa claudentem ciloque cvanescentem, nec ulla tandem ipsius vestigia relinquentem. Operculum co»iico-subulatum concolor longitudineni capsulae adœquans. Calyptra cucuUala mature fissa indè basi perangusta facilèque decidua straminea. Gymnostonio Leptostomo Brid. non Hook. saltem ex descriplione, cùiu planta mihi ignota sit, affine ^ distinctum tamea \idetur foliis lineari-lancçolatis IX. BoTAK. — Janvier. 4 5o c. MONTAGNE. — Plàutés celLiilaires exotiques, denlato-ciosis, non iato-lanceclatis, capsula cylindricâ laevi, necovalâ subslriatâ^ foliis tandem perichaelialibus longe aliter conformUis. G. guadalapeiui Spreng. magis forsan approximat, sed illust. auctor plantulae suae folia integerrima tribuil, quae in nosliâ evidentissimù eroso-denticiilara sunt. Praetereà vcrô neivurn ad apicein folii atlingere nec excurrere déclarât; atqui in musco dominicensinerAuis non solùm ad apicem usquc pervcnit sed et siiperat sub foimâ mucronis seu apiculi oblique ver'-i desinens. Obs. J'ai j30urlant quelque raison de penser que la mousse de la Dominique n'est pas différente de celle de la Guadeloupe , et je vais dire sur qui-ls fondemens j'appuie cette opinion , que le possesseur actuel de l'herbier deSprengel peut seul confirmer ou détruire. On sait que Bertero, qui avait été l'élève chéri de Balbis , faisait religieusement part à son maître de toutes ses découvertes botaniques. Or, le professeur de Turin, fort peu versé dans l'étude et la connaissance des plantes cellulaires exo- tiques , envoyait àSprengtl, pour les lui nommer, toutes celles que lui adressait son ami. C'est pour cette raison qu'on trouve dans le Systema vegetabiliwn , publié par l'illustre auteur de XHistoïre de la médecine , tant d'espèces nouvelles qu'il devait à cette communication. L'amitié particulière que me témoignait Balbis et l'ardeur avec laquelle il me voyait rechercher et étudier les plantes en question ,1e portèrent à me gratifier de bon nombre de ces espèces exotiques qu'il tenait de Bertero. Il va sans dire qu'il me les donna avec les noms de Sprengel. Mais, malheu- reusement , il lui arrivait qiiclquefois , comme à tous les bota- nistes , de transposer des étiquettes que , faute de connaître suffisamment ces j)lanles, il lui deventii impossible de remettre à leur véritable place. Toujours est-il certain que, parmi les cryptogames dont sa générosité a enrichi mon herbier, se trouve une mousse originaire de la Guadeloupe et venant de Bertero , notez bien ces deux points, sur l'étiquette de laquelle je lis : Hypnum torlile, mousse, du reste , parfaitement identique avec celle que je viens de décrire ; or, ce n'est point l' H. tortile^ puisque ce n'est pas même un Hypnum. Je, laisse aux bryologistes à tirer la conséquence des faits que je viens de rapporter le plus suc- cinctement possible. Quant à moi , n'ayant point une certittide -complète sur l'identité des deux plantes , j'ai dii, en attendant, c. MONTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. 5t imposer un nom différent à la mienne et la décrire comme nou- velle , d'autant plus que l'espèce de Sprengel n'est connue que par une phrase diagnostique , insuffisante pour k faire recon- naître. 88. Gymnostomum Orbignianum (Montag. mss.): caule erecto longissimo, simplici vel ramoso, foliis è basi amplexicauli elongato- lanceolatis acuminatis dentato-spinosis carinatis undulatis, erectis aut reflexis, sicciîate crispaîo-iuvolutis , nervo ultra medio sub- continuo; capsulas tnrbinatô-obconicac operculo piano aut con- vexiîisculo mamillato. Hab. in America meridionali, Proviaciâ Corrientes j ad lerram arenosam in collibus sylvosis , secùs flumen Sanctœ-Luciœ , mcnse Junii, cum capsulis ma- turis à cl. d'Oibigny détecta. Caespitosc vivir. A G. tarbinato Rich. in Micbx. praecipuc differt magnitudine, foliis fcrè ut in Bryo spinosoYoil. dentato-spinosis, siccat'one crispato-inflexi?, operculo tandem piano -maïuillato , nec convexo-umbonato. Forma capsulae tantùm G. Jamesoni Grev. simile , differt nostrum ab bac specie omnibus aliis notis ,inprimis aulem dentibus foliorum. 89. Gymnostomum? pachflo7na [Montag. mss.) ; caule longis- simo, fluilante, ramoso, ramis simplicibus incurvo-uncinatis, foliis dense imbricatis ovato-subulatis falcato-secundis, margine incrassatis ; capsula Hab, in aquis vivis propè Valparaiso in Regno Chilensi à cl. d'Orbigny lecta. G. aquatico Brid. primo aspeclu tàm simile ut rix ab illo differre vi- deatur; distinctuni tamen foliis crasse marginatis. An hujus generis ? 90. Schistidium Perrottetii ( Montag. mss. ) : caule repente radiculoso semitereti -ramoso, ramis alternis erectiusculis , foliis trifariàm imbricatis,ovato-acuminatis, concavis, enerviis , rameis undiqueimbricatis,laxvsintegerrimis, patentibuSjperichaetialibus patenti-recurvis apice tantùm subserratis ; capsula terminali , subsessili oblongâ, truncatâ , tenerrimâ , pellucidâ, a Ibidâ; oper- culo ; caiyptrâ Seminula magna pro ratlone plantulae vix trilinearis, globosa, 4. 52 c. MONTAGNE. — Plautcs cellulaires exotiques. limbo hyalino cincta. An ob capsiilam membranaceam pelluci- dam îypus novi generis oîim condendi? Hab. ad terram nudam areiiosam repens in Senegambiâlectum mecum huma- nissimè communicavit cl. Perrottet. Ab Anœctangio (Schistidio Brid.) repente Hook. forma , colore , consislen- liâque capsulae spécifiée differt. Habitus jungermannioideus. Capsula urceolata hyalina rêvera in s^olucruin cujusdam Jungermanniae è tribu Radularum refert. 91. Cainpylopus lamellatus ( Montag. niss. ); caule erecto Jiviso, foliis lineari subulatis , canaliciilatis, piliferis , strictis , nervo subtùs lamellato! percursis; capsula Hab. in sylvis densis ad margines viarumpropè Chupé, in Provinclâ Yungas, ubi csespites latos efformat, à cl. d^Orbigny lectus. Obs. Un des caractères naturels des Camprlopus , genre auquel doivent certainement être réunis les Thysanomitrium , c'est cette organisation spéciale de la nervure, qui est telle que, si l'on pratique sur celle-ci une section transversale et qu'on Texaniine au microscope, son dos paraît cannelé par la saillie que font les cellules extérieures. Cette saillie ou ces cannelures existent manifestement dans toutes les espèces du genre , et c'est son exagération qui produit dans \<\ nôtre les lamelles qu'on y observe. Celles-ci sont tout-à-fait semblables à celles qu'on voit dans les Polytrics, avec cette seule différence pourtant que, au lieu d'occuper la face supérieure de la nervure , c'est sur le dos de celle-ci qu'on les remarque. Je me contenterai de signaler ici cette observation anatomiquedont je ne sache pas qu'il ait encore été fait mention à l'occasion du genre en question, me réservant d'en parler plus au long dans l'ouvrage de M. d'Orbigny. 92. Orthotrichum psychrophiluin (Montag. mss.) : caule erecto ramosiusculo, foliis îanceolato-subulatis, patenti-reflexis,margine incrassatosubrevolutis, carinatis striatisque, nervo crasso conti- nue; capsulae subemersœ , oblongœ, obscure sulca'ae operculo convexo mucronalo , peristomii interioris ciliis octo nodosis. Hab. in jugis Andiura Provinciae Potosi, ad rupes propèglaciêS aètertiàs à cl. d'Orbigny lectum. c. MONTAGME. — Plantcs cellulaires exotiques. 53 Muscus O. affini quàm proximus tamen distinctiis ab illo Tidetur , habitatione ad rupes, forma foliorum et peristomii inter. i ut etlongitudine diversâ pedunculi, vagiaulâ nullâ, loco tandem (propè nives œternas) quem praeamat. 93. Tortilla (Barbula) îeucocalyx (Montag. mss.) : caule erecto simplici innovante, foliis imis squamiformibus, siipremis rosa- ceo-congestis, ovato-lanceolatis,margine revolutis, nervo crasso continuo apiculatis, perichsetialibus vaginantibus oblongis obtu- sissimis albis ! interno longissimo seminervi ,capsulae cylindraceœ siibincurvœoperculo subulato. Hab. ad terram iu Regno CLilensi à Bertcro lecta. Descr. Caw/is erectus ruber à quatuor lineis ad poUicem longus, simplcx , - at innovationibus hypogynseis è centro rosulœ annuatim, ut videtur, repetitis , ad in 56 c, MONTAGNE. — Plantes cellulaires exotiques. certes notre espèce est loin d'offrir les rnémes motifs de confu- sion ; car, à la simple vue et sans aucune analyse préalable, on reconnaîtra aisément qu'elle en est différente. Au reste, le péri- stomedu Brywn ereciumSi été reconnu par M. Arnott lui-même comme appartenant au genre Brachymeniam. Dans le doute, si notre espèce est ou n'est pas le Brjum erectuni Hook, je lui donne le nom de Brachymenium mexicanum , qui devra être changé en celui de B, Hookeri .^ dans le cas où les deux mousses viendraient à être reconnues identiques. Il est à regretter que, dans le grand nombre de belles mousses^ dont M. Hooker a enrichi ma collection, ne se soit pas trouvée celle qui est ici en litige. J'aurais été à même de lever tous les doutes qui restent à l'égard de cette espèce. 96. Bartramia potosica (Montag. mss.):caule simplici, foliis è basi quadratâ diaphanâ subulatis, patentibus, nervosis, margine tenuissimè serrulatis , supremis comantibus; capsula Hab. in eisdem locis cum Orthotricho psychropliilo à cl. d'Orbigoy lecta. A Bartramiis ityphyllâ et sLrictâ similibus differt praescrtim caule simplici et basi quadratâ foliorum vaginante. 97. Glyphocarpus PP'ebhiiiMowidi^.'m herb. Webbiano): caule procumbente dense rufo-tomentoso, ramoso, ramis subsimplici- bus fasciculatis, secundis, erectis; foliis è basi ovatâ lanceolato- subulatis apice serrulatis , margine insigniter revoluto , undique patenîi erectis; capsulaeglobosse tandem urceolat8e,aequalis, sub- sessilis , laevis, siccitate corrugatse , non autem sidcatœ operculo hemisphaerico depresso mamillato. Calyptra , adhiic in hoc génère ignota , parvula est, basi intégra ventricosa , indè conica-obtusa recta. Mature caduca videtur. Hab. ad summam vallem Orotaviensem Insulse Teneriffae, in fissuris rupiura quas incolse los Organos dicuaî nec alibi, fructibus onustiim huncce rauscuni detexit cl. Webb. A G. capensi proximo differt autem baec species pedunculo vix lineam attin- gente inter folia perichaetialia toto abscondito, nec non aliis notis jam indi- catis. c. MONTAGNE. — Plautcs cellulaires exotiques. 5'] 98. Babronia nivalïs (Monlag. mss.): caule repente inordinatè ramoso , ramis filiformibus subfasciculatis apice incurvis, foliis ovato-lanceolatis piliformi-acuminatis, subsecundis, inaequaliter dentato-ciliatis, serninerviis ; capsulœovato-oblongœ aut pyrifor- mis operculo convexo rostrato , rostro teiiui incurvo. Hab. in summis jugis Andium propè Cochabamba ad nives aeternas suprà ter- rain à cl. d'Orbigny reperta. Fabroniis octoblepharidi Schwsegf. et ma/'ori dntrs affinis, sed videtur notis certL« diversa. 99. Leptodon coronatus (MonVd^. mss.) : caule repente ramoso, ramis adscendenti-erectissubpinnatis fertiiibus, ramulis patenti- erectis teretibus ; foliis ovatis acuminatis, margine subrecurvo bistriatis serninerviis; capsulae erectae elongato-subcylindricae operculo acuminato incurvo. Hab. ad corticem arborum in sylvis Provinciae Corrientes , propè Iribucua mense Octobris cum capsulis maturis legit cl. d'Orbiguy. Character essentialis in forma capsulse et longitudine dentium peristomii qui aliltj. dispositi «unt. Locus in systemate propè L. Lrichomitrion Mohr. etiam 100. Fissidens crispus (Montag.mss.j: caule simplici divisoque erecto filiformi longiusculo, foliis i5 — 20 jugis, alternis, remotis, oblongo-lanceolatis, acuminatis, secundis, siccis madidisque cris- patissimis,pedunculo terminait; capsulœovato-oblongaeinsequalis horizontalis operculo conico subacuminato. Hab. iniisdemlociscum Gymnostomo OrUgniano quocum paucissima hujusce musci specimina mixta legit cl. d'Orbigny. Soli Fissidentl grocili Brid. ( SkitophyUo La Pyl. ) affînis , à que differt foliis secundis et crispis. 58 B. DKLESSERT. — ICOIICS SelcctŒ. IcoNKS SELECTiE plantaruiTi qiias in Prodromo sjsteinalis iin'wer- salis ex herbariis Parisiensibus , prœsertini ex Lessertiano, descripsit A. P. dk Candoj-le. Accedunt Icônes Plantaruin novarum aut minus rite cognitarum , a peregrinatoribus nupenimè detectarimi ; editœ à Benj. Delessert, Academiœ scientiarwn socio honorario , etc.. Vol. tertium , tab. œn. loo, in-4 etin-fol., ciim descriptiouibu^ et observationibus. Pari- siis, 1827. (i) A l'époque où M. de Candolle entreprit l'immense tâche de décrire complètement toutes les espèces du règne végétal, et lorsqu'il mit ce projet à exécution, en publiant deux volumes de son Syslema naturale regni vegetabiliSy M. Benjamin Delessert, qui ne laisse échapper aucune occasion d'être utile à la botani- que, fit paraître, comme illustrations de l'ouvrage de M. de Can- dolle , deux centuries de planches gravées représentant les es- pèces les plus rares ou les plus remarquables de ses collections et de celles du Muséum. (2) Bientôt l'auteur du ^y^/ema^ s'apercevant de l'impossibilité d'à chever son travail sur un plan aussi vaste qu'il Pavait conçu, crut nécessaire de se borner à la publication des familles, des genres et des espèces sous une forme excessivement contractée; c'est ce qui donna naissance au Prodromas, dont six volumes ont déjà paru. Mais cet ouvrpige renfermait une quantité si considérable d'es- pèces nouvelles ou intéressantes, qu'il devenait très difficile à M. Delessert de continuer la publication de ses Icônes , en suivant pas à pas M. de Candolle dans son jiouveau travail, c'est-à-'dire de se borner à une seule centurie de planches pour chacun des volumes du Prodromus. D'un autre côté , M. de Can- dolle avait fait paraître, à mesure que son ouvrage avançait, une série de mémoires sur les familles qu'il venait de traiter, mémoires (i) Prix : in-P , 60 Ir. ; /11-40 , 35 fr. S'adresser à M. Lasègue, rue Monlmartre , X76. (a) Icônes selectœ plantai inn quas in systemate universali descripsit k. P. De Candolle, elc. — Vol. I exhibens Ranunculaceas , Dilkniaceas ^ MagnoUaceas , Anonaccas el Menispermeas, — Vol. II exhibens Derherideas , Njmphœaceas , Papaveraceas . Fumariactas et duciferas. On trouve à l'adresse ci-dessus ces deux volutues, dont le prix est le r/iême pour chacun (pie celui du troisième. B. DELESSERT. IcOllCS SclcCtœ. ^^ auxquels il avait ajouté des planches destinées à faire connaître l'organisation des plantes, ainsi que les espèces nouvelles. Cependant M. Delessert, désirant donner unesuiteàses/co/ze*- àeleclœ ,^1 un choix parmi les espèces les plus remarquables qui se trouvaient décrites dans les quatre premiers volumes du Prodromus , :nais qui n'avaient pas encore été figurées, et il les fit dessiner et graver par les plus habiles artistes. Le nombre de ces plantes ne s'élevant qu'à une cinquantaine, il compléta la cen- turie par la représentation de plusieurs plantes extrêmement inté- ressantes , rapportées dans ces derniers temps par des voyageurs français et étrangers. Tl a voulu par là rendre hommage à l'intrépi- dité de ces savans qui se dévouent si noblement pour la cause sa- crée des sciences nalurelles C'est encore le même sentiment qui l'a guidé lorsqu'il a fait la dédicace de son livre, non aux savans sédentaires, quels que fussent leur gloire et leur mérite, mais à la mémoire de Bertero c' aux botanistes-voyageurs qui, plus heu- reux que ce dernirr, sont actuellement existans, au grand béné- fice de la science i^qui in rei herbariœ emolumentum supersuni). Les services rendus par ces botanistes sont énumérés dans la préface latine de M.Delessert, et l'histoire succincte des voyages de chacun d'eux s'y trouve exposée. Il paie ainsi un juste tribut d'éloges aux travaux de MM. Bertero et Mœrenhout dans le Chili et les îles de l'Océanie, de MM. Cl. Gay et Gaudichaud au Chili et au Pérou, de M. Vauthier au Brésil, de M. Leprieur à la Guyane, de M Ramon delaSagra à la Havane, de MM. Perrottet, Leprieur et Heudelot au Sénégal, de MM. Goudot et Bernier à Madagascar, enfin de MM. Wallich, Wight, Perrottet et Adolphe Delessert dans les Indes orientales. Dans le choix et la description des plantes qui composent le troisième volume des Icônes selectœ , M. Delessert a profilé de l'assistance de MM. de Candolle, de Jussieu,Brongniart, Decaisne et Guillemin , et , sous ce rapport , le troisième volume des Icônes 2i reçu une notable amélioration. En effet le texte, totale- ment rédigé en langue latine , qui accompagne les planches, n'est pas réduit, comme dans les deux précédens volumes, à la citation pure et simple des phrases spécifiques, de la patrie des plantes , et à l'explication des figures. On y trouve , en Go B. DELESSERT. Icônes selectœ. outre, pour le plus grand nombre des espèces , des descrip- tions complètes et des observations importantes. La plupart des dessins ont été exécutés avec un rare talent par madame Delile et MM. Decaisne et Heyland; et, parmi les gravures, celles qui sont remarquableqient belles sont dues au burin de MM. Plée et Mougeot. Pour donner une idée de l'intérêt que cet ouvrage doit pré- senter aux botanistes , nous allons indiquer sommairement les plantes qui y sont traitées. CAPPARiDEiE. i.Gynandropsis palmipes DC. 2.Cleome chilensis var. glabra DG. 3. Cleome nummularia DC. 4. Cleome glauca DC. 5. Cleome glaucesceusDC. 6. Polanisia grapeolens Ra- Cn. y. Cratœva Adansonii T)C. 8. Cadabajùrinosa Forsk. 9. Cadaba capparoides DC. io. Capparis leucophylla DC. II. Capparis pyrifolia Lam. 12. Capparis pubiflora DC. 1 5. Mœrua angolensis DC. ( Les descriptions ont été faites par M. De Candolle.) FLAcouRTiANEiE. i4. Patrisia parviflova DG. (Texte de M. De Candolle.) PoLYGALE^E. \b, Polygala eriopfera DC. 16. Polygala venenosa Juss. 17. Polygala oxyphylla DC. 18. Polygala spectabilisDC 1 9. Salomonia oblongifolia DC. so. Comesperma flaira DC. ^\.Badiera domingensisDG. 22.Securidaca pubescens DC. (Le texte est de M. De Candolle , excepté la dernière espèce qui a été décrite par M. GuUlemin.) ByttneriacEjE. 23. Riedleia Berteriana DC. ik. JValtheria longifoUa DC. (Descriptions par M. Guillemin.) Ternstroemiace^. 25. Saurauja bracteosa DC. 26. Apatelia lanceolata DC. (Observations par M. Guillerain.) HypERiciNEiE. 27. Hypericum Leschenaultii \)C. ( Observations par M. Guillemin.) EaYTHROXYLEiE. 28. Erytliroxylum ligustrinum DC. (Descript. et observ. par M. Guillerain.) Malpighiace^. 29. Lophopterys splendens Adr. Juss. 3o. Pierandra lali- folia Adr. Juss. 3 1 .Spachea elegans Adr. Juss. TiiJabelina riparia Adr, Juss. 33. Diplopterys paralias Adr. Ju5S. Si.Brachypterys australis Adr. Juss. 35. Byssopteris timo- rensis: Adr. Juss. 36. Triaspis odorata Adr. Juss. { Les caractères génériques essentiels et les phrases spécifiques de ces plantes ont été rédiges par M. de Jussieu , qui prépare en ce moment un grand travail sur les Malpighiacées.) B. DELESSERT. — Icoucs selectœ. S-iPIKliACE/E. OxAllDEiE. ZYGOPHYIiLEiE. RUTAOEJE. Celasthine-e. h0malime.e. TeREBINTHACEjE. Leguminos^. MyRTACEiE. Zj. Paullinia 7)elutina DC. 38. Sapindiis senegalensis Poir. 39. Hypelate trifoliata Swartz. ( Description par M. Guillemin.) 4o. Martiniera potentllloides Guill. ( Dans une note addi- tionnelle à la fin du volume , M. Guillemin a reconnu que ce genre nouveau pourrait bien être le même que le Wendtia de M.Mejenf') ). kx.Vlvlanla crenala Hook. (Descript. et'observ. par M. Guillemin.) 42. Hœpera fahagifolia Adr. Juss. 43. Aplophyllum tuberculatum Adr. Juss. 44. AplophyU lurti acutifoUum Adr. Juss. 45. Eriostemon buxifolium Smith. 46. Eriostemon salicifoLium iSmilh. 47. Eriostemon myoporoldesDC. iS.Zieria rnacropkylla Bonpl. 49. Zieriu lœvigata Smith. 5o. Zieria hirsiUa DC. ( M. Adrien de Jussieu a fourni les analyses de la plupart des plantes de cette famille et de la précédente.) 5i. Staphylea Bamalda DC, (Descript. par M. Guillemin.) 52. Byrsanthus Brou^nii Guill. (M. Guillemin a donné une description complète de ce nouveau genre , qui avait été indi- qué par M. R. Brown). 5'5. Blacku^ellia fœilda Well. (Description par M. Guillemin.) 54. Buchanania lallfolia Roxb. ^5. Marignia obtusifulia DC. 56. Colophonia mauritiana DC. 5/. Garuga madagas- cariensis DC. 58 Omphalobium villosum DC. (Description et observation par M. Guillemin.) 59. Virgilia sylpatica De Candolle. 60. Thermopsis lan~ ceolata R. Br. 61. Burlonia sessilifolia DC. 62. Raf- nia angulata j Thuab. 63. Hypoçalyptus obcordalus Thunb. 64. Viborgia fusca Thunb. Q5. Genista Salzmanni DC. &&. Tetragonolobits conjugatus Seringe. 67. Psoralea stipulacea Decaisne. 68. Nissolia racemosa DC. 69. Lesser- tia macrostachya DC. 70. Lessertia brachystachya DC. 1 V . Sutherlandia microphylla. ^2. Astragalus obtusifo- lias DC. 73. Galdenstœdtia monophylla Fisch. j^.St*>art- zia brachystachya DC. 75. Lagonjchium Slephanianum Marsch-Bieb. jQ. Eugenia tuberculaia. DC. (i) Depuis lapublicationdesontroisièmevolume, M.Delessertareçu uneleltredeM.Kunze, qui confirme ealièremenl le soupçon exprimé par M. Guillemin tant sur l'idenlilé du genre que sur celle de l'espèce. Celle-ci doit être rapportée au Wmdtia Pœppigiana. {Note des Red.) 62 B. DFLESSERT. IcOfies SeUctCG. Francoace^e. 77. Telilla hydiocotylefoUa DC.fOL etv.ition par M. Giiil-' leinin et description par Bertero.) UMEELLiFERiE. y8. Eryngium buplcpi'oides Uook. et Arn. (Observation par M, Guillemin et description par Bertero.) Saxifragace*. 79- Cornidia integerrlma Hook. et Arn. (Observation par M. Guillemin.) LorAnthace^. 80. Misodendrum oblongifolium DC. (M. Guillemin a donné une description complète de cette singulière plante et en a ' fait connaître les deux âges.) RuBiACEiE. 8 1 . Uncaria sclerophylla Roxb. AscLEPiADE^. 82. StepJtanotis acuminata Ad. Brongn. 83. Stephanolis l^hoiiarsii kà. Brongn. (M. Adolphe Brongniart avait décrit ces deux plantes dans les Annales des sciences naturell'^s , janvier 1887, vol. vu , p- 3o. ) Af ANTHACE^. 84. Lepidagathis humifusa Decaisne. Labiat^e. 85. Coleus grandifoUus Ber.t]!. 86. Cymaria acuminata Decaisne. (Ces espèces avaient été décrites par M. Decaisne dans son ouvrage sur les plantes de Tiraor.) NyctaginEjE. 87. Pisonia procera Bertero. (Description et observation par M. Guillemin.) Euphorbiace^. 88. Colliguaia odorifera Molina. (Analyses de M. de Jussieu.) PiPERACE^. 8g. Piper methysticumForst. ^o. Serronia JaborandiGaud. (Genre nouveau proposé par M. Gaudichaud. Description et observation par M. Guillemin.) PoDOSTEMEiE . q i . Hydrostacliys verruculosa A d r . J u ss . 92. Hydros tuchys imbiicata Adr. Juss. 93. Hydrostachys tnultifida kàr . Juss, 94 . Hydrostachys dlstichopylla Adr. Juss. ( Les caractères essentiels de ce singulier genre, établi par Dupetit-Thouars. ont été fournis par M. Adr. de Jussieu , qui de plus a publié ici les quatre espèces ci-dessus , lesquelles sont absolument nouvelles.) ERioCAULEiE. 95. EriocaulonF'authierianiimGxiiW.gfy.Eriocaulon micro- phyllum Guill. 97. Eriocaalon stellare. 98. Eriocaulon fiagellare Guill. (Descript. et observ. par M. Guillemin.) Naïade*. 9g. Ouvirandra fenestralis Poiret. 100. Ouvirandra Ber- nieriana Decaisne. (Descript. et observ. par M. Decaisne.) p. w. KORTHALS. — Coloration de /'Hibiscus mutabilis. 63 Note sur la coloration de la fleur de /'Hibiscus mutabili.v L. , Par P. W. RoRTFiALs. Durant mon séjour aux Indes-Orientales, j'ai dû tâcher, atitant que l'occasion m'était favorable, de résoudre diverses questions physiologiques, au nombre desquelles le phénomène du chan- gement de couleur du Flos horarius de Rumphius m'a paru une des plus intéressantes. Je m'étais aperçu , il est vrai, que la couleur rouge ne prenait pas la même intensité dans les temps pluvieux, maispourtant qu'elle se produisait constamment. Pour me rends e raison de ce phénomène, je commençai par envelopper ces fleurs de petits cornets de papier blanc et noir, et j'observai fort peu de différence de couleur entre ces fleurs enveloppées et celles qui avaient été exposées au soleil à nu. Craignant de n'avoir pas entièrement soustrait mes fleurs à l'influence de la lumière, j'en cueillis quelques-unes , et je les mis dans des boîtes bien fer- mées. Malgré cette précaution , la couleur rouge se développa, quoiqu'un peumoins vive qu'à l'ordinaire, à peu-près de la même manière et aussi promptement que dans celles exposées au jour. T.e hasard m'ayant fait observer que des pétales, en contact avec un acide, rougissaient instanstanément, j'ai cru pouvoir en inférer que l'oxigénation était caure du développement de cou- leur. Ayant donc mis des fleurs matinales ou blanches sous un petit récipient avec de l'air atmosphérique , j'observai une dimi- nution considérable d'oxigène. En général , la couleur rouge commençait à se développer sur les bords des pétales, de sorte que ceux-ci avaient leurs bords rosés vers neuf heures du matin. Ce changement de couleur dure jusqu'à quatre heures après midi; et, à huit heures du soir, la fleur commence déjà à se flétrir et à se replier. Ces observations me portent à croire que le changement de couleur de Y Hibiscus irjufabilis dépend plus d'une énergie vitale propre à l'individu même que des agens extérieurs. L'oxigénation semble produire dans les fleurs de V Hibiscus une chromule rouge, ou plutôt faire passer au rouge la chromule primitivement incolore. 64 ARiiABrDA. — Florœ fluminensis icônes. Florje Fluminensis icônes lapidiinsculptœ etimpressœ in ojjîcinâ lilhographicâ A. Senefelder, edidit D. A. da Arrabida, etc. vol. i-xi,in-fol. Paris. 1827-1837. Roret,rueHautefeuille, n° 10. (Prix : i65 fr. grand in-fol. et \%i francs petit in-fol.) Le volumineux recueil que nous annonçons aux botanistes olfre l'exemjDle d'une de ces entreprises irréfléchies qui font gémir les vrais amis des sciences, lorsqu'ils voient engloutir tant d'argent pour la confection d'ouvrages fort au-dessous des exi- gences de l'époque actuelle. Quand on songe , en effet, que, avec moins du dixième de ce qu'a coûté la gravure sur pierre des planches du Flora Fluminensis y '\\ aurait été facile de publier un bon ouvrage sur les plantes du Brésil , on ne peut s'empê- cher de témoigner hautement son indignation de ce que les hommes qui étaient à la tête des affaires de cet empire aient accordé des encouragemens considérables pour la publication d'un ouvrage que , dans leur ij^norante admiration , ils regar- daient comme parfait > mais qui, au fond, n'est que très mé- diocre. Cependant ce recueil de planches ayant vu le jour, il s'agissait de lui faire acquérir au moins quelque utilité, en l'ac- compagnant d'un texte composé de la table méthodique des espèces contenant leur synonymie ou , du moins , l'indication des genres et des familles auxquelles on pourrait les rapporter. C'est ce qu'a fait exécuter le possesseur d'un nombre peu con- sidérable d'exemplaires échappés aux boutiques d'épiciers et à la fourniture des schakos de l'armée française. Un grand nombre de plantes ont pu être déterminées génériquement et spécifi- quement, mais il en reste encore beaucoup dont on n'a indiqué que le genre et même que la famille. Les planches du Flora Fluminensis ^ au nombre de seize cent quarante,sout distribuées en onze volumes in-folio, pour chacun desquels il y a un ordre particulier de numéros. Les dessins originaux avaient été exécutés à Rio de Janeiro par nn peintre vénitien sous la direction du père Vellozo da Conceiçao. Les figures sont disposées d'après le système sexuel et gravées sur pierre , pour la plupart au simple trait. L'extrême modicité du prix auquel les éditeurs ont porté cet ouvrage permettront aux botanistes et surtout aux bibliothèques publiques d'en faire l'acquisition. Elle est même indispensable pour celles-ci depuis que MM. de C-andolle, de Martius et d'autres savans célèbres ont cité ces planches dans leurs ouvrages. DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. %^ Observations sur la circulation des fluides chez le Chara fragilis Desvaux , Par M. DuTROCHET, Membre de l'Académie des Sciences. (Lues à l'Académie des Sciences le 4 décembre 1837.) (^ui/^. Voy. page 5. ) §. 8. Influence des agens chimiques sur la circulation du C\i2ir2i. Corti a fait un petit nombre d'expériences sur l'influence •exercée par quelques agens chimiques sur la circulation du Chara. Il a vu que cette circulation est arrêtée par l'immersion de la plante dans l'eau salée et dans l'alcool. L'urine, le lait et l'huile lui ont donné le même résultat. M. Amici a vu que l'im- mersion du Chara dans le vinaigre faisait cesser la circulation. Ces expériences, comme on le voit, sont peu nombreuses et fort imparfaites; l'importance du sujet demandait qu'elles fussent suivies et multipliées. On a vu plus haut, par les effets que produisent les change- raens de température sur la circulation du Chara, que la force inconnue, à laquelle est due cette circulation , éprouve une di- minution et même une suspension , lorsqu'elle subit l'influence d'un changement dans l'action qu'un agent du dehors exerce sur elle, et qu'elle reprend ensuite son énergie en réagissant contre la cause extérieure toujours agissante qui tend à l'oppri- mer. 3'ai observé les mêmes phénomènes dans l'influence qu'exercent les agens chimiques sur la force qui produit la circulation du Chara. Il y a de même ici une période d'oppression IX, B0TA.i)r. — Février. 5 i)6 DUïKOCHET. — Sur la circulation dans les Chara. et une période de réaction. Ces deux périodes sont plus ou moins faciles à observer suivant le degré d'énergie de l'agent chimique auquel on soumet le Chara, et même suivant le degré de la température par laquelle on fait l'expérience. On sent facile- ment que, si l'on soumet la plante à l'action d'un agent chi- mique assez puissant pour porter de suite atteinte à son orga' iiisation, sa vie et sa circulation seront abolies sur-le-champ; il n'y a donc de réaction possible, de la part du Chara, que lors- que l'agent chimique dont il subit l'action n'excède pas un degré déterminé d'énergie, et ce degré ne peut être connu que par l'expérience. J'aborde l'exposé de mes expériences. Par une température de + 25 degrés centésimaux, j'ai plongé une tige de Chara dans de l'eau qui tenait en solution un mil- lième de son poids de potasse caustique préparée à l'alcool, La circulation a été suspendue au bout d'une minute, et elle a recommencé une minute après; elle a duré pendant huit minutes, et elle s'est alors abolie sans retour. Ainsi, \^ période d'oppres- sion a duré seulement deux minutes, et la période de réaction a duré huit minutes. Ayant fait la même expérience par une température plus élevée, je n'ai plus observé de distinction entre les deux pério- des d'oppression et de réaction ; la circulation s'est abolie sans retour au bout de deux à trois minutes. J'ai fait la même expé- rience par une température de -J- lo degrés c. ; la circulation s'est suspendue après trois minutes, a repris après huit minutes de suspension, et a duré pendant un peu plus de trois heures. Le même expérience étant faite par une température de + 1 1 degrés, la circulation s'est suspendue après quatre minutes, a repris après dix-huit minutes de suspension, et a duré pen- dant huit heures quarante minutes. J'ai encore fait la Uiême expérience par une température de -+- 6 degrés. La circulation s'est suspendue au bout de cinq mi- nutes; cette suspension a duré pendant vingt minutes, après quoi la circulation a repris par réaction, et a duré pendant douze heures trente-ciuq minutes. On voit par ces expériences que, sous l'influence du même agent chimique délétère, le Chara maintient sa circulation I DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara. 67 d'autant plus long-temps que la température est moins élevée. Les deux périodes à' oppression et de réaction s'allongentlorsque la température baisse; mais la dernière période s'allonge beau- coup plus que la première. Ainsi, pour bien observer ces deux périodes, il faut faire ces expériences par une température peu élevée. En outre, il ne faut employer que des liges de Chara ex- traites depuis peu de temps de leur lieu natal, car, lorsqu'elles sont conservées long-temps sur des bocaux pleins d'eau, elles perdent une partie de leur vitalité, et alors elles n'offrent plus à l'expérimentateur les mêmes résultats. La réaction, chez ces tiges de Chara affaiblies, devient souvent nulle, et la circulation est assez promptement abolie sous l'influence d'un agent chi- mique qui l'aurait laissée subsister bien plus long-temps, si la force vitale qui l'opère avait eu plus d'énergie. Comme on vient de le voir, les alcalis ont la propriété, étant employés à doses convenables en solution dans l'eau , de suS' pendre la circulation du Chara pendant la période d'oppression', à doses plus fortes , ils ne permettent aucune réaction ; ils abo- lissent plus ou moins promptement la circulation et la vie. Employés à doses extrémenent faibles, ils ralentissent seule- ment la circulation pendant la période d'oppression, ils ne la suspendent point. Or, les acides ne produisent que ce dernier effet, celui de la diminution de vitesse de la circulation; jamais je ne les ai vus suspendre caite dernière; lorsqu'ils la font cesser, c'est pour toujours, c'est une abolition et non une suspension. Ainsi, par une température de + 11 degrés cent., luie tige de Chara étant plongée dans une solution d'une partie d'acide tar- trique cristallisé dans mille parties d'eau (densité i,ooo45), on observe, au bout de trois minutes, un ralentissement de la cir- culation, ralentissement qui dure pendant huit minutes; en- suite la circulation reprend de l'accélération ; elle diminue ensuite de nouveau de vitesse, et s'abolit sans retour au bout d'une heure quarante minutes. Si la dose de l'acide est beaucoup plus forte, par exemple, d'une partie d'acide tartrique dans cinquante par- ties d'eau (densité 1,009), ^* ^^ température étant toujours de + 11 degrés, la circulation dure pendant dix-huit minutes sans faire voir la succession des deux périodes (^oppression et de 5. f>8 DUTROCHET. — Sur la circulation dans les Chara, réaction ; on ne voit qu'une diminution graduelle de la circula- tion qui finit par s'abolir sans retour ; .«on abolition est accom- pagnée de légères convulsions dans la tige. En employant une solution d'une partie d'acide tartrique dans vingt-cinq parties d'eau (densité 1,0175), et par la même température de +1 i de- grés , la circulation est abolie an bout de quatre minutes. Les acides sulfurique, nitrique et hydrochloriqne se compor- tent à-peu-près comme l'acide tartrique dans ces expériences. Ainsi, l'acide sulfurique à la densité de 1,001 5, et, par la tem- 'pérature de + 1 1 degrés, abolit la circulation du Chara en 35 minutes, et cette abolition est accompagnée de convulsions que j'ai observées pendant une heure après la cessation de la circu- lation. Celle-ci finit avec la période doppressioJi; il n'y a point de réaction. En employant le même acide beaucoup plus étendu d'eau, de manière à lui donner la densité i,ooo83, je vis la cir- culation du Chara, d'abord diminuée de vitesse de moitié en- viron dans les 3^ premières minutes, reprendre peu-à-peu de l'accélération par réaction, de manière à avoir récupéré la vi- tesse initiale au bout d'une heure d'expérience. Ensuite la circu- lation diminua peu-à-peu de vitesse, et finitpar s'abolir au bout de près de trois heures d'expérience faite toujours par la même température de -4- 1 1 degrés. Les acides nitrique et hydrochlcrique exercent sur le Chara une action encore plus délétère que ne l'est celle de l'acide sul- furique. En effet, j'ai vu l'acide nitrique à la densité de 1,0008 abolir sans réaction la circulation du Chara au bout de vingt- trois minutes , et l'acide hydrochlorique à la densité de 1,0001 3 abolir, de même sans réaction, cette circulation au bout de seize minutes, et cela toujours par la même température de -+- 1 1 degrés. Les acides hydrosulfurique et hydrocyanique abolissent la circulation du Chara presque instantanément. J'ai employé ces acides très faibles, mais sans avoir pu déterminer leur densité. J'ai voulu voir ce qui arriverait en transportant alternative- ment une tige de Chara d'une solution alcaline dans une solu- tion acide contenant, la première un millième de son poids fi?ie, afin de mieux établir la communication avec deux fils de pla- tine en relation avec les deux pôles d'une pile. Si le mouvement de la lyuiphe , qui est dirigé dans le sens des séries de globules verts , est du à l'électricité, on doit pou- voir l'accélérer ou le ralentir en soumettant la plante à l'action d'un courant dirigé dans le sens de ces séries. Pour nous en as- surer, nous avons placé une tige de Chara dans une hélice dont "^ les circonvolutions, parallèles à ses stries ou séries de globides verts, se trouvaient dans un plan vertical (i); puis nous avons fait passer dans cette hélice la décharge de piles fortement chargées, composées depuis dix jusqu'à trente élémens, sans apercevoir ni augmentation ni diminution dans la vitesse du ' mouvement rotatoire du Chara. L'hélice a ensuite été placée de manière que ses circonvolutions étaient j)erpendiculaires aux stries et se trouvaient toujotirs dans un plan vertical. Le courant électrique, quelle qu'ait été sa direction, n'a exercé aucune in- fluence sur le mouvement rotatoire* du Chnra. La direction des circonvolutions a été changée de nouveau, et l'on a eu cons- tamment des résullats négatifs. Il paraîtrait donc que le mouve- ment rotatoire n'est pas dû à l'électricité ; ou doit, suivant toutes les apparences, l'attribuer à une force particulière dont la na- ture nous est tout-à-fait incouiuie. L'action des courans par influence ne nous ayant rien appris, il ne restait plus qu'à transmettre le courant électrique à travers la tige même (ki Chara. Or, quand l'électricité traverse les corps, elle y produit des actions chimiques ou des effets physiques qui sont accooipagnés d'efièts calorifiques. Nous n'avons eu égard , dans nos expériences , qu'aux effets physiques. Première expérience. — Une tige de Chara ayant été placée avec un peu d'eau ordinaire sur une lamed*^ verre concave, ou a fait passer dans cette tige, tantôt de haut en bas et tantôt de (t) Une grave erreur de copiste a rendu ce passage tout4-fait inintetligible dans les deux publications de ce uiémoire , qui ont été faites précédemment, savoir . i^ dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences (a' semeslre d« 18Î7, p. 78(l)j a" dans la JiibUotlièque universelle d^Genèvc (décembre 1837). sur la circulation du Chdivai. 38 bas en haut, le courant provenant d'un certain nombre de couples d'une pile chargée depuis deux jours avec de l'eau ren- fermant ur) centième de son poids de sel marin. On a employé successivement un, deux, trois couples; au troisième couple, le mouvement rotatoire a été arrêté instantanément. Le courant électrique ayant été interrompu pendant cpielques minutes, le mouvement rotatoire a repris sa vitesse primitive. L'expé- rience ayant été recommencée, il a fallu cinq couples pour arrêter le mouvement. Deuxième expérience. — On a fait passer le courant de ma- nière que le pôle positif fût mis en communication avec le haut de la tige; le mouvement rotatoire a été arrêté en employant deux couples. Après quelques instans d'interruption, il n'a pas tardé à recommencer ; il a fallu alors six couples pour Tarrêter. Troisième expérience.— On a opéré avec une autre tige dans laquelle le mouvement des globules était très actif. On a pu alors augmenter la force de la pile depuis un, deux , trois , jusqu'à vingt couples, sans apercevoir de diminution dans la vitesse. En passant de vingt à trente couples, le mouvement s'est arrêté subitement. • Quatrième expérience. — On a recommencé les mêmes séries d'observations avec une pile chargée seulement avec de l'eau de Seine, afin d'avoirun courant faible, qui ne fiitpas capable de réagir chimiquement d'une manière sensible sur les parties constituantes delà plante. Le pôle négatif correspondaitau haut de la tige, il a fallu neuf couples pour arrêter le mouvement rota- toire. La direction du courant ayant été changée, le mouvement rotatoire a été arrêté avec cinq couples; alors, au lieu d'inter- rompre le circuit, comme dans les expériences précédenies on a continué à laisser cheminer le courant électrique dans le Chara- le mouvement a reconmiencé au bout d'une minute avec une vitesse successivement croissante. Gmq minutes s'étant écoulées on a ajouté trois couples les uns après les autres; au troisième couple le mouvement rotatoire a été interrompu, mais il a recom- mencé au bout d'une minute; cinq minutes après, on a aug- menté successivementdecuiq couples le circuit, et au cinquième, 8/| BFCQUEREL et DUTROCHET. — Influence de Véleciricilé le mouvement a été arrêté net, puis il a recommencé au bout d'une minute. Cinq minutes après, on a pu ajouter quatorze couples au courant sans suspendre le mouvement rolatoire im- médiatement ; mais il s'est arrêté au bout d'une minute, et n'a repris qu'après un intervalle de plusieurs heures, quand il n'a plus été sous l'influence du courant. Cinquième expérience. 7— En soumettant à la même expé- rience un Chara dont le mouvement rotatoire était très actif, le pôle positif étant en rapport avec la base de la plante, le mouvement a été arrêté à quinze couples, et a repris au bout d'une minute d'influence; quatre miîuites après , on a ajouté successivement un , deux, trois jusqu'à quarante couples, et le mouvement a été arrêté au quarantième; il a repris au bout de cinq minutes d'influence. On a augmenté ensuite le nombre des couples jusqu'à cinquante-cinq, et le mouvement rotatoire s'est arrêté quelques minutes après; il a repris ensuite au bout de deux minutes. <, Sixième expérience. — Oh a employé une pile qui n'avait pas servi depuis long-temps, et dont la surface des couples n'était point, par conséquent, décapée; ou l'a chargée avec de l'eau de Seine , afin que It réaction de ce liquide sur le zinc fût très faible. Voici les résultats que l'on a obtenus avec im Chara, et le mouvement rotatoire était rapide : on a fait passer succes- sivement dans la tige la décharge de un, deux, trois , jusqu'à soixante couples; le courant électrique, persistant, le mouvement rotatoire s'est arrêté une minute après, et n'a pas tardé à re- prendre; quand il a été bien rétabli, on a rétrogradé successive- ment d'un couple jusqu'au dix-huitième couple; alors le mouve- ment s'est arrêté , et a repris une minute après. L'eau de la pile ayant été enlevée, on a chargé celle-ci avec de l'eau renfermant environ un cinquantième de son poids d'une solution saturée do sel marin et quelques gouttes d'acide sulfu* rique. Avec la même tige de (>hara , le mouvement a été arrêté à un couple, et s'est rétabli quelques instans après. Nous avons fait beaucoup d'autresexpériences qui ont conduit, comme les précédentes, aux conséquences suivantes: i" l'élec- tricité qui traverse la tige du Chara tend à produire, dans iespre- liiir la circulation du Ghara. 85 îïiiers iîistans, imcngouidisîscinent dont l'intensité dépendre l.i force du courant; 2° le courant électrique agit en même temps et également sur le mouvement ascendant et sur le mouvement descendant; 3° le sens du courant électrique ne paraît établir aucune différence dans son mode d'action; 4" si le courant pro- vient d'une pile chargée avec de l'eau, il faut employer m» cer- tain nombre de couples ])onr arrêter \^ mouvement rotatoire ; quelques instans après', il recommence peu-à-peu sous l'in- fluence du courant électrique, et finit par acquérir la vitesse qu'il avait primitivement. En augmentant le nombre des couples, il y a un nouvel arrêt, et ensuite, reprise du mouveinent; ainsi de suite jusqu'à ce que le courant électrique ait assvz d'intensité pour arrêter le mouvement rotatoire pendant quelques heures. En rétrogradant, c'est-h-dire, en diminuant successivement le nombre des couples , on retrouve encore des arrêts et des re- prises du mouvement rotatoire. Le passage de l'électricité ne produis aucune désorganisation , puisqu'un repos plus ou moins long rend à la plante ses facultés naturelles. En expérimentant avec une pile chargée avec \\\\ liquide actif et un bon conducteur, on observe des effets semblables, si ce n'est qu'il ne faut employer qu'un petit nombre de couples pour les obtenir. Comparons ces effets avec ceux qui sont produits par la chakur, puisque le courant électrique, en traversant la tige dii Chara, a dû, élever sa températiu'e. A ^partir de zéro, la circulation du Chara s'accélère à mesure que la température monte; à j8'' ou 19" elle est très rapide; elle diminue ensuite jusqu'à 27° où elle est très ralentie,, puis sa vitesse augmente , et ainsi de suite jusqu'à 45° où tout mouvement cesse pour ne plus reparaître; la plante épiouve alors une désorganisation qui détruit le mouvement rotatoire des globules. L'électricité produit constamment sur le Chara des alterna- tives semblables, c'est-à-dire des arrêts et des reprises de mou- vement, même quand on emploie des courans de faible inten- sité. Mais nous n'avons jamais observé une accélération dans la circulation, comme en produit la chaleur. C'est et» cela que 86 BECQUEREL et DUTROCUET. — Influence de l'électricité consiste la différence que nous avons trouvée entre le mode d'action de l'électricité et celui de la chaleur. Voici maintenant comment on peut interpréter le mode d'ac- tion tle l'électricité. Lorsqu'un courant électrique traverse un corps quelconque, il commence par faire perdre à ses molé- cules leur j)osition naturelle d'équilibre, d'où résulte ordinai- rement un dégagement de chaleur, et, dans quelques cas par- ticuliers, un abaissement de température. Si finlensité de ce courant est suffisante, les molécules sont séparées et même dé- composées; si elle est trop faible pour protluirc ces derniers effets, les molécules reprennent peu-à-peu leur position primi- tive, aussitôt que l'action du courant a cessé. C'est alors que les propriétés physiques du corps redeviennent ce qu'elles étaient avant que le courant électrique l'eût traversé ; mais ce qii'il y a de particulier dans le Chara , et ce que nous signalons à l'at- tention des physiologistes, c'est qu'après que le courant a pro- duit les effets physiques ci-dessus mentionnés, lesquels sont accompagnés d'une action engourdissante, les forces qui pro- duisent la circulation, et dont la nature est inconnue , font un effort pour lutter avec assez d'avantage contre la force élec- trique , afin que les molécules organiques, quoique dérangées de leur position naturelle d'équilibre, recouvrent leurs pro- priétés primitives. L'action c[ui détermine le mouvement rota- toire l'empoitant sur l'action électrique, celle-ci cor)tinue à agir sans troubler ce mouvement. Cette lutte cesse quand le courant électrique possède une intensité suffisante ; les forces vitales, alors épuisées momentanément, reprennent leurs fa- cultés après un certain temps de repos , une fois qu'elles ne jont plus soumises à l'action de l'électricité. Si l'on compare les effets que nous venons de décrire à ceux qui sont produits par la chaleur, nous trouvons des différences notables qui nous mettent à même de conclure que le courant électrique agit ici d'une manière particulière. On doit voir que, dans les recherches dont nous venons de rendre compte, nous avons suivi une marche philoso- phique pour arriver à la connaissance de la force qui pro- duit la circulation de la lymphe dans le Chara; nous l'avons su/la circulai, on du Chara. 87 mise eïi présence d'autres forces dont les effets étaient bien dé- finis, afin de connaître les rapports qui existent entre elles. I>e la comparaison des effets observés, nous avons conclu que les forces qui produisent le mouvement rotatoire ne peuvent être rapportées , suivant toutes les apparences, à l'électricité, qui agit ici d'une manière particulière , dont nous n'avons pas en- core eu d'exemple dans l'étude que nous avons faite de loules ses propriétés. Observations sur ta spècificalion des Zannicbellia et sur legenre- Diplanthera de dd Petit-Thouars , Par An. Steinhiïil Lorsque Micheli établit son geni'e Zanmchellia^W en fit con- naître deux espèces qui se trouvaient aux environs de Florence, et donna de chacune une figure excellente pour le temps. Linné adopta le genre de Micheli, mais il réunit les deux espèces que cet auteur avait distinguées, et n'en admit qu'une seule sous le nom de È^. palustris; il négligea de mentionner dans la descrip- tion du genre le nombre des loges des anthères, et ne parla que de Id forme générale du stigmate, de cette manière sa descrip- tion convenait également aux deux espèces du botaniste italien dont l'une a des anthères biloculaires avec un stigmate crénelé, l'autre, des anthères quadriloculaires et un stigmate entier. Plus tard, Willdenow les distingua de nouveau; il réserva le nom de Z. palustris pour l'espèce qui a des stigmates entiers, et donna à l'autiele nom de Z.dentata fondé sur le caractèredu stigmate; 88 AD. sïEiNHEiL. — Spécification des ZannichcUia. ces espèces furent adoptées par Poiret dans l'Encyclopédie. Depuis, il semble que l'on ait complèlement oublié le caractère des anthères et, comme dans la figure Sa de Micheli ja den- telure du stigmate est exagérée, comme elle n'est d'ailleurs vi- sible qu'à un grossissement assez fort et difficile surtout à recon- naître sur le sec , le Z. dentata disparut des catalogues , non sans une apparence de raison, carWilldenow cite mal-à-propos comme synonyme de son Z. palustrifiX^ table O^ du Flora danica qui convient à l'autre espèce. On continua donc d'appeler Z. palustris L. toute plante à laquelle on reconnut les caractères du genre, et on ne peut pas dire que ce fût à tort , puisque Linné avait sciemment con- fondu les deux espèces de Micheli. Sprengel fait encore mention du Z. dentata , mais seulement comme variété de l'espèce com- mune. Comme le Z. tuberosa de Loureiro fait évidemment partie d'un autre genre, celui dont nous nous occupons se trouva ré- duit à une seule espèce; puis il lui arriva ce qui a eu lieu pour un grand nombre d'espèces linnéennes soumises à l'observa- tion plus minutieuse des botanistes modernes, plusieurs se sont trouvées comme dédoublées, et le caractère primitif de l'espèce devint souvent celui de tout un groupe. Bœnninghausen (i), en 1824, reconnaît de nouveau deux es- pèces de Zannichellia dontil appelle l'une Z. repcms, réservant à l'autre , qui paraît être devenue depuis le Z. major, le nom de palustris^ d'après la figure du Flora danica. Nolte (2) prit ce Z. repens pour le Z. palustris, et distingua deux autres espèces sous les noms de Z. maritima et polycarpa. Chamisso (3) fit pas- ser dans ce genre le Potamogeton contortam de Desfontaines; Salzmann rapporta de Tanger une plante qu'il distribua sous le nom de Z. disperma^ nom essentiellement vicieux puisqu'il s'a- gissait de deux carpelles. M. de Brébisson , dans sa Flore de Normandie, a décrit récemment un Z. digyna qui lui a été com- (i) Piodrom. Jl, mon. , p. 272, (">.) Suivant Rcichenbach , Flor. cxciirs. gerni., i , p. K. ^3) Linnea, 1827. AD sTEiNHEiL. — ' Spécificutio H desZanmcheWiSi'. 89 iminiqué par M. Gay; nous devons encore à la plume féconde deReichenbach (1 j deux autres espèces, les Z. gibberosa et pe- duncLilata , plus un Z. major Bœnngh. qui n'est pas indiqué sous ce nom dans la flore de Munster. Au milieu de cet accroissement de richesses trompeuses, on oublia trop complètement les espèces primitives; l'une d'elles disparut toiit-à fait , et l'autre devint une plante douteuse pour ceux qui savaient distinguer celles qui étaient nouvelles; c'est du Z . palustris queReichenbach a dit: species ex iconibus cognita, ùœteradubia. La confusion est plusgrande encore chez ceux qui croient le connaître. En effet, du moment que l'on distingue deux espèces, on doit adopter les noms deWilldenow,puisquelesdeux descriptions de Micheli commencent par le mot palustris. Or, le Z , palustris y^ . est le plus ordinairement celui qui a été décrit comme espèce nouvelle, tandis que le nom fut réservé pour le Z. dentata^ ces erreurs proviennent de ce que l'on a négligé com- plètement l'étude des organes floraux, et que l'on n'a cherché de caractères que dans ceux de la végétation, mais surtout dans les carpelles. La négligence a été à cet égard tellement loin, que dans âes gênera récens (les auteurs n'ayant probablement eu à leur disposition que l'une des espèces), le» anthères sont décrites comme bilocuhiifos; aussi , lorsque j'étudiai des échantillons provenant de Barbarie , je crus d'abord avoir à établir un genre nouveau; et c'est à l'obligeance de M. Gay que je dus une ob- servation intéressante qui me mit sur la voie dd la vérité. Les organes de la végétation ne peuvent fournir que des ca- ractères très incertains; on sait combien varient sous ce rapport les plantes qui croissent dans l'eau, suivant qu'elle est courante ou stagnante, pure ou chargée de sels, haute ou basse, etc. \e Z. ma/or se distingue par uirairplus vigoureux et des stipules plus développées; mais le caractère du fruit qui doit coïncider avec cet aspect ne paraît nullement constant, au moins dans des échantillons certainement aussi forts que le Potamogetonpusillus que j'ai eus à ma disposition; quant au fait d'avoir les feuilles le (1) Planl. ait., \ol. viir, et Flor. gcrm. cxciirs. ,1. t, ji. 7. 9® AD. sTEiNHKiL. — Spckification chjf ZRnnieheW'm plus souvent ternées (i)?*' ^^ distingue nullement cette vari^té> car il se retrouve fréquemment dans les autres. (2) Le fruit, qui d'après les 6gnres de IM. Reiclienbach (5), paraît fournir d'excellens caractères, ne se comporte plus de même dans la nature, et rien n'est plus variable que la largeur de sa membrane dorsale, qui peut aussi être très dentée ou presque entière ; souvent dans le même échantillon il présente de grandes différences; on peut juger de la valeur de ses modifica- tions par les figures que nous donnons icides plus remarquables; la figure i appartient à un Z. repens provenant de Saint-Cloud; la figure 5, à un repens des environs de Carisruhe envoyé par M. A. Braun; la figure 6, à un autre repens des environs de Paris. On voit que, dans le premier cas, le bord dorsal présente trois membranes fortement dentées, et le bord antérieur deux membranes plus petites; dans le second, le bord est simplement crénelé ; dans le troisième il a une seule membrane dentée: les figures 2, 3 et 4 appartiennent au Z. major; l'échantillon qui a fourni le carpelle n° 4» ^t q"i se rapproche le mieux du type de Reichenbach, a été trouvé dans le département du Bas-Rhin par M. Buchinger; 2 et :5 appartiennent à une même forme, mais venant d"s environs de Paris; 8 et 9 sont des fruits d'un n>ême échantillon du Z.palustrls W. rapporté d'Alger par M. Bové; si 9 avait quelquesdentsde plus,il conviendrait exactement au ^.^//?- berosa Rehbch; on sera tenté d'appliquer ce nom toutes les fois que le bord antérieur est aussi garni d'une membrane dentelée, mais je pense que l'on doit le réserveraux plantes qui ont en même temps le style très long, puisque l'auteur caractérise en partie son espèce par ces mots ifructiis macrostyli; la longueur du style est , en effet, le seul caractère un peu certain que l'on puisse trouver dans le fruit; quoiqu'elle soit légèrement variable, on re- marque que, dans les variétés à anthères quadriloculaires, il est toujours presque égal au carpelle, tandis que, dans celles à anthères biloculaires, il dépasse à peine la moitié de celui-ci; il (i) Folia fere sewpcr tenta Rcbch. (a) C'est à M. Maire que nous devons la découvpite du Z. major aux environs de Paris : i! l'a trouxé à Montmorency. (3) le. cru. AD. sTfJNHHiL. — Spéc/ficat ioTi cles Zann'icheWïa. c)i est bien entendu qu'on ne doit l'étudier que dans le fruit mùr, etc'est alors le seul caractère qui reste pour distinguer le Z. tien- tata du Z, palustris, parce que les étamines sont le plus souvent tombées et les stigmates flétris. Si la longueur du style donne un assez bon caractère, il n'en est pas de même de sa direction : le plus souvent, il est courbé en arrière, c'est-à-dire, que sa concavité regarde le dos du car- pelle; mais dans les mêmes échantillons on le trouve quelque- fois tout droit ou même courbé en avant; dans toutes les es- pèces il présente un caractère commun, celui d'être élargi à la base et de porter, au moins sur l'une de ses faces, une ligne saillante qui se continue sur le carpelle tantôt sur le milieu, tan- tôt un peu plus près du dos. Le stigmate desséché forme au sommet du style un petit cro' chet qui disparaît souvent; dans la fleur, il est pelté, un peu con- cave, papilleux et crénelé dans une partie des variétés , glabre entier et un peu plus élroit dans les autres; ces caractères coïn- cident avec ceux tirés de la longueur du style et du nombre des loges de l'anthère. Quant à la longueur des pédoncules, nous n'aurions pas pensé à nous en occuper, si d'autres avant nous n'avaient cherché à l'utiliser pour former des espèces; elle ne fournit que des carac- tères peu importan?, quoiqu'elle soit assez constante dans les mêmes échantillons; mais elle paraît dépendre de l'état de l'eau : au moins, la plante dans laquelle nous avons observé les plus longs pédoncules croissait dans un petit ruisseau d'eau courante à Bone. Le pédoncule partiel existe plus souvent que le pédon- cule général. Il est à remarquer que l'emploi de ce caractère a conduit à confondre une variété analogue des deux espèces pri- mitives pour en faire une mauvaise espèce ; le Z. pedunculata Rchbch. présente suivant lui deux variétés : l'une a siagnalis, l'autre h qui est le^. maritima Nolte. Je le cite d'après Reichen- bach , mais comme j'ai vu que c'est presque toujours le Z. pa- lustris W. qui se trouve près des côtes, tandis que le dentata croît dans l'mtérieur des terres, je pense que la citation est exacte ; l'herbier du Muséum renferme les types des deux variétés envoyés par l'auteur lui-même, et je me suis assuré que la va- (ji AD. sTEiNHtiL. — Spécification des ZànnicheWia. riété stagnalis répond au dentata , et la variété maritima au palustris. Le nombre des carpelles est aussi fort variable dans les mêmes échantillons; il paraît d'autant plus constant que ceux-là sont moins nombreux ; ils sont fréqiiemment au nombre de quatre, et alors on en trouve aussi des groupes de cinq sur la même tige. Je dois encore mettre en garde contre une apparence que pré- sente le carpelle lorsque, par macération, il a perdu son épiderme ; alors le tissu cel ulaire desséché qui est mis à nu présente u\\ aspect comme tomenteux , le style paraît plus long et plus grêle, et le dos du carpelle, au lieu d'être bordé d'une membrane dentée, est garni d'ime rangée de petites pointes isolées, comme je l'ai représenté figure 7. L'anthère est oblongue , à deux loges et surmontée par une petite pointe, ou quadriloculaire et biapiculée. Ce caractère^ paraît assez constant; cependant M. Gay a remarqué (i) que son Z. digyna, quia des anthères quadriloculaires, les a aussi quelquefois biloculaires. La longueur du filet présente de grandes variations. N'ayant étudié ces espèces que sur le sec où on retrouve rarement les étamiues, je n'ai pu apprécier exactement la valeur de ces diffé- rences. Dans la variété que j'ai observée à Bonc , le filet avait près de trois pouces de longueur; dans la forme appelée repens, je l'ai trouvé à-peu-près égal à un carpelle; dans le major ^ il est trois fois plus long; mais M. Gay a remarqué que l'anthère paraît d'abord sessile, et que le filet s'allonge peu-à-peu; je suis donc porté à regarder ces différences Cumme aussi peu impor- tant^^s que celles que l'on observe entre les pédoncules. L'embryon est semblable dans tous les carpelles , et tel que les auteurs l'ont décrit, c'est-à-dire que le cotylédon est replié contre (1) Noie communiquée. Cette diminution dans le nombre des loges de l'anthère ne doit pas cependant faire regarder le caractère de l'étamine comme étant sans valeur; car i° elle paraît être assez rure, puisque Smilli dit n'avoir vu en Angleterre que des Z. à anthères 4-U)Culaires; a" l'inverse u'a jamais lieu; au moins cela est probable, puisque tous les auteurs liabitanl l'intérieur et n'a\anf à leur disposition que le Z. dentata s'accordent à décrire l'antlicre comme biloculaire.Treviranus y chercha vainement (((uoiqu'il eût fixé son alteution sur cette (piestion) des anthères à quatre loges. (Voy. Srmb. pht. Fnsclc, i , Gotl., i83i. AD. STErNHEiL. — Specîfica ti'on cles Z^nmcheWïa. q3 la tigelle , puis encore deux fois plié sur lui-même ; mais ces deux derniers plis, au lieu d'être posés etitre la tigelle et la première partie du cotylédon sur le même plan, sont rejetés d'un côté, de sorte que, en examinant l'embryon de l'autre côté, on ne voit qu'un seul pli , tandis qu'on les voit tous les trois de celui-là. D'après la figure donnée par Reichenbach, du Z. polycarpa Noite, on peut croire que l'embryon de cette espèce diffère de celui des autres en ce que le cotylédon ne paraît plié que sur la tigelle; cependant, comme il ne s'explique pas suffisamment dans le texte, et sa figure convenant exac.ement à un des côtés de l'embryon des autres espèces, je n'ai pu fixer mon opinion à cet égard. D'après tout ce qui précède , il nous paraît démontré que l'on ne saurait reconnaître comme espèces suffisamment caractérisées toutes les formes qui ont été décrites dans ces derniers temps; -cependant, nous n'imiterons pas M. Kocb qui les regarde toutes x:omme de simples variétés du Z . palustris Linn.(i); mais nous reviendrons aux espèces de Micheli et de Willdenow; les autres fie paraissent être que des sous-espèces ou de simples variétés. J'essaierai de les rapporter à leurs types pour lesquels je me crois obligé d'adopter les noms de Willdenow, qui n'eussent ce- pendant pas été ceux que j'aurais préférés; car son Z . palustris croît de prélerence près des côtes: ce nom peut donc induire en erreur, puisqu'il semblerait mieux convenir à l'autre espèce. I.e nom de celle-ci repose sur un caractère trop difficile à voir, mais je ne pense pas que ces incon véniens soient assez importans pour justifier l'mtroduction de noms nouveaux. Dans Texposé qui va suivre, je citerai peu d'auteurs, parce qu'il est rarement possible de savoir de quelle espèce ils ont voulu parler; généralement la localité est un assez bon indice; mais on ne peut s'y fier entièrement, puisque \e Z . palustris croît aux environs de Florence suivant Micheli, et que M. de Bœnningbausen indique le repens : ïnfosiis tiirfosis prœcipuè saisis. ^i [\) Voy. Syn. Flor. German. et Hch\ , t. ii , p^ 679. 94 AD. STFINHEIL. — Spécification des Zannichellia. Zannichellia Micheli. Linn. Z, palustris L. species amplectitur duas. I. Z. DENTATA Willd. Z. antheris biloculaiibus uni-apiculatis , stigraatibus crenulatis papillosis; slylis 'n fructu maturato ovariis dimidio brevioribus. Micheli Gênera, t. xxxiv, fîg. i. — Z. dentata Poir. Encycl. Subspecies i' : Z. dentata repens : stipulis intrafoliaceis fugacibus tenenimis; planta gracilior saepissimè repens — Z. palustris p, repens, Koch. Syn. t.iï,_p. 679. a)Carpellis sessilibus dorso crenatis. — Z. repens Bœnnh. fl. monast. p. 272. — Rchb. ic. crit. j56. — Z. palustris Gaerln. de fruct. , 1. 1 , p. 19, fig. 6.— Ledeb. flor. ait. et plant, miss. heib. mus. Paris! g) Carpellis sessilibus dorso marginatis dentatis Rich. an», mus- t. xvn, pi. V, fîg. 38 et 39. Tf)Carpellis subsessilibus dorso cristis dentatis, tribus exasperatis eîauticè membranacco- dentatis Nob. fig. 1. ^'jCarpellis pedunculatis dorso marginatis dentatis. — Z. pedunculata , a, siagnalis Reichbch. Flor. excars. germ. 1. 1, p. 7. Subspecies a*: Z. major : stipulis intrafoliaceis latioribus nec tam fugacibus; carpellis subpedunculatis. Planta fluitans^ magnitudine Potaraogetonis pusilli. — Z. paltistris Flor. dr.n. 67. — Z. palustris a) major Koch. Syn. t. 11, p. 679. a)Dorsi crisia subcontinua. — Z. major Rchb. icon. crit. 768. — Z. pa- lustris Bœnob. flor. monast. p. 272. 6) Dorsi crista dentata. C'est surtout par sa grandeur et par l'aspect de ses stipules plus larges et fort visibles sur les pousses qui ne sont pas trop vieilles, que cette sous-espèce peut être distinguée; elle est assez facile à reconnaître : il paraît qu'elle se trouve dans des eaux AD. sTFiNHEiL. — Spécification dcs Zannichellia. 9$ plus profondes; suivant M. G. Drees, le Z. repens n'est qu'une variété du Z. palustris Lin. venu dans une eau calcaire, voy. Linnœa 1827 p. aSy. Ce que nous avons vu de repens des envi- rons de Paris venait de Saint-Cloud; tous les échantillons de Saint-Gratien et de Montmorency , que nous avons pu voir ap- partenaient à notre major. 2) Z. PALUSTKIS W. Z. antheris quadrilocularibus biapiculatis , stiginatibus paulùm angustioribos integerrimis non papillosis, stylis in fruclu maturato ovaria subaequantibus. Micheii Nov. gen. t. xxxiv, f. 2. '- Z . palustris Poirel , Encycl. — Smith Flor. Bril. t. iri, p, 965. - — Z, palmttU t siipitata Kocb. Syn. t. 11, p. ^j^. «) Carpellis geminis longe pedunculatis; filamentis 2-3-pollicaribus. Fruc- tusdesideraturPcirca Bonain Nuoiidiae vere i833 legebam, ?ed exem- plaribus amissis , ex iconc et scbedulâ baud âufficientibus plantam adbùc dubiam bic refero Nob. fig. 16,21. €) Carpellis geminis subsessilibus. — Z. digyna Gay in Brebisson Flore norm. — Z. disperma , Saltzm. pi. exs. iu herb. Gay. ■y) Carpellis 3-5 plus miuusve pedunculatis nonnunrjuàm sessilibus. — Z. digyna var: letragyna Gay in hcth. — Z. maritima î^ohe, Nov. flor. Holsat. — Z. peduncidala 3 mariUma Rchb. flor. germ. exe. t. I, p. 7, in icon. nost. f . 8 , i5. 8) Carpellis 3 -5 pedunculatis in utrâque margine membranaceo-dentatis. — Z. gibberosa Rchb. icon. crit. t. 759, et Flor. germ. excurs. t, i, P-7. Species non satis notge. 3) Z. POLYCARPA Nolte l. c. — Rchb. Icon. crit, t. 767 , fig. ioo4. StyHs in fructu maturato ovariis fcré scxtuplo brcvioribus; etiam cl. Koch ignota spc- fiies adhuc rarissima videtur. La plante représentée par Miller (///. Sjst. Linn. t. 77) est regardée par Smith comme le Z, palustris Wj suivant Miller, elle se trouve en Europe et en Virginie; d'après sa figure, elle a des anthères quadriloculaires coniques, des ovaires au nombre de quatre entourés d'un urcéole régulier à trois dents 96 A p. sTEiNHEiL. - — Spécification clcs IsLimichelWii. courtes; enfin, le fruit, par la brièveté du style, rappelle bien le^. jDo/)'^c<2r/?a]S.; mais, jusqu'à quel point peut-on se fier à la figure de Miller? Nous savons d'ailleurs si peu de chose du Z. polycarpa, que,quand même nousaurions sousles yeux une plantesemblable à la figure de Miller, nous n'oserions affirmer qu'elle est réelle- ment l'espèce dç Nolte; il est évident que Smith n'a jamais rien vu de pareil , puisqu'il dit n'avoir trouvé qu'une seule espèce en Angleterre, et s'il en avait eu plusieurs, il les aurait distin- guées au lieu de confondre dans une même citation des figures différentes. Plukenet, Phytog. Lond. t. 102 , fig. 7, a représenté im Zannichellia que l'on peut également prendre pour \e poly- carpa ; mais il est impossible pour des caractères tant soit peu délicats de juger d'après une figure publiée en 1691. 4)Z. Peruviana. Ab unâ ex Europaeanis foitassè non diversa. In aquis vivis Lurini (herb. mus. Paris.) Cette plante ne nous a rien présenté de bien positif dans ses fruits: l'absence des étamines nous a empêché de la déterminer avec certitude; peut-être est-ce une espèce distincte, peut-être aussi une simple variété du Z. repens. 5) Z. coNTORTA : Chain, et Schlecbt. Linn. 1827, p, 2^1. — Potamogeton contortum Desf. atl.i,p. i5o. In herbario floiae atlanlicae rausaei Paiisieasis spécimen fructibus parcis et inimaturatis nobis incerlarn facit speciem. Nous avons peu de chose à dire de la géographie botanique des Zannichellia^ ces plantes paraissent répandues dans toute rétendue des régions tempérées des deux continens; elles «'éten- dent même assez loin vers le nord, où apparaît une espèce de plus qui semble bien distincte, le Z. polycarpa. M. Fries paraît avoir trouvé cette espèce, ainsi que les deux nôtres, dans la Suède (i); car il y indique le wû'/or Bnngh.sous le nom de palustris et le repens, quoique avec doute. Son pedi' cellata paraît bien être \q palustris W; dun autre côté, si le (i) Noy, Flor, sitccic. mant. prim. AD. steinheil. — Spécification des Zannichellia. 97 Z. cojitorta est une bonne espèce, le Midi aurait aussi la sienne. On n'a pas encore trouvé le dentata W. en Barbarie; ce qui peut bien provenir de ce que l'on n'a guère exploré que les côtes; car, comme nous l'avons remarqué, les variétés du dentata se retrouvent généralement dans l'intérieiu' des terres, et celles du paluslris , près de la mer; on conçoit que ces plantes sont d'une nature à échapper facilement aux recherches des voyageurs, ce qui nous empêche de tracer actuellement avec quelque exacti- tude les limites de leur végétation. La différence du nombre des loges des anthères nous semble encore un fait remarquable, d'autant plus que le nombre deces loges paraît susceptible de varier dans la même espèce, d'après l'observation de M. Gay; lorsqu'il y a quatre loges, l'anthère est biapiculée, ce qui nous fait regarder comme probable que, dans ce cas, il y a deux étamines soudées. Il est vrai que, sui- vant Micheli, on trouve quelquefois des anthères à trois loges; mais il nous semble que cette difficulté peut être levée facile- ment, en supposant que dans l'une des anthères une loge est avorlée. Un genre nouveau de Madagascar publié par du Petit - ïhouars vient tout- à fait à l'appui de notre opinion; ses étamines sont formées de deux anthères biloculaires situées sur le même filet, mais à des hauteurs inégales. Si nous refléchissons sur cette mobilité du nombre des an- thères et des carpf^lles dans les Zannichellia , et sur la présence du nombre quatre dans les RuppiaQX. \es Potamo^^elon , nombre tout-à-fait anormal dans les monocotylédones, nous serons con- duits à considérer comme probable que les fleurs des Potamées sont desspadices, et ([ue chaque carpelle ou chaque étamine constitue une fleur, ce qui rapprocherait cette famille des Aroï- dées en l'éloignant des Joncaginé;-s avec laquelle e!ie a tant de rapports; mais nous ne sommes pas actuellement en mesure de discuter celte question. Comme le genre Diplanthera de Du Pet t-Thouars est resté presque inconnu, nous avons pensé qu'il ne serait pas mal-à- propos d'en donner uue figure, quoique la fleur femelle et le fruit soient encore aussi inconnus qu'à l'époque où le genre fut publié. Il est assez singulier que, la même année (1810', R., IX. BoTAN. '^Février. 7 g8 AD. STEiNHEiL. — Spécifîcation des Zannichellia. Brown décrivit dans son Prodromusflorœ Nopœ Hollandiœ un genre de Scrophulariées? dont il ne connaissait pas le fruit, et auquel il donna aussi le nom de Dïplanthera. Ce genre est resté douteux comme l'autre qui porte le même nom. L'un ou l'autre devra en recevoir un nouveau; il est peut-être difficile de déci- der lequel des deux ; nous n'avons pas cru pouvoir changer le nom de la plante dont nous donnons ici la figure, parce que nous ne complétons en rien son histoire : c'est un privilège que nous devons laisser à celui qui fera connaître la fleur femelle. Dïplanthera Du Petit-Thouars, iViop'a gênera Madag. (i) Dioica. Fl. masc. : calix o ; stamina : filamentum unicum , elon- gatum, axillare ; anthera duplex, dorso agglutinata, altéra minor, inferior, utraque biloba ; pollen : massa glomerata, viscida. Flos fœmineus Herbula maritima, in aestuosis proveniens; radiées replantes; folia basi vaginantia, graminea 7osterae, sed longé minora; filamentura nudum axillare. Flos fœmineus mihi ignolus. Pet. Th. loc. cit. D. tridentata Nob. Foliis linearibusapice tridentatis. SMl existe plusieurs espèces dans ce genre, il est probable que l'on trouvera, quand on les connaîtra, de bons caractères dans le fruit. Les rapports qui existent entre la forme des anthères et celle des mêmes organes dans le Z. palustris d'une part, entre la forme des feuilles et celle des feuilles de Zostera de l'autre, prouvent que c'est avec raison que Du Petit-Thouars avait placé son genre dans les Potamées, Les feuilles sont placées sur de petits rameaux dont l'axe est avorté; elles sont appliquées l'une (ij Mélanges de botanique et de voyages, premier recueil , Paris , 1811. Suivant M. De Candol!e, 5^^/., i.i, cet ouvrage a paru en 1810. Nous reproduisons ici textueilement la drsrription de Du Pelil-Thouars, parce que les écrits de cet auteur deviennent rares et difficiles a irouvcr. Notre dessin a été fait d'après les échantillons de Du Petil-Thouarà, qui font acluclle- -wieut partie des collections du Muséum à Paris AD. STELNHEiL. — Spécification des Zannichellia. 99 contre l'autre, et entourées extérieurement d'écaillés qui ne sont que des feuilles plus courtes; elles sont privées de stipules intra- axilîaires, et tronquées au sommet où l'on remarque trois très petites dents. lies deux latérales semblent être des indices du sommet d'une gaîne , de sorte que ces feuilles seraient des phy/- lodes par avortement du limbe, tandis que celles des Zanni- chellia seraient au contraire privées de leur pétiole. EXPLICATIOIN DES PLANCHES 3 ET 4- Fig. 1,2,3,4,5,6,7. Fruits de différentes variétés du Z. dentala , grossi. Fig, 8 , 9. Fruits du Z, palustris , grossis. Fig. lo, JiC même, dans lequel on a enlevé la moitié du péricarpe pour faire voir la positio» de la graine. Fig. II et 12. L'embryon, vu des deux côtés, Fig. i3. Le même, dout les plis ont été écartés. fig. 14. Fruits de la même espèce, gr. nat. Fig, i5. Fleur femelle du Z. palustris {var. -j^) , grossie. Fig. 16. Anthères du Z. palustris Dar. a., grossie. Fig. 17. Etamine de la même, gr. nat, Fig, 18, Fleur mâle de la même, gr, uat, ; anthère vue dejcôlé. Fig. 19, Fleur femelle de la même . grossie. Fig. 20. La même, gr. nat. Fig, 21. Stigmates de la même, grossis, vus par-dessus. Fig. ai. Feuilie du Z. major, ^r. nat. Fig. 23. Diplanthera tridenta, gr. nat. Fig. 24- Une des feuilles extérieures, grossie. Fig. 25, Un rameau, un peu grossi. Fig. 26. Portion supérieure d'une feuille , grossie. Fig. 27. Etamine , grossie. Fig. 28. La même, vue de côté. joo c. MOKTAGNK. — Sur le genre Tiws^iùixiii. Des organes mâles du genre Targioni4 découverts sur une espèce nouvelle du Chili y Par Camille Montagne, D. M. Personne ne doute plus guère aujourd'hui que les plantes appartenant à Tordre des Muscinées, qui comprend les deux familles naturelles des Mousses et des Hépatiques, ne soient pourvues des deux sexes. Les divers argumens par lesquels on a combattu l'opinion généralement adoptée par les botanistes qui ont fait de ces deux familles ou de l'une d'elles ime étude approfondie, ont encore perdu de leur valeur depuis les nou- velles observations de MM* Bruch, Schimper et Valentine d'une part, et les travaux importans de MM. Nées d'Esenbeck et Bischoff de l'autre. Ces savans reconnaissent unanimement dans certains organes que les uns nomment Pollinarium, en raison de leui* ressemblance avec les grains du pollen, les autres /intheridia à cause de l'cinalogie de leurs fonctions avec les anthères des plantes vasculaires, la même propriété fécon- dante dont jouissent incontestablement ces dernièies- J'admettrai donc ici comme probable, sinon comme abso- lument démontrée, la destination de ces organes. Un examen préliminaire de leur forme et de leur siège dans les deux tribus des Marchantiées et des Ricciées où leur présence est la mieux constatée, devient indispensable pour bien faire comprendre ce que j'ai à dire sur ces mêmes parties observées dans le Targionia bifurca N. et M., et c'est ce dont je vais m'occuper à l'instant. Dans les Marchantiées, les anthéridies consistent en de petits sacs ou utricules en général obovoïdes ou elliptiques, sessiles ou portés sur wn court pédicelle. Chaque utricule se compose (l'une membrane transparente, à cellules hexagonales assez grandes, très facile à déchirer, et contient dans sa cavité une c. MONTAGNE. — Sur le genre Targionist. ion innombrable quantité de petits corps arrondis ou cubiques à angles émoussés (Mirbel) nageant dans un liquide raucilagi- neux un peu lactescent. Ges bourses anthériformes onti été avec quelque raison comparées à un grain de pollen et les gra- nules qu'elles renferment à \a /bailla ou matière fécondante. Elles s'ouvrent ordinairement au sommet, soit naturellement, soit par rupture de la paroi , et répandent leur contenu sur la fronde sous forme de gouttelettes d'un blanc grisâtre ou lai- teux. Si nous passons maintenant en revue les divers genres de cette tribu , voici ce que nous observons dans le Marchantia, au développement complet duquel r>ous a fait assister M. Mirbel, dans son important et magnifique travail sur cette hépatique, développement qu'il nous a fait suivre pour ainsi dire heure par heure. Les anthéridies sont logées dans une espèce de bou- clier ou d'ombelle, supporté par un pédicule qui naît, comme celui qui porte le capitule femelle, du sommet d'une nervure de la fronde, mais sur un individu différent. C'est dans l'épais- seur de ce disque que sont placées les nlricules fécondantes du Marchantia polymorpha L. Elles occupent ici les parties mar- quées d'une saillie et qui re sont aiUre chose que l'épanouisse- ment en étoile de la nervure continuée dans le pédicule. Leur forme est ellipsoïde ou ovoïde. Elles sont contenues dans une cavité ou poche que M. Mirbel a très bien fait voir dans Tana- tomie de cette plante, et d'où il est facile, selon le même phy- siologiste, de les faire sortir par une sorte d'énucléation. Le col ou rétrécissement supérieur des utricules est creusé d'un canal par lequel se répand sur la fronde où il vient aboutir ,^ la li- queur visqueuse contenue dans leur cavité. Les choses ne se passent pas de la sorte dans toutes les es- pèces du genre Marchantia. Ainsi, selon M. Bischoff , le M. quadrata Scop. que je ne connais pas, aurait ses anthéridies contenues dans un disque arrondi sessile sur le bord des frondes. Ce disque est saillant quoique encaissé dans la fronde qui lui fournit un petit rebord membraneux. On ne saurait mieux caractériser ces disques qu'en disant qu'ils ressemblent au stroma des Sphœi ia disciformls Hoffm. ou S. nummuiaria I02 c. MONTAGNE. — Sur le genre Târgionïa. D. C, dont les loges représenteraient les anthéridies et dont les oslioles simuleraient les papules du disque. Les disques an- théridifères du genre Dumortiera N. ab. E. (i) sont sessiles au milieu de la fronde, c'est-à-dire sur la nervure et près du sommet de celle-ci. Ils ont la forme d'un bouclier, sont munis dans leur centre d'une papille et garnis à leur circonférence tle poils roussâlres de la ujéme nature que ceux qui hérissent les bords des réceptacles femelles. Ils sont creusés de quelques cavités dans lesquelles sont logées des anthéridies obovales analogues pour le reste à celles qu'on rencontre dans les autres genres. Avoir la place qu'occupent ces disques sur la fronde, il est aisé de se convaincre qu'ils ne sont, comme les capitules femelles, qu'un épanouissement de la nervure, qui, dans ces plantes, peut fort exactement être comparée à la tige ou axe des végétaux supérieurs, tandis que la portion membraneuse de la fronde en serait le système appendiculaire. A-ussi ces disques sont-ils sessiles ou pédicellés selon que l'axe s'est ar- rêté dans son développement, ou a continué de croître dans certaines limites. ■ Dans le genre Rebodllia Raddi , dont le Marchantia hemis- phœrica L. est devenu le type, les disques dans lesquels sont logés les organes fécondateurs, sont également sessiles, mais placés sur le bord des frondes et ressemblent davantage à ceux du M. quadrata Scop. que j'ai décrits tout-à-l'beure. Comme dans le M. polymorpha , les poches contenant les anthéridies ont la forme d'une cornue à col droit ou d'une calebasse. Ces disques à moitié enfoncés dans la fronde, font pourtant une légère saillie au-dessus de son niveau. Il reste entre eux et celle-ci un sillon assez profond, dont la paroi qui appartient à la fronde n'offre point de crête ou rebord, comme cela se voit dans le genre Lunularia Mich. Quoique M. d'Orbigny nous ait enrichi d'une nouvelle es- pèce du genre Plagiochasma Lehm., originaire du Pérou, et que nous avons distinguée, M. INees et moi, des deux espèces du Népaul publiées par le savant professeur de Hambourg, je ne (i) Hepaticae Javaiiicœ, p. 4. — Marlius. Fier. hras. t. i. p. 307. c. MONTAGNE. — Sur le genre Targioiiia. io3 connais cependant point encore les organes mâles de ce genre. Selon M. Lehmann qui les a trouvés dans ses échantillons, ils consistent en disques petits, orbiculaires, assez épais, planes- convexes, ciliés eti dessous et sessiles vers le sommet des mêmes frondes qui portent les réceptacles femelles. Dans VAntrocephalus, genre récemment établi par le même savant, qui ne diffère réellement du précédent que parla déhiscence transversale et non longitudinale de son involucre, et entre lesquels notre Plagiochasma peruvianiim , également dépourvu de receplacle dans les individus raonocarpes, semble servir d'intermédiaire et de passage, les organes mâles de la fructification sont placés sur des frondes différentes de celles qui supportent les fleurs femelles. Les disques anthéridifères semilunaires ou triangulaires, environnés de paléoles linéaires très délicates et bordés par une marge formée aux dépens de l'épiderme de la fronde, occupent le milieu ou le sommet de cette même fronde. Les utricules étaient tellement pressées les unes contre les auties dans les échantillons desséchés du Népaul, que M. Lehmatm n'a pu les observer séparément. Je dois à la bienveillance de ce savant et à celle tout ami- cale de M. Fr. Nées d'Esenbeck, professeur à Bonn , les disques anthéridifères du genre Lunularia qui étaient encore inconnu*; à M. Bischoff au moment où il rédigeait son beau mémoire sur le sujet qui nous occupe, et qu'il ne mentionne qtie d'après Micheli. Le botaniste florentin, observateur exact et judicieux, les avait en effet fort bien vus et assez fidèlement représentés dans la figure un peu grossière pourtant, comme celles qu'on faisait alors, qu'il nous en a laissée. L'auteur des Bemerkimgen ïiber die Lebennoose blâme donc à bon droit Dillen de s'être prononcé contre Texactitude de cette figure. J'ai soumis à l'analyse ces disques de la Lunulaire vulgaire {Marchanda cruciaf ah.) eX, aidé du microscope, voici ce que j'y ai remarqué de particulier. Us sont, comme je l'ai dit plus haut, sessiles sur les bords de la fronde, dans les sinus que forment les ondulations de ces bords. Leur sommet verru- queux, dépasse le niveau fie la fronde; il est limité par un rebord uu'mbianeux qui eu forme une sorte de corbeille, qu'il faut I o4 c. MONTAGNE. — Sur le gt/ire Tnv^'ioniii. bien se garder de confondre avec celles en demi-lune ou scy- phules dans lesquelles sont contenues des gemmes propaga- trices. Il règne donc tout autour du disque un sillon prolotul dû à l;i déchirure de la fronde, lors de l'éruption de ce même disque. Celui-ci présente un second rebord inégal provenant de la déchirure en question. Une coupe verticale passant par le centre du disque, montre, même à l'œil nu, quatre corps oblongs, dressés, cVun blanc de lait, dont la partie supérieure correspond aux espèces de papules ou petites verrues qui rendent inégale la surface du disque. Ces corps sont composés d'une membrane hyaline d'un tissu très délicat , à mailles hexagonales qu'on n'aperçoit au microscope qu'en modifiant la lumière à l'aide du diaphragme, et contiennent dans leur in- térieur une liqueur visqueuse qui tient en suspension une quantité infinie de granules excessivement petits et de forme arrondie. Il faut les écraser entre deux lames de verre pour bien voir les granules; mais je n'ai vu la plante qui les porte, qu'à l'état de dessiccation. Je ne doute nullement au reste que, pendant la vie, la liqueur ne s'échappe naturellement au mo- ment de la fécondation par les pores qu'on remarque au sommet des verrues du disque. Les poches qui recèlent les corps en question, lesquels sont bien des anthéridies, d'après l'idée dîi moins qu'on attache à ce mot, sont d'une belle cou- leur purpurine et d'un tissu à mailles également hexagonales, mais plus grandes et plus apparentes que celles de la mem- brane des anthéridies. On peut facilement en détacher celles-ci. Ainsi Micheli avait donc parfaitement bien observé ces disques et ne les avait pas imaginés, et M. Bischoi'f a eu raison d'ajouter une foi entière au texte de cet observateur. Je reviendrai dans un instant sur ce texte, pour montrer que personne au reste n'y a réellement vu tout ce qu'il renferme et qu'd est même probable qu'aucun hepatlcologiste ne s'est donné la peine de le lire en entier. Dans tous les cas, s'il a été lu^ ce ne peut ^tre que négligemment ou avec une grande préoccupation d'esprit. Le genre Conocephalus Hill. {Marchantia conica L.) olfre des disques aulhéridifères organisés de la même manière et c. MONTAGNE, — Scu /e genre lurgioni^. io5 «iliiés à-pcu-près aux mêmes lieux que dans le genre précédent. Il y a pourtant quelques légères difiéreuces qu'il convient de ne pas passer sous silence; le disque est plus saillant, couvert ^l'aspérités très prononcées au lieu de simples verrues hémi- sphériques , et dépourvu de ce rebord saillant qui en fait une sorte de godet dans le genre Lunularia Mich. Mais en revanche le bord fourni par la fronde , et qui règne en deliors du sillon dont nous avons parlé, est beaucoup plus prononcé et forme unesorle de corbeille dans le {ond de laquelle se voit le disque. Les échantillons sur lesquels je décris ces organes ont été re- cueillis en Portugal , près de Cintra, par mon savant ami M. Webb. Le genre Fimbraria N. ab. E. a ses anlhéridies ou organes mâles enfoncés dans le milieu (ies frondes et toujours sur la nervure où leur présence n'est trahie que par un léger rehaus- sement de ces mêmes frond'S et quelques verrues saillantes qui correspondent à l'orifice de ces bourses fécondantes. Une coupe verticale pratiquée en cet endroit, montre que celles-ci ont une forme analogue à celles du Marchantia polymorpha. Je les décris d'après la figure qu'en a donnée M. Rischoft dans le mémoire déjà cité, figure qui représente le F. fragrans Nées (Bisch. pro parte ). Enfin dans le genre Grimaldia Raddi, les anthéridies sont placées dans l'intérieur de disques ou sessiles , ou plus ou moins enfoncés dans les frondes. Dans le G. fragrans Nées et Mihi (Ann. Se. nat. 2. Sér. t. vu. p. 240) G. barhifrons Bisch. Marchantia fragrans \ Balb., ces disques occup^ent le sommet des frondes, et leur section verticale représentée par M. Bischoff, fait voiries anthéridies nichées dans autant de poches creusées dans leur épaisseur, [jcur conformation est d'ailleurs semblable à celle de ces mêmes organes dans le Marchantia quadrata Scop. et le Lunularia vulgaris Mich. Après avoir examiné successivement les organes mâles des Marchanliées, je pense aussi devoir dire deux mots de ces mêmes organes dans la tribu des Ricciées, bien que cette tribu soit plus éloignée que l'autre du Targionia qii on peut en effet io6 c. MONTAGJN'K. — SuT ie gcfire Tài^louia. cofjsitlérei' comme une Marcliantie dépourvue de réceptacle et à fruit stssile. Dans les Ricciées , les anthéridies ou organes mâles sont , comme celles des Anîhocerotées, tout-à-fait enfoncées dans la fronde, où elles sont cachées. On n'est averti de leur présence que par de courts fdamens cylindriques ou coniques ordinai- rement assez nombreux tt régulièrement disposés sur une ou deux rangées. Ces filamens ou poijites visibles à l'œil nu ou à un faible grt)ssissement , sont tantôt d'une couleur pâle, tantôt d'une couleur foncée. Ils ont été décrits par Michel i comme organes mâles et admis depuis comme tels par tous les auteurs. 1/auteur des IVoua gênera les a représentés dans les figures 3 et 5, A, D de sa planche 57 ; il les nomme fleurs apétales. Quel- quefois même, comme dans les Corsinia Kad. et Oxymitra Bisch., ils sont réunis en grand nombre dans l'intérieur d'un plateau allongé, immarginé, un peu saillant au centre de la fronde et entouré par une sorte de marge en forme de crête dans le premier, et par des squames semblables à celles qui protègent le sporange dans le second de ces genres, marge et squames fournies, selon M. Bischoff à qui j'emprunte ces détails, par la couche supérieure de la fronde, celle qui contient ce qu'il nomme Lufthollen (cavités aériennes) et que M. Mirbel a appelé chambres pneumatiques. Enfin dans les Sphérocarpes, les corps que l'on regarde comme des anthéridies et sur les fonctions desquels , au dire de M. Lin- denberg , savant auteur d'une monographie toute récente sur les plantes de cette tribu , on est moins d accord qu'à l'égard de celles des genres précédens : ces corps sont complètement cachés dans la substance de la fronde et ne sont visibles que lorsqu'on l'entame. Je ne les ai rencontrés ni dans mon 5. No- iarisli^ ni dans le 5. sdpitatus Bisch. (6*. Berterii Nobis), Tel est le siège qu'occupent les organes mâles dans la fronde des Ricciées. Si nous voulons considérer ensuite leur organisation intime, nous trouvons que, dans le /?. ^/^fc/zo^i Hùben. , ils consistent en corps ellipsoïdes ou utricules, formés d'une uîem- brane celluleuse extrêmement mince, et qui paraissent rem|)lis d'un suc mucilagineux chargé de granules. Ce fluide s'échappe. c. MOWTAGNE. — Sur le genre Taigioiiia. 107 sous lorme de gouttelettes blanchâtres, des pointesqiii iiërissent la suriace supérieure dé la (ronde. On voit que tout cela diffère bien peu de ce que nous avotis observé précédemment. Dans les K\^\\yi genres Corsinia et OoC)^mitra,\es échaiitillons desséchés n'ont offert à M. Bischoff, airisi qu'a moi, que des utricules ab- solument vides. Après avoir tracé l'histoire abrégée des aiithéridies dans les Marchantiées et les Kicciées , soit sous le rapport de leur posi- tion à l'égard de la fronde , soit sous celui de leur organisation intime et de leurs formes variées, je vais ks considérer dans la tribu des Targioniées. Cette tribu ne se compose jusqu'ici que des deux genres Tar- gionia Mich.et Cfathodium Rze. Jenedois pas passer sous silenceles hypothèsesdeSchreber(i) et Sprengel (*2\ rapportées par M. De Can'dolle dans sa Flore française, mais que lelat de la science ne permet plus d'admettre aujourd'hui. Ainsi Schreber voyait l'organe mâle du Targionia dans un bourrelet verruqueux rougeâtre , qu'on observe k la base da la capsule et qui n'est, en effet, que l'épanouissement de la ner- vure ou de la partie moyenne de la fronde épaissie. Ce renfle- ment , sur lequel on voit encore les styles des ovaires avortés, est analogue à ce qu'on appelle la gaine {vagina) dans les mousses. Sprengel, ayant observé que le bourrelet dont il s'agit persiste sans altération jusqu'à la maturité des graines, en conclut que ce ne peut être l'organe mâle qui, selon lui , devrait se flétrir après la fécondation. Il considère comme organes mâles des corpuscules arrondis , épars sur ce qu'il nomme la membrane interne de la capsule. L'argument invincible par lequel ce bota- niste célèbre prétend prouver son opinion , consiste à dire que ces corpuscules disparaissent avant la maturité du fruit; mais personne n'a adopté cette hypothèse , et la question est restée indécise. (i) Schreber, in Naturforscher, xv, s. 286, t. 5, fig. 1-17. (2) Sprengel, Bulletin de la Société Philomatique , n. Sa , pi. 2 , Og. 2. (Extrait donné par M. de Candolie.) io8 c. MONTAGNE. — Sur le genre Tîtr^iouï». Maintenant, si nous consultons les travaux les pins coinplels et les plus récemment publiés sur les plantes de la tribu en question^si nous ouvrons, par exemple, les ouvrages de MM. Nées d'Esenbeck et Bischoff , qui traitent de la famille entière fies liépatiquesetméme le travail encore plus récent de M. Eiidlicher, qui semble être calqué sur les recherches de ces deux savans , nous y lisons ou Antheridia ignota , ou bien Flores masculi ignotl. En étudiant une espèce du Chili , recueillie il y a long-temps par feu Bertero,et que j'ai cru devoir distinguer de sa congénère européenne en lui donnant le nom de Targioniabifurca. N.etM. , distinction admise par M. Nées , j'aperçus, un jour que je Texa- minais au microscope , sur les bords et de chaque côté de la fronde, avant 1 endroit où celle-ci se bifurque, de petits corps saillans qui, naissant de la nervure, très épaisse dans cette plante, venaient aboutir au niveau de la face supérieure de la fronde ou ne la dépassaient que fort peu. Ces corps ou appendices ont la forme d'une petite corne d'abondance ou d'un cône renversé un peu courbéj ils sont garnis de bas en haut de squames allongées, aiguës, purpu- rines, imbriquées dans le sens de la longueur et surpassant même un peu le niveau du disque. Celui-ci, qui termine supérieurement les appendices en question, est orbiculaire , plane ou un peu concave, entouré d'un rebord à peine saillant, et se trouve sur le même plan que la l'ronde. Il a tout au plus un demi-millimètre de diamètre, mais on remarquera que la fronde dans sa plus grande largeur n'en a guère plus de deux et que sa longueur totale est de huit ou dix. La surface de ce disque présente i 5 à 20 mamelons ou petites verrues percées au sommet et disposées d'une manière assez irrégulière. Si cou- leur est grisâtre, nuancée d'une légère teinte de pourpre. Si l'on pratique dans cette espèce d'organe appendiculaire, une section dans le sens de la longueur , c'est-à-dire verticale, voici ce qu'on observe à n\\ grossissement de 160 diamètres. On voit rangés, au nombre de 4^5, des corps oblongs ou ellipsoïdes dont le grand diamètre, situé dans l'axe du cône, a environ trois centièmes de millimètre et le petit deux centièmes de c. MONTAGNE. — SuF le genre Targionia. loq millimètre au plus. Ils sont nichés dans un parenchyme dont les cellules hexagonales très lâches et très allongées, sont d'au- tant plus petites et plus serrées qu'elles se rapprochent du disque qui termine supérieurement ces organes. A ce même grossissement , en écrasant entre deux lames de verre une tranche mince verticale de ces appendices, jai observé dans un cas plusieurs corps arrondis, comme vésiculeux , ayant 69110GO de millimètre en diamètre et contenant dans leur in- térieur des granules verdâtres en nombre assez variable et dont le diamètre équivalait à peine au tiers de celui des vésicules. Mais je présume qu'ils ne diffèrent que pour l'âge de ceux dont j'ai parlé plus haut. Dans celles-ci, j'ai compté jusqu'à i4 gra- nules. Ces granules paraissent nager dans un liquide mucilagi- neux. Enfin l'utricnle qui les renferme est bordée d'un limbe transparent. Je n'ai pas besoin de faire remarquer que les dimensions données des utricules et des granules sont infiniment variables et qu'il n'est guère possible de rien prononcer d'absolu à cet égard. Quoi qu'il en soit, les organes appendicalaires dont je viens de donner la description me paraissent devoir être considérés plutôt comme de véritables disques anthéridifères que comme des réceptacles de gemmes susceptibles de propager la plante à la manière de celles contenues dans les scyphnles ou cor- beilles des Marchantiées. On voit en effet que l'analogie de formes et la similitude d'organisation les rapprochent des or- ganes que nous avons précédemment décrits comme chargés de la fécondation des archégones dans cette même tribu des Marchantiées et qu'il y a, par exemple, bien peu de différence entre eux et les disques anthéridifères du M. quadraia Scop. et des genres Reboullia ^ Lunularia, Qrinialdia et Conocephalus. Je n'en vois effectivement d'autre que celle qui consiste dans l'organisation intime des utricules ou anthéridies elles-mêmes. Mais aussi je prie de remarquer que le genre et la tribu sont également très différens. Les anthéridies du Targionia bifurca^. et M. se rapprochent davantage des mêmes organes dans les Ricciées et en particulier dans les R. Bischojfii et nafans. no c. MONTAGNF. — SuF le genre TiiT^'ionia. Telles sont les observations que m'a mis à même de f.iire l'examen du Targionia du Chili Qui n'eût pas cru, comme moi, avoir fait la découverte des organes mâles de ce genre que les botanistes modernes regar- dent encore comme inconnus? J'imasfinais donc les avoir obser- o vps le premier. Je fis même part de cette découverte comme m'étant propre , non-seulement à plusieurs de mes correspon- dans, mais encore à M. Ad. Brongniart et à M. Mirbel que cela me semblait intéresser particulièrement, en ce qu'à l'occasion du Marchantia, il s'était aussi occupé de la fructification de ces plantes. Je croyais être d'autant plus certain de la nouveauté des faits en question, qu'ayant étudié maintes fois moi-même le Targionia hypophjlla à l'état de vie, je n'avais rencontré sur aucune fronde rien qui pût être assimilé à ces appendices trouvés dans l'espèce du Chili. J'en ferai franchement l'aveu; comme tous les cryptogamistes contemporains, je m'étais abusé. Le fait, loin d'être nouveau, est consigné dans l'immortel ou- vrage de Miclieli ayant pour titre : Nova plantarum gênera, publié, j'ose à peine le dire, en ry-îS. Il m'est donc arrivé ici la même- chose qu'à l'égard de la structure intime des Caulerpées que je croyais avoir aperçue le premier, parce que aucun algologue nen faisait mention, tandis que cette organisation avait réellement été entrevue et même assez clairement indiquée par Turner dans une espèce seule, à la vérité , du genre Caulerpa. Et notez bien que dans l'une et l'autre circonstances, c'est absolument aux mêmes causes qu'il convient d'attribuer le peu d'attention qu'on a donné aux ob- servations importantes de Micheli et de Turner, c'est à-dire à l'imperfection des figures analytiques ou à leur défaut complet (l'une part, et de l'autre à la lecture superficielle du texte. Quand on consulte les anciens auteurs, ordinairement, et c'est à tort, on ne regarde que les figures qu'ils nous ont laissées, lesquelles, la plupart du temps, sont mauvaises ou du moins ne contiennent aucun de ces détails que nous y recherchons et que le manque d'instrumens les empêchait de rendre. Si l'on s'était donc donné la peine de lire le texte de Micheli et qu'on ne se fût pas contenté de jeter un regard fugitif sur la c. MONTAGNE. — Sur U geurc ïargionia. 1 1 1 figure de son Targionia , ou si, du moins, en re|',rirdant cette figure, on avait cherché à se rendre compte de ce qu'étaient ces appendices latéraux qu'on y remarque, on aurait vu, non pas, à la vérité, à l'article où il traite du Targionia, mais bien au chapitre où il est question du Lunularia, une très bonne description des organes appendiculaires qui font l'objet de ce mémoire. Cette explication d'une figure , donnée ailleurs que là où l'on s'attend naturellement à la rencontrer, servira d'excuse aux botanistes qui ont ignoré jusqu'ici le fait de la piésence des organes mâles sur les bords de la fronde du Targionia. Je confesse pour mon compte que , avant d'avoir lu cette descrip- tion, je n'avais pas su mieux que les autres interpréter la figure donnée par cet auteur. Voici les propres expressio -s dont se sert Micheli (i): « Prœter supradictas capsulas séminales a natura « in hoc génère pro conservatione et propagatione plantœ insti- « tutas, ALi^ DANTUR s^ECIEs quas icon exhibet ad litteras « H, H , H , H , H, H,çri/ce sunt ej usdeni prorsus naturœ ac formœ « quarum in HEPATic^(Conocephalus) et Targionia !!! generibus « jam descriptis mentionem fecimus . « Qu^ CAPSULA in Hepatica et in planta de qua agimus ( Lunu- « labia) (2) inaliqua superficiel parte sunt dispersœ et tanquam « gemmœ in annula aut verrucœ in inanibus insertœ et affixœ , «IN Targionia vero ad folioruim latera tnferius posit^e et « FiRMAT^ (Tal). 3 , F. F. ^ .)has aperiri natura nonpatitur. Desu- « per autem a verrucis minutissimis exasperantur et interius in « diversas ac perexiguas cellulas (Tab. 2, L.) partiiœ sunt, in « singulis corpus est candidum (Tdih. 1 , M.) figura elliptica quod « per maturitateni in lacteum soh'itur liquorem ; idem liquor in « eamdem capsularum superficiem exudat , et indè evanescit^ « capsulœque tandem contabescunt. « Qui liquor s-ia curiosis et plantarum partes Jundiius agnos- « cere cupientibus optimœ notœ microscopio examinetur, constare « patebit aquea substantia et minutissimis sphœricisque corpus- (i) Nova plaiitanim gênera , p. 5. (j) On voit ici pourquoi je me suis trouvé daas la nécessité de passer ea re\ue les formes diverses des anlhéridies et des disques qui les renferment dans toute la tribu de« Marcbantiétts. lia c. MOJNTAGNF. — SuT le genre Targionia. « culis globulorum instar qui in lacté et sanguine hwnano repe-^ a riuntur prout (Tab. i , N.) luculenter apparet. » On est tout étonné quand on réfléchit que cela a été observé et décrit, il y a plus d'un siècle, avec tant de détails et tant d'exactitude. Trouvons-nous rien de plus complet dans les auteurs modernes? Il est bien certain que, doué au plus haut degré delà faculté d'observer, l'illustre botaniste florentin ne nous eût rien laissé à désirer, soit quant à la description, soit quant à la figure analytique, s'il avait eu à sa disposition des instrumens ampli- fians aussi parfaits que ceux que nous possédons aujourd'hui. Gloire donc àMicheli, grand maître dans l'art d'observer! Dans ces mots: ce Çw^e capsulas in Targionia vero adfoliorum « latera inferiîis positœ et jirmatœ », ne reconnaît-on pas les organes appendiculaires du Targionia bifurca, et Micheli ne semble-t-il pas les avoir eus sous les yeux quand il a caractérisé ceux de son T. hypophjlla? D'après ce qui précède, il paraîtrait ou que ces disques sont rares dans noire climat, où personne que je sache ne les a ren - contrés, ou bien qu'ils ont besoin , pour se développer, de l'in- fluence d une tempérai ure comme celle de l'Italie méridionale ou du Chili. Pour me résumer, je dirai qu'à Micheli appartient incontes- tablement la gloire d'avoir fait mention le pretuier des disques anthéridifères du genre Targionia. Quoique je les aie observés après lui et que j'aie en quelque sorte exhumé sa découverte, je n'en revendique point d'autre que celle de la lui restituer. Il est pourtant juste d'ajouter que cet auteur, qui avait ïéel- lement bien vu ces organes, n'en soupçonnait point la véritable nature et leur attribuait, non toutefois sans accompagner son opinion de ce doute philosophique si profitable aux sciences, des fonctions différentes de celles que la nature semble les avoir appelés à lemphr. Ainsi , il se rangeait de l'opinion de ceux qui regardaient alors ces organes comme des vaisseaux excréteurs des plantes dont il s'agit. « Quidam has capsulas , dh-W^frucium « ipsarum plantaruni existimant, sed hallucinati sunt; alii esse a vasa excretoria contendunt quorum sententiœ libenier acquies- c. MONTAGNE. — Sur le genre TsLrgloma. ii3 « cemus. Cœtera, quœ de earum natura tradi passent ad studio^ « sorum philosophorum judiciumremittenda duximus.n J'imiterai la sage réserve de Micheli relativement aux usages des organes que je viens de faire connaître. Si je les ai considérés comme représentant, en effet Jes organes mâles dans cette tribu, ce n'est qu'entraîné par l'analogie de leurs formes avec celles qui caractérisent ce que les hépaticologistes modernes regardent comme tels dans les autres tribus de la même famille, analogie d'où doit nécessairement suivre celle de leurs fonctions. De deux choses l'une, ou ils sont dans l'erreur en prenant pour des fleurs mâles ce qu'ils nomment disques anthéridifères dans les Marchantiées et les Ricciées, ou, s ils ne se trompent pas, je suis autorisé à regarder comme tels les organes appendi- culaires que j'ai retrouvés dans notre Targionia bifurca. Je terminerai ce mémoire en donnant la phrase caractéristique et une courte description de cette plante. Targionia bifiircaf^e^s et Montag. mss.) : fronde lineari an- gustâ simplici aut bifurca, nervo crasso, marginibus membra- naceis adscendentibus demùm involutis repando-crenulalis, in- volucro apice frondis latiore; capsula verrucae turbinatae sessili. Descr. /Tons linearis angustissima,vix amillini. lata, 8 ad lo millim. longa, apice paiùm dilatata, raro simplex, saepiùs autem bifurca, suprà viridis, margi- nibus adscendentibus meoibranaceis tenuibus repando-crenulatis , siccitate invo- lutis canaliculata, subtùs atro-purpurea, nervo crasso , lato , ulrinque propè marginera derepente desinente subcarinata, et squamis concoloribus triangula- ribus, interdùra apicem versus acuminatis, imbricatis,margines aut vix attingen- tibus,autetiamsuperantibus radiculis([ue numerosis inmediovestita. Involucruin bivalve fronde latius, globo.so-compressum,ore laevi. Galyptra {epigonium Bisch.) tenerrima hyalina irregulariter reticulata, stylo brevi recto aut incurvo evanido coronata, sub apice rumpens. Capsula (sporangium) triquetra sessilis fusca, verru- caealbae turbinatae sessilis. Sporae globoso-polyedrae scrobiculatae fuscae elateribus dispiris afflxae vel mixlae. In pluribus individais autem species gemmarum secundùm utrumque margi- nem positas et è nervo oriundas observavi , quas in hâc memoriâ jàm descripsi et ut discos antheridiferos habeo. Hab. ad terram circà Quillota in Chile legit Bertero. Obs. L'exiguïté de toutes les parties de cette espèce , ni n\è\we sa bifurcation ne suffiraient point pour la faire distinguer de sa IX, HoTiH, — Féi'rier, 8 ii4 c. MONTAGNE. — Sur le genre Targiouisi. congénère européenne, qui offre, en effet, beaucoup de variétés dans sa forme et sa grandeur; mais nous pensons, M. Nées et moi, que l'épaisseur de sa nervure et surtout l'ampleur de son in volucre comparé au sommet de la fronde, fourniront un moVen de ne point confondre ces deux plantes. M. Hûbener, dans son Hepaticologia germanica , a publié un Targlonia capensis j qui diffère du nôtre par sa fronde oblongue, mince, à bords épais et cartilagineux. Enfin le T. Mexicana Lehm. est suffisamment distinct des précédens par les faces supérieure et inférieure de sa fronde concolores et vertes. Je pense encore que la forme du support de la capsule peut fournir un autre bon caractère dia- gnostique. Ce support consiste dans l'espèce européenne et dans la nôtre, en une verrue ou renflement que Schreber prenait pour l'organe mâle et que j'ai dit avoir quelque analogie avec la gaine des mousses. La verrue du T. hypophylla est rouge et hémisphé- rique , celle du T. bifurca est d'une couleur pâle et en forme de toupie, ce dont on peut se convaincre quand on la détache avec soin du fond de l'involucre. EXPLICATION DE LA PLANCHE Z> Fig. I. Targionia bifurca ^ vu de grandeur naturelle, Fig. 2. Le même grossi , vu en dessus. On remarque en a les appendices qui contiennent les anthéridies ou organes mâles. Fig. 3. Sommet d'une bifurcation du même encore plus grossie, vue en dessous , pour montrer les squames de la fronde e-t l'involucre entr'ouvert de l'ovgane femelle , situé à l'extrémité. Fig. 4. Tranche mince coupée verticalement dans la fronde, à l'endroit où les appendices naissent de la nervure , On voit , en a , un de ces disques anthéridifères ; en b, des squames, et , en c, des radicules. Fig» 5. Coupe verticale, c'est-à-dire dans le sens de la longueur, de l'un de ces disques, montrant les utricules à différens degrés de développement. Fig. 6. Utricule ou anthéridie paraissant arrivée à son état parfait ou normal , et grossie 160 fois. Fig. 7. Utricules jeunes contenant déjà, comme la précédente, mais en moins grand nombre , des globules verdâtres , vues au même grossissement. Fig. 8. Fructification : — a. verrue lurbinée , détachée du fond de l'involucre; — b. calyplre {Epigone Bischoff ) transparente , rompue près du sommet et laissant échapper la capsule c ^ trigone , brune et à angles saillans , colorés en jaune. Primitivement celte capsule est sessile sur la verrue a; elle est grossie i5 fois. Le ityle qui la surmonte dans sa jeunesse est déjà tombé. Fig. 9. a. un spore (seminule), fixé ou légèrement adhérent à une élatère dispire ^. Cette figure est faite à un grossissement de 160 diamètres. FA.BRE et DUNAL. *^ Germination du Marsilea. 1 1 5 Rapport fait à r Académie des Sciences par MM. Achille Richard et Auguste de Saint-Hilaire , rapporteur y sur un mémoire ayant pour titre : Germination du Marsilea Fabri, par MM. Fabre et Dunal. Vers la fin de l'année i836, M. Esprit Fabre, jardinier-ma- raîcher de la ville d'Agde, présenta à l'Académie un mémoire dans lequel il fait connaître la structure des organes généra- teurs du Marsilea Fabri ^ structure qui vraisemblablement se retrouvera, à quelques nuances près, dans toutes les espèces du même genre. Ce patient et habile observateur montra que , de l'involucre ouvert du Marsilea^ il sortait un cordon mucilagineux courbé en anneau, et chargé de six à dix épis sessiles; il fit voir que ces épis se composaient de deux sortes de corps dont les uns sont pour lui des anthères, et les autres des ovules; il déve- loppa son opinion sur la manière dont les ovules sont fécondés, et il les décrivit comme présentant après la fécondation une sorte d'ellipsoïde terminée par un mamelon. Cependant une lacune restait à remplir dans l'histoire du Marsilea : M. Fabre avait à peine dit quelques mots de sa ger- mination ; on devait désirer de plus amples détails. Pour compléter ses travaux , M. Fabre attendait le printemps. Il a profité de cette saison pour épier la jeune plante au moment où elle se développe. M. Dunal, correspondant de l'Académie, s'est rendu à Agde pour vérifier les observations de l'intelligent et laborieux jardinier, et c'est lui qui a rédigé le mémoire inti- tulé Germination du Marsilea Fabri, sur lequel l'Académie nous a chargés, M. Achille Richard et moi, de lui faire un rapport. Apres la fécondation , dit M. Dunal, rien n'est changé dans le corps reproducteur; on n'y découvre, ajoule-t-il, aucune trace d'embryon, mais il a acquis la faculté de germer. Quand il a séjourné huit à dix jours dans l'eau , et en un lieu éclairé par la lumière du soleil, on voit sortir du mamelon qui î t6 FABRE et DUNAL. — Gcrminaiion du WdrsWea. le termine une pointe verte et un peu recourbée : c'est la pre- mière feuille, qu'on appellera, si l'on veut, un cotylédon, mais qui ne faisait point partie, dit encore M. Dunal, d'un embryon préexistant à la germination. Peu après la formation de cette feuille primaire, on voit naître près de sa base une petite radicelle blanche et cylin- drique. De courbée qu'elle était d'abord, la feuille devient droite, et la radicelle s'allonge en même temps qu'elle. Au bout de huit à dix jours, se montre une seconde feuille pourvue d'un limbe oblong, laquelle est bientôt suivie d'une seconde ra- dicelle. Huit à dix jours plus tard, paraissent une trtisième feuille de même forme que la seconde, et encore une petite racine. Le même intervalle s'écoule, et l'on voit, avec une quatrième radicelle, naître une quatrième feuille; mais celle-ci se termine par deux folioles. Enfin se développent des feuilles à quatre folioles, et la plante continue à végéter, en produisant toujours des feuilles semblables à ces dernières. En résumé, une semaine environ s'écoule entre deux déve- loppemens de feuilles ; ce n'est que la cinquième qui ait quatre folioles, c'est-à-dire qui soit semblable à celles dont la plante doit continuer à se couvrir jusqu'au moment où elle cessera d'exister; et le développement des cinq premières feuilles est accompagné de celui d'une radicelle simple. Quelques nuances peuvent se montrer, mais elles méritent à peine d'être indiquées. Quant au corps reproducteur, il reste long-temps station- naire, pendant que s'opèrent ces diverses évolutions, et il finit par disparaître. Telles sont les observations de MM. Fabre et Dunal sur la germination du Marsilea, cryptogame mal connue jusqu'à eux. Nous pouvons d'autant mieux répondre de l'exactitude de ces observations, que l'un de vos commissaires a vu tous les indi- vidus en germination, d'après lesquels M. Dunal a fait faiie le dessin qui accompagne son mémoire. Lorsque le rapport fait à l'Académie sur le premier mémoire de M. Fabre fut inséré dans les Annales des Sciences naturelles (vol. VI, p. 376), l'un de nous avait exprimé quelques doutes sur ce qu'avait avancé M. Fabre relativement à la durée de sa FABRE et DUWAL, — Qermlnation dtt Marsilea. 1 1 7 plante. Cet observateur reconnaît aujourd'hui qu'elle est vivace et non annuelle, opinion qui était déjà celle de M. Delille, cor- respondant de l'Académie, et de M. Frédéric de Girard , jeune botaniste de Montpellier, doué d'autant de zèle que d'intel- ligence. Nous n'avons point disséqué le corps reproducteur du Mar- silea Fabri, mais M. Dunal, si bon observateur, dit qu'il ne présente aucune trace d'embryon (1). Ici nous prierons l'Aca- démie de nous permettre une observation. Voilà une plante qui a de grands rapports avec les Aroïdes, qui germe avec un cotylédon, et qui pourtant ne présente aucun embryon véri- table. Ainsi donc, elle est tout à-la-fois inembryonnée et mono- cotylédone ; ainsi, à mesure que l'on observe, on voit nos coupes se rapprocher, nos distinctions méthodiques et compassées disparaître, et le tableau brillant de la nature se nuancer da- vantage. M. Fabre n'eût-il fait que contribuer à amener de tels résul- tats, mériterait d'être encouragé. Nous continuons à l'inviter à étudier les mœurs des plantes qui l'entourent, surtout de celles qui vivent dans l'eau ou qui ont des tiges souterraines. Qu'il observe, qu'il dise ce qu'il a vu, qu'il le dise avec simplicité, sans se perdre dans de vaines hypothèses, et, malgré la posi- tion peu favorable où il se trouve, il pourra rendre des services à la science. Après avoir donné de justes encouragemens et un conseil à (i) Oa voit, d'après cette phrase, que M. Turpin s'est entièrement trompé, quand il a imprimé ce qui suit: a M. A. de Saint-Hilaire, d'après sa propre observation, et celle de «« M. Dunal , dit que le corps reproducteur de cette plante, qui est ovoïde et homogène dans « son tissu , n'offre aucune trace d'embryon , mais que ce corps a acquis la faculté de germer. » Il a peut-être été téméraire de ma part d'avoir tiré des conclusions d'un fait que j'avoue n'avoir point vériflé; mais j'y ai été encouragé par la confiance que M. Dunal inspire avec raison à tous les naturalistes. Les personnes qui voudront approfondir ce point de botanique auquel j'ai expressémenl déclaré que j'étais étranger, feront bien de lire ce qu'a écrit M. Hartius sur h structure des corps reproducteurs du Marsilea quadrifolia , et un travail oîi l'on retrouve les idées du professeur de Montpellier exprimées de la manière la plus formelle et la plus précise, celui sur la Pilulaire , publié par M. Agardh fils, jeune homme non moins recommandable par sa modestie et^l'aménité de son caractère que par sou rèle et son savoir. ( Note de M. Au' giiste de Saint- Hilalre . ) 1 1 8 PABRE et DUNAL. — Germination du Marsilea. M. Fabre , nous croyons devoir des remercîmens à notre cor- respondant, M. Dunal. Sans les voyages qu'il a faits à Agde , sans l'appui qu'il a accordé à M. Fabre, sans le soin qu'il a pris de vérifier les observations faites par ce cultivateur, et de les rédiger dans notre langue, les détails intéressans recueillis par M. Fabre seraient restés inconnus. M. Dunal a noblement rempli un devoir que doivent s'imposer les borames qui occupent un rang élevé dans la science , le devoir de tendre la main à ceux qui débutent. Nous croyons pouvoir engager l'Académie à faire insérer dans le recueil des savans étrangers le second mémoire de MM. Dunal et Fabre, honneur qu'elle a déjà accordé k leur premier travail. Flore du Bassin sous-pyrénéen ou Description des plantes qui croissent naturellement dans cette circonscription géolo^^ique , avec l indication spéciale des espèces qui se trouvent aux envi- rons de Toulouse; par M. J. B. Nollet, D. M. ( i vol. in-8°, 753 pages. Toulouse , chez J. B. Paya , 1 887.) Dans la préface de cet ouvrage, l'auteur établit avec précision l'étendue du pays qu'il a désigné sous le nom de Bassin sous- pyrénéen. CeXt^ contrée, entièrement occupée, jusqu'à une pro- fondeur encore inconnue, par des dépôts supracrétacés, s'étend du pied septentrional des Pyrénées et de la Montagne-Noire jusqu'au terrain jurassique des départemens du Lot et de Lot- et-Garonne , et des landes d'Aquitaine aux collines secondaires du Tarn, Des terrains soulevés, crétacés ou antérieurs à la craie, s'enfonçant sous les dépôts tertiaires , forment la bordure natu- relle de Ce vaste espace. Nul doute que, par l'effet du redresse- ment de leurs couches, il ne soit devenu le réservoir où affluaient de toutes parts des lieux plus élevés , les eaux constituant ainsi un lac remarquable par ses grandes proportions. Une riche végétation pare la surface du bassin sous-pyrénéen. La culture s'est emparée de ce fertile pays, où prospèrent MOLLET. — flore du bassin Sous'Pyrénéen. 1 19 les céréales , les légumineuses cultivées à titre de prairies artifi- cielles et la vigne. L'essence des bois , réduits de jour en jour dans leur étendue, est formée de chênes noirs et blancs. Les bords des rivières sont naturellement peuplés de saules nombreux, d'aunes et de peupliers noirs. On y voit aussi une végétation par- ticulière, due aux graines que les courans apportent de loin, et qui constituent une florule à part , qui est sujette à varier. En général la flore du bassin sousrpyrénéen n'a pas une phy- sionomie bien tranchée; car, à l'exception d'un petit nombre de plantes occidentales , elle participe aux flores du midi et du centre de la France. L'auteur a adopté, à quelques légers changemens près, l'ordre par familles naturelles , tel queM.deC^andolle l'a proposé dans sa théorie élémentaire et dans son Prodromus , et qui a été suivi par M, Duby, dans le Botanicum gallicum. Comme l'étude des espèces est la partie la plus importante dans une flore , M. Noulet s'est appliqué à traiter convenable- ment la synonymie et le signalement de chaque plante. Qui! y ait parfaitement réussi , c'est ce que nous ne pouvons établir dans un simple article d'annonce; car il faudrait se livrer à une discussion critique, qui nous entraînerait trop loin. L'auteur convient lui-même qu'il a apporté une certaine sévérité dans l'exclusion des espèces nouvellement adoptées par les floristes ; mais , en revanche , il s'est appliqué à distinguer soigneusement les variétés offertes par les espèces. En somme , la flore du bas- sin sous-pyrénéen nous semble un ouvrage qui sort du cadre ordinaire des flores partielles de la France , et si , sous certains rapports, elle n'est pas irréprochable', ses défauts tiennent peut- être à des causes qu'il était impossible à l'auteur d'éviter. Comme il arrive souvent que les caractères des genres ne concordent pas ayec les descriptions des espèces , l'auteur s'est vu forcé, dans plusieurs cas, d'en établir de nouveaux, ou de transporter dans des genres anciens des espèces généralement attribuées à d'autres. L'indication pure et simple de ces change- mens nous paraît devoir offrir quelque intérêt aux lecteurs des Annales. 120 NOULET. — Flore du bassin Sous-Pyrénéen. Sinapis alba L. = Eruca alba Noul. Sinapis an>ensis L. = Eruca arvensis Noul. Sinapis nigra L. = Brassica Sinapis Noul. Brassica Cheiranthos Wi\\. = Erucastrum CAeiraw/Aos Noul. (Erucastrum, nov. gen.) Sinapis incana L.=StylocarpuTn incanum Noul. (STYiiOCARPUM,nov. gen.) Iberis amara L. = Thlaspi amara Noul. Iberis pinnata L. = Thlaspi pinnata Noul. Calepina Corvini Desv. = Neslia erucœfolia Noul. Silène stricta L. ( La patrie de cette plante avait fait un sujet de contes- tation ; ear Lapeyrouse croyait que Linné , d'après Burser, avait indique Tou- louse au lieu de Tolosa, en Espagne.) Silène cerastoides Noul, ( Espèce dans laquelle l'auteur comprend les S. ce- rastoidcs L., iS. quinquevulnera L. , S. lusitanica, et S. gallica L.) Cytisus argenteus L. = Genista argentea Noul. Trigonellahybrida Pourr. = Medicago Pourretii Noul. Medicago lupulina L. = Lupulina aurata Noul. (Lupuhna, gen. nov.) Ammi difersifolium'N oui. ( Sous ce nom sont compris , comme simples varié- tés , les Ainni majus L. , A. intermedium J)C. et yl. glaucifolium L.) Campanula Erinus L.=Ermm campanula Noul. (Erinia, gen. nov.) L'auteur a décrit plusieurs hybrides du genre Verbascum , dont quelques- unes ont élé considérées comme des espèces distinctes par divers auteurs. Voici les noms de ces hybrides. • Verbascum \Lychniti&-pulverulentum Noul. V. sinuatum-pulverulenium. = V. hybridum Brot. V. sinuatum- ThapsuslSouX. = V. longiracemosum Chauh. V.nigrum-1 hapsus Noul. F". Blataria-Thapi^us Noul. — F. virgatum Smith? V. Thapsus- sinuatum Noul. = F", calyculatum Chanb. Orobanche Lobelii Notil.=: O. major Smith. O.lVaucherii Noul.=0. du lierre Vauch. Chencpodium iripiale Noul.=C album L. — C. virens L. — C. leiospermum DG — C. opuUfolium Schrad. — C. Jicifolium Smith. wiGHT et WALKER-ARNOTT. — Pwdrom.florœ, Indice or. lai pRODROMDS Florœ peninsulœ indice orientalis y auct. R. Wight et Walker-Arnott. Vol. i. in-8°. 480 p. Londres, chez Par- bury, Allen et O. Cet ouvrage fut entrepris prÎTicipalement dans la vue de pu- blier les collections botaniques que le docteur Wight avait faites dans la péninsule de l'Inde anglaise. Le docteur Wight avait au- paravant transmis au Muséum de la compagnie des Indes orien- tales un grand nombre de ses échantillons qui furent, il y a quelques années, distribués par le docteur Wallich, et qui, dans son catalogue lithographie des plantes de l'Inde orientale, sont distingués par l'étiquette Herb. JVight. Toutes les collec- tions que le docteur Wight fit à cette époque peuvent être con» sidérées comme la propriété de la compagnie, parce qu'il rem- plissait alors auprès d'elle l'emploi de naturaliste; mais, depuis quelques années, cet emploi dans l'établissement botanique de Madras ayant été supprimé, il a eu dès-lors la liberté de collecter à ses propres frais, pour lui et pour ses amis, ce que sa résidence à Tanjore et dans les provinces piéridionales de la péninsule lui a permis de faire sur une grande échelle. Un petit nombre seulement d'entre les mémoires concernant les collections distribuées du docteur Wallich ont été jusqu'à présent publiés par ceux qui s'étaient chargés de les rédiger, et qui cependant en ont eu suffisamment le temps. Le docteur Wight, craignant donc qu'il arrivât le même sort aux collections plus petites qu'il avait aussi partagées entre un grand nombre de botanistes, se détermina à publier une flore de la Péninsule, et, comme la durée de son séjour en Europe était très hmitée,il s'as- socia M. Walker-Arnott, son compatriote et son ancien ami, qui résolut de consacrer tout son temps à cet ouvrage et de l'exécuter tout entier lui-même à l'aide des notes du docteur Wight, dans le cas où la collaboration d'autres botanistes lui manquerait. Le docteur Wight est retourné de nouveau dans 132 wiGHT et WALKER-ARNOTT. — . PiodroiTi. florœ IncLiœ or. rinde, mais M. Arnott a achevé le premier volume après quinze mois d'une application presque continuelle. M. Graham, pro- fesseur de botanique à Edimbourg, s'était engagé, comme le dit la préface, à décrire les Légumineuses, ainsi qu'il l'avait fait pour celles du docteur Wallich, et, à cette fin, il avait reçu une très belle série d'échantillons ; mais lorsque l'imprimeur fut prêt pour le manuscrit, il se trouva dans l'impossibilité de pas- ser outre, de sorte que les auteurs ont dû eux-mêmes illustrer cette famille , de beaucoup la plus vaste de celles qui peuplent la Péninsule comme dr* celles qui sont comprises dans ce volume. L'ouvrage tout entier est écrit en anglais. On a préféré cette langue au latin, afin de propager l'étude de la science dans la péninsule de l'Inde; mais les termes employés sont tellement semblables aux expressions latines correspondantes, qu'ils ne peuvent faire éprouver aucune difficulté aux botanistes qui ne sauraient pas l'anglais. La préface contient un court exposé de l'origine et des pro- grès de la botanique scientifique dans l'Inde orientale. La clas- sification adoptée est celle de Jussieu modifiée par DeCandolle, c'est-à-dire qu'elle commence par les Renonculacées. C'est, après le Prodro mus florœ noi>œ Hollandiœ àQ^oh.V»YOv^u^\di Flora bo- reali-ame ricana de Hookeretles Flores du Brésil et deSénégam- bie,un nouvel exemple d'un ouvrage sur les plantes extra-euro- péennes dans lequel on ait adhéré aux principes posés par l'il- lustre auteur du Système naturel. La classification artificielle de Linné peut être avantageuse dans la flore spéciale d'une con- trée peu étendue et bien explorée; mais, comme les auteurs du présent ouvrage l'ont remarqué, elle devient à-peu-près inutile quand on l'applique à l'étude de la foule de productions nouvelles et variées qu'offre l'Inde orientale. Le premier volume se termine par les Dipsacées et par con- séquent correspond aux quatre premiers volumes du Prodro- mus de De Candolle. Il comprend 83 familles naturelles dont toutes sont caractérisées, quelques-unes pour la première fois. Les caractères de plusieurs ont reçu d'importantes modifi- wiGHT et WALKER-A.RNOTT. — Vrodroiii. jlorœ Indiœ oT. laS cations : ainsi, contre l'opinion de De Candolle, les Ménisper- macées sont décrites comme ayant habituellement un albumen ou I érisperme, et comme en étant rarement dépourvues : une espèce de Cocculus est un exemple de cette dertiière structure. Les Elœocarpées sont représentées avec l'embryon renversé et non dressé; XAilanthus et le Brucea sont séparés des autres Zanthoxylées en qualité de eous-families ; aux Mémecylées est attribué un ovaire uniloculaire, et ce caractère est constant, bien que, par une erreur typographique , il ne soit donné dans le texte que comme habituel; on prouve que XeMouriria, non- seulement appartient à cette famille, mais encore diffère à peine du Memecylon, ce qui est un motif de plus pour séparer les Mémecylées des Mélastomacées, malgré les affinités réciproques de ces deux familles sous d'autres rapports. Le genre Bobaa de De Candolle, quoiqu'on le trouve dans la Péninsule aussi bien que dans l'ile de Geylan, est omis, comme appartenant aux Symplocos. Plusieurs nouveaux genres ont été formés ou indiqués. On montre que le Tamarix ericoides n'est ni un Tamarix ni un Mjricaria tels que les définissent Desvaux et Ehrenberg, mais qu'il unit ces deux genres en un seul ou qu'il euTorme un nou- veau qui participe aux caractères de l'un et de l'autre sans en avoir le faciès. M. Arnott, qui s'était chargé d'examiner les es- pèces de Tamariscinées du D'^ Wallich, nommece genre Trichau^ rus. Signalons aussi comme nouveaux : dans les Malvacées, le Decaschistîa ; dans les Malpighiacées, le Platynema ; dans les Méliacées, le Naregamia . établi sur uuq plante qui est restée ignorée depuis le temps de Rheede jusqu'à ce que le docteur Wight en ait de nouveau découvert des individus ; dans les Cé- lastrinées, le Plemostylia; dans les Thérébinthacées, le Soleno- carpus et ÏOdina, un des arbres les plus communs de la Pénin- sule, mais presque inconnu jusqu'à présent des botanistes eu- ropéens : dans la même famille , le caractère du Sorindeja est corrigé. Dans les Mélastomacées , on trouve un nouveau genre très curieux, le Triplectrum ; dans les Cucurbitacées, le Coccinia, fondé sur le Bryonia grandis L. Mais il est inutile de pousser 124 wiGiiT et WALKER-ARNOTT. — ProdroTTi. floTce IndicD or. plus loin cette énumération. Les principaux changemens ont eu lieu dans les Légumineuses. Parmi les anciens genres, quel- ques-uns jusqu'à présent fort obscurs sont éclairés d'un nou- veau jour : tels sont le Vatica L., qui est le même que le Shorea Roxb. ; V Heptapleurum Gœrtn., qui est le Paratropia DC. ; Vyàmoora Roxb. et le SphœrosacmeWaW. , qui sont tous les deux identiques à VAphanamixis J. Blume ; le PFalsura B.o'sh. ^ qui diffère du Ueynea par le fruit et le faciès. A propos du Milnea Roxb., MM. WightetArnott émettent l'idée qu'il est le même que \Jglaia;(\2i\\s cette supposition, les plantes connues sous ce der- niernoraneprésententprobablementunovaireuniloculaireetun fruit abortif que par un effet de la culture. Plusieurs genres assez bien connus ont leurs caractères reconstifuésrdans ce nombre, on peut mentionner presque tons ceux de la famille des Auran- tiacées, et l'on en donne une clef analytique qui s'étend à tous les genres indiens dans lesquels le nombre des étamines est double de celui des pétales, et où les ovules sont en nombre défini dans chaque tour de l'ovaire. Certains genres ont été divisés pour en former de nouveaux ; mais d'autres généralement adop- tés ont été réunis : dans ce cas sont le Protium et le Balsamo^ dendron, V Impatiens et le Balsamina , le Stravadium et le Barringtonia , le Pentaptera , le Gimbernatia et le Termînalia, Le Moulinsia de Cambessèdes est de nouveau rapporté au 6*^- pindus et donné pour le Sapindus rubiginosus Roxb. , plante qui est répandue sur une large portion du territoire de l'Inde, et qui a été déjà décrite par plusieurs botanistes. VHedyotls est laissé dans son intégrité, mais est divisé en de nombreuses sections et sous-sections qui dans la suite peuvent former de nouveaux genres. Il est bon de dire ici que, quoique dans des ouvrages modernes la division des Rubiacées soit fondée sur la présence d'une graine ou de plusieurs dans chaque loge du fruit , et quoique le Spermacoce soit généralement et principa- lement distingué de VHedyotis par ce caractère, cependant les auteurs décrivent une espèce à'Hedyuds où les loges sont mono- spermes ; dans une autre espèce elles sont à deux graines; dans quelques-unes elles sont grosses et en petit nombre , dans wiGHT et WALKEU-ARNOTT. — Prodrom. florcB Ind'iœ or. iiS d'autres elles sont nombreuses et petites ; dans ce genre encore, le même individu présente quelquefois tantôt les étamines lont'ues et le stvle court, tantôt, au contraire, les étamines courtes et le style long. Ainsi ces caractères qui jusqu'à pré- sent ont été considérés comme importans , n'ont aucune valeur pour la distinction de quelques espèces. En outre, un grand nombre d'espèces sont décrites pour la première fois; et si les auteurs eussent été disposés à en établir sur de légers motifs, au lieu de pécher peut-être comme ils l'ont fait dans le sens inverse, ils en -auraient formé beaucoup plus: c'est ce qui leur serait arrivé, sans aucun doute, s'ils avaient conservé toutes celles qui, quoique supposées, sont mainte- nant admises dans les ouvrages systématiques; pour éviter cet inconvénient, ils ont du supprimer plusieurs espèces créées par d'autres botanistes; mais, sous ce rapport, ils ont eu des avantages que peu de leurs confrères auraient pu réunir, grâces aux nombreux échantillons qu'ils ont eus sous les yeux, aux ob- servaiions faites par le docteur Wight sur les plantes dans leur situation naturelle, et à la faculté dont ils ont joui de consulter les copies des deux mille dessins environ de Roxburgh qui n'ont pas été publiés et qui sont déposés au Muséum de la com- pagnie des Indes-Orientales. Au reste, les botanistes ne sont pas encore d'accord sur ce qui doit constituer une espèce. Le nombre des espèces est de lo dans \ Amrnannia ^ de 1 1 dans le Bryonia après de nombreuses réductions , de i3 dans le Poly-' gala, de i4 dans le Tephrosia , de 16 dans le Capparis , de 16 dans \e Phaseolus , de 17 dans le Tilia, de 17 dans le Desmo- dium , de 21 dans ï Impatiens , de 21 dans le Cassia, de 22 dans le Loranthus , de 23 dans Y Acacia , de 24 dans V Indigo- fera y de 26 dans le Fitis y de 3o dans {'Hedyotis, et de 56 dans le Crotalaria. Des genres nombreux en espèces, et quelquefois aussi de moins grands, sont partagés en sections différentes de celles qu'on adopte habituellement : le Crotalaria et XAlysicar- pus en sont des exemples. Comme l'ouvrage n'est pas borné aux échantillons du docteur Wight, il contient la description de plusieurs de ceux du doc- iQt6 wiGHT et WALKF.R-ARNOTT. — Prodrom. floTOB IncHœ or. leur Wallich, de tous ceux delà Péninsule que les auteurs ont eus à leur disposition et de nombreuses observations sur d'autres , de sorte que, malgré son titre de Prodromus florœ penmsulce indiœ orientalisf il éclaire beaucoup d'espèces appartenant à d'autres parties de l'Inde; bien plus, on y rencontre accidentel- lement des remarques sur des plantes originaires des parties du monde toutes différentes. Pour rendre le tout plus facile à con- sulter, on a ajouté à la fin du volume une table de 29 pages. Les caractères, comme les auteurs le font observer dans la préface, sont donnés fort au long et peuvent être considérés en quelque sorte comme des descriptions abrégées sous la forme de phrases spécifiques. La synonymie est fort détaillée. De précieux docnmens sont promis de la part de MM. Nées d'Esenbeck , Bentham, De Candolle, Hooker et d'autres pour le second volume, dont l'impression commencera dès que les vo- lumes du Prodromus de De Candolle, contenant les Compo- sées , seront publiés, (i) Il convient de faire observer, en terminant, que la péninsule de l'Inde, dont cet ouvrage contient la Flore, renferme toute l'étendue de pays qui forme un triangle irrégulier depuis le cap Comorin jusqu'à Surate et à Rajahmundry, ou, en d'autres termes, qui se prolonge en latitude nord de 8° à S4i° sur la côte occidentale et à ly" environ sur la côte orientale , et en longi- tude ouest , de 71° à 80° à compter depuis le méridien de Paris. Cependant les auteurs préviennent le lecteur qu'ils n'ont pu se procurer aucun échantillon de la présidence de Bombay, qui s'étend sur la côte occidentale de i3° à^r de latitude, en sorte que leur Flore se borne réellement à la côte orientale , et à la partie méridionale extrême de l'occidentale et aux provinces centrales du Sud. (i) Nous avons déjà rendu compte du cinquième volume du Prodromus de M. De Candolle , qui renferme le commencement des composées. Les sixième et septième volumes viennent de paraître : nous leur consacrerons un article dans un des prochains cahiers. {Note des rédacteurs.) j. E. TAUSCH. — Sur quelques espèces d' ki\^\\à.-à. 127 Observations sur quelques espèces d kvvèXxàdiy par J. F. Tausch, à Prague. {Flora, i836, p. 5o5.) Sous le nom à' Aristida plumosa ^ Siehev rapporta d'Egypte qnatre espèces différentes , qu'il publia toutes mêlées dans son herbier d'Egypte. Deux d'entre elles furent admises dans l'Agro- stographie de Runth ; cependant les phrases diagnostiques de Trinius, transcrites par Ruuth, me font voir que les plantes de Sieber ont de nouveau été confondues. Forskahl paraît également en avoir compris déjà deux sous le nom d'^. tomentosa. Je pro- pose, pour distinguer ces quatre plantes les caractères suivans: 1. A. plumosa. Panicula oMonga, gliimis acutninatis inaequalibus flore plus diiplo longioribiis , aiisla trifî(îa, lacinia média [a inedio ad apicem eieclo-plumosa , parte nuda latérales excedente, eisque ex tolo triplo longiore , ligulis barbatis , vaginis inferioribus lanatis. A. plumosa L. Vahl syrab. i. t. 3. ^. tomentosa Forsk. (ex parte). 2. A. hrachipoda. T. Panicula oblonga, glumis acuminatis ina;qualibus flore plus duplo longioribus, arista trifîda, lacinia média patenti-plumosa basi nuda lateralibus média fere dimidio brevioribus eisque basim nudam excedentibus |, vaginis glabiis , culmis inferne pubescentibus. ( Cette espèce se trouve sous le no 669, dans les plantes d'Egypte et d'Arabie distribuées parla société d'Esslingen). 3. A. Forskahlli T. Panicula oblonga, glumis acuminatis inaequalibus flore plus duplo longioribus, arista trifîda , lacinia média patenti-plumosa basi nuda , lateralibus elongatis nudis aut raedio phimosis média vix quarta parte brevioribus /vaginis glabris , culmis basi pubescentibus. A.tom,en- toso Forsk. (ex parte). 4. A. ciliata. Panicula oblonga, glumis obtusiusculis florem tertia parte excedentibus, arista trifîda , lacinia média arrecto-plumosa hasi nuda, parte nuda lateralibus breviore easque ex toto duplo excedente, vaginis culmisque glabris, ligulis geniculisque longe barba tis. — A. ciliata Desf. Del. Egypt. 3i. t. i3. f. 3 (opt). A. lanata P. Beauv. agro&t. t. 8. f. 10. Quelque légers que puissent paraîtr e les caractères distinctifs 128 J. F. TAUSCH. — Sur quelques espèces J'Aristida. de ces quatre espèces à celui qui n'est pas à même de comparer les plantes elles-mêmes, je n'en suis pas moins convaincu qu'il suffit de les avoir vues pour les distinguer facilement les unes des autres. La nature paraît avoir exprimé principalement dans les fruits la différence de ces végétaux si simples. Les plumes de l'arête du milieu , lors même que l'on néglige leurs proportions avec les arêtes latérales, montrent déjà une différence très sensible. Les plumules isolées des A plumosa et ciliata sont plus dres- sées; celles de la seconde espèce, compt^rées à la première, sont de longueur double ; dans les A. brachypoda et Forskahlii, elles sont plus dilatées et semblent par là plus touffu es; dans l'^. Fors- kalli ,e\\ts présentent la longueur double de celles de VA. bra- chypoda. Les arêtes latérales présentent également des rapports de longueur différens et très constans; dans les A. Forskalii et ci/i'a/fl , elles sont allongées et de longueur presque égale; dans les ^. plumora et brachypoda ^tWes, sont également de longueur égale, mais de moitié plus courtes que dans les A. Forskahlii et ciliata.Les phrases diagnostiques indiquent d'ailleurs les rappori s différens de leur longueur comparée à celle de l'arête du milieu. VArisiida canariensis Willd., assez répandu dans les jardins, est la même plante que VA, cœrulescens Desf. Atl. i, t. 21 , f. 2; mais VA. d'waricata Jacq. Ecl. i, f. 6, que Runth y réunit, est une espèce très distincte , que j'appelle A. Jacquini, et que je distingue de la manière suivante: Panicula effusa , ramis elon- gatis remotis subsecundis patentissimis, glumis aristato-mucro- natis, arista nuda trifida, lacinia média lateralibus ferè duplô longiore, foliis angustissimis convolutis laevibus ore barbatis. c. MONTAGNE. — Sur l&s Cniûerpées. lag De l'organisation et du mode de reproduction aes Gaulerpées, et en particulier du Gaulerpa Webbiana, espèce noui^elle des îles Canaries, Par le Docteur Camille Montagne. (Lu à l'Académie des Sciences, dans la séance du 18 septembre iSS/. ) §. I . Histoire des Caulerpes, Le genre Caulerpa , de la famille des Algues , fut établi par Lamouroux , qui le plaça avec doute parmi les Ulvacées. Son organisation intime lui était si mal connue, qu'il va jusqu'à se demander si les dix espèces distinctes, qui composaient le genre à cette époque , ne sont pas plutôt des polypiers que des hydro- phytes. La définition qu'il en donne dans son mémoire sur les Caulerpes, lu en 1810 devant l'Académie des Sciences et inséré dans le tome second du Journal Botanique de Desvaux , prouve clairement qu'il n'avait p^s pénétré dans là structure intérieure de ces plantesdont la fructification lui était également inconnue. Voici cette définition : « Substance presque opaque , sans orga- « nisation distincte. Fructification inconnue. Tige horizontale, tf rampaiite, rarement simple. » Et ailleurs (page iSg) « La sub- « stance des Caulerpes, dit-il, diffère entièrement de celle des « Algues connues Au microscope, elle n'offre ni fibre « ni réseau, en un mot , aucune organisation distuîcte. » Dans son Essai sur les genres des Thalassiophytcs non articulées, pu- blié trois ans plus tard , ce savant s'exprime ainsi suv le même sujet : « L'organisation des Caulerpes diffère de celle des plantes « marines , et offre quelques rapports avec celle de certains po- « lypiers. On n'y découvre, à l'aide du microscope , ni fibres ni « réseau ; on trouve un épiderme et un tissu cellulaire à cellules IX. BoTAN. — Mars, 9 i3o c. MONTA.GNE. — Sur les Caulerpées. « si petites , qu'il m'a été impossible de déterminer leur torme. » Turner, célèbre par son histoire des Fucus, très bel ouvrage où, dans quatre volumes iiï 4% sont figurées la plupart des es- pèces de Thalassiophytes à fronde continue, Turner n'a pas négligé les plantes qui nous occupent, et il en a représenté quatorze espèces. Quant à l'organisation intérieure de la tige rampante , il ne l'a trouvée différente de celle indiquée par Lamouroux que dans une seule espèce originaire de la Nouvelle- Hollande , qu'il nomme Fucus hypnoides. a (i) Structura quo' que ^audet F. hypnoides^ d\t-\\ y magis niultiplice quàm congC" neresj quos omnino sine organisatione prœdlcat Lamourouxius , hoc inter generis notas maxime essentiales recensens ; habet enimfrondem quœ intîis fibrarum reticulatarum congerie mani- festé est instructa. On voit par cette citation que Turner, s'en rapportant à la définition de Lamouroux, ne s'était pas donné la peine de la vérifier sur les quatorze autres espèces qu'il a pu- bliées appartenant au même genre, et que l'on doit au hasard seul l'observation importante qu'il avait faite sur la quinzième. Malheureusement, si la plante de la Nouvelle-Hollande a été fidèlement représentée de grandeur naturelle dans sa planche 173, nous ne pouvons en dire autant de !a figure qui nous montre l'analyse microscopique du tissu fibreux que Turner croit exclusivement propre à cette espèce. Il est donc pardon- nable à ceux qui n'ont vu que celte figure , et n'ont pas pris le soin de lire le texte de cet auteur, d'avoir jusqu'ici méconnu la structure du Caulerpa hypnoides. Mais ce qui a surtout lieu de nous étonner, c'est que Turner lui-même n'ait reconnu cette singulière organisation que dans une seule espèce, et qu'il ne l'ait pas même entrevue dans les autres, et principalement dans son Fucus ( Caulerpa Grev.) Lamourouxii où elle est des plus manifestes. Quanta la fructification, il dit positivement n'avoir rien remarqué de bien distinct, et croit, comme au reste tous ceux qui l'ont suivi, qu'elle est encore inconnue. Il parle bien de macules colorées sur les frondes , qu'il est tenté de prendre pour des fruits: mais, comme il y cherchait autre chose que ce Ci) Historia /u£orum . lom. iii, p. gS c. MONTAGNE. — Sur Ics Caulerpécs. i3i que la nature y avait mis, comme il était préoccupé de l'idée de goDgyles apparens, de conceptacles, de capsules , de conio- cystes, etc., nppouvant trouver ce qui n'y était pas, il en con- cluait faussement qu'il n'y avait rien. M. Agarclh vint ensuite, qui adopta ce genre, le reconnut très naturel, et, à l'exemple de Lamouroux, le plaça dans son ordre des Ulvacées. Bien que le savant algologue suédois eût pu profiter de l'observation de Turner, puisque son Species a paru en i8'i2, et ?,ot\ Synopsis A Igarum en 1824, il ne fait pourtant aucune mention delà structure remarquable que l'auteur anglais avait rencontrée dans les frondes de son Fucus hypnoides , peut-être parce que, la croyant propre à cette espèce unique, il ne juge pas convenable d'en parler à l'occasion des généralités du genre. Mais comment expliquer le même silence dans la description qu'il donne, d'aprèsTurner, du Caulerpa hypnoides, à moins de supposer ou qu'il avait plus consulté la planche que le texte de l'auteur anglais, ou que, possédant lui-même la plante, il l'avait décrite sur ses propres échantillons, sans s'inquiéter de son organisation qu'il croyait analogue ou semblable à celle que Lamouroux affirmait être spéciale dans ce genre? M. Agardh est surpris qu'on ne sache encore rien sur la fruc- tification des Caulerpes , bien que dix-neuf espèces en fussent déjà connues à l'époque de la publication du Synopsis Algarum. Il est juste de convenir que le professeur suédois était bien près de la vérité, quand il ajoute ce qui suit : an inpulvereillo ruhicun- doquem in apiclbus ramentorum inmultis speciebus obserpavi? La contexture delà membrane des frondes ne lui permettant pas, dit-il en outre, de supposer que les sporidies puissent, comme dans les ulves, se nicher dans l'épaisseur de son tissu résistant et non manifestement celluleux. Dans sa magnifique hydrophy tologie du voyage de la Coquille, M. Bory de Saint-Vincent nous fait connaître trois espèces fort élégantes et nouvelles de ce genre, qu'il divise en deux autres fondés sur la forme plane ou tubuleuse des rameaux et des frondes, conservant au premier le nom de Caulerpa, et donnant au second celui de Chauvinia. Ce savant ne s'occupe que des caractères extérieurs ou spécifiques, et ne pénètre point dans la ijSa c. MONTAGNE. — SuF les Caiilerjrées. structure intime de ces plantes singulières qu'à leur faciès, à leurs racines et à la consistance de leurs tiges rampantes, il pré- voyait pourtant dès-lors devoir constituer un ordre particulier voisin des Dlvacées. Enfin, M. Gréville, qui dans son ouvrage intitulé: Algœ bri^ tannicas, vient de tenter une nouvelle classification de cette famille, établit cet ordre des Caulerpées, entrevu par notre sa- vant ami, et le place entre ses Gastrocarpées et les Ulvacées. Mais nous ne devons pas taire que l'observation de Turner paraissant avoir échappé à son compatriote comme à tous les autres, ce n'est que sur \e faciès étrange des algues qui le com- posent qu'il l'a fondé , et non pas , ainsi qu'il aurait pu le Taire plus solidement, sur leur structureanatomique, dans lesdétails de laquelle je vais incessamment entrer. M. Gréville ne parle de la fructification des Caulerpes que pour dire qu'elle est en- core à découvrir. Telle est l'histoire abrégée du genre Caulerpa depuis sa créa- tion par Lamouroux jusqu'à ce jour. J'ai pensé qu'il était utile de la mettre sous les yeux de l'Académie, afin qu'elle pût juger avec connaissance de cause du travail que j'ai l'honneur de lui soumettre. §. II. Organisation des Caulerpes. Tel était l'état de la science sur ce point, quand M. Webb me fit participer aux richesses cryptogamiques que, deconcert avec M. Berthelot, il a recueillies aux îles Canaries. Parmi les Algues de sa belle collection se trouvait une espèce nouvelle du genre Caulerpe, fort remarquable et fort distincte de toutes les autres par sa tige rampante, sessile. Chargé parce naturaliste distingué de la publication de toutes les plantes cellulaires de sa collection, je me rais à étudier cette Algue avant toutes les autres, avec l'in- tention d'y attacher son nom. L'analyse microscopique à laquelle je soumis le Caulerpa J-Vetbiana me donna bientôt la convic- tion qu'on ignorait encore l'organisation toute spéciale de ce genre. Je dois dire ici qu'à l'époque où j'aperçus pour la première c. MONTAGNE. — Suf les Gaulcrpées. i33 fois le tissu fibreux qui remplit l'intérieur des frondes, je n'avais encore aucune connaissance de la phrase de Turner citée plus haut. C'est au moment de rédiger ce mémoire que, consultant tout ce qui avait été écrit, à ma connaissance, sur le genre Cau-^ lerpa, je lus ce passage resté, depuis sa publication, ignoré de tous les algologues. Je serais,au reste, fâché qu'on imaginât que je songe à me faire un grand mérita d'avoir observé cette struc- ture jusqu'ici inaperçue ou mal et imparfaitement connue. Je dois sans doute cet avantage à la perfection du microscope com- posé dont je me sers, et, si elle a échappé aux algologues cé- lèbres qui m'ont précédé, à l'exception toutefois de Turner pour une seule espèce , il faut l'attribuer probablement ou à la grande confiance qu'inspirait la sagacité de Lamouroux, qui avait af- firmé que les frondes des Caulerpes n'offraient aucune espèce d'organisation , ou , ce qui est également vraisemblable, à l'im- perfection des instrumens d'optique dont ces naturalistes fai- saient usage pour leurs observations. En examinant donc au microscope composé une tranche mince obtenue par une section transversale delà tige rampante du Caulerpa JT^ebbiana ,]e vis que non-seulement la partie ex- térieure du tube était couverte de radicelles confervoïdes ser- vant à fixer la plante au sable du rivage, mais encore que de la face interne de ce même tube naissaient un grand nombre de filamens flexueux, transpareus, continus, légèrement ren- flés à leur origine. Ceux-ci , dirigés d'abord transversalement, s'anastomosent entre eux et avec ceux des couches voisines su- périeure et inférieure, de manière à former un réseau inextii- cable, aux mailles assez serrées duquel est fixée la masse pulvis- culaire de couleur verte, qui doit plus tard s'organiser en sporidies. Le réseau n'est pas borné, comme l'avait cru Turner, à la tige rampante ou à la fronde principale, mais il se continue jusque dans les derniers rameaux. Les filamens qui le consti- tuent sont seulement d'autant plus ténus qu'on les observe plus près du sommet des frondes ou des ramules. F.à, ils sont si déliés qu'if en faudrait 8 ou lo à côté l'un de l'autre pour cou- vrir un centième de millimètre, tandis que deux ou trois de la lige rampante suffiraient pour remplir cet espace. On peut juger i34 o- MONTAGNE. — SuT les Caulot très considérable de chlorophylle, tandis que les grains amy- lacés sont encore d'une extrême ténuité. Dans ces plantes, la masse de la chlorophylle paraît se'dév'e- lopper indépendamment des grains amylacés; je conclus cela de la forme déterminée des bandes spirales formées d'une masse informe de chlorophylle, et de ce que les granules amylacés sont fréquemment distribués originairement dans ces bandes d'une manière absolument régulière. Nous ne devons pas perdre de vue ici que c'est à la lumière que le développement de ces plantes s'opère. Dans les phanéroganjts , au contr.iire, où le développement de la plupart des parties se fait sans la coopé- ration de la lumière, c'est le cas contraire qui paraît se présen- ter. On sait que les cotylédons ne contiennent que de l'amidon, et qu'ordinairement ils ne présentent aucune trace de chloro- phylle avant que, par la germination, ils sortent du spermp- derme et se trouvent exposés à ractioa de la lumière. Cepen- dant on objecterait avec raison, pour défendre la théorie op- posée , que les grains amylacés du cotylédon servent, lors de la germination , à la nutrition de la jeune plante, et que les grains amylacés contenus dans les giains de chlorophylle du cotylédon changé en feuille pourraient bien être d'une origine postérieure et ne seraient pa? im reste des grains amylacés co!i- FiuGO MOHL. — Sur la Chlorophylle. i65 tenus (Irius le cotylédon. L'examen du bourgeon présentera peut-être une voie certaine pour la solution de cette question* Ici se présente cependant la difficulté que les feuilles, même dans le bourgeon encore complètement fermé, contiennent déjà de la chlorophylle, et qu'il est extrêmement difficile de dé- cider si c'est dans la jeune feuille ou bien dans les feuilles déve- loppées que les grains amylacés sont proportionnellement plus grands ou plus petits que ne le sont les grains de la chlorophylle. Mes expériences semblent militer jusqu'ici pour le premier de ces deux cas, car, en comparant les grains de chlorophylle des feuilles intérieures dans les jeunes pousses du 5e/7if/?e/vzW/7z _, des Sedum et des fotigères avec ceux des feuilles développées, il est surprenant de voir quelle belle couleur bleue l'iode fait prendre aux grains de la chlorophylle des feuilles toutes jeunes ; on dirait qu'il n'y existe aucune trace d'une enveloppe de chlo- rophylle (quoique les grains soient verts avant d'être exposés à l'action de l'iode), tandis que ces grains, dans les feuilles épanouies, prennent une teinte trouble en raison de leur en- veloppe plus considérable. Voilh pourquoi A me semble beau- coup plus probable que, dans les feuilles, les grains amylacés se forment les premiers, et qu'ils ne se munissent que plus tard de leur enveloppe de chloiopbylle. Une autre circonstance mi- lile en faveur de celte opinion : dans les feuilles charnues ses- siles, et se développant par conséquent du sommet vers la base, les grains contenus dans les cellules s'éloignent d'autant plus de l'organisation des grains de chlorophylle, que les cellules se trouvent placées vers le milieu et vers la base de la feuille. Ces grains présentent l'organisation des grains amylacés purs, c'est- à-dire que leur enveloppe verte est extrêmement mince et de couleur claire, ou qu'elle leur manque quelquefois même en- tièrement. Cette circonstance fait voir que toutes les cellules possèdent la faculté de produire des grains amylacés, mais que, pour la formation de la chlorophylle, il faut l'influence de la lu- mière et un certain âge des cellules. Celte enveloppe duit donc être considérée comme une partie qui ne se joint aux grains amylacés que dans certaines circonstances, et on ne saurait lui r66 HUGO MOHL. — Sur la Chlorophylle. attribuer une formation primitive , tandis qu'on regarderait les grains amylacés comme de formation secondaire. De même que nous voyons le noyau d'amidon et l'enveloppe de la chlorophylle ne se développer pas nécessairement en même temps, de même ces deux organes ne présentent pas toujours la même durée. Tant que la feuille est verte et qu'elle possède toute sa force vitale, aussi long-temps le grain amylacé paraît se conserver dans les grains de chlorophylle ^ comme je l'ai vu dans des feuilles du Pinus alba âgées de deux ans, et dans d'autres du Zamia horrida âgées de cinq ans. Mais à mesure que la feuille dépérit, l'amidon paraît généralement se dissoudre lorsque la chlorophylle verte s'est jaunie et que les cellules elles- mêmes prennent une teinte jaunâtre; du moins, dans le plus grand nombre de cas, il ne m'a plus été possible d'y trouver, par l'action de l'iode, aucune trace d'amidon. Si l'on voulait rechercher le but physiologique que la nature s'est proposé par ce dépôt d'amidon dans les feuilles,on pourrait admettre que c'est un aliment de réserve destiné à servir au développement du fruit dans les plantes monocarpiques, et à être, dans les plantes pléiocarpiques, qui perdent les feuilles en hiver, transporté en automne dans le tronc, où il reste déposé jusqu'au printemps suivant, époque à laquelle les bour- geons se développent à ses dépens. Lorsqu'on considère le grand nombre des feuilles d'un arbre et la quantité des grains de chlo- rophylle qu'elles doivent contenir, il est évident que la masse amylacée qu'elles contiennent est très considérable , et que les différences entre les plantes monocoîylédonées et dicotylédo- iiées sont loin d'être aussi importantes, sous le rapport de celte matière nutritive, qu'on devait l'admettre autrefois où l'on ne savait pas encore que les dicotylédonées présentent l'amidon en hiver dans le bois et en été dans les feuilles , ce qui a fait ad- mettre que l'amidon était sécrété principalement par les mono- cotylédonées, tandis que les dicotylédonées ne le présentaient en grande quantité que dans les tubercules. E. BoissitK. — Sur /""Abies Pinsapo. 167 IjfoTrcE sur TAbies Pinsa|3o, Par M. E. Boissikr. (Extr. delà Bibliothèque universelle de Genève, févr. i838.) Examinant, en avril 1837, quelques plantes recueillies sur la Sierra Bermeja , près d'Estepona , par M. Hsenseler, qui cul- tive avec succès la botanique à Malaga, je trouvai , parmi elles, une branche de Conifère dont les feuilles, extrêmement courtes, épaisses, presque sédiformes, me frappèrent. Il n'y avait pas moyen, à cause de l'absence du fruit, de déterminer le genre de cette plante, qui avait cependant le port d'un Ahies. Je de- mandai des détails à M. Haenseler, qui me dit que l'arbre en question formait des forêts au haut de la Sierra Bermeja , qu'il était connu dans le pays sous le nom de Pinsapo , qu'il ne l'a- vait jainjiis trouvé en, fructification, et l'avait toujours regardé comme une variété de V^ibies excelsa qu'il ne connaissait du reste que par les descriptions. Quinze jours plus tard, me trou- vant à Estepona , je visitai la Sierra Bermeja , et , après avoir traversé les bois de Pinus maritima, qui en recouvrent les flancs, je trouvai les Pinsapos , dont la limite inférieure était en cet endroit à-peu-près 4Ô00' au-dessus de la mer. Je cher- chai, mais inutilement, des fructifications soit sur l'arbre, soit au pied. Un homme du pays m'apprit que les cônes commen- çaient à grossir à la fin de Tété, puis qu'ils se détruisaient et tombaient en hiver, et qu'on n'en trouvait plus aucune trace l'année suivante. J'entendis aussi à Ronda parler du Pinsapo. On me dit qu'il en existait de grandes forêts dans les hautes mon- tagnes calcaire ; appelées Sierra de /a iV/e^^e^ situées entre Ronda et Malaga. On fait là un grand usage de son feuillage dans les fêtes et les processions religieuses, à cause des petites croix que simulent ses rameaux disposés à angle droit dans leur^ der- i68 E. BoissiER. — Sur /^Abies Pinsapo. ilières ramifications. Je ne pus visiter alors cet endroit, malgré l'envie que j'avais d'apprendre quelque chose, de plus sur cet arbre singulier; il me fallut donc remeltre cette excursion à une époque plus avancée, où je pensais d'ailleurs avoir plus de chances dé trouver des cônes en bon état. Revenu à la fin de septembre des Alpes de Grenade, je pro- posai à M. Haenseler une promenade à la Sierra de la Niéve. Déjà à Yunquera, au pied de la montagne, on nous dit que nos recherches seraient couronnées de succès, et que les cônes étaient presque à leur maturité. En effet, à une hauteur de 35oo' environ , nous rencontrâmes les premiers pieds de Pin- sapos, et notre joie fut bientôt à son comble à la vue d'un de ces arbres dont le sommet était chargé de fruits. La position dressée et non pendante de ces cônes, la forme et la disposi- tion des écadles, nous prouvèrent que l'arbre était un Abies , de la section de \Abie.s pect'mata , dont il différait, du reste, par une foule de bons caractèies. Il est très abondant dans toutes les parties supérieures de la montagne, où il monte presque jusqu'au sommet, c'est-à-dire à une hauteur de 6000' environ. Nous passâmes la nuit au pied de rochers calcaires, dans une foret de c.^s Pinsapos. Leur port, qui rappelle tout- à-fait celui des vieux Abies pectinata, leur tronc et leurs branches couverts d'Usnea et d'autres espèces de Lichens, me rappelaient tout-à-fait certains sites du Jura^ Je remarquai que les pieds fructifères étaient assez rares, ce qui m'expliqua pour- quoi je n'avais pu en trouver sur la Sierra Bermeja, où j'avais été d'ailleurs de trop bonne heure. 3'ai donné à cette nouvelle espèce de sapin le nom à' Abies Pinsapo f et en voici la description avec les caractères qui la différencient d'avec l'autre seule espèce européenne de cette section, X Abies pectinata on Sapin ordinaire. Le Pinsapo a de 60 à 70 pieds de hauteur. Ses branches sont verticillées, horizontales , commençant à garnir le tronc déjà assez près du bas ; elles sont peu épaisses comparativement au diamètre de l'arbre. Celles du bas ne sont guère plus longues que celles du haut, et la partie supérieure de l'arbre est arron- die et non effilée comme dans X Abies excelsa. Aussi le port gé- E. BoissiER. — Sur l'Ahies Pinsapo. iCg lierai est plutôt cylindrique que pyramidal. L'écorce ressemble à celle de XAbies pectinata , sans être aussi blanche. Elle se détache de même par écailles. Les branches inféneures ont une forme pennée, comme dans le sapin orditiaire, à canse de leurs ramifications opposées et distiques , mais ces ramifications sont plus nombreuses, plus régulières et presque à angle droit, ce qui donne à leurs extrémités cette apparence cruciforme dont j'ai parlé. Cette forme distique des branches est moins marquée sur les branches fructifères, co'mme on le remarque aussi dans le sapin. Les feuilles du l'insapo sont surtout curieuses, et se distinguent nettement de toutes les espèces du genre. Elles sont extrêmement courtes, de plus de moitié que dans \ Abies pec- tinata , plantées à angle droit, et en spires serrées et régulières sur toute la surface du rameau , qui reste parfaitement cylin- drique et point distique comme dans le Sapin, où les feuilles des surfaces inférieure et supérieure sont infléchies par la base, ce qui lui donne cette apparence pennée. Ces feuilles sont très raides, pointues, et jamais échancrées comme dans XAhies ■pectinata. Dans les branches du bas de l'arbre, elles sont presque planes avec une simple nervure relevée sur le milieu de la sur- face inférieure; tandis que dans les supérieures , et surtout dans les rameaux fructifères, elles sont plus épaisses, plus obtuses et plus courtes encore, sédiformes, un peu courbées en avant dans le sens de la spire ascendante, et presque quRdrangubiires par la saillie en côte du milieu des deux surfaces, surtout de l'inférieure, qui est marquée de i^Qw-^ sillons entre les bords et cette saillie. Les deux lignes blanches si marquées dans XAhies pectinata à la face inférieure des feuiIles,vSontà peine indiquées ici sur celles des rameaux florifères , et n'existent pas du tout dans les autres branches. En arrachant une feuille quelconque , on remarque qu'elle est un peu dilatée à sa base, en une surface orbiculaire con- cave avec un point relevé au centre, de manière à laisser sur l'écorce des cicatrices arrondies, formées d'un bourrelet et d'une dépression centrale. Celte organisation est du reste ana- logue à celle des feuilles du Sapin ordinaire. Comme il m'a été impossible d'observer les organes mâles et 170 E. BoissiEK. — Sur /'Abies Pinsapo. femelles à l'cjjoque de la floraison , je n'en parlerai pas. J'espère remplir plus tard cette lacune, grâce à l'obligeance de mes amis de Malaga. Je dirai seulement des épis de fleurs mâles, qu'ils sont situes au bout des branches. Les cônes , comme dans VAbies pectinata y sont sessiies sur la face supérieure de l'extrémité des rameaux. On ne les trouve que sur les branches terminales,où ils sont souvent groupés en grand nondire, se dessinant sur le ciel de la manière la plus pittoresque. Dans un échantillon que j'ai sous les yeux , je n'eu trouve pas moins de huit serrés les uns contre les autres, sur une fort petite branche. Leur forme est ovoïde allongée, obtuse au sommet, quelquefois avec un umbo ou petite pointe centrale. Ils ne sont guère plus longs, mais plus épais que ceux de \Abies pectinata. Les écailles carpellaires sont cunéiformes, presque triangulaires, très larges et obtuses à la partie supérieure , analogues , pour la forme , à celles du 5apin , mais bien plus longues, eu égard à leur largeur, que dans ce dernier. Les écailles bractéales placées à la face inférieure de chaque écaille carpellaire, et soudées avec elle par la base, sont ovoïdes avec une petite pointe terminale. Observées à l'époque de la floraison, elles sont de même longueur que les écailles carpellaires; mais à mesure que le cône grandit, elles ne pren- nent plus d'accroissement notable , et restent cachées à la base de ces carpelles , qui sont, à la maturité du fruit, cinq ou six fois plus longs qu'elles. On sait que dans ï Abies pectinata ces mêmes bractées sont spalhulées, assez longuement atténuées par la base , et terminées par une très longue pointe. Au moment de la floraison, elles sont deux fois plus longues que les car- pelles, entre les interstices desquels elles continuent à sortir, même jusqu'à l'époque de la maturité du cône. Les graines sont placées deux à deux à la base interne de chaque carpelle. Elles sont munies de deux ailes membraneuses de la longueur du carpelle, recouvrant la graine en dessus, et l'entourant en dessous par le reploiement de leurs bords, ab- solument comme dans V Abies pectinata y où les ailes de la graine sont de même forme, mais deux fois plus courtes. La membrane qui recouvre cette graine , composée du péri- carpe et de l'épisperme intimement soudés , est brune, coriace, E. BOissiEK. — vS^M/' /^Abies Pinsapo. fji couverle sur toute sa surface de très grosses vésicules remplies d'une huile essentielle, très inflammable et d'une odeur agréable. L'albumen est blanc, farineux, gras, et entoure un embryon central à radicule dirigée vers la base de la graine, et à sept cotylédons. Les cônes mûrissent l'année même de leur naissance. A celte époque, les écailles s'écartent, prennent une position perpen- diculaire sur l'axe , puis se détachent et tombent avec les se- mences comme dans le Sapin , laissant sur l'arbre les axes nus avec quelques écailles à la base, et une espèce de bouton ter- minal formé par les petites écailles stériles du sommet. Le bois du Pinsapo est très résineux et ressemble pour la couleur et la structure à celui de Y Jtbies peciinata. Ccmma je Tai dit, cet arbre n'a encore été trouvé que dans la partie la plus méridionale de l'Andalousie, dans leniassif connu sous le nom de montagnes de Ronda, et où il croît sur la Sierra Ber- meja à deux lieues de la mer, sur celle de la Nieve un peu plus au nord , et peut-être sur le pic de San Christoval, entre Ronda et Xérès. Je l'ai retrouvé croissant depuis une hauteur de 35oo à 4ooo' jusqu'à 6000'. Il paraît se plaire surtout dans les expo- sitions au nord. Je n'ai pu vérifier encore si on le retrouve dans ces* montagnes boisées appelées Sierra de las Almijarras ^ qui s'étendent le long de la mer entre Vêlez, Malaga et Motril, et dans ce cas je crois que ce serait la localité la plus nord est où on pourrait le rencontrer, car aucun des observateurs assez nombreux qui ont visité les royaumes de Valence et de Murcie, et la partie orientale de celui de Grenade, n'en fait mention. Il me paraît probable, en revanche, qu'on le retrouvera sur les montagnes de la côte d'Afrique, qui ne sont guère éloignées de plus de vingt lieues de ses localités européennes. Gomme le Pinsapo s'élève et prospère jusque sur des sommités qui sont couvertes de neige quatre à cinq mois de l'année, j'ai tout lieu d'espérer qu'il s'acclimatera dans nos contrées. J'en ai semé des graines parfaitement conformées, quoique ayant mûri dans des cônes détachés avant leur parfaite maturité. Les détails qui précèdent sont extraits d'un travail assez étendu que je prépare sur mon A^oyage, et que je compte faire 172 E. BOissiEu, — Sur /'Abies Pinsapo. suivre de quelques observations sur la géographie botanique du pays, ainsi que d'un catalogue qui, comprenant toutes les espèces que j'ai trouvées moi-même ou vues dans les herbiers , pourra jusqu'à un certain point tenir lieu d'une F'iore et servir de base aux travaux subséquens. Les espèces nouvelles ou peu connues, au nombre de plus d'une centaine, y seront toutes décrites et figurées avec soin. Abies Pinsapo Nob. — Foliis super ramos cylindricè disposiiis, 5-Z lineas longis, sublerelibus, apice inlcgris , strobilis ovato-cyliuJricis; squamis brac- teolaribus incbasis, carpellis multô brevioribus. Pour faire voir les différences de cette espèce avec VA. pec- tinatay j'ajoute ici la phrase spécifique de cette dernière. Toutes deux font partie de la section du genre caractérisé par des cônes dressés et des écailles carpellaires caduques. A. pectinaia. — Foliis super ramos distichis , 7-1 1 lineas longis , planis , apice cmarginatis, subliis albo bilineolatis]; strobilis cylindricis ; squamis bracteolaribus^ exserlis, carpella superantibus. ExTRA.IT (Tun mémoire de M. F. Dunal sur les algues qui colorent en rouge certaines eaux des marais salans méditer- ranéens. On voit souvent dans les réservoirs des salines , appelées tables, des eaux d'une belle couleur rose avec un reflet violet, ou bien des eaux d'un rouge-orangé ferrugineux, sur le bord desquelles on observe une écume de même couleur. Ces eaux, ainsi colorées, sont très denses (20 à 26 degrés de Baume) , et sur le point de laisser cristalliser le sel marin; mais le phénomène dont il s'agit est loin d'être aussi ordinaire qu'on l'a cru, et , au dire des sauniers , il ne se manifeste que dans de vieilles eaux. Très souvent les tables cristallisent, sans qu'on aperçoive dans leurs eaux aucune trace de matière rouge. Des milliers de quintaux de sel ont été F. DUNAL. — Coloration en rouge des marais salans. i ^3 récoltés,eni837,auxsalinesduBagnas de Villeneuve et à celles de Peccais, et l'on n'y a presque point recueilli de sel coloré. On avait attribué la couleur rouge des marais salans à la pré- sence d'un petit branchiopode, X Artemiasalina. Mais M. Dunal a visité plusieurs salines où ce crustacé existait en quantité in- nombrable , et dont les eaux étaient cependant limpides et inco- lores. Les ^rtemia sallna observées dans ces eaux n'étaient même point rouges ; les plus jeunes avaient une couleur grisâtre ; les plus avancées en âge , une couleur rose tirant sur celle de la rouille. A la vérité, en même temps que les eaux salées se con- centrent par l'évaporation, le crustacé prend une teinte rouge; mais ces eaux elles-mêmes ne sont point colorées. On ne peut pas non plus attribuer la couleur rouge des eaux des salines aux cadavres de V^rtemia satina ; car, dans les salines de Baguas et de Peccais, MM. Dunal et Legrand ont observé une quantité considérable de ces cadavres à demi dé- composés, qui avaient une couleur laiteuse. Ne trouvant pas la cause de la coloration de l'eau dans la pré- sence de X Artemia satina , M. Dunal a cherché ce qui pouvait produire ce phénomène. En puisant à la partie supérieure de fossettes qui semblaient remplies d'un liquide d'une belle couleur rose, ou d'un rose nuancé d'un reflet violet, M. Dunal n'en a retiré que de l'eau incolore ou à-peu-près incolore; mais, lorsqu'il a enfoncé son flacon jusqu'au fond des fossettes, il a obtenu de la matière colorée. Cettematière, soumise au microscope, a laissé voir à M. Dunal de nombreux globules sphériques, très petits, hyalins, qui lui ont paru constituer un véritable Protococciis, auquel il a donné le nom de salinus. Cette petite plante se développe au fond de l'eau, et sa belle couleur rose ou violette se reflète sur tout le liquide qui la recouvi^e. Dans d'autres réservoirs que ceux où il a trouvé le Protococcus salinus y M. Dunal a découvert une autre substance d'un rouge- orangé foncé, qui arrivait à la surface de l'eau. Soumise à un grossissement de deux cents fois le diamètre, celte dernière sub- stance a offert une réunion de nombreux individus d'une espèce 1 74 P» DUNAL. — Coloration en rouge des marais salans. du genre Hœmatoccus, l'un tles plus simples de la famille des Algues, et qui est caractérisé par des seminules ou globulins co- lorés en rouge. Il est à remarquer que c'est une autre espèce du même genre, X Hœmatococcus Noltii, qui colore en r )uge les marais tourbeux de Schleswig. Les cellules de V Hœmatococcus observées par M. Dunal, et qu'il nomme ^fl/mw5_. sont sphériques ou elliptiques, d'abord d'un rouge orangé, et ensuite d'une couleur ferrugineuse. Dansjes lames de sel déjà cristallisé, M. Dunal a observé de longs cordons rougeâtres. Ils étaient produits par des Hœma- tococcus salinus emprisonnés dans des cristaux de sel, et, ces cristaux étant dissous , la plante s'est reproduite bien conservée. Au milieu de la saline du Bagnas, M. Dunal a aussi vu quelque- fois une matière rouge qui surnage, et prend la forme allongée d'une masse de filamens ou de Gonferves. U Hœmatococcus sali' nus était, en cet endroit, mêlé avec une autre Algue rudimentaire qui n'est qu'un tube hyalin simple , sans ramification ni articula- tion, terminé en pointe et parfaitement vide. C'est une espèce du genre Protonema à laquelle M. Dunal donne le nom de salina. Quoique ce botaniste indique un Protococcus salinus et un Hœ- matococcus salinus, il pense cependant que ces deux prétendues espèces qu'il faudrait, d'après les divisions généralement adop- tées, ranger dans deux genres différens, ne sont qu'une même plante qui, jeune, est un Protococcus, y et, mieux développée, devient un Hœmatococcus. Le sel prend la nuance des divers végétaux qui y sont empri- sonnés, il est rouge-orangé ou de couleur de rouille, quand il renferme des Hœmatococcus^ et d'un beau rose-violet, quand il contient des Protococcus. Une odeur de violette très agréable s'exhale de ces sels colorés, €t se conserve pendant une année , quand ils sont amoncelés en tas prismatiques appelés Gamelles. La matière colorante formée par les Hœmatococcus pleins de globulins et d'un rouge-orangé teint les mains d'une manière assez durable. F. DUNAL. — Coloration en rouge des marais salons. lyS Chargé par l'Académie des Sciences, avec MM. Dumas tt Turpin, de lui faire un rapport sur le travail de M. Dunal, M. Auguste de Saint-Hilaire s'est rendu, en novembre iSSy, aux sa- lines de Villeneuve près Montpellier, afin de vérifier les faits énoncés par le savant professeur. Il est arrivé à une pièce maî- tresse, dont l'eau présentait une couleur d'un rouge de rouille très prononcé, et il n'y a pas vu un seul Artemia salina, soit vivant, soit mort. A coté de \2i pièce colorée^ était un /?ar;é';26'- ment rempli d'une eau parfaitement limpide; ses bords étaient couverts d'une quantité innombrable d'j^A Semiez morts; mais ces animaux avaient une couleur noirâtre, et n'étaient nullement rouges. L'employé chargé de l'exploitation de la saline dit, à la vérité, à M. de Saint-Hilaire que, dans les pièces colorées, on apercevait quelquefois des Artemia, mais qu'ils se présentaient toujours en petite quantité. M. Auguste de Saint-Hilaire ne s'est pas contenté de ces renseignemens; il a consulté M. Legrand, professeur d'astronomie à la Faculté des Sciences de Montpel- lier, qui lui a confirmé les récits de l'employé de Villeneuve. Un homme que ses occupations ramènent sans cesse au milieu des salines, M. le professeur Balard, savant également recom- mandable par son caractère et par ses connaissances, a dit aussi à M. de Saint-Hilaire que les Arterrda étaient extrêmement rares dans les eaux rouges; il croit que ces eaux, très concentrées» n'offrent point aux animaux dont il s'agit des conditions d'exis- tence, et que les individus qu'on y trouve, comme par hasard, y sont amenés par d'autres eaux beaucoup moins denses dont les sauniers se servent pour rafraîchir celles qui sont fort con- centrées. Enfin , dans un voyage que M. Frédéric de Girard a fait, vers la fin de mars i838, aux salines de Villeneuve, pour étudier les développemens du Prutococcus salinus , il a vu um pièce remplie d'eau colorée en rouge, et, à cette époque de L'année, il n'existait pas un seul Artemia salina. (i) (i) Les sauniers entendent par panèftemens]es réservoirs dans lesquels commence à s'opérer l'évaporatioa de l'eau de la mer. Une p,èce maîtresse est celle où se réunissent les eaux con- centrées dans les partenemens jusqu'à la saturation. Le mot tables indique les réservoirs que l'on alimente avec les eaux de la pièce maîtresse , pour y faire cristalliser le sd. 176 w. GRiFFiTH. — Plantes noupelles de Vlnde. Description de deux genres de la famille des Hamamélidées, de deux espèces de Podostemon et d'une espèce de Raiïlfussia, Par M. W. Griffith , Aide-chirurgien à l'établissement de Madras, (i) (Extr. des Asiatic r^searcAes. Calcut. j836,v. xix, parsi, p. 94, t.xiii-xviii.) BUCKLANDIA. R. Bi'own. in Wall. Catal. N. 74i4 (sine charactere). Char, essent. Flores polygami, capitati, nudi. Antherœ xalyâ. déhiscentes. Ord. nat. Hamamclideae. R. Brown. loc. citât. Char. gco. Flores capitati: capitula 8-flora. Antherœ valvâ déhiscentes. Capsula bi'iocularis, 12-spcrma: semina bina infima eu jusque loculi perfecta , hJDcalata. Arbor magna, facie Populi cujusdam. Ramuli abrupte temiinati , apice gem- xmhn.Squamœ vel tegmenta geramarum bina; oppositse ! Folia alterna exstipu- lata. PeduncuU terminales. Bucklandia populnea. R. Brown. loc citât. Ejusdem Vermischte Schriften. p. 374. Hab. in coUibus Khasiyanis à Chirra Punji,\xh\ arbuscula, usquè ad Sarrw rîm, ubiarbor magna. ' Florcntem frucliferaraque legimus mense Octobris, i835. Arbor in locis idoneis ex auctoritate Wallichii 60-70-dedalis, cortice sube- roso brunnco, coronâ irregulari. Lignum compactum, grave, e vasis parvis plurirais fibrisque rainutis formalum. Mcdullae carnosae densiusculae cellulae punctatae. Radii medullaresj \A\xr\m^ angustissimae. Zo^«? concentricae incons- picuae. Kasa spiralia ciica medullam disposita , interdum composita. Vasa cor- poris lignei annulata puncîataque ? Fibrae punctatae, punctis istis Coniferarum similibus. Ramuli flexuosi, glabri, lenticellafi, articulati, articulis tumidiuscu- lis , bine cicatrice folii lapsi notatis; novelli laeviusculi, abrupte et oblique ter- minât!, foliaque vel viridia vel rubro-colorata et glaiicedine cilô eva"iiidâ tecta. Gemmœ semper terminales, foliiferae vel folio-flori feras, bis(juamalae ! Squantœ opposi'ae, foliaceae , ovales , coriaceae, intcgerrimae, margiaibus cartilagineis (i) Nous devons la traduction des notes de ce mémoire à l'obligeance de M. J. Decaisne. ( Note des rédacteurs. ) w. GRiFFiTH, — Plantes nouvelles de l'Inde. i^y arctè approximalis.i'b/ii/èree (vel ramuliferœ) diù persistentes clausaeque, pla- niusculae, faciebus interioribus basi tantum excepta arctè cohœrentibus, saepiùs (an semper?) foventes ramulos très minutos, quorum quisque hinc apicegerens foliiim conduplicatum , hispidissimum pilis ferrugineis crebrè septatis acutis, summoque apice gemmarum squamas pariter bispidissimas; longitudinaliter et inconspicuè venosae sunt, externe et praesertim supra médium stomatosae , cuti- cule interiore quasi fibrosâ et hincillinc stomatibus rarius donatâ. Foliijloriferœ oblongae, ventricosae, subinflatae , ad anlhesim sccùs marginem alterura spatbœ in modum fissae, cito biva,l(Ves, demùm nec tarde deciduae , membranaceo-coria- ceae, precedentibus minus fobaceae, extus brunnescentes, intùsalbidae, utrinque (an semper ?) stomatibus orbatae ; fovent ramulos ejusdem fere formse ac in istis, apice florifères et pilis brevioribus hispidos, folio ramuli cxterioris tantùm com- plété evoluto. Folia alterna exstipulata , ramulos semper oblique terminantia , longiusculè petiolata, latè cordato-ovata , interdùm ferè deltoidea, longe cuspi- dato-acuminata , s«pissimè indivisa, aliquandô bi-triloba, coriacea, integerrima , subrepanda^ margine cartilagineOjSupràlsetèTiridia lucidaque , subtussubglau- cescentia, novella utrinque, sed praesertim subtus (vel in gemmis extus ) ad venas et ad margines pilis antea memoratis cito deciduis hispidissima. Venatio: vena primaria (costa auctorum) adapicem recîè excurrit, secundariis duabus in- fimis utrinque basi folii appioximatis, ideoque folium basi subquinqueveniura , omnibus sed bis praesertim arcuatisetmediantibus venis tcrtiariis connexis; venu- lae intramarginales inconspicuœ. Pagina cœterum areolatim reticulata est. Cuticula infera tantum stomatosa, utraque è cellulis varie angulatis parvis confia ta. Stomata cvalia, parva(i). Petioli longitudine valdè variabiles, interdùm 4-unciales, ssepiùs 2-unciales , utrinque incrassati transversèque rugosi, suprà a medio usque ad apicem sulcati. Flores polygarai, hermaphroditi nempè et fœminei in arboribus distinctis, capititi; octo in singulo capitulo verticiUis bmis alternantibus dispo- siti. Capitula subterna, in pedunculis solitaiia, globosa, viridescentia, interstitiis florum praesertim fœrainarum dense pubescenti-pilosis. Pedunculi teretes, longi- tudine varii, semiunciales, vel unciales ferè. Calyx semisuperus, subcampanu- latus, ore truncalo carnoso repando sub-5-lobo, lobis medio sulcatis, sinubus altérais profundioribus, fructus induratus, \\^ superus, caetcrum parum muta- tus. Petala perigyna, floris bermapbroditi numéro varia, sinubus profundioribus oris calycini opposita , lineari-spathulata, carnosa, intégra, decidua , per aesti- vationem arcuatim incurva , saepè in stamina incomplète mutata; floris fœminei subquaterna, rudimentaria, subulata, cito spbacelatadeciduaque.iSto»zi7zaio-i4 (an unquam plura?) perigyna , diutius persislentia ; floris fœminei nulla, ne ru- dimentaria quidem. Filamenta subulata, subaequalia, per œstivationem varié (i) Ces organes consistent en une aréole centrale, opaque, généralement fendue au milieu , et entourée par une aréole transparente ; mais , à un autre état, l'aréole centrale n'est ni opaque ni fendue, et, vue avec différentes lentilles à la distance focale de i/ao de pouce, ils semblent être fermés par une membrane. IX. hoTkn. -mm Mars. la 178 w. GiuFFiTH. -— Plantes nouvelles de Vlnde. flcxa, post anlhesiii versus apicem sphacclata (an semper ?) : horum petalis al- ternantia semper solitaria. Antherœ oblongae, propè basin adfixae, peranthesiu sœpè loiiae , biloculares , valvatim déhiscentes, loculorum sulco connectivo ap- proximato ; valvulae valdè inœquales , interna angustissima . externa lata longi- ludinaliter et extrorsuin revoluta , ambae persistentes, nudse, cito coriaceae , demùrn rectae ci faciebus externis mutuô applicitae. Connectivum lineare angus- tissimum, apice ultra loculos ia apiculum brevern productum. Pollen ovale, laeve , hinc centraliter et longitudinaliter sulcatum. Ovarium (in flore fœmi- neo majus) semi-inferura , ovato-oblongutn , biloculaVe, loculis anticis posticis- qiie O, 12-sporum, sepli ditnidio superiore tantum placentigero , parte libéra priraum pilis brevibas albis pubescens, demum glabralum. Styli duo , subulati glabri , revoluti. Stigma plana , faciès internas stylorum a medio circiter supra occupantia. Ovula cuique loculo 6, biseriatim colla teralia, pendula"(duobusin- fimis appensis) difllbrmia; 4 superiora semper abortientia. Duo snmma minima, intima, ovali-oblonga , supra ad foraminis situm quasi truncata, tegumentis riucleoque vix distinctis. Duo intermedia majora, sursura paullo, deorsura valdè elongata, ambitu ovato-laoceolata, mutuâ pressione ad' faciem interiorem angu- lata, extus convexa, foramine supero distincte hiante, tegumentis nucleoque manifestioribus. Duo infîma et extima semper fertilia, fundum loculi implentia, convexo-trigona , facie nempè interiore angulatâ, exteriore convexâ. Tegumenta bina, dislincta, utraque celluloso-membranacea ; exterius ratione interioris maximum, sursum in alam loculi parictibus externis applicitam productum ; fo- raraen superum, riraaeforme, transversum.alœ basin versus situm, ideoquequam maxime inaequilaterale; raphe parum elevsta, hinc ad latus inlernura anguli se- minis intimi currens; chalaza macula brunneâ notata. Interius lageniforrae, nu- deum ovatum discretum continens, colli ore denticulato, foramen lougiludine subaequante vel paullo superante. Fruclus ^multiplex , subglobosus , induratus, interstitiis calycum rugosis. Gap'ula 3[^ supera, demum omnino libéra , calyce indurato infernè cincta, ovata stylis stigmatibusque induratis rectiusculis coro- nata, glabra, ecorticata, bilocularis. Endocarpum osseum fragile nitidura. Sep- tum bilamellalum. Deliiscentia loculicida, incomplète bivalvis, valvis medio sepîiferis , demum bipartitis , ssepè stylis longitudinaliter biparti tis apiculatis. Semina cujusque loculi 6, situ ovulorum. Quatuor superiora abortiva solida, extus ossea ; duo summa sursum truncata , deorsum producta , extrorsum curvata ; duo situ et magnitudine intermedia sursum pauHo , deorsum longe producta et in sinubus alarum seminum inferiorum quasi nidulantia , intus ar.gulata , extus convexa ; duo infîma fertilia forma auriculam humanam rcferentia, convexo-tri- gona. Tegumenta bina laeviter accrela ; exterius celluloso-membranaceum, sub- 'coriaccum, e cellulis sinuosis conflatura , secus marginem exteriorem ab ipsâ >basi ferè sursum productum in alam oblougam bilamellatam , lamellâ exteriore maxiraâ alae formam dante, interiore oblique truncata. Foraraen immutatum ! Interius cellulosum, brunnescens-, albumini leviler adnatum ; coUo brunneo- sphacelato, ore dilatato dentato ultra rimam foraminis nunc cxserlum. Albumen w, GRiFFiTH. — > Plantes nou\>eUes de Vlnde, 179 parcum , album, carnosum. Embryo inversus, albus', longitudine et latitudine feiè albuminis, axilis, directione obliquus. Radicula conica , subulata , colyle- doiiibus duplo brevior, apicc collum membranae interioris subintraute. Cotyledo- nes planae, carnosae, ovales, inconspicuae , venosae, faciebus seminis parallelae. Plumulx inconspicuse. 2. SEDGWICKIA Wall, et Griff. Ord. nat. Hainamelidece . Characler. gêner. Flores capitati , numéro indefîniti. Capsula bilocularis. Semina indefinita, unico infîmo cujusqueloculi perfecto marginato-alato. Arbor excelsa Cerasum quodaramodo habitu referens, aromatica. Gemmas axillares teiminalesque imbricalim squamatse. Folia alterna stipulata. Pedunculi axillares. Jam anno i832 genus Bucklandlœ Hamamelidearum Indicarum Geologo sumrao Oxoniensi dicavit Robertus Brown ; alterum nunc genus novissimum ejas- dem ordinis consecramus viro reverendo Âdamo Sedgwickio , Geologiae apud Cantabrigienses professori pariter illustri. Sedgwickia cerasifoUa. Wall, et Griff, Hab. in regione Assamiœ superioris Muttack dicta, inter Debroomookh et Rangagurrah, in gradu longitudinis orientalis 96 , latitudinisborealis 27. Fructi- feram inveniraus mense Februarii i836. Humida amat. Arbor 5o-6o-pedalis, satis formosa. Truncus saipè basin propè divisus; cor- tice laeviusculo cinereo-albido , gummi-resinam piperaceo-aromalicam parcam continente vel effœto. Corona oblonga apicem versus praesertim fructifera, ibi- deraque ut plurimum foliis orbata. Lignum grave corapactura ut in Bucklandiâ. Fibrse, eaeque praesertim circa vasa disposita; ,punctataB,punctis persimiiibus istis Coniferarum, 1 -seriatis. iJamw/i teretiusculi, griseo-brunnei, hinc illinc lenticellis exasperati, fructileri abbreviate et apicem versus conferlim foliosi. Gemmœ foliiferœ conspicuae axillares, praesertim in ramis sterilibus , et terminales, cy- liudraceo-subulatae : squaraaj arcte imbricatae mucronatae , sursum majores; inferiores rotundatae, scariosae , coriaccae , rubro-brunneo plus minus tiwctae , glabrae vel leviter pubescentes ; superiores oblongae ferrugineo-pubescentes , sursum magis magisque in folia abeuntes. Pubescentia simplex. Folia alterna , peliolata , ovato-cblonga , acuminata , serrata ( serraturis glandulosis ) subco- x'iacea , supra lutescenti-viridia, subtus pallidiora , raatura supra glabra , subtns subpubescentia , axillis venarum secundarum villosis, contusa ( baud secus ac caelerae arboris partes) odorem aromaticum piperaceum effuudantia; ver- natione involuta-imbricata. Venatio : veuae infra prominulae; secundariae alter- nantes, supra médium arcuatae et ope tertiariorum irregulariter nexcae;caeterum venulae reticulatim anastomosantes , venulis addiloriis sccundariis saepe inter- jectis. Cuticula utraque e cellulis sinosis conflata; superior stomatibus cxpers. i8o w. GRiFfiTH. — Plantes nouvelles de Vlnde. Storaata minuta, ovata, disco opaco quasi glanduloso areola] circumambientis parietibus rectis. Pelioli basi iiiarticulati , utrinque paullo incrassati, supra ca- naliculali , apice utrinque glandulosi. Stipulée lineares, angustae , obtusae, secus marginem exleriorem glandulosae , vel caducae sunt, vel sub induratae persistunt , et tune elongatione pelioli supra basia hujus paullo elevantur. Inflorescentia axillaris sed ob approximationem folioruin terminalis saepe vi- dctur. Flores desiderautur. Fructus indefinite multiplex, globosus, magnitudine cerasi majoris , induratus , rugoso-verrurosus , stylis stigmatibusque persisten- tibus induratis subrevolutis quasi ecliinalus, pube brevissimâ ferrugineâ simplici \elutinas. P apicibas subdiscoïdeis. Folia vera nulla. Axes inflorescentiae marginales , e sinubus , rariùs e disco exsertae , solitariœ , sublineales , veslilae squamis S-j alt^rnan- libus , arcte distichis subequitanlibus , subsecundis , forroâ irrcgulari , saepius angulatisjbasibus facie externâ plus miBUS inter secoalitis, texturâ fere frondis sed inagis carnosis colorequc magis herbacée, venâunicâ praecursis , demum déci- dais, inferioribusroinoribus et tantum ex facie antica axis conspicuis, interioribus spatham semi amplectentibus ; superne in pedunculos ccntinualae. Spathœ tubu- losae, celluloso-membranaccae, avcniae, apice dilatatae, initie clausae, ad anthesin apice irregulariter ruptae, pedunculorurn partes inferas obvolventes. PeduncuH cylindracei, crassiusculî, ante ruptionem spathae flexuosi, adanthesin fere subito exserti, maluritate longitudinem linearum 4 vix inetientes, post anthesin peri- pheriâ cellulosâ deciduâ atlcnuati ! filiformes, fere capillacei, indurati. Ilores omnino nudi. Slamina unilateralia et seraper externa quoad frondis centrum , ovario appiicita , saepius 4, interdum 5; lateralia abortiettia, cellulosâ, piano- setacea , apicibus subspath ulatis infrorsiim saepè geniculatis, hinc imâ basi cum centrali columnari e duobus tribusve filamentis coalitis formate connata. Celumna introrsum arcuata, ovario paullo longior, subteres , crassiuscula , glabra, apicem versus bifurcata in filamenta due antherarum circiler Ion- gitudine, dorso centraliler et paullo infra bifurcaiiooem stamen aborlivum la.- teralibus simiie saepe gerens. Antherie 2 (furcse cuilibet una) laie ovalae, basi affixae, biloculares , fere didymae , longitudinaliter et introrsum déhiscentes, lo- culis inser.tiene obliquis , ante dehiscentiam insigniler bilocellatis. Endothe^ii cellulae oblongae rotundatseve , inconspicue fibrosae. Pollen formas fere hor- logii arcnarii, compesitnm e sphaerulis binis laevibus conatis,aquâ immersis haud solubilibus. Ovarium scm^ct internum, sessile , ovalum , glabrum , obsolète 8-sulcatum, biloculare ,, loeulis anticis posticisque O, septis tenuissimis facU- lirae ruptis, placenta centrali , carnosâ , septis adnatâ , ovulis undique tectâ» Ovula plura , adscendentia , minutissima, oblonga, viridescentia , tegumentum unicum , cellulosum , crassum , cxtus papulosum ;. foramen inconspicaura propè hylam; nucleus inversus, ovalus, apice obsolète mammillatus. Stylus subnuUus. Siigma carnosum, sero-dcciduum , profunde bilobum , lobis conico-subulatis I 84 w. GRiFFiTH. — Plantes nouvelles de l'Inde. inaequalibus per anlhesin divaiicatis, antea et postea incumbentibus, exle- riore senii)er longiore et per anlhesin inter crura columnœ recepto. Capsula lineam circiter longa , breviter stipitata , pedunculo oranino denudalo vel bine leliquias parvas columnae geiente, ovata , insigtiiicr 8-sulcata (peripheriâ cellulosâ e pedunculo continuatâ siraulcum srigniatjbus lapsâ) sulcis 6 in stipitem decurrentibus etbasi e capsulae parietibus liberis , his margiues junctionis folio- rura carpellarium indicantibus , geminatis et medio sulcatis; biloculaiis, septici- diui bivalvis, valvis humectatis rectis, siccitale intùs arcuatis ! marginibus sep- torum reliquias gerentibus ; endocarpio e cellulis minutis tiansversè dispositis l'ormato. Placenta complanata , valvis parallela, demùm libéra , decidua , septis adnata et alato-marginata. Semina plura,niinutissima,adscendentia,s8epiùsoblon- go-ovala et utrinque atlenuata , iuteo-brunnescentia , exalbuminosa. Raphe cba- lazaquc nuUae. Testa crassa, cclluloso-rugosa , ma defacta mucilaginosa et granulis minutissimis grumosa , immersion e protractâ, subsolabilis. Tegumentum interius (nur.ieaie) celluloso-membranaceum , inconspicue areolatum, brunneura, apice obsolète mammillatum. Ernbryo dicotyledoneus , orlhotropus , albus ,- cellulosus. Cotyledones plano-convcxiusculae. Radicula infera , hilo approximata , obtusa , cotyledonibus duplo brevior. Plumula inconspicua. 2. Podostemon Grifjithii Wall. mss. Fronde orbiculari depressii, floribus semi-exsertis, ovariis stipitatis,stigtnatibus cuneatis dentatis , capsulis j2-i3 costalis. Hab. ïnveui florentem fructiferamqtie iu saxis rnpiLusque scmi-inundatis rivuli lente fluentis propè torrentem Bogapanee dictum , collium Khasiyensium, novembri i835. Plantula minima ^ aspectu omnino fucoideo , saxis ope discorum (radicum?) floribus oppositorum firmissime et inextricabiliter adhaerens. jP/'oma- orbicularis , omnino depressa et saxis arcîè applicata, loba ta , coriaceo-cornea, superficie subsiliceâ , viridis , lucida , pauUo viscosa avenia! o disco promiscue et sine ordine axes inflorescentiae numerosas exserens , loborum sinubus audis. Axes infloresceuliaî super frondem depressse , extrorsùm inclinatae, vix semi-lineales, supra in pedunculos contiuuatae. Squamse subsenae, virides, distiche imbricatse, equitantes, ambitu oblong3e,angulat3e, substautiâ coriaceae et angulum externum versus corneae, interiores spatham serai amplectentes. (S/>a^A<5e facie superiore fissae, margine inferiore integro rotundato coriaceo-corneo; caîterum merabrana- ceo-aveniae, pedunculos excedeotes. Pedunculus inclusus, brevissimus , ovario brevior ut in praecedente^demiim dénuda lus. Flores ovanmo nnàÀ.StaTnina semper externa , lateralia aborliva , ovarium longitudine sequaatia , apices versus geni- culatim flexa,et apicc imo recurvata. Columna , antherae et pollen fere ouinino ut in précédente. Endothecii cellulae aux fibrosae. Ouarium breviter stipitalum, ambitu ferè lanceolatum , corapressiusculuml, lineam circiter longum , bilocuiare, laeviusculum, juoius sessile rotuudatum. Ovula plura , majora et angustiora qudm w. GRiFFiTH. — Plantes nouvelles de Vlnde. i85 in précédente, caelerum omniuo eadem. Stjlus suLnullus.Sligmata hina hilabia- tim disposita (antica posticaque) vix divaricata , cuneiforinia, dentata , cainosa, rubra , cclluloso-popuîosa , exteriore majore et furcâ coluumaeamplexo; aestiva- tione siiprà anlheras equitantia , demiim simul cum peripheria ccllulosa pedun- culi ovariique decidua. Capsula subcxserta,peduQCultim denudatuin terininai)S, breviter stipitata ( stipite ovarii immutato ) forma ovarii , i2-i3 costata , costâ siiperadditâ vel distiuctâ vel alla confluente, bilocularis, seplicidim bivalvis, valvis siccatione in tus arcuatis^unâ deinùiu decidua (an semper?). Structura et placen- tatio prœcedeutis. Semina plura, oblongo-ovata ^ minutissima , adscendentia , utrinque atlenuala. Testa ccllulosa, crassa, immersa peripheriâ hyalina et quasi mucilaginosa , intus lutcscenti grumosa. Tegumentum inversum inlerius brun- neura, celluioso-membiauaceum. £'/7zé7'>odicot.yled()ncus,[orthotropus, cellulosus, albus. Cotyledones praecedentis. Radiculse apex cum apice teguraenti inteiioris adbserens (ob immaturitalem). Plumuli incons^ icua. Obs. Il ne m'a pas été possible de m'assurer, dans ces plantes, de la présence d'un tissu vasculaire; celui-ci m'a semblé remplacé par des fibres d'un très petit diamètre , étroitement réunies entre elles, et qui, après une courte macération dans l'alcool, se remplissent d'une matière grumeuse. Ces fibres forment les veines décrites plus liant comme existant dans le P. Tf^allichii^ et traversant le centre de chacim des axes de l'inflorescence fournissant dans leur cours les écailles, la colonne staminale et se terminant en formant les côtes de l'ovaire; mais, dans le P. Griffithil, ces fibres sont entièrement bornées aux axes de l'inflorescence, et , quoique les branches semblent traverser la longueur de la colonne staminale , cette apparence paraît plutôt le résultat d'une décoloration du tissu que de la présence de fibres distinctes. Le reste des frondes consiste en un tissu cellu- laire dense , dont les cellules varient considérablement de forme et contiennent, surtout dans le P. Griffithil^ une quantité de matière amilacée ? Les stomates n'existent point , quoique l'in- spection de l'épiderme , dans la dernière espèce, semble laisser soupçonner leur existence. Les spathes paraissent être entière- ment composées de tissu cellulaire. Les racines du P. fVallichii sont formées , ainsi que les pédoncules de l'une et de l'autre espèce , extérieurement par du tissu cellulaire et intérieurement par une partie fibreuse. Dans le P. GrifHthiij tous les axes de l'inflorescence sont par- faitement distincts: chacun d'eux fait suite au parenchyme, i86 w. GRiFFiTH. — Plantes noui^elles de l'Inde. dont les cellules sont plus petites en cet endroit et convergent âxi côté du pédoncule. Du côté de chacun de ces points, les frondés adhèrent si intimement aux corps sur lesquels elles se sont déve- loppées, qu'il est presque impossible de les détacher dans une certaine étendue. Celte adhérence a un degré de force si extra- ordinaire , que chaque disque , en se détachant, emporte une portion correspondante de la surface du rocher ou de la pierre, sur lesquels s'était fixée la plante. Les axes de l'inflorescence laissent, après leur séparation, tme petite alvéole ronde, qui pénètre ou atteint jusqu'au point de leur adhésion. Cette dispo- sition est visible, surtout sur les vieilles plantes , qui prennent l'apparence de membranes brunâtres,assez épaisses, souvent per- forées, étendues sur la surface des corps auxquels elles sont at- tachées. Les parties de structure les plus curieuses sont peut-être celles du pollen , et la caducité des parties cellulaires du pédoncule et de Tovaire. En décrivant les deux espèces, j'ai été guidé par le fait que, dans les plantes de cet ordre , les étamines sont arrangées au- tour de l'ovaire; mais je suis porté à considérer ces fleurs comme unisexuelles. Le nombre normal des étamines est évidemment de cinq , dont les deux intermédiaires seulement bien développées, tandis qu'une des centrales manque souvent complètement Les éta- mines avortées sont entièrement cellulaires et légèrement resser- rés vers leur pointe, et la partie située au dessus de l'étrangle- ment quelquefois plus cellulaire. Les plantes de l'ordre auquel appartiennent le Podostemon ont une structure si anomale, qu'il est à peine possible de leur assigner une place naturelle. Les points par lesquels ils se rappro- chent seulement de quelques ordres des dicotylédons sont l'ab- sence d'un périanthe et l'unilatéralité des étamines, et ce dernier caractère ne paraît même pas être d'une grande importance. C'est cependant avec beaucoup de plaisir que j'ai apporté quelque poids pour corroborer les inductions exactes du docteur Lindley, qui regarde ces plantes comme étant dicotylédones; mais il me paraît qu'elles n'ont point d'affinité avec les Pipéracées. w. GRiFFiTH. — Plantes nouvelles de V Inde. 187 Le docteur Martius(Nov.Gen. et Spec. Bras. 1, p. 6, 7)a dévelop- pé assez longuement l'opinion que cet ordre présentait quelques affinités avec les Lemna , naais son raisonnement était fondé sur la supposition que les Podostemées étaient monocoîylédons. Mettant de côté cette puissante objection , je considère les Po- dostemées comme plus voisines des Pistiacées que de tout autre ordre connu. KAULFUSSIA Blume. Ord. Nat. Filices-Maratliaceœ Kaulf. Char. gen. Capsulae sparsae, exsertae, orbiculari-cyalhiformcs, multiloculares. Indusium nullura. Filices frondibus ternatis amplis , subtus stomatibus iraxirais aperlis quasi perforatis , stipilibus basi bisquamatis capsulis subsessibus. Kaulfussia Assamica GrifF. Mss. Fronde triphylla , foliolis subsessilibus, stipilibus leretibus, capsulis sub-20- locularibus , locuiis per dimidiam loiigitudinem tantuin dehiscentibus. Hab. In rupibiis arenosis solo alluviali tectis Assamiae supcrioris, ad basin collium Nagensium Gubroo Purbut propinquis, ubi copiose inveni mense mar- lii i836. Umbrosissirua arnat. Rhizoma subterraneum , longe repens, crassum , carnosum, infra radiculas teretes , tortuosas , simpbces ramosasve proferens , supra ad basin cujusque sti- pitis in squamas duas. persislcntes j carnosas , quam maxime papillosas(junioribus imbricatim connivenlibus et frondem nascentem oblegentibus) quasi ruptum. Superficies papillis conicis raagnis pilisque cellulosis irregularibus septatis aspe- rata. Siipes pedalis, aliquando scsquipedalis , teres, basi incrassafus, papillis pilisque supra descriplis valdè scabcr, pilis rariijs steUatis , sa;pc ramosis, squamis badiis rainimis pcltalis l'arô immixlis. Frons arjopla , lernata , ambilu deltoidea , novellae gyratae intra frondis substantiam formiilae , demùm erumpentes pilis ra- mentisve rubris hispidissimœ.' Foliola subsessilia , oblongo-ovalia , acuminata, carnosa, subintegra, supra sordide viridia îaevia et glabrata , infra albida , ori- bus magnis elevatis innumeris stomatura officio fungenlibus quasi papulosa , et ad venas uUimis exceptis, modo supra descripto scabra , lateralia margine superiori obliqua. Venatio : venœ primariae (costse) crassae, sccundariœ apices versus arcuatse et ope venularum mutao nexae , vel magis distinctae , apicc utriusque cura vena secundaria superiore confluente; tertiarise vix prominulœ; intervenia caeterum varie irregulariterque reticulata ; terminatio venularum ultimarum obscure clavata, vel intra marginalis, vel intra areolas. Capsulœ (sori cel. Kaulf.) maximae, sine ordine évidente per totam paginam dorsalem frondis sparsae, irregulariter seriatae vel subbiseriatœ , sitae in confluentia venularum lerliariarum 1 88 w. çRiFFiTH. — Plantes nouvelles de Vlnde. et ultimarum , suLsessilcs, cyalhiformes , superficie externâ tôt cxaratâ sulcis quot lociila , raargine |;aallo iucurvato sub lente crenato , crenituris fissuris dcliiscenlise oppositis : lociilis viginti vel ultra , veiiicalibus, ovatis a mcdio suprà usque ad apicem riniâ introrsùm dchiscentibus , cxlùs latescentes , intùs luteo- badiae, utrinque rubro-punclatae, siccatione rugosae. Sporula in acervulo lutes- centia, rotundata vel subreniformia, sub leote centies augente minutissimè sca- brella. Aiiatomia. Radiées cellulosaî , fasciculo vasorura unico centrali fibris circu- mato. Hhizoma e maxima parte ccllulosum; cellulae rotundalae , pressione angu- latae , plurimaj, parvse , succo rubro-rosaceo turgido lacunae paucse interjtctae sine ordine évidente. Fasciculi vasorum plures, sparsi, pf^ripheriâ fibrosi, ceutro ductiferi ; ductibus plurimis,vix solubilibus , simplicité!' trabeculatis. Sùpes etiam e maxiinâ parte cellulosus; cellulae laxae , pressione angulalae, rainoribus succo rubro rosaceo effœtis paucis et praecipitè peripheriam versus sitis; lacunae plures , sparsae. Fasciculi vasorura subnoni , versus basin stipitis irregulariter, versus apicera hujus circa centrumdispositi, sectione transversâ oblongi vel sub- reniforraes. Dispositio fibrarum ac vasorura eadcm ac in rhizomate , sed vasa majora, duclusque sclubiles jpseudo-fissi, compositi. Foliolorum culicula utraque et praeserlinn inferior, quae stomalosa , crassiuscula , e cellulis sinuosis globulas paucas virides minutas conîincntibus formata. Storaata (vel potiiis perforationes) maxima , sine ordine sparsa , in ai eolis minutis solitaria , in mediocribus plura rotundata ,inaequalia, supra cuticulam elevata , ocnlis nudis facile conspicienda ; oris margine e cellulis linearibus 3-4-seriatis annulatim disposilis forraato ,mem- branulâ marginali simpUci? latè crenatâ. Referunt orani sensu Hepaticarum qua- rumdam stoiaata. Parenchymatis cellulae ut plurimùm rotundatae, meatibus cou- spicuis inierceptœ ; cellulis cuticulse stomatosae propinquis laxissimis , quam maxime difformibus et lactinis amplis interceptis. Loculorum parietes proprii tenues , membranacei , moleculis minimis crebris interspersi. ObSo Je dois à inon obligeant ami, M. le docteur Wallich, la détermination générique de cette plante. Je Tavais nommée Biacrustoma dans mes manuscrits, en faisant allusion à ses stomates qui jusqu'à présent à ma connaissance , n'otit été uni- quement observées que dans la cuticule de certains genres d Hé- patiques ; ces organes ont été indiqués par M. Kaulfuss sous le nom de « Vésicules perforées ». J'ai décrit la capsule d'après ses caractères externes : mais il arrive souvent que les fructifi- cations , comme dans beaucoup de capsules lorsqu'elles sont cloisonnées, sont unies les unes aux autres par du tissu cellu- laire qui manque le long de leur face interne, mais seulement au centre, dans cette espèce. w. GRiFFiTH. — Plantes nouvelles de l'Inde. 189 Ce genre a été habituellement rangé, dans la sous-tribu des Maraltiacées ou Danéacées où l'a placée M. Kaulfuss; l'exacti- tude de ce rapprochement dépend de ce fait, que dans T^/z* giopieris , révohition des jeunes frondes a lieu d'une façon déterminée , comme on en peut bien juger par la présence constante des deux écailles entourant la base de stipes dans ce dernier genre. L'espèce de M. Blume me paraît pouvoir se distinguer par les caractères suivans. K. œsculifolia : fronde ternatâ , foliolis petiolatis, laterali uno alterove gemi- nato bipartilove stipitibus hinc canaliculatis,capsulissubnovemlocularibus,locu- lis per totam longitudinem dehiscentibus. K> œsculifolia Bl. — Kaulfuss. in Hook. et Grcv. Icon. Filicum, vol. 11, tab, 229. TroisiIjme Mémoire sur le groupe des Céramiées y et sur le mode de leur propagation ^ par M. J. E. Duey. (Ia-4° de 16 pages avec deux planches gravées.) t _ Nous avons déjà rendu compte des deux premi'èrk' 'Mémoires de M. Duby (i). Désirant complét/r notre œuvre, nous allons succinctement faire connaître à nos lecteurs les faits les plus imporfans contenus dans celui-ci. L'auteur y traite un sujet d'un haut intérêt, puisqu'il s'agit du mode de reproduction des Algues articulées de la série des Floridées, ou, en un mot, des Céramiées. Ce Mémoire, quoique lu en octobre i836 à la Société de Physique et d'His- toire naturelle de Genève , et analysé dans le cahier de no- vembre de la Bibliothèque universelle de la même ville, n'a pourtant paru que postérieurement aux savantes recherches sur le même point de physiologie végétale dues à M. J. Agardh, et publiées dans le cahier d'octobre i836 de ces Annales, qui (i) Voir les Archives de Botanique ^ par M. Guillenoio, t. i , p. 457, et les Annales des sciences naturelles, nouvelle série, t, 1 , p. 191. 190 J. E. DUBY. — Sur les Céramiées. n'a en effet paru qu'en février iSSy. Quoique, en dernière ana- lyse, la priorité, importante pour les auteurs, soit de bien peu de conséquence pour la science elle-même, nous devons féliciter ces deux savans d'avoir porté comme de concert leurs investigations sur un point encore si obscur, et d'être parvenus à y faire jaillir une si vive lumière. Les résultats auxquels ils sont arrivés ont cela de remarquable que, s'accordant sur les principaux faits , ils se corroborent mutuellement et mettent hors de doute certains de ces faits sur lesquels on était si loin de s'entendre que chacun les expliquait à sa manière, Ainsi, grâce aux observations de M. J. Agardh et aux ex- périences ingénieuses de MM. Crouan , si savamment interpré- tées et commentées par M. Duby, il paraît bien prouvé main- tenant que ces plantes, à l'exemple de beaucoup d'autres Agames, jouissent de plusieurs moyens de se reproduire ; que non-seule- ment les gongyles pyriformes contenus dans les conceptacles des Polysiphonies, et les gongyles triquètres des Cer<2/7z/i//72, mais en- corda fructification nommée£272/Ao5per/72/^we' par M. Gaillonqui la considère comme l'état jeune ou rudimentaire de la fructifica- tion conceptaculaire , germent absolument de la même manière, et sont susceptibles les uns et les autres de propager la plante- mère, et qu'enfin il existe un troisième mode de reproduction, celui par bouture, que MM. Crouan disent avoir observé dans le Ceramium corallinum ou Griffithsia corallina Ag. S'il nous était permis de faire quelque rapprochement à ce sujet avec des plantes si différentes sous d'autres rapports, nous dirions que dans les Hépatiques ou retrouve également deux modes de propagation, l'un par des gemmes, l'autre par des spores ; que les gemmes elles-mêmes sont de deux sortes et se développent soit à l'extrémité des frondes, soit dans les aisselles des feuilles , potir continuer la plante, et prennent alors le nom de gemmœ innovantes , ou bien sont contenues dans des récep- tacles d'une forme particulière, épars sur la fronde , comme dans les Marchantiées, par exemple, et constituent ce qu'on ap- pelle des gemmœ prolificœ , susceptibles de reproduire la plante- mère à l'instar des spores. Nous avons même observé dernière- ment dans une Jongermanniée de Cuba , appartenant au genre j. E. DUBY. — Sur les Céramiées. 1 9 1 nouvellement établi par M. Nées sous le nom delPlagiochila , un mode de propagation que nous nous proposons tle faire in- cessamment connaître par un dessin dans l'ouvrage important que publie en ce moment M. Ra-non de la Sagra : c'est une cel- lule du roseau de l'une des feuilles donnant naissance à une jeune plante déjà reconnaissable, absolument comme le font les bulbilles de certaines Liliacées. Dans les Mousses, on observe à-peu-près les mêmes modes de propagation. Ainsi, sans parler des spores, on trouve des innovations soit hypogynes, c'est-à-dire naissant immédiate- ment au-dessous de l'organe femelle, soit axillaires, qui conti- nuent la plant€-mère, ou, se séparant d'elle tout-à-fait comme dans le Conomitrîum julianuin y par exemple , s'en vont végéter ailleurs pour leur propre compte, et représentent assez bien le mode de reproduction par bouture, avec cette différence néan- moins que , dans le cas précité, les racines se sont développées avant la séparation de V innovation. Peut-être les corps confer- voïdes qui terminent la tige des Tetraphis et de quelques Mnium ou les feuilles des Calymperes , ne sont-ils autre chose que des gemmes prolifiques, et alors vous avez encore ici les trois modes de reproduction assignés aux Céramiées par M. D.iby. Mais les Lichens eux-mêmes, qui sont des Algues aériennes ou émergées, se propagent non-seulement par leurs thèques, mais encore par leurs conidies, espèces de granules verdâtres étendus sous l'épiderme, pouvant seuls, et indépendamment des organes de la fructification contenus dans le nue l eus ^ re- produire un individu semblable à celui dont ils sont issus. Nous ne pousserons pas plus loin ces comparaisons que les botanistes versés dans l'étude des Agames auraient d'ailleurs tout aussi bien pu faire que nous; ce que nous en avons dit suffit pour prouver que la nature , prodigue envers les êtres qu'elle a créés , leur a départi des moyens de se- perpétuer d'au- tant plus nombreux que leur existence , plus précaire, était ex- posée à plus de causes de destruction. Je terminerai en donnant textuellement les conséquences auxquelles M. Duby est arrivé par la considération des faits 19^ J- E. DiiBY. — Sur les Céramiées. qu'il a observés lui-même ou qui lui out été communiqués par MM. Crouan. 1° Le développement des gongyles ou corps reproducteurs des Céramiées a lieu sans aucune rupture de l'enveloppe, mais par extension de tissu, le système inférieur se développant en général le premier. 2° Les résultats des différens modes de fructification des Cé- ramiées et des différens organes qui y sont appropriés, soit qu'ils se présentent sous forme de conceptacles uniloculaires poly- spermes, béans à leur extrémité , comme dans les Polysipho- nîa f Dasya,eic.y soit en forme de siliques uni-muitilocu- laires, appelées stichidles par M. Agardh, anthospermes par M. Gaillon ; soit sous forme de conceptacles globuleux mul- tiloculaires polyspermes; soit en forme de conceptacles pyri- formes uniloculaires monospermes; soit enfin en conceptacles spliériques uniloculaires polyspermes; les résultats de tous ces organes, quelque divers qu'ils puissent paraître et quoique se rencontrant sur la même espèce, sont identiquement les mêmes, et les gongyles préparés, si l'on peut ainsi dire , par les uns et les autres, reproduisent également la plante-mère, et de la même manière. So Partout où il y -a agglomération et condensation de ma- tière colorée, il y a formation d'un germe qui reproduira la, plante-mère, quelquefois même avant qu'il en soit détaché. 4" Enfin , dans certaines circonstances, il ne sera pas même nécessaire qu'il y ait agglomération de matière colorante, l'ar- ticle pouvant, par sa séparation de la plante-mère, par une vé- ritable bouture, agir comme conceptacle, émettre des radicelles et des frondes, et reproduire l'espèce. Nous ne saurions donner trop d'éloges à ce dernier Mémoire de l'auteur, qui complète ce qu'il avait à dire sur la jolie tribu des Céramiées. C. M. AD. sTeinheil. — Flore de Barbarie. iqS Matériaux pour servir à la Flore de Barbarie , Par Al). Steinheil. ( Quatrième article. ) ^ur les variétés du Rumex bucephalophoriis et sur leur distri- bution géographique comparée à celle de quelques autres eS" péces du même genre. — Nouvelle espèce c?'Emex du Cap. J'ai rapporté des environs de Bone des échantillons d'une variété de Rumex que je pris d'abord pour une espèce voisine du R. bucephalophorus y mais qui s'en éloignait par le dévelop- pement remarquable des sépales à l'époque de la maturité du fruit; j'allais peut-être la décrire comme une chose nouvelle, lorsqu'en examinant un grand nombre d'individus venant de différens points, je me vis bientôt conduit à admettre plusieurs espèces qui me paraissaient assez bien caractérisées : ainsi je me trouvai disposé à soumeltre le R. bucephalophorus à un travail analogue à celui qui a été fait pour les Valérianelles , toutes confondues autrefois dans une seule espèce linnéenne ; malheureusement il se trouva que mes espèces étaient peu stables : je rencontrai des formes qui se placèrent entre celles que j'avais d'abord distinguées, et cela non-seulement entre les modifications les plus voisines, mais aussi entre les deux divi- sions dans lesquelles j'ai cru devoir les ranger, de sorte qu'il me fut impossible d'établir aucune délimitation certaine. J'ai cru cependant devoir faire connaître ces variétés, afin d'éviter à d'autres botanistes le travail que je me suis vu obligé de faire , et aussi parce que ce travail m'a paru offrir un résultat assez cu- rieux, savoir : que les modifications sur lesquelles sont fondées les variétés dont je m'occupe sont aussi caractéristiques que celles qui servent à former des espèces dans d'autres groupes du même genre; que si, parmi ceux-ci, on choisit celui que l'on IX. BoTAH, — Avril. i3 ic)4 AD. sTiiNUEiL. — Florc dc Barbarie. peut former avec les espèces à racines annuelles, à feuilles li- néaires lancéolées entières, à fleurs portées par un pédicelle grêle et existant en grand nombre dans chaque verticille, etc. , groupe qui renferme les Rumex maritimus , palustris , ucra- niciis, Marschallianus , œgyptiacus, chinensis, persicarioïdes (i), brasiliensis (2), et probablement encore une ou deux espèces peu (i) Thunberg indique cette esnèce au Japon; mais on ne peut avoir une très grande con- fiance dans les délerminations de cet auteur qui applique trop souvent les noms de Linné à des espèces nouvelles, faute que l'on fit généralement de son temps: probablement la plante de Thunberg est le R. chinensis, que Sprengel confond aussi avec le R. persicarioïdes ; mais M. Campdera , dans sa Monographie , conserve ces deux espèces comme bien distinctes,- la der- nière se trouve dans l'Amérique septentrionale. (•}.) C'est le Rumex brasiliensis Link. Enum. pi. hort. reg. bcrt. Berol. ^ t. i (i8ai). La description donnée par Link convient très bien à la plante que j'ai étudiée et qui venait du jardin des plantes de Paris , où probablement les graines en avaient été reçues de Berlin. Cette espèce m'a paru annuelle ; cependant , dans l'ouvrage que nous citons , elle est indiquée comme étant vivace , ce qui justifie le rapprochement de Sprengel , qui a été adopté aussi dans le cata- logue du jardin des plantes de Paris , où l'on considère notre plante comme étant la même que leR.littoralis de Kunth : toutefois ce rapprochement nous paraît fort hasardé; car la plante de Kunth se trouve , non pas au Brésil , mais sur les côtes de la mer Pacifique au Pérou. Cet auteur la regarde comme voisine du R. nemolapathum. Or, la plante dont nous nous occupons ici se rapproche plus du maritimus que du nemolapathum par ses fruits. Dans ce dernier, leurs faces sont un peu concaves longitudinalemenl, de sorte qu'elles se confondent peu-à-peu avec les bords , tandis que, dans les deux premiers, elles sont planes dans cette direction et séparées par de petits bords plus distincts et moins épais ; mais , comme l'intégrité des sépales intérieurs , réunie aux caractères des organes de la végétation pourrait avoir seule déterminé le rapprochement indiqué par Kunth entre son espèce et le R. nemolapathum, nous pensons que celte question ne peut être encore décidée. Quanta l'origine du R. brasiliensis, je ne puis conserver aucun doute à son égard, puisque M. A. de Saint-Hilaire l'a trouvé à Rio de Janeiro. Dans ses échantillons les sépales sont entiers ou garnis d'une dent, qui est tout-àfait à leur base et à-peu-près aussi longue que le sépale. Le peu de stabilité de ce caractère et le fait que celte plante se trouve près d'une grande ville , ajoutés à l'exception formée par la présence d'une espèce du groupe du maritimus danrs l'hémisphère austral, nous donnent bien à penser et nous serions portés à croire que ce n'est qu'une variété formée après l'introduction d'une espèce européenne dans ce pays; mais aucune espèce de ce groupe n'est indiquée en Portugal par ?>rotero. Seulement le R. maritimus se trouve en Espagne , près de Madrid , sui- vant Quer {Continuation de la Flor. Espan. tom. v, p. 3o4). On pourrait admettre encore que c'est de l'Amérique septentrionale qu'il a été porté au Brésil ; mais si on reconnaît la possibi- lité de ces transformations (ce qui pourra être décidé par des observalions ultérieures, on devra regarder comme très probable que le R. persicarioïdes n'est également qu'une plante introduite dans l'Amérique septentrionale , et la patrie du groupe sera restreinte à l'Ancien Monde. Il y a un autre Rumex d'Europe, qui a été certainement introduit au Brésil, c'est le R. ou Emex spinosus. Nous verrons tout-à-l'heure que cette plante est particulière à l'hémisphère boréal ; c-{>Gndant M. Aug. de Saint-Hilaire l'a trouvée autour de Saint-Paul, sous le a3°i5' de latitude AD. sTKiNHEiL. — Florc de Barbarie, igS connues, et qu'on le compare au groupe des variétés que nous décrirons plus loin, on remarquera que ce sont précisément les mêmes caractères qui constituent les espèces dans un cas , les variétés dans l'autre. Dans tous deux , il y a dans l'aspect général quelque chose de particulier qui les fait reconnaître tout d'abord, et les organes de la végétation qui caractérisent bien le groupe varient à peine dans les espèces ou variétés qui le constituent. D'où vient donc cette inégalité dans la valeur comme distinc- tion spécifique des mêmes différences entre deux séries de végé- taux si voisines l'une (^e l'autre? Elle m'a paru coïncider avec une inégalité dans l'étendue de la dispersion à la surface du globe, des formes comprises dans ce groupe. En effet, celui que l'on pourrait appeler du R. mariiimus paraît se trouver presque sur tous les points de l'hémisphère boréal , plus une espèce qui se trouve actuellement au Brésil , et qui , à cause de ses sépales in- ternes non dentés, ressemble moins aux autres que celles-ci ne se ressemblent entre elles. Le R. buc€phalophorus,di\\ contraire, ne paraît pas s'éloigner beaucoup du bassin de la Méditerranée. Le genre Emex nous fournit un fait de géographie bien cu- rieux : il renferme deux espèces dont l'une est connue depuis long-temps et se trouve le long de la Méditerranée en Crète , en Egypte, en Barbarie et jusqu'aux Canaries où elle a été in- troduite par les hommes (i); j'ai vu une variété de cette espèce à épines plus courtes: l'autre paraît avoir été confondue avec elle jusqu'à ce jour , mais elle doit être distinguée ; on la trouve sous une latitude correspondante dans l'hémisphère austral, savoir : au Cap de Bonne-Espérance et à Madagascar (a) , peut- méridionale ; mais ici le transport de la plante ne peut guère être révoqué en doute ; car elle se trouve en Portugal, près de l'embouchure du Tage, d'après Brotero ; il suffit, d'ailleurs, pour se convaincre de la facilité avec laquelle les plantes d'Europe se naturalisent en Amérique , de lire les renseignemens précieux que M. Aug. de Saint-Hilaire a publiés sur ce sujet. (Voy. PI. remarq, du Brésil et du Parag. , lutrod. , p. tviii. (i) Voyez le Mémoire de M. Léopold de Buch , j4rck. bot. , t. i , p. 3o4. (2) Je propose de lui donner le nom de Emex australis : elle diffère peu de l'espèce ancien- nement connue. Le fruit et la graine sont identiques dans toutes deux ; les feuilles sont un peu plus petites et plus ovales \ le caractère qui distingue les deux espèces se trouve dans les trois t3. "J9^ AD. STJiNHEiL. — Floie de Barbarie. être aussi dans les Indes où elle aura été transportée. La géo- graphie de ce genre est don c semblable à celle du genre Vrginea que j'ai fait connaître autrefois. Il est assez remarquable que le Triglochin bulbosum occupe les mêmes régions , mais sans présenter de différences spécifiques ; car je me range très volontiers à l'opinion de MM. Schlech- tendahi et Chamisso, qui pensent que le Tr. Barrelierl Lois, ne diffère pas spécifiquement du Tr. bulbosum L. (i). Le genre Triglochin habite , comme les Rumex y des contrées extrême- ment éloignées entre elles. Pour donner plus d'importance aux considérations auxquelles je viens de me livrer, il aurait fallu examiner sous le même point de vue la distiibution géographique de tous les Rumex ^ mais ce genre de travail présente des difficultés extrêmes qui sont, d'abord, l'appréciation exacte de la patrie de certaines espèces, et ensuite surtout la création de groupes formant des unités d'une valeur à-peu-près égale, ce qui suppose une con- sépales intérieurs, qui sout lancéolés et nmtiques dans l'une, arrondis et aristés dans l'autre. On peut donc établir ainsi leur phrase caradérislique. 1. E. spinosus , Ca/n^t/. sepalis interioribus lanceolatis aciilis. a. £. australis , sepalis interioribus rotundatis apice breviter arislatis. Il y a dans l'herbier de M. Delesserl des échantillons de cette plante , qui , d'après l'étiquette , ont été récoltés dans l'Iode ; cependant il n'y a pas de Rumex analogue, mentionné dans la Flore indienne de Roxburgh 5 Thunberg , qui l'a observé au Cap , l'a confondu avec le R. spi- nosus: il nous apprend que cette plante gène beaucoup les esclaves, qui marchent pieds nus, et qu'elle croît dans les lieux fréquentés : il nous paraît donc bien probable qu'elle aura été portée accidentellement du Cap de Bonne- Espérance aux Indes, ce quia dû arriver facilement à cause de ses sépales extérieurs épineux , enfermant le fruit mûr. Campdera a aussi pris cette plante pour VEmex spinosus : c'est sa variété p capensis , foliis sœ'pè ovalibiis. M. Ach. Richard le premier l'a distinguée comme espèce, mais sans lui donner un nom (^oj. de VAstrol, Bot. 1. 1, p. 54). Du moins, nous sujiposons que l'espèce nouvelle voisine du /f. spinosus , qu'il indique dans l'île de l'Ascension , ne diffère pas de celle du Cap. Comme cette île n'a été longtemps qu'une masse de rochers stériles , qui a reçu actuellement un grand nombre de végétaux étran- gers, il y a tout lieu de croire que \'E. auslralis y a été apporté. Sa vraie patrie paraît donc bien être le Cap. Il est assez curieux que ce soient les Portugais qui aient été les agens de la disper- sion des deux espèces de ce genre; au moins il est probable que ce sont eux qui ont porté Ï'E. australis du (Jap aux Indes et VE. spinosus du Portugal aux Canaries et au Brésil. (i) Linnœa, t. 11, p. i52. Les observations que j'ai été à même de faire confirment celle de ces botanistes. J'ai remarqué que cette plante présente aux environs de Bone deux variétés et deux époques défloraison. En février et n)ars, on trouve dans les marais un Triglochin bul- bosum aussi fort que le palustre , tandis qu'en automne parait sur les collines uue petite plante %TèIe à feuilles étroites et portant à peine quelques fleurs. Ce sont de simples variétés. A.D. STFiNHFiL. — Flore de Barbarie. 1^7 naissance bien approfondie de toutes les espèces et n*èst pos- sible qu'à un monographe. Si nous recourons aux divisions établies par Campdera (i) dans la section des At:etosa , nous re- marquerons qu'elle est partagée en quatre divisions; la qua- trième renferme le Rumex bucephatophorus et un autre dont nous parlerons plus loin , qui n'en est qu'une variété. Des trois autres, les deux premières sont presque entièrement limitées à l'hémisphère boréal de l'ancien monde [p) ; mais elles s'y trouvent à-peu-près partout ; aussi renferment-elles plusieurs espèces qui paraissent plus solides que celles du groupe des maritimus , et qui diffèrent aussi plus entre elles par les organes de la végé" tation. Quant à la troisième division , c'est elle qui renferme le plus d'espèces , et les espèces les plus différentes ; aussi en retrouve-^ t-on dans les deux hémisphères et dans l'Ancien comme dans le Nouveau-Monde. Les organes de la végétation y sont plus variés que dans les trois autres divisions. Il y a, par exemple, quatre espèces qui sont ligneuses et dont l'habitation est bien curieuse : l'une se trouve au Chili [Hastulatus) ^ une antre aux Canaries [Lanarid) , une autre à l'ile de Tristan d'Acugna {Fru- tescens), la quatrième enfin aux îles Sandwich (Giganteus). On voit qu'elles occupent quatre points très écartés, dont chacun se trouve dans un autre quart de la surface du globe. n serait bien difficile d'établir quelques généralités sur les faits peu nombreux que nous venons de signaler; cependant je ferai remarquer qu'ils s'accordent très bien avec certaines lois admises en géographie botanique : ainsi nous trouvons pour nos groupes ce que M. DeCandolle a rernarqué pour les genres ; a Les genres les plus nombreux en espèces sont, en moyenne , ceux dont faire est la plus grande a (3). On a admis aussi que plus les espèces ont une organisation compliquée , plus, en (i) Monog. rum.y p. 67-70 (Montpellier, 1819), (2) Le Rumex acetosella a été indiqué dans l'Amérique septentrionale par Michaux. Son her- bier étant conservé au Muséum à Paris, je me suis assuré que la plante d'Amérique ne diffère pas de la nôtre : il est possible qu'elle ait été transportée. (3) Aiph, UC. inirod. , t. II, p. 295. ig^ AD. STEiNHEiL. — Flore de Barbarie. moyenne 3 l'aire de chacune d'elles est restreinte. Si nous rap- prochons cette proposition des belles généralités que M. Ad. Brongniart a su tirer de l'étude des végétaux fossiles , savoir , que les plantes ont une origine d'autant plus récente que leur organisation est plus compliquée , nous serons aussitôt frappés de l'idée qu'un élément a été jusqu'à ce jour complètement né- gligé dans l'étude de la géographie botanique, et que cet élé- ment est l'appréciation des cataclysmes qui ont dû éloigner ou séparer des contrées sur lesquelles des végétaux avaient pu d'abord rayonner librement. Mais comme nous avons vu ci- dessus , par l'exemple des Rumex, que les groupes naturels que l'on peut former dans les genres nombreux ont des aires ex- trêmement inégales, et que leurs espèces paraissent d'autant plus distinctes que ces aires sont plus étendues (i), nous serons por- tés à admettre que ces genres ont assisté à plusieurs cataclysmes, que parmi les groupes dont ils sont composés , les uns sont de formation plus récente que les autres; et qu'enfin ceux dont l'aire est limitée, qui ne renferment que peu d'espèces, mais qui sont riches en variétés équivalentes aux espèces des autres groupes , sont les derniers créés. L'opinion que je livre ici avec tous les doutes que l'on éprouve lorsqu'on n'a pas vérifié une hypothèse par un grand nombre de faits, a cet avantage qu'elle peut résoudre une difficulté que l'étude de la géographie botanique a fait naître relativement à la théorie de l'espèce , je veux parler de l'existence simultanée de quelques plantes dans des pays très éloignés où elles parais- (i) Nous avouons que cette dernièFe propositioo est extrêmement hasardée: peut-être trouve* rait-on facilement des exemples du contraire; mais il faudrait alors apprécier avec soin la valeur de ces exemples. Si une espèce n'a une aire très étendue que pour avoir été transportée partout, elle doit présenter beaucoup de variétés d'autant plus distinctes , que les migrations seront plus anciennes ; si ce sont ces variétés que l'on prend pour des espèces , on trouvera le contraire de ce que nous avançons ici ; c'est peut-être ce qui est arrivé pour les Daucus de l'hémisphère boréal , dont nous parlerons plus loin ; c'est certainement le cas des citrus , des céréales , des vignes et de la plupart des végétaux utilisés. Certaines circonstances, dépendant de la nature même du genre ou de sa station , peuvent encore être regardées comme propres à expliquer des jàits contradictoires à ma proposition; ainsi on sait que les plantes, qui vivent dans l'eau, varient beaucoup, mais que leurs genres ont peu d'espèces; nous aurons donc moins de différences dans les plantes aquatiques , quand même d'autres considérations les feraient regarder comme très anciennes. AD. sTEfNHEiL. — Flore de Barbarie. i^^ sent également à leur place naturelle , ce qui a porté quelques botanistes à admettre pour une même espèce plusieurs centres de création (i). De plus , si elle était adoptée un jour, elle nous permettrait d'espérer que la géographie botanique pourra, par la suite, concourir à la solution de quelques problèmes de la géologie. Il me reste à décrire les variétés dont l'étude m'a in- spiré les réflexions que Ton vient de lire; je leur ai appliqué les noms des pays où chacune d'elles paraît être le mieux caractéri- sée quoiqu'elle se trouve parfois dans d'autres localités: comme je l'ai dit plus haut, il existe entre elles des formes qui les unissent, mais j'ai cru inutile de les signaler d'une manière particulière. RuMEx BUCEPHALOPHORus. — Jc n'ai rien à ajouter aux carac^ tères de l'espèce en général : elle est bien facile à reconnaître; seulement je ferai remarquer que chez elle comme chez plu* sieurs autres espèces , les fleurs sont souvent irrégulières en ce que le sépale extérieur (celui au moins qui paraît extérieur par suite de la courbure du pédicelle) est seul bien développé : c'est donc sur lui principalement que l'on doit étudier les modifica- tions dont je parlerai lout-à-l'heure, car les autres varient beau- coup plus. Les caractères du pédoncule sont aussi très va- riables : sur le même rameau on trouve fréquemment des fleurs presque sessiles, et d'autres portées par les pédoncules longs, élargis et creusés en dessous, qui sont particuliers à cette es- pèce ; il est à remarquer, toutefois , que les pédoncules sont très longs ou très courts , mais qu'il n'y a pas de passage entre ces deux extrêmes. La grandeur des fleurs varie : dans la première section elles sont généralement plus petites que dans la seconde ; la forme des sépales dans la fleur varie aussi sensiblement; cependant, comme ces différences sont bien plus marquées à l'époque où le fruit est mûr, c'est toujours à cette époque que je décris les sépates intérieurs; comme je l'ai dit dans mon mémoire sur l'accroissement des feuilles, les dents inférieures, qui sont les moins visibles dans la fleur, deviennent ensuite les plus grandes; (i) Telle est, si je ne me trompe .l'opinion émise par M. QwiWemnx. {Zéphyr. (ait.,ita^. S. noie, Ann, se. nat. ,'t. vi). 200 AD. STEiNHEiL. — Flore de Barbarie. le grain porté par les sépales s'accroît fort peu ; pourtant on eii trouve toujours un rudiment plus ou moins marqué. A. Dentés sepalo bre^>iores , non uncinati ', flores minores. «} Gallicus. Pedunculislongissimis, concavo dilata tis, glabris; sepalis lan- ceolatis utrinque trideatatis dcntibus subsequalibus lanceolatis. Saepè intersuut flores sessiles quibus sepala lateralia lanceolata et vix apice tridentîta , dente medio majore. — :ln Algeria , Italia, Gallia meridio- nali,Gorsica , etc. R. bucephalophorus. Campd. monog. rum. — Cavan. ic, t. I, t. 4i, fîg. 1 , malè. — Campd 1. c, t. m, fig. H. J Presque toujours , clans cette variété, quand le pédoncule est très court , les deux sépales latéraux ont la forme de ceux de la variété suivante. ^) Massiliensis. Floribus omnibus subsessilibus, sepalis tribus lauceolatis , vix apiee tridentatis , dente medio majore. Circa Massiliam legit cl. Maire , in berbario Lessertiano v. s. — Acctosa minor, cretica , utricu- lato semine, H. R. Par. Tournef. instit. r. herb. , p. 5o3. — Rumex creticus Campd. mon. rum., p. 149^ La plante pour laquelle Campdéra a établi son R. creticus ( parmi les espèces douteuses) d'après l'indication de Tourne- fort, ne se trouve pas dans l'herbier de ce dernier; mais il la place entre deux autres variétés que nous avons retrouvées; et de pliis, l'expression utriculato semine paraît convenir assez bien aux sépales membraneux sans dents épineuses, de la plante récoltée par M. Maire. 7) Creticus. Floribus peduuculatis ; sepalis paulo majoribus , utrinque bi- dentatis, apice vix tridentatis. In Creta fide herbarii Vaillautii in herb. Mus. Paris, in berbario Lessertiano vidi ex Ventenat. — Acetosa cretica semine aculeato. Tourn. inst., p. 5o3 , C. B. Pin. ii4, prodr. bù. Celle variété ne diffère de la première que parce que les sé- pales dans le fruit sont plus grands , et que les dents du sommet sont beaucoup plus petites que les autres , de sorte que l'on n'en remarque que deux de chaque côté et que le somn^et paraît tridenté, quoique la dent du milieu soit plus grande que les latérales; la plante est plus forte et plus allongée qu'à l'ordinaire. AD. STtJNiiEiL. — Flore de Barbarie. 201 B. Dentés sepalum œquantes vel subœq Liantes , uncinati. Flores majores. 8) Canariensis.ToMis ihomboïdeis etiam in caule latiusculis, pedunculis apice tanturn iucrassatis. Sepalis ferè ut insequeute, paulo rninoribus utrinque quadrideolatis apice tridentalis et dorso pilis minimis latis cxasperatis ; ex Teneriffa in herbario Mus. Pans. v. s. M. Lëopolcl de Buch (oiiv. cit.) regarde le /?. bucephalopho- rus comme une espèce inlroduite aux Canaries, où elle fut por- tée avec des Vignes venant de Madère, mais originaires de Can- die. Le fait qu'il y constitue une variété particulière ne détruit pas son opinion, que j'adopte d'autant plus volontiers que la patrie de l'espèce est bien certainement le bassin de la Méditer- ranée. Cependant, comme cette variété a une grande analogie avec celle qui se trouve dans le Portugal et l'Espagne, je pense que c'est de ce pays qu'elle sera venue à Ténériffe plutôt que de la Grèce; peut-être trouvera-ton aux Canaries deux variétés indiquant les deux origines. e] Hispanicus. Fructibus pedunculatis ; sepalis utriuque tri vel quadriden- talis , filiformibus ap'ce uncinatis , sepalorum apice tridentato , dente medio majore obtuso. In arenis raaritimis propè Gijon invcnit cl. Du- rieu, et in Lusitania c Hoffraansegg; in herb. Lessert. v.s. î) Grcecus. Pedunculis pubescentibus ; sepalis majoribus, utrinque triden- tatis , apice integro, dentibus sabincrassatis subrecurvis , non unci- natis. — In Grascia; vid. sicc. in herb. Lessert. — R. hucephalophorus Chaub. , £1. Morée. — Siblh. fl. graec. , fig. 345. Généralement les feuilles, dans cette variété, sont un peu plus larges et plus arrondies que dans les autres. ïi) Hipporegii. Pedunculis glabris ; sepalis maximis, apice tridentatis utrinque bidentatis dentibus recurvis incrassatis apice uncinatis. Girca Bouam legebam anno i833. — Moris. hist. , t. 28, fig. i4, malé. — Acetosa ocimifolia, neapolitana G. B. , Tournefort Instit. , p. 5o3. — Ruraex aculeatus Linn. — Campd. mon. rum,, p. i4i. Nous avons rapporté ici comme synonyme la phrase deTour- nefort; mais la plante qui existe dans son herbier est intermé- diaire entre la variété précédente et celle-ci. 202 AD. STEiwHEiL. — Floîc de Barbarie, Linné, dans VHortus Cliffbrtianus , page i3g, cite la figure de Morison , de sorte que l'on pourrait croire que c'est surtout sur cette variété qu'a été fait le R. bucephalophorus. C'est elle , en effet, qui ressemble le mieux à la tête d'un bœuf, et qui mérite le mieux le nom tiré de cette ressemblance ; c'est à elle aussi que Tournefort rapporta le nom de Bovx£cpaX»î., , .v (i) Orchid., p. 260. (a) ife/f.,n''ia8i,t. XXX. (3) Florfoustr.ft. xvy. àd. steinheil. — F tore de Barbatie. an EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 7. Fig. I. Rumex bucephalophorus gaîlicus jÛQViviTucW^ke, ^x. mi. Fig. 2. Le même, grossi. — Sépales et sépalules. Fig. 3. R. bue. massiliensis, &eiir fructifiée, gr. nat. Fig. 4. Un sépale du même , grossi. Fig. 5. R. lue. crelicus, fleur fructiflée, grand, nat. Fig. 6. Un sépale du même , grossi. Fig. 7. B. bue. canariensis, portion d'inflorescence à l'époque de la maturité du fruit, grand, nat. Fig. 8. Un .sépale du même, grossi. Fig. 9. R. bue. /2w//a«ic«f, fleur fructifiée, grand, nat. Fig. 10, Sépale du même, grossi. Fig. 1 1. R. bue, grcecus , fleur fruclifiée, grand, nat. Fig. 12. Sépale de la même plante pendant lé développement de la fleur, grossi, Fig. i3. ^. ^wc. ^/^yoore^//, fleur fructiflée, grand, nat. Fig. 14. Une autre fleur de la même plante^ grand, nat. Les calices à pédoncules courts deviennent plus grands que les autres. Fig. 1 5. Sépale à l'époque de la floraison , grossi : on y voit combien les dents inférieures du sépale sont encore peu développées ; dans l'espèce précédente, flg. la, on n'en trouve même pas le rudiment. Fig. 16. Calice enveloppant le fruit de VEmex australis , grossi. Fig. 1 7. Otchis lœta , fleur , grand, nat. Fig. 18. Le labellum, vu de face, gr. nat. Fig. ig. Etamine grossie, Fig. ao. La même, vue deprofiL PLANCHE 8. Daucus gracilis. Fig. I. La plante,de grandeur naturelle. Fig. a. Une fleur, grossie. Fig, 3. Pétale d'une des fleurs de la circonférence , grossi. Fig. 4. Pétale régulier, grossL Fig, 5, Pédicelle ovaire et disque , grossis. Fig. 6, Le fruit, grand, nat. Fig. 7. Le même, grossi; face postérieure. Fig. 8. Le même, grossi; face antérieure. Fig. 9. La graine, dont la moitié supérieure est partagée longitudinalement pour faire vo '2 l'«mbryon. Fig. 10. Foliole de l'involucre, grossie. Fig. 1 1. Foliole de rinvolttcelle du côté extérieur, grossie. Fig, 1%, Foliole de l'involucelle du côté intérieur, grossie. 14. 212 H. MOfîL. • — Coloration hibernale des feuilles. Recherches sur la coloration hibernale des feuilles. Par M. Hugo Mohl, Professeur de botanique à Tubingen. (i) Leschangemensde couleurque les feuilles subissent dans les différentes périodes de leur existence sont d'une très grande im- fportance dans la vie végétale. Le changement de leur couleurverte en jaune et en rouge à l'approche de l'automne et avant la chute des feuilles, la teinte rouge que présentent certaines feuilles dans la première période de leur développement, l'absence de couleur lorsqu'elles croissent privées de la lumière, ces diverses particularités sontconnuesde tont le monde.Ellesacquièrent plus d'importance pour le botaniste par la considération que ces chan- gemens de couleur sont toujours accompagnés de changemens dans leur développement, que les différentes couleurs de feuilles, autres que la verte, se répètent dans les fleurs et dans les fruits, et qu'en cela aussi un nouveau point de comparaison vient s^of- frir entre les feuilles des organes de la végétation et celles des organes de la fructification. Je me suis proposé d'appeler l'attention des botanistes sur un sujet qui paraît avoir échappé jusqu'ici aux recherches des phy- siologistes , c'est-à-dire sur un changement de couleur qui se présente périodiquement dans les feuilles persistantes. Cette particularité offre , il est vrai , quelque ressemblance avec la coloration des feuilles avant leur chute; mais elle n'est pas, comme cette dernière , un signe de mort prochaine. Lorsque , en hiver et au printemps , aussitôt que les glaces se sont fondues, on examine les plantes de pleine terre, on trouve que, dans un nombre infiniment plus considérable d'entre elles qu'on ne l'admet ordinairement , les feuilles ne sont pas (i) Ce Mémoire a élé traduit par M. Buchinger d'après une dissertation inaugurale publiée en avril i837 à Tubingue, et qui a élé réimprimée dans le journal de botanique allemand Flora, novembre et décembre i837. H. MOHvL. ■ — Coloration hiebrnale des feuilles. 2 1 3 mortes, mais qu'au retour de la chaleur, elles sont, en quelque sorte, ressuscitées. On remarque en même temps que, dans le plus grand nombre de ces feuilles persistantes, la couleur verte qu'elles offrent pendant l'été, est plus ou moins changée et qu'elle revient successivement,. dans les mois du printemps, à la coloration d'été. i'bj^i,,. Dans certaines plantes toujours vertes , les feuilles présentent en hiver une teinte jaune sale, qui les ferait regarder facilement comme à diemi mortes, si, au printemps, elles ne venaient à re- prendre leur couleur verte. Ceci se remarque d'une manière très évidente dans les Conifères et les différentes espèces de Pinus, Ahies , Xaxus, Thuya , Juniperus , surtout dans le /. Sahina. L'exposition ou le sol plus ou moins favorable à la plante paraît exercer une influence sur ce changement de couleur,qui se montre plus fréquemment lorsque ces plantes viennent dans un sol calcaire qui leur est moins favorable que lorsqu'elles viennent dans un sol entremêlé de sable quarzeux.Du moins, cette teinte jaune m'a-t-elle semblé bien plus prononcée dans les environsde Munich que sur le keuper du Wurtemberg ou sur la molasse de la Suisse relie était encore plusremarquable lorsque les arbres croissaient isolés et exposés au vent. Lorsqu'on soumet à un examen anatomique ces feuilles, dont la coloration se 'trouve changée, on n'y trouve point d'autre- déviation de la structure qu'elles présentent en été, si ce n'est que leur chlorophylle est plus jaunâtre , comme on peut fa- cilement s'en convaincre lorsqu'on soumet au microscope la coupe longitudinale mince d'une feuille qui a conservé sa teinte verte, car des rameaux isolés se conservent parfaitement verts sur le même arbre. On observe néanmoins bien plus fréquemment le vert des feuilles changé en brun ou en rouge, ou du moins une légère teinte rouge se trouve répandue sur les feuilles vertes. Quelque différente que soit la coloration des feuilles du même pied ,. leur examen fait voir que c'est la même cause qui a provoqué tous ces changemens de couleur, et" cette cause réside dans Infor- mation d'une matière colorante pourpre , qui se trouve dans la feuille à côté de la couleur verte, et qui, selon la plus ou moins ar4 H. MoiiL. — Coloration hibernale des feuilles. grande quantité dans laquelle elle existe , et selon la position pespective des parties vertes de la feuille, fait prendre une teinte br^n au vert primitif de la feuille , auquel elle vient se mêler. On se rappelle que certaines plantes présentent des feuilles qui , pendant toute leur vie , sont rouges ou brunes ; ainsi les feuilles de beaucoup d'espèces de Cyclamen, de Saxifraga y celles du Tradescantia discolor sont rouges en dessous ; celles du Fagus syluatica ^purpurea, du Dracœnaferrea, de XAtriplex hortensis rubra^ du Betavulgaris rubra, sont rougeâtres des deux côtés. Dans les premières , ce phénomène provient de ce que la couleur de l'épiderme est d'un rouge assez intense et efface par là le pnrenchyme vert sous-jacent ; dans les secondes , il s'explique par le vert qui perce à travers le rouge , ou bien par la présence de cellules vertes entremêlées aux rouges , ou bien enfin par la présence de grains de chloro|)hylle verts dans les cellules teintes en rouge. Nous savons également , par les re- cherches de Marquart , que la couleur brune des pétales du Calycanthus, de la spathe de KArum divaricatam , du périanthe du Veralruin nigrum et de X Aristolochia glauca , provient de la présence d'une ou de plusieurs couches de cellules rouges ou violettes, superposées à des cellules vertes. Les anatomistes savaient depuis long-temps que la couleur rouge de certaines cellules provient de la coloration du suc cel- lulaire, par exemple, dans les Tradescantia discolor y Calla cethiopica. Impatiens Balsamina, Acorus Calamus, etc. Ces cel- lules rouges furent plutôt considérées comme une particularité de certaines plantes, et on ne songea guère à les comparer aux feuilles qui changent de couleur en automne, et à examiner anatomiqueraent les changeraens qu elles subissent dans ce cas. Les physiologistes s'occupaient plutôt généralement de faire des spéculations sur les couleurs des plantes , de les rapporter aux couleurs du prisme , que de chercher à connaître la nature des matières colorantes elles-mêmes. Comme dans le prisme, le vert tient le milieu et se trouve bordé, d'un côté, par le jaune et le I ouge , et de l'autre côté, par le bleu et le violet, on croyait que le vert des plantes était de même le point indifférentiel entre la série de couleur rouge-jaune et celle du bleu, et c'est par H. MOHL. — Coloj'ation hibernale des feuilles. 2 1 5 loxygénation et la désoxygénation de la couleur verte, qu'on cherchait à expliquer l'origine de ces couleurs , en se fondant sur des expériences chimiques incertaines, sur des idées fausses d'oxygénation et de désoxygénation, sur l'action des alcalis et des acides (1). Cette manière de voir parvint à son point culminant dans les travaux de Schùbler (2) et de Macaire Pnncep(3) , dont les résultats semblaient mériter une confiance d'autant plus grande, qu'ils étaient appuyés, non-seulement sur des recherches chimiques, mais qu'ils se trouvaient être assez en, harmonie avec le changement de la coloration des fleurs. Les théories de ces deux auteurs passèrent par conséquent presque intégralement dans lesécrits des physiologistes des derniers temps, par exemple, dans ceux d'Agardh (4) , de De Candolle (5) , etc. Schûbler et Macaire Princep cherchèrent à déterminer , au moyen des analyses chimiques , les propriétés des matières colorantes dans les plantes; mais tous les deux se trompèrent en ce qu'ils ne combinèrent pas leurs analyses chimiques avec des recherches anatorniques sur les organes dans lesquels la matière colorante se trouve déposée. Ils ne savaient donc pas s'il y avait une seule matière colorante ou s'il y en avait plusieurs dans les parties des végétaux soumises à leurs recherches; si leurs réactifs agissaient sur une seule pu sur plusieurs de ces matières ; si les dissolvans, lors de la présence de plusieurs matières colorantes, en dissolvaient une seule ou plusieurs, etc. Une seconde erreur de ces auteurs se trouve dans la théorie chimique, qu'ils ap- pliquent à l'explication des phénomènes delà coloration , en admettant que les changemens produits par les acides dans les couleurs produites étaient le résultat de l'oxygénation de ces der- nières, et que les changemens par les alcalis étaient l'effet de la désoxygénation. Schûbler examina les réactions que les acides et les alcalis produisent dans les teintures alcooliques des pétales, et (1) Sprengel , vom Bau und der IVatur der Geivaechse , p. 5o2-5io. (2) Untersuchungen ûber die farben der Biûthen , Tubingen , xB-xS. (3; Mémoire sur la coloration automnale des feuilles. (Mémoires de la société de physiqiief et d'histoire naturelle de Geaève , t. iv, p. 43.) (4) Biologie , p. a6a et siiiv. (5) Physiologie végétale, t. a, p. 888. 2i6 H. JMOUL. — Coloration hibernale des feuilles. trouva que les teintures des fleurs bleues et rouges sont rou- gips par les acides et teintes en vert par les alcalis ; celles des fleurs jaunes ne sont que légèrement modifiées parles acides, et les alcalis les rendent rousses ou brunes. Or, en admettant que toutes les couleurs des plantes se forment par Toxygénation ou la désoxygénation de la chlorophylle, il distribua les fleurs en deux séries, les oxidées et les désoxidées , dont la première com- prend les couleurs jaunes et une partie des couleurs rouges, et fut appelée pour cela par De Candolle série xanthique , tandis que la seconde renferme les couleurs bleues et une autre partie des couleurs rouges, et fut appelée pour cela par De GandoUe la série cyanique. tno;;v,53?!^.r^f fj Cette théorie s'étaya fortement par les recherches de Macalrè Princep ; car, d'après lui , la chlorophylle , traitée par les acides , s'oxide, devient d'abord jaune, puis rouge, puis orange, et cette chlorophylle oxidée devrait pouvoir être ramenée à la chloro- phylle verte au moyen des alcalis. Ce chimiste rapporta donc à la chlorophylle oxidée la couleur rouge de toutes les parties des plantes. La couleur bleue se forme d'un mélange de chloro- phylle rouge avec un alcali végétal. Comme toutes les couleurs des plantes paraissaient ainsi provenir de simples modifica- tions de la chlorophylle. De Candolle changea ce dernier nom en celui de Chromule. Mais bierUôt on réclama contre la justesse des observations de Macaire Princep. Léopold Gmelin (i) démontra que la chlo- rophylle des feuilles ne se teignait pas en rouge parles acides, que la chlorophylle , jaunie par des acides minéraux ou par la décoloration automnale , ne reprenait pas la couleur verte au moyen des alcalis, et que les feuilles rougies par l'automne ne contenaient pas une résine rouge, mais bien une chlorophylle jaunie et une matière extractive bleue, que les acides rou- gissent. Les recherches anatomiques des auteurs subséquens ne s'ac- cordaient pas non plus avec les théories de Macaire Princep, adoptées par De Candolle ; car elles ne firent trouver géuérale- (r) Handbmit dey theorr.t. Clieniie , t. n, p, 635. H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. -217 ment dans les pétales ainsi que dans les tiges et dans les feuilles rougies qu'un suc cellulaire coloré, soluble dans l'eau; rare- ment elles firent voir des globules(i)! Cette circonstance fit dou- ter si , à l'exception des grains de chlorophylle décolorée , en automne, dans les feuilles mourantes, il existait des grains de chlorophylle jaunes et rouges, et Roeper {p) démontra que des grains de chlorophylle verte se trouvent quelquefois dans le suc cellulaire coloré. Ces faits rié suffisaient pas pour faire bannir des écrits bota- niques la théorie de Schiibler, deMacaire Princep etDeCandulle, par la raison qu'on ne présentait point défaits positifs à la place de l'ancienne théorie, et celle-ci reparut donc dans la physiologie de Tréviranus. Pieper (3) essaya, à la vérité, la réforme prévue depuis assez long-temps; mais , comme cet auteur chercha la solution du problème par la voie de la philosophie de la nature, sans qu'il examinât les matières des couleurs dans les plantes, son écrit n'est d'aucune importance; mais cette réfutation fut préparée par Clamor Macquart(4) dans un travail qui, quelque peu étendu qu'il soit, doit néanmoins faire époque dans la doctrine sur les couleurs des plantes. Marquart admet égale- ment que les couleurs jaunes, rouges et bleues, tirent leur ori- gine de la métamorphose de la chlorophylle; mais il conteste absolument l'existence d'une série de couleur jaune-rouge oxidée et de couleur cyanique désoxidée. Au contraire, il admet que la .chlorophylle fournit une matière colorante bleue par la soustrac- tion de l'eau et une couleur jaune par l'addition de l'eau. Cette ma- tière bleue, Xanthocyane j est une matière extractive de couleur bleue, soluble dans l'eau, mais non dans l'alcool, teinte en rouge par les acides, et en vert par les alcalis. C'est cette matière extractive qui forme la base de toutes les fleurs, bleues, vio- lettes, rouges, brunes, et de beaucoup de fleurs oranges. On (i) Meyen, Phytotomie ^ p. i4i , 148. — Rœper, dans la traduction de la physiologie de De Candolle , t. n, p. 71a , remarq. a. (2) Traduction de la Physiologie de De Candolle , t. 11 , p. 687, remarque. (3) Das JVechselnde Farbeiiverhaeltniss in deii versekiedenen Lebensperioden des Blattei. i^) Die Farben dei Blulfien, iS'ôS. 2 1 8 H. MOHL. • — Coloration hibernale des feuilles, la rencontre de même dans toutes les feuilles oranges, violettes ou bleues , et quelquefois dans les racines non vivaces. La matière colorante des fleurs jaunes, ï Anthoxantine , est une matière extractive résineuse, soluble en partie dans l'eau,, en partie seulement dans l'alcool ou dans l'éther, et qui se teint en bleu par l'acide sulfurique. Ces {\q.ux matières colorantes peuvent se rencontrer dans le même pétale; mais elles sont alors contenues dans des cellules différentes , l'autboxanthine se trouvant dans les cellules infé- rieures , l'anthocyane , au contraire , dans les cellules plus su- perficielles, ce qui produit une grande variété dans la coloration des pétales , selon que la couleur de la couche inférieure appa- raît au travers de la couche supérieure, ou qu'elle en est cachée, selon que l'anthocyane est bleue ou rougie par la présence d'un acide. Les découvertes de Marquart expliquent d'une manière très satisfaisante les faits qui avaient conduit Macaire Princep à ses conséquences erronées, c'est-à-dire la reproduction en au- tomne, au moyen des alcaHs, de la couleur verte dans les feuilles rouges , de même que la couleur rouge produite dans certaines fleurs par les acides; car les feuilles ne se teignent pas en rouge en automne, parce que la chlorophylle se transforme en une matière colorante résineuse rouge , mais par la formation de l'anthocyane à côté de la chlorophylle jaunissant , et cette an- thocyane , rougie par un acide, se teint en vert par les alcalis. Ce dernier vert n'est cependant pas celui des feuilles en été, mais il est d'un beau vert-de-gris. Je doute cependant que la présence de l'anthocyane produise dans tous les cas, au moyen des acides, la coloration en rouge des feuilles vertes ; car l'action prolongée de l'acide sulfurique très délayé produit, dans certaines feuilles, un changement qui ne peut que très difficilement être attribué à la présence de l'an- thocyane. Ainsi les feuilles du Robertsonia crenata Haw. et la y^artie inférieure blanche des feuilles de Sempen/iuum tectorum prennent, par celte substance, une teinte rouge qui n'est pro- duite que par l'action long-temps continuée de l'acide sulfu- rique sur le suc cellulaire absolument incolore. Cette teinte H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. 219 rouge ne dépend pas non pins d'un changement de couleur des grains de la chlorophylle, mais de la coloration du suc cellu- laire. Il m'est impossible de décider pour le moment si la ma- tière, qui, dans ce cas , se rougit, est un mélange d'albumine et de sucre , on bien si elle est d'une autre nature. L'opinion de Marquart , que l'anthocyane se forme de la chlorophylle par l'enlèvement de l'eau contenue dans la chlo- rophylle, ne me semble pas s'appuyer sur des preuves suffisantes : au moins je ne voudrais pas attribuer une grande valeur au fait suivant, sur lequel cet auteur fonde son opinion: il remarqua que la chlorophylle , par l'action de l'acide sulfurique concen- tré , se dissout et prend la couleur verl-bleu la plus intense , et que ce liquide, étendu d'alcool, acquiert une couleur d'indigo foncé. On peut faire cette observation sous le microscope , lors- qu'on met une tranche mince d'une feuille dans une goutte d'eau , à laquelle on ajoute une quantité proportionnée d'acide sulfurique concentré. A mesure que l'acide sulfurique se répand dans l'eau, on voit successivement dans les différentes cellules, les grains de chlorophylle se confondre en une masse grumeuse vert-bleu , et une partie d'entre eux se dissoudre entièrement. Si, dans ce cas, la couleur bleue doit annoncer la formation artificielle de l'anthocyane par la chlorophylle, il est impossible de concevoir pourquoi, malgré la présence de l'acide sulfurique libre, la chlorophylle reste bleue et ne devient pas rouge. Si la couleur bleue ne permet pas d'en induire la formation réelle de l'anthocyane , je ne conçois pas comment cette expé- rience peut aider à formuler une conclusion sur la composition et la formation de l'anthocyane. Un second fait, auquel Mar- quart paraît effectivement attacher une grande valeur servirait peut-être mieux à étayer son opinion , c'est que les cellules , qui , plus tard , contiennent de l'anthocyane, renferment originai- rement de la chlorophylle, et que cette dernière disparaît quand la première se forme. Marquart paraît avoir considéré cela comme un fait hors de toute espèce de doute, puisqu'il dit que, dans leur jeunesse , tous les pétales sont verts, et que ce vert dans les fleurs jauries passe immédiatement à cette dernière cou- leur, tandis que, dans les fleurs bleues el rouges , il se change 220 H. MOHL. — ColorcitioTi hibemaU des feuilles. d'abord en blanc. Mais l'auteur s'est-il bien assuré , par dés lecherches anatomiques, si ce sont précisément tes couches des cellules, contenant dans les boulons la chlorophylle, qui plus tard contiennent l'anthocyane ? Nous sommes Imn de faire à l'auteur un reproche de ce qu'il n'a pas fait cette recherche, qui doit être très difficile dans les pétales encore cachés dans le bouton ; mais nous ne pouvons nous empêcher de dire que les phénomènes qu'on observe dans les feuilles teintes en rouge ne militent pas en faveur d'une telle alternance de chlorophylle et d'anthocyane. Dans la plupart des cas , l'anthocyane des feuilles se trouve dans les cellules de l'épiderme, par conséquent dans un organe où on ne rencontre qu'exceptionnellement des grains de chlorophylle. En outre, lorsque le suc cellulaire d'un plus ou moins grand nombre de cellules du mésophylle se teint en rouge par la formation de l'anthocyane acidulée, on rencontre dans ces cellules des grains de chlorophylle aussi bien que dans celles qui les entourent et qui contiennent un suc cellulaire incolore; seulement il faut souvent une grande attention pour voir les grains de chlorophylle dans les cellules teintes en rouge, parce que le suc en est moins transparent et que la couleur verte des grains de chlorophylle est plus ou moins voilée par le suc cellulaire rouge. C'est ainsique j'ai trouvé conformées les cellules remplies d'un suc rouge dans les plantes suivantes : Hedera Hélix , Se- dum album, Semperçii^um tectonun, Bupleprum falcatwn , Ihymus Serpyllum , Bromus mollis , Hieracium Pilosella,. Diantlius chinensis.Tout cela, il est vrai , ne saurait servir à ren- verser l'opinion de Marquart sur l'origine de l'anthocyane; mais je veux simplement prouver que les faits dont il étaie son opinion ne suffisent pas encore pour mettre cette dernière à l'abri de tout doute. Cette coexistence du suc cellulaire rouge et des grains de chlorophylle verts dans la même cellule se reconnaît bien sur- tout dans les feuilles qui sont vertes pendant l'été, qui rou- gissent plus ou moins en hiver et qui reprennent l'été suivant leur teinte verte, comme cela se voit en partie dans les plantes citées ci-dessus. Dans ces plantes, lorsque la couleur rongea son siège dans les cellules du mésophylle, on rencontre dant. H. uioHL. — Coloration hibernale des feuilles. 17.1 • ces dernières des grains de chlorophylle aussi bien qiie dans les cellules adjacentes dont le suc est incolore, et qui, par consé* quent, sont vertes. Il est difficile de décider si la quantité des grains de chlorophylle contenus dans les cellules rouges est aussi considérable qu'elle l'est dans les cellules vertes, la pré- sence de la matière colorante rouge opposant de grandes diffi- cultés à ces recherches. Je ue saurais par conséquent avancer avec certitude que, dans ces cellules, la quantité de la chloro- phylle n*est pas moindre; mais l'examen anatomique ne saurait probablement guère fournir la preuve que la matière rouge s'est développée aux dépens de la chlorophylle. Il n'est pas rare de ne trouver dans les cellules du mésophylle qu'une partie du suc cellulaire teinte en rouge , par exemple , dans une moitié d'une cellule allongée ou au milieu de la cel- lule, sans qu'on puisse pour cela remarquer une dissolution des grains de la chlorophylle dans la partie colorée de la cellule. Cette coloration partielle du suc d'une cellule paraît indiquer que la matière rouge ne se trouve pas toujours com- plètement dissoute dans le suc cellulaire; autrement une telle distribution partielle dans l'espace étroit d'une cellule serait à peine possible; mais elle indique que la matière colorante rouge se présente souvent dans un état gélatineux demi coagulé. La matière colorante rouge , ainsi que la bleue, se rencontre quel- quefois sous la forme de globules dont les petites dimensions cependant ne m'ont pas permis de décider s'ils sont unique- ment formés de matière colorante coagulée, ou bien s'ils con- tiennent un noyau hétérogène, autour duquel la matière colo- rante rouge vient s'accumuler. J'ai déjà dit plus haut qu'on trouve souvent une matière co- lorante rouge dans les feuilles qui endurent nos hivers en plein air. En effet, les feuilles vivantes pendant l'hiver présentent presque généralement au moins une tendance plus ou moins forte à se teindre en rouge, si elles n'affectent pas entièrement cette couleur. Avant d'exposer mes recherches à cet égard , il ne sera peut-être pas hors de propos de les faire précéder de quelques remarques sur nos plantes toujours vertes. En examinant de plus près ces dernières, on remarque qu'elles "22 2 H. MOHL. — Colowtlon hibernale des feuilles. peuvent être distinguées, quant à la conservation de leurs feuilles pendant l'hiver, en plusieurs groupes, dont les limites cependant ne sont pas très nettes. Dans une partie des plantes indigènes on fréquemment cul- tivées , toutes les feuilles , ou du moins le plus grand nombre de celles qui se sont développées pendant l'été, se conservent non-seulement pendant l'hiver , mais elles persistent encore l'été suivant ou même durant plusieurs saisons consécutives. Il faut ranger dans ce nombre la plupart des Conifères, les Hedera Hélix, Iberis sempervirens ^ les Semperpivum , la plupart des Sedum , les Empetrum nigrum , Azalea procumbens , ^rbutus Uva ursi. Rhododendron ferrugineum et autres Rhododendron , Ledum palustre, llex aquifolium. Une seconde classe de feuilles appartiennent à des plantes bisannuelles ou à des plantes vivaces qui portent des rosettes de feuilles radicales. Ces feuilles restent vertes pendant l'hi- ver , pour périr en partie au printemps, sous l'influence des froids de cette saison et de l'action plus forte du soleil. Ces feuilles ne sont toutes ni également grandes , ni égale- ment développées; mais les extérieures ont atteint déjà, l'au- tomne précédent, leur parfait développement quand les inté- rieures sont encore incomplètement développées , de sorte que toute la rosette présente un bourgeon arrêté dans son déve- loppement par les froids de l'hiver. Un nombre plus ou moins considérable de ces feuilles se détruit; les feuilles extérieures, qui ont atteint tout leur développement périssent en général entièrement; celles du milieu ne périssent qu'en partie, tandis que celles de l'intérieur contimuentàse développer,et si la plante pousse une tige, celle-ci part du milieu du bourgeon. Ces plantes sont donc, comme celles de la première classe , toujours vertes ; mais la durée du plus grand nombre de leurs feuilles ne dépasse pas une année, les feuilles de la première année ne restant que jusqu'au développement de celles de la seconde. C'est ici que viennent se ranger les feuilles radicales de la majo- rité des plantes bisannuelles, de même que les feuilles caulinaires inférieures de beaucoup de plantes vivaces, dont la tige périt «chaque année ,» telles que Plantage major, lanceolata^ etc., H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. 223 Dipsacus fullonum , ferox , laciniatus ; Ëchium vulgarey Ver- bascum Lychnitis, Thapsus , nigrum, etc. ; Hieraciiim Pilosella, hifurcum^ fallax , etc.; Scorzonera hispanica ; beaucoup d'Om- bellifères (par exemple, certains Bupleurum et Chœrophylluni)^ certains Lfchnis [yiscaria, paniculala) certaines Rosacées, telles que Fragaria vesca , beaucoup de Potentilla , Geum rivale, virginianuniy Spirœa Filipendula, Poterium Sanguisorba, quel- ques Crucifères, par exemple , Isatis tinctoria, Erysinium hiera- cifolium , crepidifolium , etc. A la troisième classe appartiennent en partie les plantes an- nuelles qui ont germé encore en automne, pour ne fleurir qu'au printemps prochain; en partie les plantes vivaces qui ont commencé eu automne à développer de nouvelles branches. Comme dans la classe précédente , le développement de leur tige est interrompu par l'hiver, pour se continuer au retour de la belle saison. Elles ne se distinguent au fond de celles de la seconde classe que parce que les feuilles développéesen automne ne forment pas de rosette étalée sur la terre , mais qu'il y existe déjàunetigeplus ou moins longue, portant des feuilles parvenues àdifférensdegrés de dé veloppement. Au printemps, les feuilles in- férieures ,qui avaient atteint leur parfait développement en au- tomne, périssent ordinairement, tandis que les plus petites com- mencent à s'accroître. C'est ici que viennent se ranger un grand nombre de Graminées , par exemple le Bromus mollis, quelques Euphorbia y comme E. Lathyris ^ P^/?/i5; quelques Feronica, comme F. agrestis y aruensis , chamœdrys , Jntirrhinum majusy Cetinthe minor ^ Senecio valgaris, Sonchus oleraceus , ^chillea Millejolium, Anthémis tinctoria. Géranium Robertianum^ Hy- pericum perforatum, dubium, Thlaspi Bursa pastoris , Medicago satwa, P apaiser Rhœas y Chelidonium majus^ etc. Les feuilles de cette troisième classe de végétaux ne durent que rarement une année entière , et ces plantes n'appartiennent à celles dites toujours vertes que parce que le cycle de leur végétation commence en partie déjà en automne pour ne finir que l'été prochain, tandis que les feuilles de la même plante, lorsqu'elles se développent au printemps , périssent générale- ment dans la même année. îT e^Uir iill H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. J'ai dû appeler l'attention des botanistes siir ces différences , parce que les feuilles de ces diverses classes de plantes , quoique toujours vertes, atteignent un âge bien différent. Les feuilles des végétaux , dont les rameaux se terminent par un bourgeon clos, et chez lesquels les feuilles d'une pousse annuelle se dé- veloppent rapidement pendant la première moitié de l'été, comme celles des Pinus , Ahies^ Rhododendron^ etc., ont toutes atteint en automne leur parfait développement. Lorsque ces feuilles vivent pendant plusieurs années, les modifications qu'elles subissent en hiver sont donc indépendantes de celles que nous voyons parcourir à la feuille dans les premiers degrés de son développement, et elles sont tout aussi indépendantes des modifications que la feuille subit dans la période qui précède son dépérissement. Dans les plantes, au contraire, qui, pendant le premier été, donnent naissance à une rosette de feuilles , et qui , l'été suivant, poussent une tige ou une hampe florifère, une partie au moins des feuilles qui forment la rosette, sont, pendant l'hiver, près de leur dépérissement; les modifications observées dans ces feuilles peuvent donc être tout aussi bien une suite de l'âge et des signes d'une mort prochaine que les suites d'une influence de l'hiver. Le même phénomène se présente dans les feuilles inférieures des plantes vertes, dans lesquelles le développement des feuilles ne s'opère pas par périodes , mais où il a lieu d'une manière conti- nue comme dans les Sempervivum ^ de même que dans les feuilles inférieures des plantes annuelles ou des pousses annuelles des plantes vivaces , par exemple , dans les Verordca agrestis , AcMl- lea Mille folium, où ces pousses se sont développées en automne et durent jusqu'à l'été suivant. Le cas contraire a lieu dans les feuilles intérieures et les plus jeuneis de ces plantes, dont le premier accroissement se trouve interrompu parle froid de l'hiver, et dans lesquelles par consé- quent les modifications, suites de l'hiver, coïncident avec celles qui , dans l'état normal de la végétation, accompagnent le déve- loppement des feuilles. Mais c'est un fait généralement connu que les feuilles de beaucoup de plantes ressemblent , pendant les premiers jours H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. iiB et même pendant les premières semaines de leur existence, aux feuilles dépérissant en automne , en ce qu'elles présentent une coloration semblable , rouge ou bleuâtre. Il s'agit donc , avant tout, d'examiner si la coloration rouge des feuilles en hiver est un phénomène indépendantde leur coloration automnale autant que la coloration rouge des feuilles , qui se forment nouvelle- ment; ou bien si cette coloration ne doit pas s'attribuer tantôt à l'une , tantôt à l'autre de ces causes. La solution de cette question ne saurait souffrir dedoute pour les plantes dont les feuilles sont complètement vertes pendant l'été, qui présentent une teinte plus ou moins rouge en hiver et qui reverdissent l'été suivant, en tant que, dans ces feuilles , la coloration se fait à une époque intermédiaire entre leur premier développement et leur dépérissement , et qu'elle est séparée de ces deux époques par une période pendant laquelle elle est complètement verte. Ce phénomène a lieu particulièrement dans beaucoup de Sedum , par exemple dans le S. album dont les feuilles sont en hiver d'un roux foncé: il se montre à un moindre degré dans les 5. acre , sexangulare ^ hybridum, angU' currif Iwidum j anacampseros , dans \e Semperpiçumiectorumy où la teinte rouge occupe presque tout le limbe de la feuille en partant du sommet , et dans le Hedera Hélix, dont la feuille de- vient brune. Mais nous sommes également obligés d'attribuer, dans les plantes de la seconde et de la troisième classe, la coloration rouge des feuilles à l'action de l'hiver, parce que , chez ces plantes , toutes les feuilles , quel que soit leur degré de développement, prennent en hiver une teinte rougeâtre ou brunâtre ; car, comme, dans ces plantes, les feuilles des différens degrés de développe- ment sont sujettes au même changement de couleur, et que cette couleur ne se montre qu'en hiver et jamais sur les pousses, venues dans la saison favorable , nous sommes forcés d'attri- buer cette coloration à l'influence de l'hiver. Il est vrai qu'on voit assez souvent cette coloration hibernale coïncider avec celle qui précède le dépérissement de la feuille et avec celle qui est particulière aux premières périodes du développement de IX, BoTAiT, —1 Jml. i5 2^6 n. MOHL. *— Coloration hibernale des feuilles, la feuille; mais généralement un examen attentif permet de dis- tinguer l'influence de ces différentes causes. Ainsi , les feuilles qui ne prennent la couleur rouge que par l'influence de l'hiver possèdent un parenchyme succulent et consistant, qui conserve tantôt la teinte verte de l'été, et alors la couleur rouge ne réside que dans [l'épiderme, ou qui du moins conserve sa couleur verte parfaitement pure dans une partie des couches qui le composent, quand même il se déve- loppe une matière colorante rouge dans une partie du méso- phylle. Dans les feuilles , au contraire , qui sont près de périr et dans lesquelles, par conséquent, il est permis de supposer une combinaison de la coloration hibernale avec celle des feuilles dépérissantes , le parenchyme est généralement beaucoup plus lâche, d'un vert moins foncé et plus dépourvu de suc. Toute la feuille, lorsqu'on la regarde contre la lumière, est généralement plus transparente, la couleur rouge en est plus claire, s'appro- chant davantage du rouge de tuile ou de cinabre, tandis que la feuille fraîche et vivace présente une teinte plus rousse par suite d'un vert plus foncé qui se mêle au rouge. Ces différences sont très saillantes, lorsqu'on examine les feuilles extérieures qui sont sur le point de périr, par exemple, dans les Fragaria vesca, Hieracium Pilosella, Buplevrum fal- catum^ Isatis tinctoria ; mais elles ne se font très bien rettiarquer qu'au printemps, quand la végétation recommence. Pendant l'hiver, au contraire, elles sont très peu sensibles. Un grand nombre de plantes, comme je l'ai dit, offrent en elfet cette par- ticularité, que les anciennes feuilles se conservent pendant tuol l'hiver fraîches et succulentes, comme cela se voit dans les plus jeunes feuilles qui au printemps renaissent à une vie nouvelle , et ne périssent alors que par suite de la chaleur plus grande et des gelées matinales. Ce phénomène s'observe dans toutes les plantes citées plus haut de la deuxième et de la troisième classe; mais on le retrouve, en outre, dans quelques ^ plantes hgneuses dont les feuilles sont, à la vérité, plus ou moins i roussies en hiver, mais qui sont encore succulentes, et ne péris- sent qu'à la fin de l'hiver ou au printemps, par exemple, dans les Ligustrum vulgare^ Erica vulgaris, Cratœgus pyracaniha. H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. 227 Or, comme dans la même plante nous voyons des feuilles qui rougissent en hiver pour dépérir au printemps, tandis que d'autres feuilles rougissent de la même manière, mais rever- dissent au printemps et continuent à végéter; comme, de plus, dans quelques plantesligneiises, par exemple dans les Cratœgus pjrracajîiha et Ligustrum vulgare, nous voyons les feuilles se teindre en rouge, de la même manière que dans les arbres qui se dépouillent en automne, mais sans que ces feuilles pé- rissent de suite, et tombent avant le printemps; comme, en outre, les feuilles de la majorité des plantes tombent sans prendre de couleur rouge, il me semble que nous sommes parfaitement en droit de contester toute relation entre la production d'une couleur rouge et le dépérissement des feuilles, et nous pou- vons admettre que la production de la couleur rouge , dans les feuilles en automne et en hiver est la suite du changement des fonctions physiques des feuilles dans cette saison; mais que le dépérissement des feuilles ne coïncide qu'accidentellement dans un certain nombre de plantes avec cette période, tandis que dans d'autres il ne s'opère que quelques mois après et à l'approche d'une nouvelle végétation , où la force végétative de la plante ne se porte plus que sur la production de nouvelles feuilles; dans d'autres plantes, au contraire, les feuilles au re- tour du printemps reprennent leurs fonctions, ce qui fait de nouveau disparaître la coloration rouge. Nous sommes d'autant plus fondés à ne pas reconnaître de rapport entre le dépérisse- ment des feuilles et la production d'une couleur rouge, que d'autres circonstances aussi peuvent produire cette couleur, par exemple, l'altération des fonctions normales et du développement des feuilles à la suite de piqûres d insectes ou de la naissance d'Entophytes, circonstances qu'on ne saurait considérer comme amenant la feuille vers son dépérissement; car , fréquemment, elles rendent anomale la force végétative, mais en l'augmen- tant et en donnant lieu à un excès de développement dans le parenchyme. Il faut ajouter à ces causes que la position géo- graphique, dans beaucoup de plantes , a une influence majeure sur la production d'une matière colorante rouge, et qu elle la iait naître même en été, époque où la végétation est la plus active. Le ^28 H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. climat des hautes montagnes ainsi que les marais paraissent jouir de cette propriété; du moins, est-il très surprenant que dans les Alpes un grand nombre de Mousses et d'Hépatiques, par exemple, les Sphagnum, beaucoup de Bryum, de Grimmia, deJungerman- nia, présentent une teinte rouge-claire ou rousse quand les mêmes espèces dans la plaine se montrent toutes vertes. Cette influence du climat des Alpes est moins sensible dans les plantes phané- rogames; mais il est néanmoins facile de la reconnaître dans certaines plantes de la région des glaces , comme dans les feuilles des Saxifraga biflora, oppositifolia y XAjuga pyramidalis^ al- pestris Gaud. , dans la teinte foncée de beaucoup de Graminées, dans les bractées des Carex airata^ nigra, fœtida, etc. La vé- gétation des hautes montagnes présente également en automne un rouge vif, tel qu'on ne le rencontre jamais dans les plaines, et à peine dans les vastes marais tourbeux des pays couverts de collines. Les causes extérieures qui favorisent dans les Alpes le déve- loppement de la matière colorante rouge peuvent être très bien mises en parallèle avec celles qui dans la plaine occasionnent en automne les mêmes phénomènes , et je serais tenté de les chercher danslalternation des jours chauds et des nuits froides : certes l'action d'une lumière très vive doit entrer en ligne de compte <:lans la production d'une coloration beaucoup plus vive. En effet, nous voyons dans les plantes dont les feuilles rougissent chez nous en automne que la couleur rouge se développe fré- quemment avec plus d'intensité dans les feuilles exposées à la lumière, tandis que les feuilles ou leurs parties qui sont garan- ties de l'influence de la lumière restent complètement vertes. Si de tout ce que nous venons de voir il résulte d'une manière incontestable que la production d'une matière colorante rouge pendant l'automne et l'hiver ne dépend pas du développement avancé des feuilles, mais d'une influence de climat, il en est autre- ment de la couleur rouge que les feuilles affectent immédiatement après leur naissance ; car cette dernière se présente entièrement indépendante des changemens de température, et elle se ren- contre dans les plantes qui se trouvent dans les serres à tempé- rature très égale autant que dans celles qui viennent en plein air. H. MOHL. — - Coloration hibernale des feuilles . 229 Cette coloration, cependant, ne devra pas être confondue avec celle de l'hiver, celte dernière s'emparant de toutes les feuilles de la plante, indépendamment de leur âge ; ces deux causes de ce- loration peuvent cependant coïncider accidentellement lorsque la végétation des jeunes pousses est interrompue par l'hiver. Déjà plusieurs physiologistes ont appelé l'attention sur le fait que la coloration automnale des feuilles est en rapport avec celle des fruits, par exemple dans la Vigne, dans les Rhus^ etc. ^ c'est-à-dire que des plantes à fruits rouges montrent en automne une coloration rouge , tandis que les feuilles des plantes dont les fruits ne renferment pas de matière colorante rouge ne rougissent pas non plus en automne. Cette relation entre la couleur des fruits et celle des feuilles est incontestable dans beaucoup de cas; mais, comme on verra par le tableau de plantes annexé au présent Mémoire, elle est loin d'être géné- rale, la couleur rouge se présentant dans un grand nombre de plantes dont les fruits sont dépourvus de toute trace de cette couleur. Cette coïncidence de la couleur des fleurs et des fruits est ce- pendant importante en tant qu'elle fait voir que les feuilles, lorsqu'en automne et en hiver elles cessent de remplir leurs fonctions respiratoires, présentent dans leurs rapports chi- miques ainsi que dans leurs couleurs un rapprochement avec les fruits. Il est vrai de dire que ce changement n'est que fort incomplet, et qu'il cesse lorsque les circonstances extérieures ne le favorisent plus. Considérée sous ce point de vue, la production delà matière colorante rouge dans les feuilles , et les changemens que ces der- nières subissent à cette occasion, pourrait être comparée à la maturation du péricarpe succulent. Ce sujet n'est pas encore suffisamment étudié; cependant, les observations suivantes pourront servir à prouver que les modifications qu'éprouvent successivement les feuilles présentent de l'analogie avec celles qu'on rencontre dans les fruits. En effet , après que les feuilles et les fruits ont été également verts pendant leur accroissement; qu'ils ont attiré la sève montante ; qu'ils ont exhalé Foxigène pendant le jour et l'acide carbonique pendant la nuit; qu'ils ont 23 o H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. évaporé de l'eau , et qu'ils ont probablement tous les deux changé de la même manière en suc nourricier la sève ascendante ; après que cet état a été stationnaire pendant un temps plus ou moins long, il peut subir dans toutes les deux un double chan- gement. En effet, les feuilles dans la plupart des plantes herbacées ainsi que les péricarpes membraneux produits également par la métamorphose de feuilles, périssent et se desséchent, sans subir auparavant d'autres changemens que la transformation de la chlorophylle en matière jaune ou l'absorption de la chlorophylle; ou bien ces deux organes subissent dans leurs sucs une méta- morphose qui est indépendante de leur accroissement jusqu'à cette époque, et c'est par suite de cette métamorphose qu'une matière colorante rougé se forme dans les feuilles , et qu'une matière aussi généralement rouge ou bleue se présente dans les fruits. Il est évident que dans les fruits, ce changement est indépen- dant de la nutrition, car ils parviennent à parfaite maturité, même lorsqu'ils sont séparés à l'état vert de la plante nourri- cière. Dans les feuilles, nous observons le même phénomène, puisque la formation de la matière colorante se fait en au- tomne et en hiver, c'est-à-dire à l'époque où toutes les fonc- tions des feuilles ont cessé ou sont du moins presque nulles. L'absence d'une analyse comparative des feuilles pendant l'hi- ver et pendant les autres époques de leur vie ne permet pas de décider si, outre la formation de la matière colorante en hiver, il s'opère une tranformation de toute la masse des sucs sem- blable à celle que présente la maturation des fruits. En comparant l'état des feuilles en hiver et le fruit mûrissant, nous ne devons cependant pas perdre de vue que la maturation marque dans les fruits la dernière période de leur vie, et que les fruits ne présentent jamais de retour à leur état antérieur, tandis que dans les feuilles cet état indique, à la vérité, assez généralement la dernière phase de leur vie, mais qu'il n'est aussi souvent que passager , la feuille pouvant reverdir , surtout lorsque le froid de l'hiver est venu interrompre la vé- gétation d'une feuille non encore complètement ^développée. Les circonstances extérieures qui favorisent la maturation H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles, 23 il des fruits, et celles qui occasionnent le développement de la matière colorante des feuilles sont extrêmement différentes- Dans les feuilles c'est le froid qui interrompt [leur végétation et toutes leurs fonctions, et malgré l'action de la lumière il s'y forme une matière colorante rouge. Dans les péricarpes, au con- traire, dont le développement dépend non-seulement des dispo- sitions particulières de la feuille carpellaire, mais encore en même temps du développement et de la maturation des graines, c'est la chaleur qui en favorise le développement complet, et accélère par là l'approche de la dernière période de leur vie. Dans les feuilles comme dans les fruits, le développement de la matière colorante peut être accéléré , lorsque par suite de causes extérieures leur développement normal et leur nutrition se trouvent interrompus, par exemple, par des piqûres d'in- sectes, par leur séparation de la plante nourricière, etc. Dans ce cas, l'affluence du suc et son élaboration se trouvent inter- rompues ou dérangées dans les organes verts, et la formation d'une matière colorante a lieu comme lors de la cessation normale de ces fonctions. Cette circonstance de même que la coloration des feuilles qui tombent en automne, paraissent au premier abord favoriser la théorie ordinaire , que la formation de la matière colorante est un signe de dépérissement; mais elle prouve uniquement que cette formation est accompagnée de dérangemens très variés dans la végétation des feuilles^ et dans l'élaboration qu'elles font des sucs nourriciers. Il faut même considérer comme purement accidentelle la circonstance que cette coloration se fait dans un organe sur le point de mourir, parce que, comme je l'ai dit plus haut, elle se présente assez souvent dans des feuilles qui continuent à végéter encore long-temps, et qui reprendront plus tard leur teinte verte. La coloration des plantes parasites est en rapport intime avec la formation d'une matière colorante dans les feuilles vertes, qui, par des causes extérieures, sont troublées dans l'élaboration du suc nourricier. Car, comme les véritables plantes parasites vivent généralement aux dépens du suc déjà élaboré des plantes nourricières, elles se trouvent sous ce rapport dans une posi- tion identique à celle que présentent les feuilles dont la végé- 232 H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles, tation a été interrompue par le froid de l'hiver, en ce qu'elles attirent et qu'elles élaborent, comme celles-ci, peu ou point de sève ascendante. En même temps la plupart de ces plantes manquent de couleur verte, et il s'y développe une matière co- lorante assez vive. Il est peut-être encore permis d'expliquer par les mêmes causes la couleur rouge des feuilles de beaucoup de plantes peu après l'épanQuissement de leurs bourgeons ou après la germina- tion des graines; car il est très permis de comparer un bourgeon qui se développe à une plante parasite en ce que le développe- ment du premier doit s'opérer probablement non par la sève as- cendante, mais au moyen des matières nutritives élaborées dans la souche et dans le tronc. Ainsi le bourgeon, aux premiers temps de son développement , peut être considéré comme pa- rasite sur son tronc, et pendant ce temps nous trouvons que ses feuilles sont fréquemment teintes en rouge ; lorsque, au contraire, ces feuilles ont atteint un certain développement, et coopèrent à la nutrition de la plante par lelaboration de la sève ascen- dante, leur couleur rouge est remplacée par le vert. Lorsqu'on e^^amine les feuilles rougies en hiver, on trouve, comme je l'ai dit plus haut, la chlorophylle peu ou point chan- gée, et à ses côtés on observe dans les cellules la matière colo- rante rouge en plus ou moins grande quantité. Cette matière rouge ne se rencontre jamais dans toutes les cel- hdesde lafeuUle; mais elle en occupe ordinairement les couches extérieures tant supérieures qu'inférieures, tandis que les couches moyennes sont ordinairement toutes vertes. Il est rare que toutes les cellules de la même couche se teignent en rouge ; mais or- dinairement le suc dans une partie d'entre elles est absolument incolore. Ordinairement les cellules de l'épiderme en plus ou moins grand nombre contiennent un suc rouge. On a souvent dit, et Tréviranus a entre autres avancé le fait, que les cellules de l'épiderme ne contiennent point de suc, mais bien de l'air (i); (i) Dans les recherches que j'ai publiées sur l'analomie des feuilles, j'ai montré que, les cuUules des feuilles éiaicnt toujours remplies de suc et non d'air. Ad» Erphowiaut. , H. mohl; — Coloration hibernale des jeuilles. 233 je n'ai trouvé ce fait constaté dans aucune plante, et je crois que l'examen des feuilles rougies peut fournir des preuves en- core plus concluantes de la présence du suc dans les cellules de lepiderme que celle des feuilles vertes , chez lesquelles on peut plus facilement se tromper. En examinant les feuilles rougies en hiver, on trouve fré- quemment l'épiderme rouge, tandis que tout le mésophylle est vert, par exemple, dans les Euphorbid\ Peplus, Lamium pur- pureum^ Glechoma hederacea , Veronica agrestis^ Poterium Sanguisorba , Spirœa Filipendula , Sonchus oleraceus, uânthemis tinctoria , Silène paniculata , viscosa , Erysimum crepidifolium , canes cens ^ angustifolium y Sedum hjbridum. OetKe coloration rouge de Tépiderrae se rencontre surtout dans les plantes dont les feuilles n'étaient pas encore parfaitement développées en au- tomne , dont la végétation s'est trouvée interrompue , et qui la reprennent au printemps. La coloration, cependant, est assez forte pour faire prendre dans beaucoup de cas aux feuilles une teinte rousse foncée ou quelquefois rouge claire. Le suc cellulaire rougi se trouve dans les couches extérieures des cellules du mésophylle hien plus fréquemment que dans l'épi- derme seulement: dans les couches extérieures il est entremêlé de grains de chlorophylle.Geci se rencontre en partie dans les feuilles qui reverdissent au printemps, et continuent à s'accroître , par exemple, dans les Semperviuum teciorum , Sedum album y où les cellules rouges se trouvent réparties dans tout le mésophylle , dans les jeunes feuilles de Géranium Robertianum , Fragaria vesca, Potentilla reptans^ Hieraciwnbifurcum, BauMni^fallax, Pilosella, Geum riuale ^ cela se voit en partie dans les feuilles qui ont atteint tout leur développement, qui endurent l'hiver, mais qui dépérissent au printemps, par exemple, Thymus Ser- pyllum^ Ligustrum vulgare ^ Cratœgus Pyracantha^ dans les vieilles feuilles des Saxifraga crassifolia , Fragaria vesca , Hie- raciiim Pilosella^ Geum rivale, Potentilla reptans , opaca, etc. Dans ces dernières feuilles, un plus grand nombre de cellules du mésophylle contiennent du suc rouge que dans les jeunes feuilles qui reverdissent au printemps, et, lorsque les feuilles s'approchent de leur dépérissement, la formation de matière 2^4 H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles, colorante embrasse presque toutes les cellules du mésophylle. Il est bien plus rare que la couleur rouge ne se développe pas dans les cellules de l'épiderme, mais seulement dans les couches extérieures du mésophylle; dans ce cas aussi et dans toutes les feuilles qui au printemps reprennent leur végétation, cette co- loration se rencontre de préférence dans les cellules extérieures, par exemple, dans les Chelldonium majus, HederaHelix^ Bro- mus mollis ^ Erysimum udUiaria, Iberis sempervirens , dans les jeunes feuilles du Dipsacusfullonum , etc ; tandis que , dans les feuilles qui périssent au printemps, la coloration rouge se fait voir dans presqne toutes les cellules du mésophylle, au moins dans certaines parties de la feuille, par exemple, dans X Isatis tinctoria. Pour terminer ce mémoire, je vais ajouter le tableau des plantes qui sont en grande partie spontanées dans les environs de Tubingen, et dans lesquelles j'ai observé pendant le mois de février et de mars une coloration plus ou moins rouge des feuilles. Ce tableau, sans être riche, montre au moins les familles dans lesquelles cette particularité se retrouve chez nous. Gramine^, LiHACEjE. Plantagine^. DlPSACE^. SYNANTHEREiE. EmCEiE. ScitOPHUIiAKINE^. LabIATjE. RUBIACEiE. Oléines. Umbellifer^. Hederace^. RANUNCULACEiE. Papaverace^. Bromus mollis. Cynodon Dactylon. Lilium album. Plantago média j m^ajor, lanceolata. Dipsacus ferox > laciniatus ,fullonum. Scabiosa colum" baria. Sonchusoleraceus.HieraciumPillosellaj bifurcumj Bau' hini , fallax. Scorsonerù, hispanica. Senecio vulgaris. Anthémis tinctoria. Achillea millefoUum. Erica vulgaris. Yeronica agrestis, chamœdrys. Antirrhinum majus, Cym- balaria. Verbascum Lychnitisy nigrum. Thymus Serpyllum. Lamium maculatum^ purpureum. Teucrium Chamœdrys. Galium sylpatlcum. Ligustrum vulgare. Bupleuïum falcatum. Hedera Hélix. Helleborus fceùdus. Papaver Rhœas. Chelidonîum majus. H. MOHL. — Coloration hibernale des feuilles. 235 CrucifervE. ThlaspiBursa pastoris. Isatis tinctoria. Erysimum crépi- difolium, hieracifolium, canescens. Iberis semperpirens» Arahis hirsuta. CiSTiNE^. HeUanthemum vulgare. Hypericine^. Hypericum perforatum. CARYOPHYtiiEiE. Dianthus chinensis. Saponaria officinalisc Cerasiium ar~ pense. Silène viscosa, panicidata. Crassulace^. Sempervivum tectorum. Sedum album y acre ^ anglicum j hybridiim, Upidum, Anacampseros. GERAisfiACE^. Géranium Robertianum. EuPHORBiACE^. Euphorbia Lathyris^ Peplus. PoMACE^. Cratœgus Pyracantha. Dryade^e. Polentilla reptans , opaca , hirta , viscosa. Sanguisorbe^. Poterium Sanguisorba , hybridum. SpiRiEACEjE. Spirœa Filipendala. LEGUMiNOSiE. Medicago saliva. Genista sagittalis. Observations sur le climat du territoire dHyères et sur les végétaux exotiques quon y cultive en pleine terre, Par M. MA.RTms,D.M. Hyères est à trois lieues à l'est de Toulon , à une lieue et demie de la mer; mais par sa végétation cette vallée n'appartient pas à la Provence; c'est un morceau du nord de l'Afrique qui a été jeté en France pour montrer l'influence d'une heureuse exposi- tion sur le climat d'une contrée. Je n'oublierai jamais mon arri- vée dans cette ville. C'était une de ces belles nuits du midi delà France, si tièdes et si transparentes qu'on se ci'oirait à Naples. La lune éclairait doucement cette nature plongée dans un calme profond ; pas une feuille ne bougeait. Je cheminais silencieux et recueilli sur la route qui vient de Toulon, lorsque tout- à-coup en levant les yeux je vois la cime d'un Dattier se découper sur l'azur du ciel. Je me crus, non plus à Naples, mais en Afrique; pour augmenter l'illusion, un Agave se dressa devant moi avec sa hampe fleurie, et un vieux Figuier, qui se trouvait sur le bord de la route, me reçut sous son ombre iramense. L'illu- 236 MARTiNS. — Sur le climat d' H y ères. sion dura peu, j'étais arrivé, et la vue des maisons m'avertit que je n'avais pas quitté la France. Cependant les impressions de cette nuit étaient trop vives pour s'effacer, et le lendemain je me mis avec ardeur à étudier en naturaliste ce coin de terre, où les Orangers fleurissent comme à Malte , et où les Palmiers élèvent aussi haut qu'en Afrique leur stipe élancé. Le territoire de la vallée d'Hyères est un vaste amphithéâtre qui s'élève du bord de la mer pendant l'espace d'une lieue et demie, et vient s'arrêter au pied d'un cirque de montagnes qui le protègent contre les vents de l'est, de l'ouest et du nord, tandis qu'au sud les trois îles du Levant, de Porte-Croz et de Porquerolles , sont un rempart contre le souffle desséchant du mistral ; telle est la circonscription de la vallée d'Hyères. Si l'on ajoute à cela une latitude de 4^ degrés et le voisinage de la mer, on comprendra que ce coin de terre privilégié doit jouir d'un climat tout-à-fait exceptionnel ; aussi a-t-il été célébré à l'envi par les poètes , les médecins et les horticulteurs, et avec raison , car partout la végétation est le meilleur indice pour juger la nature du climat. En échappant à l'influence des vents si violens et si continus dans le midi, et à celle des Alpes, Hyères nous représente assez exactement le climat de la Pro- vence tel qu'il serait sans l'influence de ces deux causes pertur- batrices. Cette ville est située sous la même ligne isotherme que Nice. La température moyenne de l'année est 12,4 R.; la moyenne de l'hiver est 7,5; celle de l'été, 17,9. Dans un ouvrage aussi remarquable par le fond que par la forme , intitulé : Promenades pittoresques et statistiques dans le département du Far, par Alphonse Denis , M. Hippolyte de Beauregard a inséré des observations météorologiques qui sont d'un trop grand intérêt pour n'être pas données ici ; elles in- diquent le jour de l'année où pendant l'espace de vingt-deux ans le thermomètre est descendu le plus bas , le degré observé et la quantité moyenne d'eau pendant le cours de neuf années, 1/2 Réauraiir. 1810 — 1811 1 janv. — 3' 1811 — 1812 23 Id. — a 1812 — i8i3 ï5 Id. i8i3 r= i8i4 25 Id. — -i MARTiNS. — * Sur le climat d'Hyères, 237 MêmeLiver, 10 mars. — 2" 1/2 ]8i4 — 1810 21 janv. — 4^* 3/4 i8i5 -- i8i6 1 févr. — 2° 1/2 1816 - 1817 déc. + 1° 172 1817 _ 1818 12 Id. + 2° 1818 — 1819 i4 Id. 0° i8i9 — i32o II janv. -^ 9 1/2 1820 — 1821 2 Id. 0° 1821 — 1822 9 Id. 0° 1822 — 1823 19 Id. JO 1823 — 1824 19 Id. O» i84 — 1825 6 févr. + 0" j/2 1825 — 1826 11 janv. — 2"» ij3 1826 — 1827 24 Id. 2° 9/10 1827 — 1828 i3 févr. + 0° 1/4 1828 - 1829 i3 Id. — 0° i;2 1829 — i83o 28 déc. — 4° 1/4 Même hiver, i5 janv. - 4° Id. 2 févr. — 40 Id. 6 Id. — 3" 2/3 i83o — i83i 5 déc. — x° i83i — i831 29 Id. - 0« 1/2 1832 — i833 23 janv. + 0° 1/2 Dans l'hiver de 1 835-1 836 , le tliermomètre descendit à — 2®. QUANTITÉS MOYENNES DEAU. 1824 — 24,0 pouces. 1829 — 10,0 pouces. 1825 — l4,2 i83o — 37,1 1826 — 36,1 i83i — 25,1 1827 — 25,5 l832 — 25,2 1828 — 23,1 i833 — 27,4 Le nombre de jours de pluie est de 4o, en général ; en i835, il a été de 33 seulement. De 1806 à i835, la neige n'a couvert la terre que huit fois; en i83o elle resta sur le sol toute une journée; en 1829, deux jours. En été, me disait M. Denis , le thermomètre ne s'élève guère au-dessus de 27° , parce qu'un lé- ger vent de mer vient toujours tempérer la chaleur du jour. Les deux tableaux que nous venons de soumettre au lecteur en disent plus que tous les raisonuemens sur la douceur des 238 MARTiNS. — Sur le climat d'Jfyères. liivers. Mais daos celui de 1 8 19-1820, on remarque que le ther- momètre descendit à 9° au-dessous de o. Aussi tous les Oran- gers sans exception furent-ils gelés, et ceux qui existent main- tenant n'ont pas plus de seize ans. Avant ce fatal hiver, il y en avait d'énormes. Les Orangers forment dans la vallée d'Hyères une zone bien déterminée, qui n'a guère qu'une lieue de lon- gueur et une demi-lieue de largeur tout au plus; ils occupent la partie supérieure du bassin dont nous avons parlé , et sont adossés contre les montagnes qui les abritent du nord. Ils sont réunis en vergers enlourés de murs qui les protègent encore contre le froid , et leur pied est abondamment humecté par des irrigations. La partie du territoire d'Hyères qui borde la mer est plantée en oliviers d'une haute stature. Les forets qui recouvrent les montagnes, et en particulier celle du Fenouillet, se com- posent des arbres et arbrisseaux suivans : Quercusllex , Q. coc- cifera , Q.Suber , Sorbus domesticay Pinus Pineaj P. alepensis, Phjllirea média , Arhutus Unedo , Adenocarpus Telonensis , Erica arborea , Daphne Gnidium , etc. , etc. Elles diffèrent donc totalement de celles de nos climats, et ressemblent au contraire en tout à celles de l'Italie méridionale. Ces différences avec les productions du reste de la France sont frappantes ; mais ce qui l'est encore bien plus, c'est la vue des végétaux exotiques culti- vés à Hyères en pleine terre. / Non-seulement l'étude de ces végétaux nous fournit les meil- leures données sur le climat de ce bassin , mais l'âge de quel- ques-uns d'entre eux nous prouve que ce climat n'a pas varié depuis les époques les plus reculées : c'est ce que démontrent le Figuier, l'Olivier et le Chêne, dont nous parlons dans notre première section. De tous les jardins d'Hyères, le plus remarquable est celui qui porte le nom de Jardin Filhe , du nom de son ancien pro- priétaire, et qui est maintenant dirigé par un habile jardinier, M. Rantonnet. Ce jardin n'a guère plus d'un demi-arpent. Il est protégé au nord par des bâtimens; à l'est, à l'ouest, par deux murs; au sud, il se confond avec un bois d'Orangers. De tout temps il a été consacré à la culture des arbres étrangers. C'est le 1" juillet i836 que je passai ces arbres en revue : ils sont MARTiNS. — Sur le climat d'Hyères. 289 tous en pleine terre , sans aucun abri. En consultant la série des plus grands froids observés depuis 1 810- 1 833 à Hyères , on pourra se faire une idée , en la comparant à l'âge des arbres, du degré de froid qu'ils peuvent supporter sans périr. Je les range d'ailleurs sous plusieurs chefs qui indiquent les extrêmes de froid qu'ils ont bravé. Je donne aussi le diamètre du tronc pris à ras terre et la hauteur de l'arbre , afin que les horticulteurs puissent juger de la croissance du végétal , et en déduire ap- proximativement celles qu'ils peuvent espérer dans le climat que chacun d'eux habite. Enfin j'ai ajouté le nom de la patrie de chacun de ces étrangers , pour faire voir que toutes les ré- gions des climats chauds comptent, pour ainsi dire , un repré- sentant dans cette petite colonie. Arbreé qui ont supporté une température de 9» au dessous de o Rèautnur. Magnolia grandiflora (Amérique septentrionale). 22 ans ; 27 pieds de haut ; 2 pieds 10 pouces de circonférence; 18 grosses blanches latérales. Pittosporum sinense (Gap de Bonne-Espérance). [20 ans ; i5 pieds de haut ; 1 pied 8 pouces de circonférence ; ao grosses blanches latérales ; fleurit en avril. Melaîeuca Unarifolia (Nouvelle-Galles du Sud ). 3o pieds de haut et 3o pouces de circonférence à la base. Il est couvert de fleurs à la fin de juin , et produit le plus bel effet ( Voyez une note sur cet arbre dans les Annales de la Société d'horticulture de Paris , nov. i83i.) Phœnix dactylifera ( Afrique ) , dans le jardin de M. de Beauregard ; 3o pieds d'élévation totale, savoir: 20 pieds de tronc, feuilles de i5 à 16 pieds; semé , il y a vingt-cinq ans , par le propriétaire à son retour d'Egypte. Eriobotryajaponica. 18 pieds de haut, 3 pieds de circonférence à la base ; la cime a 60 pieds de tour, et se recouvre de fruits excellens au commencement de juillet. Cet arbre est aussi chez M. de Beauregard: il forme, réuni aux deux pal- mieis , à un Tulipier et à un Schlnus molle grand comme un Saule, un groupe fait pour ravir en extase les horticulteurs du nord. Olea europœa (Grèce). Il en existe un à la Grande-Bastide, dont le tronc a a4 pieds de circonférence ; or, M. Moschettini admet que l'Olivier croît d'une ligne et demie par an ; l'Olivier de la Grande-Bastide aurait donc 733 ans, et serait aussi vieux que le célèbre Olivier de Pescio , qui , suivant Picconi , est le plus gros de l'Italie. Quel argument en faveur de la constance du cliulat d'Hyèies que l'existence d'un arbre de cet âge! Elle prouve que jamais le ther- 2^o MARTiNS. — Sur le climat d'Hyères, monèlre, depuis ce laps de temps , n'est descendu à ia° au dessous de o , tem- pérature qui aurait infailliblement causé sa mort. Hcus carica ( Asie Mineure et Afrique). Cet arbre se trouve dans le jardin de M. Grisolle : il a 25 pieds d'élévalion , lo pieds de circonférence à la base, et donne , année commune, 20 quintaux de fruits. ( Voy. sur ces quatre arbres les Annales de la Société d'Horticulture de Paris , avril i835). Quercus Suber. 6 mètres de circonférence : fournit tous les sept ans trois quin- taux de liège. {Annales de la société d'horticulture , septembre i833.) Nerium Oleander splendens. 20 ans ; 2 pieds de circonférence ; i5 pieds de haut. Grâces à son maire , M. Denis , Hyères possède une promenade d'un quart de lieue de long, bordée de Lauriers-roses , plantés en i835. Acacia Julibrizin ( Orient). Il y en a deux , et leur âge doit être de 3o ans. Un ouvrier jardinier, qui n'a jamais quitté Hyères , les connaît depuis vingt-trois ans. 4o pieds de haut, 3 pieds 9 pouces de circonférence. Fleurissent en juillet. Arbres et arbrisseaux qui ont supporté 4° au dessous de o Rêaumur. Casuarina e5'MMe//yoiM! ( Nouvelle-Hollande ). 33 pieds de haut; 4 pieds 4 pouces de circonférence. Il gela en 1819, fut coupé au pied ; il avait alors 6 ans. Fleurit en janvier. Citrus Aurantium (Orient). Tous ont péri en janvier 1820 : on les a recepés du pied , et tous ils ont repoussé avec une vigueur extraordinaire. Chez M. Ran- tonnet, il en est un dont la souche a poussé deux |_branches , dont l'une avait 2 pieds 2 pouces , l'autre 17 pouces de circonférence. La hauteur de l'arbre est de 20 pieds, et, en 1 83 5, il portait 1,200 oranges. Les autres variétés sont plus délicates , comme nous le verrons dans l'article suivant. Anona triloba (Floride). Semé, en 1829, par M. Rantonnet, il a 9 pouces de circonférence, i5 pieds de haut, et ^^& fruits sont mangeables. [Fleurit en mai. Psidium alomaticum (Guyane). Il en existe un pied chez M. de Beauregard, qui a un peu souffert en 1819 : il donne des fruits passables. Metrosideros alba. 16 ans; 10 pouces de circonférence; io pieds de haut; fleurit en mai et juin; graines fertiles. Visnea Mocanera (Canaries). Coupé au pied en 1820 ; i5 pieds de haut; semences fertiles. Myrtus communis, flore pleno. 8 pieds de haut ; 7 pouces de circonférence; couvert de fleurs en juillet, âgé de 9 ans. Cassia corymôosa (Buenos- Ayres). 6 ans; un pied de circonférence ; i5 pieds de haut; fleurit en septembre; graines fertiles. Gnidia simptex (Cap de Bonne-Espérance). Buisson charmant formé par six MARTiNS. — Sur le climat cVHjèfepi. id^x branches partant du sol , dont la plus grosse avait lo pouces de circonférence et 6 pieds de haut. Nerium Oleander var. carneum. Agé de 8 ans; i pied 4 pouces de circonfé- rence; 6 pieds de haut; chargé de magnifiques bouquets , dont quelques-uns se composaient de quarante fleurs au moins. Nerium Oleander, flore albo. i4 ans; 20 pieds de haut ; i pied 4 pouces de circonférence. Végétaux qui ont supporté un froid de 2" au dessous de o. Acacia i^arwesiûTza (Saint-Domingue). 6 ans ; 18 pieds de haut : abrité contre un mur, il donne des graines fertiles. Acacia echinula var. /a^i/b//a (Nouvelle-Hollande). Charmant arbre, formant une pyramide de 18 pieds de haut: son tronc avait 1 pied de circonférence à la base. Acacia /o/)7za/ifa'(Nouvelle-Hollande). Use trouve chez l'arrière-petite-nièce de Massillon; abritée par un angle de maison , sa tête arrondie s'élève à i5 pieds du sol , le tronc a 16 pouces de circonférence au pied. Quand je le vis , il était en fruit. Cassia tomentosa [Améniiue méridionale). 4 ans; i5 pieds de haut; 8 pouces de circonférence; fleurit en hiver. Cœsalpinia €chinata{^v^si\). 4 ans; 10 pieds de haut ; 7 pouces de circonfé- rence ; fleurit en juin ; graines fertiles. Cœsalpinia Sappan (Indes-Orientales). 10 pieds de long ; 6 pouces de cir- conférence ; n'a pas encore fleuri. Grewia orientalis (Indes -Orientales). 4 ans ; 10 pieds de haut; 6 pouces de circonférence ; fleurit en juillet et donne des graines fertiles. Phaseolus Coracalla (Indes-Orientales). Solanum auriculatum {VX^-diQ-V tance). 5 ans^ 12 pieds de haut; 1 pied de circonférence ; graines fertiles. Solanum betaceum. 4 ans ; 7 pieds de haut ; 7 pouces de circonférence ; fleurit en juin et donne des fruits mangeables. A la température de — 2°, il a eu quelques branches gelées. Datura arhorea (Pérou). Fut tué parles froids de 1829 et coupé au pied. A la température de — 2°, toutes les branches qui avaient moins jde 3 pouces de circonférence ont péri ; le tronc a résisté- Polygalajlexuosa. 6 ans ; 10 pieds de haut ; 8 pouces de circonférence. Cou- vert de fleurs en mai et juin. Laurus Pewea (Antilles). 6 ans; 4 pieds de haut ; 6 pouces de circonférence. A la température de — 1 , quelques feuilles ont été gelées. Laurus iW/ca (^Indes-Orientales). Age inconnu; 10 pieds de haut; 8 pouces de circonférence, IX. BoTAir.-* Avril. i6 2^2 MARTiNS. — Sur le clwiat d'Hyères. Psidium pyriferum (Antilles). Il a souffert en i835 ; mais ses branches re- poussaient toutes lorsque je l'examinai. Cums Pampelmousse de Risso. A très bien supporté un froid de — i°. Les jeunes plantes ont un peu souffert à — 2°. Le Cltrus Bergamotta a résiste à cette température. Justicia perupîana. Les extrémités des branches seules ont été gelées. Ajoutons à cette nomenclature les végétaux suivans : Menispermum laurifolium (Indes-Orientales). Maurandia semperflorens (Chili). Nandina domestica (Japon). Ceanoûius africanus {CuTp de Bonne-Espérance). Cohcea scandens (Mexico). Bignonia pandorana (Nouvelle-Hollande). Saluia involucrata (Mexico). Passijlora cœrulea , Phormium tenax , Cactus peruvianus , C. Opuntia, Lophosphermum scandens , Panicum altissimum , etc. Les végétaux qui ont péri avec 3" de froid sont : X Hibiscus Basa sinensis (Indes) 5 le Ficus elastica ; la Canne à sucre ; le Vétiver des Indes ( Andropo- gon squarrosus) , qui avait déjà acquis, en un an, une. hauteur de sept pieds. Végétaux qui ont supporté un froid de 1°. Bamhusa vulgarîs. Planté le 1 avril 1 833, il avait poussé, le 29 octobre, des tiges de aS pieds de haut et de g pouces de circonférence à la base ; le froid de i836 a gelé les jeunes pousses. Quand je le vis , elles repoussaient de tous, les côtés. Andropogon squarrosus ou Vétiver des Indes. Canna angustifoUa. Fleurit pendant tout l'hiver : il a très bien supporté ^ 1° 1/2. Lantana Camara (Antilles). Placé en espalier contre un mur exposé à l'ouest,, les extrémités de ses branches ont seules souffert. Il était en pleines fleurs, quand je l'observai. Volkameria Jâponica a. suipi^Oïié — 1° 1/2. Les Orangers cédrats {Citrus medica) en espalier ont un peu souffert à i* i;2 , ainsi que le Citrus Adlumia , fructu dulci. Le Musa paradisiaca et le M. violacea ont péri à o"; mais la tige, coupée à ras terre, a donné de nouveaux rejetons. HAMPE. — Sur les Cladonia du Harz, 243 RiiCHERCHEs sur les Cladonia de la Flore du Harz , par Hampe. ( Linnœa , vol. xi , page i[\^. ) L'auteur habite un pays extrêmement riche en formes va- riées du genre Cladonia ( Cenomyce ) , et de longues et pénibles recherches lui apprirent enfin à connaître exactement les carac- tères qui peuvent servir à réduire à leurs types les innombrables formes que présentent ces plantes, véritables protées du règne végétal. Les jeunes Cladonies , qui forment rm thalle horizontal com- plet, se reconnaissent très facilement. Une fois qu'on a bien saisi les caractères propres à chaque espèce , il est facile de les re- connaître même dans les dégénérescences. C'est à quatre espèces que fauteur est parvenu à réduire toutes les formes qu'il a trou- vées dans le voisinage de sa demeure. Les caractères principaux résidentdans la couleur des fruits, dans la substance ainsi que dans la couleur du thade et des podécies. Les quatre formes-types par- courent une série de modifications qui se répètent à-peu-près dans chacune d'elles, La plupart des formes appartiennent à l'espèce que l'auteur appelle C. rufa; ce qui résulte de ce que la couche corticale de ce lichen est généralement lisse; lors même qu'il la perd pou r quelque temps, elle renaît promptement dans des circonstances favorables, c'est-à-dire quand la plante est exposée à rhumidité et à l'ombre. La force vitale de cette plante surpasse celle de tous les autres végétaux ; alors même que, par l'ardeur du soleil, la plante est réduite en poussière, un hiver humide de nos climats suffit pour la faire revivre et pour faire sortir de la poussière de nouvelles formes qui ressembleront d'autant plus au lichen détruit que la destruction avait été plus complète. La seconde espèce, qui ne îe cède que peu à la première sous le rapport de la persistance de la vie, est le C coccinea^ distingué par ses fruits écarlates, ses podécies jaunâtres, coriaces, et le thalle épais et coriace. Presque toutes les formes au. C. rufa se répètent dans cette espèce ; seulement l'absence d'une couche 16. 244 HAMPE. — Sur les Claclonia du Harz. corticale lisse favorise la tendance à se dissoudre en poussière germinative. Cette dégénération s'étend jusqu'à la forme fur- cata, comme dans le C. rufa; mais la régénération ne dépasse pas la forme madreporiformis , cependant il est probable que, dans des expositions encore plus favorables que ne sont celles de nos contrées, cette régénération ne produise les formes du C. rangiferina. La forme papillaria se présente très rarement dans le C. coccinea. La durée de la force vitale de la troisième espèce, du C. car- neo-hadia , est bien moindre que celle du C coccinea. Dans une exposition humide et ombragée , la couleur des fruits est incar- nate; dans une exposition sèche privée de lumière, elle est d'un brun sale; les podécies se trouvent recouverts d'une couche corticale écailleuse ou de lanières semblables au thalle. La sub- stance intérieure des podécies est cependant cartilagineuse , et, dans une exposition sèche, elle devient transparente. Dans la forme-type, le Lichen ventricosus y le ihalle ressemble à celui du Cl. coccinea , mais la couleur en est plus foncée supérieure- ment ; en dessous, elle est d'un blanc de craie. Les formes ap- partenant à cette espèce se reconnaissent très facilement aux lanières minces qui, dans les formes divisées, recouvrent plus ou moins la plante : ces formes sont connues sous le nom de CL squamnsa. La dégénération de cette espèce ne paraît s'é- tendre que jusqu'aux formes, même incomplètes, farcata et rangiformis , les podécies étant ouvertes vers le haut (les Perpiœ Fries doivent en partie être rangés ici ). Une forme en partie régénérée , mais qui est plutôt un rabougrissement , est \e fungiformis j la forme madreporijormis se rencontre rare ment. Jusqu'ici l'auteur n'a point rencontré les formes semblables au rangiformis et au papillaria, ce qui s'explique d'ailleurs par la structure de cette espèce. La quatrième et dernière espèce est le Cl. fusca; elle se dis- tingue par ses fruits d'un brun jaunâtre , par ses podécies papy- racées et transparentes lorsqu'elles sont humides, constamment recouvertes d'une poudre vert -gris, et par le thalle psoriforme dans la jeunesse, et d'un blanc verdâtre en dessous. Les ramifi- cations de cette espèce ne vont que jusqu'à la iovm^furcaia , HAMPE. — Sur les Gladonia du Ilarz, a^^ qui même est très rare, les podécies étant d'une consistance très peu solide et se réduisant très facilement en une poudre gris-verdâtre. On conçoit par là que les formes produites par la régénération sont également très rares; l'auteur n'en connaît que le papillarïa. Dans la dernière période de leur vie, les trois premières es- pèces se présentent sous la forme d'efflorescences dans les- quelles l'œil exercé distingue même alors encore les différentes espèces. On me pardonnera, dit l'auteur, de n'avoir tenu aucun compte des espèces établies parles auteurs : j'ai donné aux quatre espèces que j'admets les noms qu'elles méritent par la couleur de leurs fruits. Il résulte de ce que j'ai dit qu'on ne saurait s'en tenir à la description des formes lorsqu'on n'a pas examiné les caractères in- variables et constans de ces plantes , et mon expérience m'a pro- curé la certitude que les différentes formes des Cladonia rufa , fusca et quelquefois du coccinea^ sont entremêlées souvent dans les collections de ceux mêmes qui ont décrit ces plantes : de là naît l'impossibilité de citer ces auteurs ponr les espèces qu'ils ont décrites. Je serais fort aise de comparer, par cette rai- son, les échantillons authentiques, et les botanistes m'oblige- raient beaucoup s'ils voulaient me les transmettre en commu- nication. De ce que je viens de dire, il résulte que je ne puis citer aucune autorité pour les espèces que je vais décrire maintenant. A la suite de chacune, j'indiquerai, dans un aperçu en forme de tableau, les différentes formes qu'elles m'ont présenté- I. Cladonia rufa. Cymatiis rufis, podetiis chartaceis glabris (fere nunquam pulverulentis ) , thallo foliaceo infra îacteo margine sœpe nigro fibrilloso. Tableau des formes du C. rula. B. alpestris A. alcicornis C. endiviaefolia ( forma inontana ). (forma borealis campcstris). ( forma australis ), 246 HAMPE. — ■ Sut' les Cladonia du Harz, A, laeta ( forma umbrosa ). a. macrophylla. I. NoRMALIS. B. cinerea (forma aprica) h, microphylla. I, Foliacea. Thallo foliaceo hori- zontalijlobisevo- lutis scyphiferis , margtne fibrilloso. 2. Phyllocarpa. Thallo foliaceo hori- zontali , lobis latis brevibus imbrica- tis scyphis, spuriis vel uullis. 3. MlcrophjUina. Thallo horizontal! , lobis angustis mul- lifidisjscyphis radi- ée fibrosaterraeaf- Cxis. 4- Aphylla. Thallo destituto, scy- phis rectis pyxidi- feris , radiée fibro- sa. P. Proliféra. Fimbriato-prolifera. Cenirali proliféra. Laterali proliféra. Scyphis magine siirsùm Scyphis e centri i vel Scyphis laterali proliferis proliferis. pluries proliferis (Cl. proliféra ex parte.) (Cl.corniicorpise ex parte.) (Cl, verticillata ex parte.) -y. Gracilis. Podetiis siraplicibus elongatis , cxtenuatis apice scyphiferis demiim cornulis intermixtis. Hùc Cl. gracilis, hybrida , elongata , amaurocrœa ex parte. II. Degenerans. -J- Radice evanescente, scyphis varie divisis corûutis ramosis erectis. Hùc Cl. degenerans. Scyphi saepè muscis et aliis herbis, vel ramulis Ericse vel arena quoque humi superfusi nunquàm formas stabiles proferentes, lusu naturae indefinito multo- ties divisi. Hùc formas dégénérantes : Cl. euphorea, crispa, phyllophora, cariosa aliseque -J-J- Radiceevanesceute , scyphis deeumbentibus phylliferis ramosis. Hùc Cl. racemosa, aculeata , rangiformis , ceranoides , furcata,cristata aliaeque ex parte. -j-f-lf Scyphis evanescentibus ^ ramis simpîicibus attenuatis subulatis. Hùc Cl. vermicularis exp. HAMPE. — Sur les Cladonia du Harz, 247 III. Regenerans. * Thallo sole perusto , corrugato conglobato destructo , sestate humida recreato.^ 1. Miaor; clandestina fructifera. Hùc Cl. madreporiformis ex parte. 2. Major j serotina fructifera. Hùc Cl. rarigiferina et affines. ** Scypbis in pulverem contritis reereatis. Hùc Cl. papillaria ex parte. Pour l'explication du tableau ci-dessus, quelques mots suffi- ront. Je connais trois formes principales du Cl. rufa^ et elles sont produites par l'influence du climat; il en existe une forme méridionale , le Cl. endiviœfolia et convoluta des auteurs, et une forme alpine qui se distingue de la forme campesiris par ses di- mensions pins grandes dues à la localité favorable. Je considère comme forme normale le CL alcicornis répandu partout (forma campestris). Le Cl. alcicornis offre une forme venue dans l'ombre (laeta) et une autre venue à la lumière (cinerea); cette forme de la couche corticale est constante et se transmet même aux formes dégénérées. Sous le titre I,Normalis, je comprends toutes les formes à po- décies simples, placées soit sur le thalle, soit fixées au sol par des racines ; quand le thalle^disparaît et que la racine périt , les po- décies chancellent , penchent tantôt d'un côté , tantôt d'un autre, et se divisent alors d'une manière irrégulière. Je comprends toutes ces formes sous le titre II , Degenerans : elles offrent ordinaire- ment des lanières thalloïdes aux podécies. Sous le titre HI, Regenerans, je comprends les formes qui manquent de thalle foliacé, lequel est détruit; des podécies di- versement divisées se forment de la croûte régénérée ; la croûte disparaît cependant successivement, recouverte par les parties environnantes; les podécies s'allongent toujours davantage, jus- qu'à ce qu'enfin cette phase de la vie ait également un terme et qu'il se produise le Cl. papillaria. ^48 HAsiPÉ. — Sur les Cladonia du Harz. II. Cladonia coccinea. Cymatiis coccineis, scyphis coriaceis pul- vere ochroleuco conspersis, demum glabris ochroleucis, thallo coriaceo infra albo toraentoso, juveni viridi luteo pul- verulento. A. bcllidiflora B, coccifera ( foniia montaiia ). (forma campestiis). I. NORMALIS. A. macrophylla. B. microphylla. a) macilenta. b) cornucopioides. Cl. dcformis , paimata , tubiformis. Cl. corallifera , Floerkeana . Gracîlis. Cl polydactyla ; coi nula , gracilis , aliaeque ex parte. II. Degenerans. a. Conspersa. Cl. digitata, carneola , botrytis. P. GlabresCens. Cl, uncialis, biuncialis, craspedia, vermicularis ex parle. IIÏ. Regenerans. Cl. madreporiformis ex parte, papillaria ex parte. III. Cladonia carneO'hadia. Cymatiis carneis demum badio- fuscis, scyphis squamulis griseis corticatis, demùm denu- datis carneis, humentibus diaphanis; thallo normali sub- coriaceo infra griseo-albido pulverulento. A. Forma alpestris. B. Forma campestris. I. NoRMALIS. A. macrophylla B. microphylla. Cl. ventricosa. Cl. bacillaris ex parte. Cl. fungiformis, microphylla , parasiùcat L. A. FÉE. — Cryptogames exotiques. 249 II. Degenerans. Cl. squamosa, altenuata ex parte, squarrosa, decorticata, rangiformis ex parte. III. Regenerans. CI. madreporiformis ex parte. IV. Cladonia fusca. Cymatiis fuscis, scyphis griseo-viride pul- verulentis papyraceishumentibus, diaphanis, thallo juveui imbricato psoraeformi infra albissimo sublanato. A. macrophylla B. microphylla. (forma montana). ( forma campestris). I. NORMALIS. Cl. pyxidata , neglecta , pocillum, proliféra, cenotea aliseque ex parte. II. Degenerans. Cl. fungiformis ex parle, gracilis ex parte, fimbriata ex parte, radia ta et racemosa aliœque ex parte. III. Regenerans. Cl. papillaria ex parte. Essai sur les Cryptogames des écorces exotiques officinales. Deuxième partie. Supplément et révision, par M. A. L. A. Fée, professeur de botanique à la Faculté de médecine de Stras- bourg, etc. (In-4° de 180 pages avec 9 planches. ) Ily a environ douze ans que M. Fée a publié, comme cha- cun sait, un fort bel ouvrage sur les plantes cryptogames qui envahissent les écorces exotiques employées dans la médecine et qu'il a joint à ce traité une nouvelle méthode de classification des Lichens. Depuis lors, ce savant, devenu professeur de l'une de nos 25o L. A. FÉE. — Cryptogames exotiques, universités , loin d'abandonner ses études favorites a consacré à étendre et à perfectionner sa première publication, le peu d'instans que lui laissent les devoirs nombreux imposés par sa nouvelle place. Ce sont les résultats de ces travaux récens que nous annonçons aujourd'hui et dont nous allons donner une analyse succincte. En i832 , l'auteur, qui déjà s'était aperçu depuis long- temps que la forme des thèques variait considérablement dans les différens Lichens , crut avoir enfin trouvé dans ces organes une base plus solide, pour établir une classification méthodique des plantes de cette famille , que celle sur laquelle étaient fon- dées les méthodes ou plutôt les systèmes d'Acharius, d'Eschwei- 1er, de Wallroth et de Fries. Nous nous rappelons fort bien qu'à cette même époque, il nous montra un grand nombre de dessins représentant les thèques d'une foule de Lichens pris dans diverses tribus. C'étaient les élémens du mémoire que l'auteur lut l'année suivante à la réunion scientifique de Bonn et dont les journaux de botanique allemands nous ont transmis dans le temps les principaux résultats. M. Fée s'est encore appliqué depuis lors à élargir les bases de sa nouvelle méthode , à Té- tendre à un plus grand nombre de Lichens et à mieux lier entre eux les principaux faits d'où découlent toutes les applications que l'on en peut faire. Selon l'auteur du nouveau travail que nous avons sous les yeux , les caractères tirés de la forme des thèques s'accordent merveilleusement avec ceux que fournissent le port et les formes extérieures des Lichens , conditions essentielles d'une bonne méthode de classification. Quoique nous nous soyons occupé , non , il est vrai , d'une façon toute spéciale, comme M. Fée, de l'étude des Lichens, et que nous ayons, aussi comme lui, senti la nécessité, pour bien taire connaître une plante de cette famille , d'en examiner soi- gneusement les thèques, dont la forme donne souvent l'unique moyen de distinguer ayec certitude l'une j de l'autre deux es- pèces voisines , nous confessons pourtant que , moins heureux sans doute, ou moins habile, nous n'avons pas trouvé cette inva- riabilité de forjîies que l'auteur annonce comme propre à carac- L. A. FÉE. — Cryptogames exotiques. 25i tériser les genres de sa nouvelle classification. Cela tient peut- être à ce que, détourné par d'autres travaux, nous n'avons pu, faute de temps, analyser qu'un nombre assez restreint de ces plantes. Il est incontestable qu'un objet envisagé sous toutes ses faces y gagne nécessairement d'être mieux connu et que^l'observation des thèques est un point de l'histoire des Lichens qui avait été beaucoup trop négligé jusqu'ici. En effet, si l'on excepte quel- ques dessins donnés par Acharius dans sa Lichenographia uni- versalis y dans le but d'illustrer les genres de sa création, et les analyses assez soignées que nous a laissées Eschweiler dans les Icônes selectœ de la Flore du Brésil de M. Martius, nous ne pos- sédions encore, sur ce sujet, rien d'aussi étendu ni de si com- plet quj ce nouveau travail de M. Fée. Aussi, bien que, dans notre opinion , nous ne touchions pas encore au moment où les Lichens pourront être rangés d'après une méthode sûre et irré- prochable de tout point , nous pensons pourtant que l'on doit savoir gré à l'auteur, des louables efforts qu'il a tentés pour ar- river à ce but désirable. Et , en effet, l'examen comparatif qu'il a fait des thèques dans un grand nombre de ces algues aériennes, comme on les nomme quelquefois , outre qu'il a fixé l'attention des botanistes sur un organe généralement négligé, a aussi beaucoup éclairé la question de taxonomie et facilité d'autant la solution future du problème. Tout en reconnaissant le service réel rendu à la science par les recherches de M. Fée , nous n'en persistons pas moins à croire que c'est sur la considération simultanée du plus grand nombre possible des parties d'une plante , et en raison surtout de leur importance relative, et non sur l'examen et l'étude d'un seul organe , quelque valeur qu'il ait , qu'on peut asseoir les bases d'une classification naturelle. En donnant ses deux tableaux où les genres des deux tribus des Graphidées et des Verrucariées, sont disposés d'après la forme des thèques et des sporidies , M. Fée semble être venu en quel- que sorte donner lui-même gain de cause à notre opinion, puis- qu'on y retrouve le même genre de Lichen dans plusieurs sec- iaSa L, A. FÉE. — Cryptogames exotiques» lions différentes et pice versa la même forme de thèques com- prendre des genres fort divers. Nous allons maintenant jeter un coup-d'œil rapide [sur les applications que l'auteur a faites de sa nouvelle méthode liche- nographique dans le supplément dont il est ici question et sur les améliorations qui en sont résultées. M. Fée a établi deux genres nouveaux. L'un fait partie de la tribu des Graphidées ; c'est le genre Helminthocarpon ainsi caractérisé par lui : Thallus leprosus ; apothecium sublirellœ- forme, margine thallode cinctum ; perithecium tenue y atrum j carbonaceum^nucleum elongatum ^ punctis atomariis adspersum, madidate turgidum , gelatinosum, subdiaphanumque ^ thecœ majores subellipticœ , foi^entes sporidias multigongy lares , cras- sas , tubulœformes , pallide fulvescentes , sports conglomeratis, serialibus repletas. Une seule espèce compose ce genre; elle est dédiée à notre savant ami^ M. Auguste Leprevost. L'autre genre nommé Meissneria appartient aux Trypethe- liacées , et l'espèce qui a servi à l'établir avait été déjà publiée par l'auteur dans sa monographie des Trjpethel'mm sous le nom de T. déforme. Voici ses caractères : Thallus crass us , îœuis y hypothallo candido , effuso , brunneo-flavidulo ^ repando ^ apo- thecium vestitum j inœquale verruciforme , cicatrisans; ostioUs sparsisy caducis^ aterrimis y crassis ; thalamiis immersis ^ peri- thecio aterrimoy nucleo opoideo y albo-farinoso ^ sarcothecio al- bido ; thecis ellipticis , magnis ^ gelatinosis ^ sporis multis, paruulis , repletis. L'auteur se fonde principalement sur la forme des thèques pour séparer cette plante du genre où il l'avait d'abord, dit-il, placée avec doute ; mais , à ne considérer que les organes qui font la différence essentielle, nous prions M. Fée de vouloir bien comparer les thèques qu'il nous a données de son genre Meiss- neria avec celles d'un Trypethelium qu'il a figurées en c? et en e de la figure 4? 6t de nous dire si la forme générale n'est pas la même et si la différence minime qu'on remarque peut aller jus- qu'à autoriser l'établissement d'un genre nouveau? Si l'auteur répond qu'il n'existe pas d'enveloppe générale semblable à celle qui contient les thèques du Trypethelium en question, non- L. A. FÉE. — Cryptogames exotiques. 2 53 seulement nous lui objecterons que la figure 6 appartenant au même genre n'en montre point, et que d'ailleurs il arrive sou- vent que dans telle ou telle espèce cette enveloppe est si dé- licate qu'elle ne persiste pas. Mais nous irons encore plus loin, et nous lui demanderons en quoi, par exemple, diffèrent les thèques de son genre Meissneria de celles d'un autre genre qu'il a nommé Thecaria? Plusieurs autres genres ont été également établis dans ce sup- plément, mais ils ne sont pour la plupart que des démembre- mens de genres déjà connus , et sont composés d'espèces autre- fois décrites par l'auteur. Ainsi le genre Gassicourtia est devenu son ^QïiYe Cystodium^çim appartient aux Champignons, et M. Fée a consacré le premier de ces noms à un autre genre indigène dont il a fait connaître deux espèces dans la Flore des environs de Paris de M. Mérat , et sur lequel il a publié récemment un travail monographique dans le journal de Botanique de M. Schlechtendal intitulé la Linnœa. Son nouveau genre Pyreno- dium est formé des Trypetheliam clandesiinum et crassum , du Porina macrocarpa de l'Essai, et d'une nouvelle espèce qu'il nomme P. hypoxylon. Enfin le genre Melanotheca comprend jusqu'ici deux seules espèces : Trypethelium anomalum et une espèce inédite. Nous n'entreprendrons pas, comme on peut bien le penser, de faire connaître les nombreuses espèces décrites ici pour la première fois ; outre que les bornes de ce journal s'y opposent , nous aurions à craindre de diminuer l'intérêt que doit inspirer ce supplément de M. Fée. ISous renverrons donc à l'ouvrage lui-même les botanistes qui seraient désireux de connaître à fond les formes variées et souvent élégantes ou bizarres que pren- nent ces végétaux qui, semblables à de vrais parasites, quoi- qu'ils n'en aient réellement que l'apparence , envahissent les écorces exotiques employées dans nos officines, et servent quel- quefois aussi à les faire sûrement distinguer les unes des autres. Nous dirons encore un mot sur les planches , au nombre de neuf, qui accompagnent ce supplément et représentent quel- ques-unes des espèces nouvelles et les thèques de plus de trois cents Lichens. Ces planches sont lithographiées avec soin et 254 i/. A. FÉE. — Cryptogames exotiques. imprimées en couleur. Nous trouvons qu'elles donnent l'image fidèle de la plante, du moins pour celles que nous possédons en herbier , et que l'amplification qu'on trouve à côté contribue puissamment à la faire reconnaître. Nous regrettons pointant que l'auteur n'ait pas admis le système de coupes grossies, propres à montrer la conformation intérieure des apothécies , les rapports de la lame proligère avec Vexcipulum ou la lirelle ; son épaisseur, sa couleur, etc., et partant, à bien faire distin- guer une espèce de sa voisine , ce que le port seul ne parvient souvent pas à mettre hors de toute espèce de doute. Il est vrai que l'analyse du nucleus donnant la forme des thèques et des sporidies , supplée en quelque sorte à l'omission dont nous nous plaignons. Mais dans des distinctions si difficiles à établir et le plus souvent sujettes à contestation , ce qui surabonde ne nuit point. Nous nous résumons en disant que ce nouveau travail de M. Fée nous paraît digne de venir se placer à côté de son aîné , qu'il est destiné tout à-la- fois à amender et à compléter. C. M. Flora cestrica, an attempt to enumerate and describe the flo- wering and fdicoid plants qf Chester-countj in stàte qf Pen- sylvania. — Description des plantes phanérogames et des Fou- gères du comté de Chester en Pensylpanie, par le D^ W. Dar- LINGTOW. Déjà en 1827 , M. W. Darlington avait publié sous le titre de Florula cestricaun catalogue descriptif des plantes qui croissent autour de la ville de Chester, rangées suivant l'ordre linnéen. L'ouvrage que nous annonçons maintenant comprend la flore de tout le comté de Chester; ce comté fait partie de l'état dePen- sylvanie, et touche d'un côté au Maryland , de l'autre au Dela- ware. La rivière de Brandwyne le parcourt dans presque toute w. DARLiNGTON. — Flova cestHca. aSS son étendue, et celle de Schnylkill le borne au nord-ouest. Une carte géologique qui sert de frontispice à l'ouvrage fait voir que le gneiss et le micaschiste occupent la plus grande partie du district qui est traversé de l'est à l'ouest par une bande composée de schistes argileux et de calcaire, limité au nord par une for- mation de grès rouge, et parsemé d'ilôts de calcaire et de ser- pentine. L'auteur a conservé l'ordre linnéen dans cette seconde édi- tion. « Les familles naturelles, dit-il dans sa préface, sont actuellement l'objet de tant de travaux qui changent leur cir- conscription relative et leur arrangement réciproque, que j'ai préféré dans un ouvrage destiné à populariser la connaissance des plantes de ce pays adopter la classification si commune de Linné. Je n'en suis pas moins convaincu de la supériorité de l'auîre méthode, et à la fin du volume on trouvera une classsi- fication des genres suivant les familles n.'iturelles. » Ces genres sont au nombre de 473; la plupart sont communs à l'Europe et à l'Amérique, quelques-uns toutefois sont particuliers au nou- veau continent. Tels sont les genres : Panax. Aralia. Zizia. Cryptotaenia. Thaspium. Archemora. Osmorhiza. Hydrastis. Argemone. Sanguinaria. Hydrppeltis. Podophyllum. Dielytra. Adlumia. Polanisia. Asitnina. Magnolia. Leontice. Menispermum. Ascyrum. Heuchera. Miiella. Hamamelis. Baptisia. Crotalaiia. Galactia. Tephrosia. Stylosanthes. Desmodium. Lespedeza. Amphicarpsea. Apios. Cassia. Boehmeria. Comptonia. Carya. Phyllanthus. Acalypha. Ceanothus. Lechea. Claytonia. Talinum. Penthorum. Anychia. Saururus. Podostemum. Prinos. Gaultheria., Ëpigsea. Kalmia. Clethra. Sicyos. Kiigia. Cinthia. Vernonia. Lia tris. Kuhnia. Mikania. Eurybia. Sericocarpus. Diplopappus. Poiymnia. Heliopsis. Rudbeckia. Actinomeris. Cephalanthus. Diodia. Hedyotis. Mitchella. Diervilla. Hydrangea. Gonolobus. 256 w. DARLiNGTON. ■— Flora cestrîca. Bartonia. Obolaria. Sabattia. Chionanthus. Epiphagus. Le[)taudra. Chelone. Mimulus. Penstemon. Buchnera. Ëuchroma. Justicia. Catalpa. Phryma. Zapauia. Blephila. Pycuantheraura. Collinsonia. Hedeoma. Physostegia. Trichostcma. Batschid. Onosmodium. Echinospermum. Hydrophylliim. Udora. Xyiis. Tiadescantia. Hypoxis. Goodyera. Ârethusa. Pogonia. Triphora. Calopogon. Platanthera. Habenaria. Aplectrum. Liparis. Microstylis. Melanthium. Helonias. ScboUera. Heteranthera. Pontederia. Alelris. Smilacina. Gyromia. Trilliura. Dioscorea. Symplocarpus, Kensselaeria. Cinna. Trichodiura. Muhlenbergia. Tricuspis. Atberopogon. Eleusine. Zizania. Tripsacum. Duhcbium. Kbyncbospora. Scleria. Onoclea. Dicksonia. On voit par cette énumération des genres américains de la Flora cestrica, combien elle diffère des Flores européennes si- tuées sous la même latitude. Elle pourra donner lieu à des pa- rallèles qui présenteront de l'intérêt à ceux qui s'occupent de l'étude des végétations comparées. Nous trouvons dans cette flore une innovation qui nous paraît heureuse. L'auteur donne l'étymologie de chaque nom générique et les noms vulgaires de la plante en anglais, en français, en allemand et en espagnol; elle est suivie de la synonymie botanique et d'une description détaillée du végétal. Ce livre est donc une monographie locale complète, et sous ce point de vue le comté de Chester en Pensyl- vanie peut être mis au même rang que les contrées les mieux étudiées. M. CAisKE. — Sur les Asclépiadées, Études sur quelques genres et espèces de la famille des Asclépiadées , Par M. J. Décaisse. L'arrivée en France des herbiers faits dans l'Yemen par M. Paul-Emile Botta, voyageur naturaliste du Muséum, et le classement de ces collections, m'ont engagé à entreprendre quelques études sur ces plantes, qui pourront par la suite four- nir d?s observations plus intéressantes et des données exactes sur la végétation de l' Arabie-Heureuse. Je me contenterai de faire connaître aujourd'hui les plantes appartenant à la famille des Asclépiadées qui, lors d'un premier classement, ont surtout fixé mon attention, par le nombre assez considérable de genres dont elle semblait se composer relative- ment à celui des espèces. Mais pour arriver à leur détermination générique exacte , il m'a fallu revoir et analyser un grand nombre de genres diffé- rens, de telle sorte que mon premier travail s'est pour ainsi dire trouvé fondu dans un travail plus général, dont je donne maintenant une partie des résultats. Depuis la publication du Mémoire de M. R. Brown , où Ton .rouve les genres des Asclépiadées établis d'une manière si nette et si précise, les plantes de cette famille, malgré l'intérêt qu'elles présentent, ont été l'objet d'études moins suivies que celles de la plupart des autres familles monopétales. C'est dans ces der- niers temps seulement que les publications de MM. Wight et Arnott, Hooker, Martius et E. Meyer sont venues fourair quelques additions importantes au travail de M. R. Brown. Ce- pendant, malgré les travaux de ces savans, un grand nombre d'espèces réclamaient encoreunexamen attentif pour introduire dans cette famille une réforme d'autant plus nécessaire que les IX. BoTA». — Mai. i-i ^58 T. DECAisNF, — Sur les Asclépiadées. ouvrages généraux publiés jusqu'à ce jour ne peuvent être , pour ainsi dire, d'aucun usage, car le travail de M. Brown , si utile à certains égards, ne donnant pas à la suite de ses genres la série complète des espèces anciennes qu'ils renfermaient , il en est résulté que les auteurs d'ouvrages généraux , ne pouvant étudier avec soin et par eux-mêmes ces espèces, ont du les lais- ser dans les genres où elles avaient été mises primitivement. On trouve même dans le Sfstema de Rœmer et Schultes des genres sans aucune indication d'espèces, parce que M. Brown n'avait point indiqué à leur suite les espèces sur lesquelles il les avait formés. C'est le désir de faire disparaître ces confusions dans les immenses herbiers du Muséum, qui m'a engagé à entreprendre une revue générale des premières sections des Asclépiadées, celles à masses polliniques solides, qui se composent, dans ces collections, de près de quatre cent cinquante espèces. Il est ré- sulté de ce travail, que j'ai pu prendre connaissance de presque tous les genres cités par M. Brown, et de plus des trois quarts de ceux indiqués par M. Lindiey dans son introduction au Sys- tème naturel. Mon but cependant n'a pas été de faire un mémoire complet sur la famille des Asclépiadées ; je n'ai pas eu non plus l'inten- tion de donner une monographie spécifique des plantes qu'elle renferme, mais j'ai rapporté, autant que j'ai pu le faire avec certitude, les espèces anciennement décrites aux genres actuels. Malheureusement il m'a été impossible de voir un grand nombre des échantillons authentiques, qui seuls m'eussent permis de mentionner rigoureusement leur synonymie dans mon travail. Les précieuses collections des Asclépiadées de llnde, recueillies par Jacquemont ou doimées au Muséum par MM. Wight et Ar- nott, celles des Moluques par M. Blume, de Madagascar par M. Bojer, m'ont été d'un grand secours, et les collections des plantes du Cap décrites par M. E. Meyer , m'ont également permis de prendre connaissance de l'organisation de plusieurs genres nouveaux dont j'avais des représentans dans l'herbier d'Arabie. Parmi les collections reçues dans ces derniers temps, et envoyées par les voyageurs du Muséum, les plus riches sont «elles de Jacqnemont, et celles recueillies par M. Heudelot sur 1. i)ECA.isjNi£. — Scr les Asclépiaclées. 2!5c) les bords iUi Sénégal , do la Gambie en suivant le cours de ce fleuve, de Rio-Nunez, et dans le Fouta-Diallon. Cette dernière collection, très remarquable sous certains rapports, ne tn'a offert aucun genre ditféient de ceux de la Flore de l'Inde, à la- quelle semble appartenir le plus grand nombre des genres d'Asclép adées. C'est encore à elle ainsi qu'à l'Afrique australe qu'appartient presque exclusivement la section des Asclépiadées à masses polliniques dressées. D'une autre part, je n'ai observé ni trouvé mentionné dans la Flore de l'Inde et de l'Afrique au- cune plante appartenant au groupe des Oxypétalées, dont les masses polliniques sont munies supérieurement d'un appendice en forme de corne uni au corpuscule du stigmate au moyen d'une pellicule membraneuse offrant souvent dans son tissu des granules différens de ceux du pollen, avec lesquels ils sem- blent avoir de la ressemblance. Cependant , quoique les genres de l'ancien et du nouveau continent soient généralement bien circonscrits dans la distribution de leurs espèces, il en est quel- ques-uns dont on retrouve des représentans dans ces deux par- ties du monde : tels sont les Marsdenia^ dont il existe une es- pèce dans l'Europe orientale et A^xxyi autres aux. Antilles; les Cynanchum, Astephanus^ se rencontrent sur les deux conti- nens, puisque l'Amérique nous en offre plusieurs. Deux fleures très nombreux en espèces, et ayant entre eux la plus grande analogie d'organisation, semblent au contraire parfaitement canîonés; ce sont les y^sclepias très répandus en Amérique et les Gomphocarpiis presque exclusivement limités à l'Afrique australe; car à l'exception d'une espèce qui s'étend jusqu'en Europe, et du G. setosus de l'Arabie, les autres sont essentiel- lement africaines. \jAsclepias currassavica qu'on retrouve aux Moluques et dans l'Inde semble y avoir été introduit. Il est en- core à remarquer que ces plantes nous présentent de nom- breuses modifications dans une partie de leur organisation , celle de la couronne staminale, d'après lesquelles néanmoins on ne peut les diviser génériquement, quoique des modifications de même ordre coïncident dans d'autres genres avec certains caractères qui ont permis avec raison de les séparer. L'Europe nous présente dans sa région méditerranéenne deux Asclépia- a6o J. DECAisNK. — Sur les Asclépiadées. dées du groupe de celles dont les masses polliniques sont dres- sées : ce sont le Marsdenia erecta Br. et le Stapelia sicula Guss. Une espèce de Ceropcgia se trouve aux îles Canaries. Je renvoie au précieux ouvrage de M. Royie (i) poiu* trouver des consi- dérations plus étendues sur la distribution géograph que des plantes de la famille des Asclépiadées. Cependant, afin que l'on puisse saisir d'im seul coup-d'œil cette distribution géogra- phique , je présente dans le tableau suivant la liste des genres répandus dans les cinq grandes parties du monde. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES GENRES d'aSCLÉPI AnÉES. § I. Masses polliniques dressées. r^"-" "• — EUROPE. ASIE, MOLVQUES , elC. AFRIQUE et îles adjacentes AMÉaiQUE. NOUVELLE- HOLLANDE. Ceropegia Desmidorchis. . . Caralluma Hutchiuia Slephanotis Piaranthus Microslemma. . . Eriopelalum. . . . Leptadeiiia Leptad^nia Pentasachme. . . . Hoya Hoya. Physostelma .... Tylophora Tenaris Tylophora, . . . Tylophora Iphisia ..... . • Marsdenia Marsdenia . . . . Marsdenia . . . 1U->re^<>n;3 Heterostemma.. . 1 Gymnema Gymnema '. . . Gymnema ••••' ^ (î) Royle. Illustr. to tbe hot. of fhe Himalay, mont. p. 278, .1. D»CAïSNE. — Sur les Asclépiadées. t6i § a. Masses poUiuiques pendantes. KOROrE. ASIE, MOLUQUES, etc. AFRIQUE et lies adjacentes. AMKRIQUE. HOUVELLE- BOLLAKDE. Maleiea ::::::::::::: :: :::::il Podostigma • . . Gomphocarpus.. Gomphocarpus. . Gomphocarpus. . Calotropis ..... Pentalropis Peulatropis ( Macroscepis . . . Kanahia Raphistemma Kanaliia • . . Oxysielnia Urosielma Oxvstelma .... Oxysfelma Souninia. ..«•.• Seutera ' Rhyssolobium . • * C)'Danchuin .... l.ynaiichum. . . . Su lenosi emma Cynanchum. . . , Cynanclium. . . . Cyiianchum. ... Rhyssostemina . . Eusiegia Metastelma. . . • . Micioloina .. . ::::::::::::: Âstepbanus PVivcianllms . . . Ditassa Daemia Sarcostemma. . . . Sarcostemma... .Sarcostemma.. . . Sarcostemma . . . ... Calostigma . . 1 ''l Telle est la distribution géographique des genres sur les- quels il m'a été possible d'avoir quelques notions exactes. Pour donner plus d'intérêt à la notice que je publie sur les Asclépiadées de l'herbier du Muséum, j'ai entrepris d'y joindre 9.VyA T. r)r.cA.is.\E. — Sur Les Asclépiadées. la figure analytique de la plupart des genres dont les herbiers d'Arabie m'ont fourni les principaux matériaux. J'aurais désiré pouvoir donner un dessin pour chacun des genres dont j'ai eu à m'occuper, mais le recueil où j'insère mon Mémoire, li- mité dans le nombre de ses planches, ne peut s'y prêter. J'ai suivi la marche tracée par M. R. lîrown pour les caractères génériques. AscLEPiAUîîjï: vera:. Massai poUinis lo, laeves, per paria ( diversis antheris perli- nentia), affixœ stigmatis corpusculis, sulco longitudinali, bipar- tibilibus. Filamenla connata , extus sœpius appendiculata. I. Ceropegia L. R. Er. Wight (excl. synon.) Calfx 5-partitus. Corolla e basi magis minusve ventricosa infundibulitormis, suburceolata ; limbi laciniis apice angustato cohoerentibus. Gjnostegium inclusuin. Corona staminea gamo- phylla, 5-10-1 5-lobata, série siniplici v, duplici ; seriei exlerioris lobis ovatis integris v. altè bifidis et linearibus, glaberrimis v. hirsutis, seriei interioris, antheris oppositis, constanter lignlatis. Antherœ apice simplices v. mentbranâ brevi terminatae. Massœ polîinis erectœ , basi affix?p, marginibus simplicibus. Sligma muticum 5-gonum. Folliculï cylindracei v. oblongi, laeves. Se.' mina comosa , saepius raarginaîa. Herbae aphyll8e,carnosae, v. suffrutices , SiiBpiusvolubiles, nunc lactescentes ; folia sicpius carnosa. Ceropegia varie gâta. -]- C. aphylla ; ramis tetragonis v. sul)cylindraccis carnoyis, pedunculis pauci- tloris; laciniis calycinis linearibus acutis; coiollae tubo infernè biainplialo , limbi laciniis sagitlalis apice subulato inlersic coalitis , coronâ staminea duplici série i5-pbyl]â, foliolis subaequalibus ligulatis; folliculis cylindraceis ; seiniîiibus tal- loso-marginalis. Stapelia variegala Forsk. p. 5i. — Hab. Arabia felici. Djebel Ras. (^P. E. Botta,) j. OECAiSNE. — Sur les Ascîépiadées. 'li'ul Ceropegia squamulata. t C. aphylla; ramis teretibus squamulosis squamulis spiralitcrque dispositis; laciniis calycinis lanceolatis acuininatis reflexis , corollâ urceolatâ limbi laciniis trigonis apjce cohaerciiiibus ; coronâ stamineâ |duplici ,| exteriori rotalâ 5-lobâ lobis subiutegiis glaberriinis , iuteriori ligulatâ , ligulis subulalis ; foUiculis gva- cilibus subulalis. Hab. Yemen (P. E. Botta). — V. spec. i. mancum. Ceropegia aristolochioides. t C. volubilis foliosa ; ramis tereti')us carnosis ; foliis cordatis acurninatis acui», carnosis , pedunculis patulis folia interdùm superaiiiibus pauciûoris ; floribu^ pedicellatis ; calycinis folio'lis siibulato-acuminalis , corollâ basi vontticosâ limbi laciniis iiemisplieiici lanceolatis a[)icc coliaerentibus ; coronâ st. dupl. cxt. lolobâ ,. lobis longe pilosis , iiiter. ligulatis glaberriinis. Radix perennis, cariles plaies fragiles carnososqvie emittens volubiles; folia 2-3^ poil, longa, f- i\ lata, cordata , petiolata, carnosa ; floribus fuscis. ■ — FI. septembr. Hab. inter friitiees prope Lebar Seneganibia. (Heiidelot.) Obs. J'avais d'abord considéré les deux espèces rapportées de l'Yémen par M. Botta, comme devant constituer deux genres distincts, à cause de la l'orme si différente de leurs corolles et de celle des couronnes staminales ; mais un examen plus at- tentif et répété sur la plupart des espèces de la précieuse col- lection de plantes de Tlnde, envoyées au Muséum par MM. Wight et Arnott, m'a porté à les regarder comme appartenant au geru'e Ceropegia j les analyses auxquelles je me suis livré m'ont démontré toutes les transitions entre la forme ligulée des di- visions de la couronne externe, et celle du C. squamulata^ qui Ta à cinq lobes presque entiers soudés entre eux comme une corolle rotacée. Cette disposition de la couronne, jointe à la grande différence dans la forme de la corolle, nous porte à con- sidérer les deux espèces figurées dans ce Mémoire comme in- diquant la limite d'organisation, dans laquelle devront rentrer toutes espèces appartenant aux Ceropegia, La première des espèces que je viens de signaler appar- tient sans aucun doute au Stapelia variegata de Forskal.^, dont la tiescription est d'une paifaite exactitude et très intelH •164 J- DECAisMi. — Sur les Asclépiadées. gible lorsqu'on la suit sur la nature; quant à ia seconde, je ne la crois point citée, du moins je n'ai trouvé aucun nom à laquelle on puisse la rapporter avec certitude ; je n'ai eu mal- heureusement à ma disposition qu'une seule fleur de cette plante intéressante qui se trouvait confondue avec d'autres et sans in- dication précise de localité; les rameaux cylindriques, rampans, marqués d'aréoles disposées en spirale et au centre desquelles on trouve une petite écaille réfléchie , ressemblent assez bien à ceux du Cactus flagelliformis. M. Ad. Brongniart, en caractérisant le genre Stephanotis (i) a montré ses rapports avec le groupe des Asclépiadées à masses polliniqties dressées, et ses affinités avec les genres Pé'/'^w /aria et Marsdenia. Il a en outre reconnu, depuis l'impression de sa notice, l'identité de ces plantes avec VIsaura de Commerson décrit dans l'Encyclopédie par Poiret, et déjà mentionné par Flacourt (2) sous le nom de « Latac anghomme lahe , c'est- à-dire testlculus /awri, d'autant qu'il en a la ressemblance, c'est le fruit d'une rampe qui porte des fleurs blanches, et qui ont l'o- deur de Jasmin, mais plus grandes et en bouquet. » Si les trois espèces décrites par M. Brongniart ne sont point confondues ici sous une seule dénomination, c'est au Stephanotis Thouarsii {Z ) qu'il faudra rappporter la plante citée par Flacourt, comme on peut s'en convaincre en examinant les fragmens de cette espèce conservée dans l'herbier de Yaillant ; celle recueillie par Com- merson et sur laquelle il a établi son genre, est Vlsaura u4llicia, ou Stephanotis floribunda Brong. Le genre Stephanotis établi par Du Petit-Thouars , en 1 8 1 1 , doit avoir l'antériorité sin* celui de Commerson publié en 181'^ par Poiret, d'après les échantil- lons conservés dans l'herbier de M. de Jussieu, d'autant plus que Poiiet cite lui-même en synonyme le genre de Du Potil- Thouars qu'il copie. (. 1) .4 iinales lies Sciences naturelles, janMct, 1837, p. aS. (a) De Flacourt. Histoire de la },'rande isie Madagascar. i65i. p. 1^9. n, 39. (3) Delpsseil. Icoii. sek'tt. I. m , p. 49- T. DECAisKK. — Suf h S Asclépiaclées. a 65 II. Df sMiDORCHis Ehrenb. (Nomen.) Boucerosia W. et A. Calyx 5-partitus carnosus. Coro//a subcampanulata , 5-fida ; scgmentis late triangularibus sinu acuto , introrsum verrucosis. Corona staminea gamophylla, i5-20-loba, iobis 5 staminibus oppositis , antheris incumbentibus, crassioribus, appendicibus corniformibus lateraliter produclis ; sinubus antheris alternan- tibus brevioribus. Antherœ apice simplices. Massœ pollinis erectae subrotundœ hinc margine pellucido rectiiineœ. Stigma muticum 5 gomim. Folliculi laeves , teretes , iipicé attenuati. Semina comosa. Plantas carnosse, apbyllœ, erectae, tetragonœ, anguiis dentalis. Flores ramos ternninantes subsolitarii v. umbellati. Desmidorchis Forskalii. t D. rarais paucifloris , corollae segmentls e;labiis, gyiiostogio tiibum superante. Stapelia quadrangula, Forsk. p. 52., tab. VI. (Friict). Desmidorchis — Ehrenb. Linnaea 1829., p. 9^1. — Hab. Ye- nien. (P. E. Botta). Desmidorchis acutangula. f D. floribus umbellatis ; corollae segmcntis extrorsùm laevibus , iutrorsùrn \criucis dense papilloso-pul) crulis ; gynostej^io 20-gono , pilis raris imperio. — Rami acutanguli Cacto triangulari similes. Hab. Senegambia ( Perrottet ). ( Specim i , in spiritu serva- tum ). Obs. Le genre Desmidorchis a été indiqué nominativement par M. Ehrenberg, dans la lettre adressée à M. deSchlechtendal, au sujet d'observations sur les masses polliniques des Asclepia- dées. Malheureusement M. Ehrenberg n'assigna pas de carac- tère à ces plantes, et M. Wight se trouva par suite conduit à en former un genre nouveau, dans lequel doit entrer le Stapelia 2^66 j. DEcAisNF. — Sur les Asclépiadées. quadrangula de Forskal ; mais il fallait avoir à sa disposition celte dernière espèce, pour la réunir avec certitude à celles (le 1 Inde, décrites par M. Wiglit (i) ; les échantillons envoyés par M. Botta , m'ont mis à même d'établir rigoureusement cette sy- nonimie. Il me paraît donc évident que les Boucerosia umhel- lata ^ B. crenulata , B. pauciflora^ doivent, avec le Slapelia quadrangula et l'espèce nouvelle rapportée de la Sénégambie, fairejpartie du genre indiqué par M. Ehrenberg. On pourra, comme l'a déjà fait M. Wight (a) le diviser en deux sections, l'u nef comprenant les espèces à fleurs nombreuses disposées en ombelles , telles que : 1 D. umheUata t, coroUae segmentis glabris. — Boucerosia umbellata. 1 D. acutangula -f, corollae segmentis introrsùm verrueis pa- pillosis. S D. crenulata +, corollœ segmentis longé fimbriatis. — • B. crenulata. La seconde division des genres, renfermera les 4 D. Forskalîi f, corolîœ segmentis glabris. — D. quadran- gula Eh. 5 D. pauciflora t, corollae segmentis eiliatis. — B. paucifloia Wight (i). L'organisation de la couronne staminale du D. acutangula présente quelque chose de particulier; ce sont cinq angles o«i côtes saillantes à l'intérieur et correspondant aux lobes de la couronne appliqués sur les étamines , ces angles ne dépassent pas le milieu de la couronne, dans le tissu de laqu'3lie ils sem- blent plonger et disparaître pour se montrer à la partie supérieure de la face interne. Le point d'attache des masses pol!i niques varie dans plusieurs des espèces ; elles sont ou fixées par leur (i) Wiglit, Contr. lo thebol. of Imlia, (i) Wighi. Projinsecl )iew work on inJiâri Bolany. Mailias, ocl. i837 , ciini tab. R pau- T. DEC.usNK. — Sur Ics Asclépiadées. 1*67 1) ou vers le milieu , comme dans la plante du Sénégal; on remarqtie également entre chacune des folioles du calice des petites glandes brunâtres, charnues et cylindriquf^s, communes à un grand nombre d' Asclépiadées , mais qui n'ont pas encore , a ce que je sache, été signalées. Je n'ai point conservé à la plante de Forskal, le nom spéci- fique qu'il lui avait imposé, parce que ce nom, propre à distin- guer son Stapelia des autres plantes auxquelles il le comparait, indique un caractère commun à toutesles espèces du genre tel qu'il est aujourd'hui limité. III. Gahalluma R. Br. Calyx 5-partitus. Corolla lotata altè 5-fida. Gynostpgium magis minusve exsertum. Corona staminea simplici série 10- phylla; foliolis quinqiie antheris oppositis iuîiivisis; reliquis bi- V. triparlitis, lobis lateralibus subulaU.s. Anllierce apice sim- plices. Alassœ pollinis erectse, basi affixae, marginibus pellucidis. Stigma muticum 5-gonum. Bolliciili graciles, laeves. Semina coniosa. Herbae carnosae, aphyllae, erectae, ramosse , tetragonae , angulis dentatis. Flores ad denticularum axillas solitarii pedicellati. Co- rolla introrsùm setis coloratis ornata. Caralluinayubulata -|-. G. corollae lobis lanceolatis acumiuatis infernè contiactis j)ilo.sis; coronîe folio- lis cxterioribus tiiloLatis, incdio lanccolato. y^sclepias subuîata, Forsk. , p. cviir, n. j()3, t. vu. Hab. Yemen (P. E Botta). Obs. Les caractères spécifiques ne permettent point de con- fondre cette plante avec le C. fimbriata Wall. (1), avec laquelle elle a néanmoins une grande analogie; elle en diffère par ses ra- meaux beaucoup plus allongés , car d'après la figure donnée (i) Wall. Planl.asiat. liii. ^<)l. j.p, 7. I. S. a68 T. DECAisNF. — Sur les Asclépiadées. par Forskal, elle semblerait pouvoir se réunir à celle de l'Inde , mais les échantillons que j'ai sous les yeuv. ont les rameaux très effilés et subulés ; les lobes de la corolle lancéolés et acuminés au sommet, sont rétrécis vers la base et couverts de poils co- lorés, tandis que dans la plante de M. Wallich, les lobes sont oblongs et simplement mucronés ; dans notre espèce les an- thères sont terminées par une portion charnue du connectif. Dans le C. fimbriata cette disposition n'a pas lieu, les anthères sont au contraire échancrées au sonmiet; les folioles externes de la couronne sont à trois lobes, les latéraux dressés, su- bulés, tandis que dans la plante de l'Inde, ces mêmes prolon- gemens sont divergens , et le lobule moyen n'est indiqué que par une légère élévation. IV. Heterostemma W. et A. Calyx 5-partitus. Corolla rolata 5-partitu. Corona staminea 5-ph}lla; foliolis dilatatis liberis introrsùm processu auctis. An^ therœ membrana stigmati incumbenteterminatae./ï/<355ce/)o////7z.s erectse, obsolète tetragonoe, hinc margine pellucido. /'o///c«/f Iseves. Semina comosa. Frutices volubiles. Folia opposila , supra versus basin glandu- lis mlnutis instructa. Umbellae interpetiokres, brève pedun- culatae. Heterostemma acuminatam. f H. voltibile glabrum ;foliisovatis ellipticisveapice aculè acuminaiis basi rotun- datis trinerviis racmbranaceis glabeniiui.s; pedunculis peliolo breviotibus pauci- floris, floribuii pedicellatis pedicellis calycibusque tenuissime tomcntosis ; coroUâ lutcsctnte piiipureo-maculaiâ; foliolis cor. stam. irrcgularibus lobato-dcnticulatis une majore subulato. H \b. in insulâ Javae (Lcschenault) vulgo Goudo-sari. OBs.C'estavecrTy. jtan/orensisW.et A. que cette espèce semble avoir le plus d'analogie: elle en diffère par les feuilles, arrondies n la base et non tronquées ou cordifoi mes, ainsi que par le pro- longement aigu qui les termine au sommet. j. DECAISSE. — Sur les Asclépiadées. 369 V. Leptadeni^. R. Br. Calyx 5 partitus. Corolla subrotata, tubo brevi, fauce co- ronata squamis 5 sinubiis impositis; limbo barbato, aestiva- tione valvata. Corona staminea nulla. ^ntherœ liberae, apice simplices. Massœ pollinis erectoe, basi affixae, apice coarctato pelliicido. Stigma mnticiim. FoUiculi lœves. Semina comosa. Suffrutices volubiles v. erecli, tomento impalpabili pulvereo, ciiierascentes v. incani. Folia plana', opposita. Umbe!l8& inler- petiolares, qiiandoque cymosae. Corpuscula stigmatis minuta basi et apice truncata v. obtiisa. . I . Leptadenia Forskalii. f L. volubilis ;ramulis glaucescentibus jiinioribus pnbe tcniiissiraâ incanis; foliis ovalis acuminafis lanceolatisve, supremis oblongis basi ef apice aciitis petiolatis ; umbellis extra-axillaribus plurifloris folio brevioribiis; corollœsegraentis lancco- lalis , média parte triangulari elongafa glabra ; faucissquamulis carnosis transver- salibus medio depressis ; anlheris brevitcr apiculatis. Hab. Yemen, circa Hais. Mense octobri flor. legit P. E. Botta. 2. Leptadenia lancifolia. f L. raraulis cinereis; fobisdeltoideishastalisve lanceolalis v. lincaribus, imâ basi intcrdùm auriculatis , umbellis extra-axillaribus multilloris ; corollae segmciiti? lanceolaîo-elongatis intforsùm dense tomentosis ; squaraulis faucis cylindraceis villosisquc ; antheris vix appendiculatis. Cynanchum lanceolatum , Poir. Encycl. Suppl. IL p. 43o. Rœm. et Sch. Syst. 6. p. 1 1 1. n 45. — C. hastatum, Pers. Syn. 1. p. 273. — C. lancifolium y Schum. Guin. plant, p. 170. Hab. Senegaliâ. Obs. Je me suis vu dans la nécessité de changer le nom spé- cifique à cause du Leptadenia lanceolata de M. Wight. 3. L. gracilis. f L. crccta 5 ramis gracilibus ramulisque elongatis teretibus aphyllis ; umbellis brcvt; pedunculatis paucifloris floiibns congcslis ; corollae segmentis lanceolalis ajo J. DEC AISNE. — Sur les Asclépiadées. iitrinque toraentosis, faucis squamuUs \ix conspicuis; antheris oblusis.— Suffrut, i2-i5decim. ait. Hab. in collibus apricis reg. Ouallo, Cayor,.iibi ab incolis Sahatte-y-alla sub nomine designata. — FI. aprili, octobri. (Leprieiir, Heudelot). t\. Leptadenia pjrotechnica. f L. erecta; ramis ramulisque virgatis teretibus aphyllis; urabellis paucifloris brève pedunculatis floribus congeslis ; corollae segmentis lanccolatis utrinque tomentosis; faucis squaraulis ovalis mucronulalis; anlheris obtusis. Cynanchum pyrotechnicum, Forsk. p. 53. — N''722.Schimper. Sarcosiemmay Rœm. et Sch. Syst. 6. p. 1 16. — Decaisne, Flor. sinaica. Mici'oloma , Spr. Syst. i. p. 855. Hab. Arabia petrœa (Bové, W. Schimper). — Arabicè March. ex Forskal et Schimper. Obs. Peut-être faudra-t-il rapporter à l'une de ces deux es- pèces X Asclepias niida de Tonning et Schummacher. 5. Leptadenia Jacquemontiana. *j* L. erecta; rarais ramulisque gracilibus virgatis teretibus; umbellis paucifloris floribus cor.gestis ; corollae scgmeniis lanceoUiis medio subcariuatis ulritKjue tomentosis; faucis squaniuUs carnosis depressis subhilobis; antheris obuisiusculis. Frulex 1-2 inetral. strictus ramis virgatis aphyllis floribus lutco-viridibus. Hab. India, in fruticetis aridis circa Agram; florentem martio legit. Cl. V. Jacquemont;. 6. Leptadenia heterophjlla. f L. ramis scandentibus glabris ; foliis inferioribus cordatis dilatatis , superiori- bus ovatis ; floribus minutis umbellaiis; corollâ intrà hispidâ ; fructu glabro (Del.) Cjnanchum heterophyllum Del. Cent.pl. d'Afr. iter. Cailland, p. 47. tab. Lxiii. Hab. Insul. Argo reg. Dongolah. — Vulg. Alaga. Obs. 1^1 description donnée par M. Delile ne me laisse ancnn j. DECAïSNE. — Sur les Asclépiadées. 371 cloute sur la similitude de cette plante avec celle du genre Leptadenia; les rapports avec le L. lancifolia me paraissent même assez intimes, cependant d'après la description on y remarque des différences assez notables pour autoriser leur séparation, telles sont les grandeurs du calice, celle des fleurs, la ténuité des pédoncules qui sont presque capillaires; carac- tères qu'on ne retrouve pas sur la plante du Sénégal. Il faudra retirer du genre Leptadenia le L. elliptica Bl. , qui . à en juger par l'aspect général et l'analyse de fleurs très jeunes , semble appartenir au Secamone. VI. ASTEROSTEMMA. j" Calyx 5-partilus. Corolla rotata altèS-fida, laciniis oblongo- lanceolatis. Corona staminea brevis, carnosa, colorata, cyathi- formis, 5-loba, lobis antheris oppositis lunatis .v. tridentatis. Antherœ membranâ terminatae. Massœ pollinis ohc\si\a\x ^ basi affixae, erectae. Stigma oblusum rotundatum, papillosum. Ovaria subglobosa stylis brevibus rostrata. FollicuLl. .. . Suffrutex volubilis. Folia opposita membranacea hirsuta.Um- bellœ pedunculo brevi interpetiolares subcapitalae pauciflorae. Flores majusculi receptaculo carnoso ut în Dïschidiis Hojisque insidentes. Aster ostemma repandum. f A. foliis ovalibus basi truncatis apice mucroiiato-callosis v. oblusis crenato- rcpandis , nervis subtus ciassiusculis hispidiilis. Hab. in insulâ Javae (Leschenault). VIL Centrostemma. -j- Calfx 5-partitus. Corolla 5-fida abrupte reflexa tubo ereclo margine ciliato quasi in annulum gynostegium infernè circum - dante. Corona staminea summo gynostegio inserta, 5-phyîla, foliolis basi longe calcaratis apice acuminalis stigma superanti- hus. Antherœ membranâ terminatse. Masses polliniserecXseohlon- 111 j. DECA.ISNE. — Sur les Ascléjjiacîées. gœ basi et apice obtusae , corpusculo parvulo. Stigma subdepres- sum. FolUculi Friitex scandens. Folia subcoriacea venosa.Umbellae extra-axil- lares multiflorae , floribiis longé pedicellatis erectis. Centrostemma multiflorum. f Ci. foliis subcoiiaceis obloiigis v. oblongo-lanccolalisacuminatisbasi in petiolum attenualis. Hoya multiflora Bl. Bijdr. p. 1064. Hab. in insulâ Javae (Lescbenault), Manillae (Perrottet). Obs. Les trois sections indiquées par M. Blume au sujet de XHoya doivent constituer cbacun un genre distinct. Je viens de proposer celui-ci : il restera à en former deux autres, l'un aux dépens de 17/. companulala Bl. , dont la forme de la corolle rap- pelle celle de certains Xa/m/<2; l'autre comprenant les H. Rum- •phii et pubera du même auteur, et déjà indiqué dans son ouvrage, sous le nom iV ^canthostemfna. VIII. HoYA. R. Br. Calyx 5-parlitus. Corolla rotata, 5-6da. Corona slaminea 5-pbylla , foliolis sœpiùs depressis, carnosis, angulo intcriore producto in dentem antherae incumbentem. Antherœ membrana terminatae. Massœ pollinis basi affixae , conniventes, compressae. Stigma depressum , papillâ obtusâ. FolUculi Iccves. Semina comosa. Frutices v. suffrutices volubiles scandentes aut decumbentes. Folia opposita carnosa v. membranacea. Umbella? latérales mul- tiflorœ. 1. Hoya lauri folia. f H. volubilis glabra ; foliis lanceolatis oblongove lanceolatis , supra petiolum glandulosis raarginibus subreflexis undniatis coriaceis glaberrimis;uinbellis sessi- libusfloribus longe pedicellatis; corollae laciniis oblongis acutiuscijlis ; coron, fol. ovatis acuminatis planiusculis gynosteg. affixis subaequal. — Folia exacte ut in Lauro nobili; flor. siccat. sordide virides. Hab. in insulâ Timor (Zippelius).Herb. Lugd. Batav. n. 36. Comra. Mus. Parisiensi. a Cl. Blume. j, DECAiSNE. ' — %Sur les Asclépiadées. 2^3 1. Hofaviridifiora'R. Br. H. volubilis ; foliis ovatiscordatisvc acuminatis membranaceis ulrinque glabris, Cùrolla glabra segmentis ovatis acutiuscglis, cor. st. foliolis suprà planis obova- libus obtusissimis angulo inleriore brevi obtuso/folliculis divaricatis crassis, ob- tiisis fernigineo-farinosis. R. Br. ia Wern. soc. i, p. 26. — Wight et Arn. contr. p. Sg. Hab. in iiisulâ Timor (Zippeliiis). Herb. Lugd. Batav. n. 37, corn m. a Cl. Prof. Blum. Mus. Parisiensi. Obs. D'après les échantillons conservés dans les herbiers du Muséum, X ^pocynum tiliœfolium Lam., rapporté en synonyme à VHoya viridiflora par MM. Wight et Arnolt, doit appartenir au Pergulària odoratisshna , que je crois originaire de Madagascar. IX. Tylophora R. Br. Calyx 5-partitus. Corolla rotata, 5-partita. Corona staminea 5 -phyl la , foliolis depressis , carnosis angulo interiori simplici edentulo. ^ntherœ membrana terminatae. Massœ pollinis Irans- versœ v. subascendentes,minutae,marginibussimplicibus. Stigma muticum. tolliculi lœves , apice attenuali compressi , hinc sub- angulati. Semina comosa. Herbae v. frutices volubiles.Umbellae interpetiolares solitariae V. alternatlm secùs pedunculum longum flexuosum dispositae. Flores saepiùs parvi. i. lylophorasylçaiica.f T. foliis ovato-oblongis v. lanceolatis acuminatis acutis membranaceis Isevibus , imâ basiglandulosis, petiolis subcanaliculatis puberiilis ; peduiiculis fol. superan- tibus gracilibus distanter umbellas sessiles plurifloras gerentibus ; fl. pedicellis fiiiform. ; coroUâ glabra lob. lanceolatis ; coron, fol. par\is gynost. adnatis eique brevioribus ; stygmate subdepresso. Hab. in sylvis Gambiae haud procul Cicae. Juu. vix flor. legit Leprieur. Obs. Cette espèce a beaucoup d'analogie avec le T. cyssoides Bl.;mais elle en diffère par ses rameaux couverts d'un duvet très IX. BoTAN. — Mai. 18 2 74 7. DBGà^iswCi — Sur les Asclépiadées. court, par ses feuilles cordiformes et légèrement acuminées, par SCS pédoncules grêles, également pubescens , et plus longs que les feuilks. 2. Tflophora cuspitata Zipp. T. gracilisglabriuscula; foliislanceolatiscordalis cuspidato-acuminatis glabris ; pedunculis tenuibus folio dimidio ferè longioribus subflexuosis ad flexuras um- bellulam sessilem pauciflurani gerentibus , pedicellis filiformibus ; floiibus minimis introrsùm violaceolioeolatis ; fol. coron, stara. subcun«atis gynostegio longitudi- ualiter adnatis eique brevioribus^ stigmate planiusculo. Hab. in Insulâ Timor (Zippelius), n. 4i » herb. Lugd. Batav. Mus. Par. a Cl. Prof. Blume comm. Obs. La pointe qui termine brusquement les feuilles de cette espèce la caractérise nettement: c'est avec les T. rupestris Bl. et T, carnosa Wight, qu'elle semble avoir le plus de ressemblance par son aspect général. Le Cynanchum mauritianum Lani. =: Peripîoca mauritiana Poir. doit , ce me seinljle , également être réuni au genre Tylo- phora j tandis que l'espèce que j'ai moi-même décrite dans mon travail sur la Flore de Timor doit être rapportée au genre Seca- mone. Le Pergularia villosaBX. Bijd. p. io56, est une espèce de Ty- hphorajippur laquelle je propose le nom de T. Blumei , à cause du nom spécifique de villom, déjà établi par MM. Wight et Ar- nolt. Je crois qu'il faudra y réunir, en outre, le P^rgtt/ar/ov/7/oja Bl. , qui ne paraît point différer de son Tylophora. X. Marsdbnia. R. Br. Caljx 5-partitus. Corolla urceolata 5-fida , nunc subrotata. Corona staminea 5-phylla , foliolis compressis , indivisis , intus edentulis. Aniherœ membranâ terminatae. Massœpollinisevecist, basi affixae. Stigma saepius mnticum , quandoque rostratum rostroindiviso v.bifido. Follicidi\xves. Semina comosa. Frutices saepius volubiles. Folia oppostta , membranacea , laiiuscala. Cyraaev. thyrsi interpetiolares. j. DECA.ISNE. — Sw les Asclépiadécs. a^5 Marsdenia nitida. f M. volubilis ; foliis oblongis v. oblongo-îinearibus acutiusculis suprà intense viridibus nitidis ; cymis brevibus extra-axillaribus, floiibus glaberrimis ; foliolis calyciuis ovalibus margine ciliolulaîis; corolla subhypocralerit'ormi, laciniis lan- ceolatis palulis; foliolis coronae gynostegio adnatis compressis parte superiori ovatâ raembranaceâ libéra ;antheiis merabranâ obovato-rotuiidâ erectâteiminatis; stigmate corollœ tubum superante elongato apice bifide. Ceropegia nitida, Poir.Encycl. suppl. 2. p. 178. — Rœm. Sch. Syst. 6. p. 3. Spr. Syst. 1 . p. 843. Hab. St.-Domingue (Poiteau, N^clDuxJ vid. in herb. Jussieu et Musaei, Obs. Cette plante appartiendrait à la seconde division des «spèces de Marsdenia citées par M. Brown , par l'élongation du stigmate dont la forme rappelle celle du M. erecta, mais elle s'éloigne de cette dernière plante par sa corolle presque hypo- cratériforme. Les appendices libres des folioles de la couronne staminale présentent également de l'analogie avec celles des Stephanotis y avec lesqiielles c^tte plante se trouvait placée parmi les Ceropegia. 2. Marsdenia syringœfolia. f M. glabra; foliis latis ovalo-cordatis acaniinatis, petiolis longiuscuHs reflexis, subpuberulis ad limbi originem gîandulosis; uiiibellis petiolo dimidio brevioribus multifloris; calyc. fol. oblongis obtusis; corollae lobis lanceolalis obtiisis , tubo inîrorsùm seiiatim piloso ; cor. stam. foliolis angustissimis gynost. longitud. ad- natis ; anlher. membr. ovata lerminatis stigmate brevioribus. Pergularia Zipp. n. 38, herb. Lngd. Batav. comm. Mus. Paris, a Cl. Blume. Hab. in Insulâ Timor. (Zippelius.) Obs. Cette espèce a de la ressemblance avec les Pergularia bifida, accedens , etc.; mais elle a tous les caractères essentiels des Marsdenia : ^\q ^Q fait remarquer parmi ces derniers par l'avortement presque total de la couronne staminale , réduite à cinq côtes légèrement charnues et terminées au sommet en un. petit appendice réfléchi extérieurement. ^nd 3. DECAisNT. — *S*/// /es Asclépiaclées. Le Pergularia parviflora de M. Blume appartient au genre Marsdenia et devra probablement même être réuni au M. tinc- toria R. Br. UJpocynum agglomeratum Voir. Encycl. p. ijoy, doit faire également partie des Marsdeniciy comme j'ai pu m'en convaincre d'après l'examen des ëcliantillons conservés dans les herbiers du Muséum. XI. Perguj:A.ria L. R. Rr. Calyx 5'partitus. Corolla hypocrateriformis, tubo urceolato. Clorona stamtnea 5-phylla , foliolis compressis apice indivisis , introrsùm lacinula auctis. Antherœ membrana terminataî. Mas- sce pollinis eTG.c\.dd , basi affixae. Siigina muticum. Follicull ven- tricosi , laeves. Semina comosa. Plantae volubiles. Folia latiuscula , membranacea. Cymae inter- petiolares. FloresHlavescentes , odorati. Pergularia bifidaZ\}^\>. P. glabra ; foliisxnrdatis acuminatls ovatove-lanceolatis basi rotundatis pctio- lalis ; cymis intcidiiin geminis, pedunculis folio brevioribus ; calyc. fol. rotiin- dato-ovatis subinaequalibus raarg. ciliolalis , coroUae lubo dimidio brevioribus; coroUâ glabrâ segmentis contortis introrsùm villosis ; coronae foliis exterioribus , gynoslogium aequantibus apice subreflexis, interioribu^ arcuatis stigmali iccura- bcnlibus lincaribus. Pergularia bifida Zpp. Herb. Lugd. Ratav. n. 89 ^, Mus. Par. comm. a Cl. Prof. Rlume. Obs. Cette plante est extrêmement voisine du P. accedens Ri. : la forme des feuilles semble presque devoir seule les séparer; Cependant, dans la plante de Java, elles sont constamment ar- rondies ou légèrement atténuées à la base, et M. Blume, qui la compare au P. odoratissima , fait observer que les feuilles du P. accedens ne sont jamais cordiformes. XII. Gymnema. R. Rr. , W. et A. Calyx 5-partitus. Corolla suburceolata v. subcampanulata , 5-iîda; fauce squamulis denîiculisve 5 , sinubus insertis carnosis j. DECAISSE. — Sur les Asclépiadécs. 277 inargine pilosis coronata. Corona staminea nulla. Antherm membrana truncata v. emarginata terminataî. Massœ pollims erecfoe , basi affixae. Stigma convexum hemisphericum v. conoi- deum. Folliculi laeves. Se mina sa&pe niarginata , comosa. Suffrutices saepius voUibiles. Folia opposita, inembranacea, plana. UrnbellaeMnterpetiolares, densiflorae, interdum geminae. I . Gymnema rufescens. f G. ramulis teretibus robustis dense tomentosis; foliis ovalibus ovatove-lanceo- latis subundalis interdum obliquis murronafis , suprà pilis brevissimis inspersis subfus rufescentibus, petiolatis; umbellis geminis peliolum aequantibus subcapi- talis multifloiis; floiibus parvis; filiolis calycinis ovalibus oblusis racdio pilo- siusculis marginibus ciliolatis; stigmate conico. Hab. Madagascar (Pet. Thoiiars, Bojer). Obs. Cette pîanîe dont les herbiers du Muséum possèdent des échantillons recueillis par Du Pelit-Thouars et M. Bojer est très voisine du Q. sylvestre, mais elle en diffère par ses feuilles coriaces et couvertes à leur surface inférieure de poils roux assez nombreux, ainsi que par ses rameaux florifères très coton- neux et de la grosseur d'une plume de corbeau; les fleurs sont en outre une fois plus grande q^ue dans le G. syluestre. 1. Gymnema subi^olubile. f G. foliis lanceolatis v. ovaJQ-lanceolatis acuminatis basi oblusis. v. altenuatis , adjccto nervo medio utrinque glabris petiolatis, petiolis ramulisque pubescenti- lomcntosis ; umbellis peliolum aequantibus plurifloris ; folioliis calycinis oblongis. corollae tubum aequantibus hispidis sicut et pedicellis ; stigmate conico. Hab. in umbrosis humidis Senegambiae — Degana , Oualô. (Leprieur, Perrottet , Richard, Lelièvre, Heudelotj. Cynanchum subi^olubile yThoumno in Schum. pi. de Guinée. — C. lanceolatuni , è Guinea. Vahl. mss. in hab. Jussieu. Obs. Ces plantes sont tellement voisines qu'on pourrait les regarder, au premier abord, l'une et l'autre comme des variétés diies peut-être aux climats sous lesquels elles se sont déve- loppées ; mais un examen plus attentif fait découvrir des différences qui , je crois , suffisent pour les distinguer spéci- 278 j. DECAisNE. — Sur Ids Asclépiadées. fiqiiement. Ainsi cette espèce dont les fleurs égalent celles de la plante de Madagascar, sont pourvus d'une calice dont les divisions sont oblongues ou lancéolées et couvertes de poils hispides, tandis que dans le G.rufescens les folioles sont ovales et ne présentent à leur partie moyenne qu'une villosilé assez courle; quant à la forme des feuilles, elles sont presque identi- quement les rnémes dans l'espèce du Sénégal et celle de l'Inde qui m'a servi de point de comparaison. 3. G ymnema albiduni. -]- G. volubile ; ramuUs gracilibus pubcrulis , foliis laneeolatis basi rotundalis apice plus minùsve acuminatis, utrinque glabriusculis petiolalis: umbellis sessi- libus paucifloris; floribus brève pedicellatis; calycin. fol. ovatis^ marginibus cilia- tis ; coioUae iobis mcdio carnosis tuboque introrsum pilosis; squamis crassiuscu- lis subcorapressis facie inlernâ plana glabiâ coroUae sinus yix superantibus j aath. imâ basi bicallosis. Tylophora alhida Zipp. mss. Herb. Lugd. Batav. n. 4© > Mus. Par. comm. a Cl. Prof. Blume. Habb in insulâ Timor. Zippeliu^.) Obs. Toutes les espèces de ce genre ont entre elles, comme je viens de le faire remarquer, la plus grande ressemblance, et c'est à peine si on peut , à la première vue , les séparer les unes des autres. Néanmoins, celle-ci se distingue parles écailles delà corolle, qui ne sont pas décurrentes sur une partie du tube et accompagnées de rangées de poils : elles sont comprimées , charnues , planes et glabres sur leur face interne ; les masses polliniques sont portées par des filets très finement ponctués. {Suite et fin à un prochain cahier.). Hiico MORL. — Sur le Tainus clephaïuipcs. 279 UwTERSucuuNGJîN ubcr dcn MUtelstock von Tamus elephantipes. ' — Recherches sur le rhizome du Tamus elephantipes; disser^ taiion inaugurale soutenue par C. J. Enderle d'Aulendorf» sous la présidence de M. Hugo Mohl. (Tubiiigen, déc. i836^) L'auteur se livre d'abord à quelques considérations générales sur les rhizomes; il remarque que les tiges annuelles produites par eux ne sont souvent que des inflorescences, et insiste sur l'analogie évidente de ces organes avec les tiges ordinaires;, suivant lui, ils produisent souvent des bourgeons adventifs, et se trouvent, sous ce rapport, plus favorisés que les autres par- ties de la plante, à cause de leur longue vitalité et de la grande quantité de fécule qui s'y trouve déposée. Passant ensuite à l'étude du rhizome du Tamus elephantipes , il nous apprend comment il a eu occasion d'en étudier plusieurs^ individus âgés de trois ans. Suivant le rapport des jardiniers, qui est conforme à ce que l'on observe dans le T. communis , les graines de cette espèce ne produisent, la première année ,^ qu'une petite tige tuberculeuse, blanchâtre, tout unie, de la grosseur d'une noisette. Il fut impossible de savoir si celte tig.e est formée par le premier entre-nœud ou par le deuxième, comme il semble d'après les observations de M. Dutrochet sur le T. communis ; mais elle n'est certainement constituée que par un seul mérithalle. Dans les individus âgés de trois ans, le rhizome a la grosseur d'une noix ; il est allongé ou déprimé, et aplati à la base; la racine primitive est morte, comme cela ar- rive généralement dans les monocotylédones, et remplacée par une couronne de racines fibreuses placées sur les bords de la base. La substance corticale est succulente, d'un brun clair, unie, et commence à se déchirer sur les individus les plus avan- cés; une petite tige garnie de quelques feuilles paraît au som- met de ce tubercule. Dans des échantillons âgés de huit ans , ayant trois pouces de diamètre, les élévations angulaires sont très marquées; la î8o HUGO 3IOHL. — Sur le Tainus elephanlipes. tige placée au sommet est longue d'une aune, accompagnée à sa hase des débris des tiges des années précédentes; la face in- férieure est creusée en godet, portant des traces concentriques des racines détruites, tandis qu'un assez grand nomJ3re de fibres ramifiées naissent de sa circonférence. Si l'on partage en deux un pareil rhizome, on voit que sa niasse principale est parench^'mateuse, de la consistance d'une pomme de terre , et d'ini blanc jaunâtre. Les élévations sont formées par une substance subéreuse, sèche, hrune , et sont nettement séparées de la partie végétante; les fissures qui sé- parent la masse subéreuse pénètrent jusqu'à celle-ci; la sub- stance subéreuse est plus épaisse au sommet, et ne présente vers la \r4sQ qu'un quart de ligne d'épaisseur ; au-dessous d'elle se trouve, sur toute l'étendue de la tige, une écorce qui a une ligne d'épaisseur, et qui est séparée de la substance intérieure par une ligne délicate un peu plus foncée; elle est verdâtre du côté extérieur, surtout là où les fissures de la superficie pé- nètrent dans la partie vivante; au niveau du bord qui sépare les cotés convexes de la face inférieure, la figue de séparation entre l'écorce et le parenchyme intérieur devient moins dis- tincte, et elle disparait complèteujent sur la base où l'écorce se distingue du parenchyme intérieur par une coloration diffé- rente plutôt que par une ligne de séparation bien nette. Tjécorce est essentiellement pareuchymateuse,et ne renferme \n fibres corticales ni faisceaux vasculaires; mais dans le paren- chyme Ultérieur on reconnaît avec quelque peine des faisceaux vasculaires qui se présentent sous l'aspect de lignes plus pâles; ils forment des couches concentriques comparables aux cercles annulaires, et qui se lient entre elles par des ramifications; plus haut, au centre du rhizome et au-dessous de la place où naissent les bourgeons, ils se rapprochent et forment un réseau irrégulier d'une consistance sensiblement ligneuse, qui se lie avec le système vasculaire de la partie feuillée de la tige. Au sommet du rhizome, très près de la tige qui végète, on trouve les bourgeons des tiges prochaines et les débris de celles qui sont passées; au-dessous de cette place, la ligne foncée qui sépare l'écorce du parenchyme intérieur subit uug courbure en I HUGO MOHL. — Sur le Tamiis elephaiilipes. 281 dedans, sous laquelle le parenchyme prend un ton jaune plus foncé résultant de l'accumulation des faisceaux vasculaires ; les tiges mortes des années précédentes diminuent d'épaissem* lors- qu'elles atteignent l'écorce, et se dirigent jusque vers la ligne de séparation entre l'écorce et le corps central avec lequel elles se confondent à ce point ; à leur ôorlie de l'écorce, elles sont entourées de quelques écailles épaisses. En novembre ou décembre, à l'époque où la tige feuillée va mourir, on trouve à côté de la tige morte et de celle qui végète encore un bourgeon peu développé qui, dans deux écailles cir- culaires, renferme le rudiment de la tige prochaine placé sur la ligne de séparation de l'écorce et du corps central ; plus pro- fondément, mais précisément sur la même ligne, se trouve à peinevisible le bourgeon de la tige qui paraîtra un an plus tard. A Taide du microscope , on voit que la masse intérieure prin- cipale est formée d'un tissu cellulaire parenchymateux; dans le centre et au milieu de la face inférieure, les cellules sont régu- lièrement dodécaédriques et non pas rangées en lignes détermi- nées; elles forment une masse médullaire peu développée; de ce point central, les cellules sont disposées en rayons diver- gens vers la circonférence et le sommet ; dans chaque rangée, les cellules sont superposées et leurs parois sont droites ; elles sont généralement régulières et un peu étendues en longueur; ainsi ces rangées arrivent jusqu'à l'écorce; leurs couches exté- rieures sont à enveloppes tendres plus larges que longues, et privées d'amidon, tandis que cette substance est très abondante, plus au centre, de sorte qu'on voit qu'elles sont plus jeunes ; comme elles sont plus transparentes que les autres, la couche qu'elles figurent sur la coupe transversale paraît plus foncée que le reste qui est rempli d'amidon : à la partie inférieure du rhi- zome , cette différence tranchée entre la substance intérieure et la couche externe disparaît , et toutes deux se confondent. Les cellules de l'écorce sont un peu étendues en longueur dans la direction de dedans en dehors , mais elles n'ont pas la forme régulière des cellules du corps central, et ne renferment pas d'amidon. L;i siibslaiicc subéreuse extérieure ressemble complètement •282 HUGO 3IOHL. — Sur le Tanius elephantipes. au liège des chênes ; à la surface inférieure, elle n'est formée que de couches peu nombreuses de cellules disposées en séries qui se dirigent directement vers la surface supérieure du rhi- zome ; les couches extérieures sont brunes et mortes; la couche intérieure est succulente, jaunâtre ou incolore; quelques par- ties de la couche subéreuse qui couvre la surface inférieure du rhizome sont , comme cela se voit aussi dans quelques dicoty- lédones , formées de cellules dures, à parois épaisses, ponc- tuées. La couche épaisse qui recouvre la partie convexe du rhi- zome est formée, comme le liège du chêne, de couches irrégu- lières en feuillets qui se recouvrent; de même, dans les deux cas, ces couches sont formées de cellules à parois étroites, dis- posées en séries qui se dirigent directement vers la paroi de Té- corce, aplaties en table dans les couches les plus foncées, allon- gées de dedans en dehors dans les couches plus claires. On ne peut guère établir entre la partie corticale et la partie subéreuse d'autre différence que celle-ci, que l'une de ces parties est vi- vante, tandis que l'autre est morte; elles se ressemblent sous les autres rapports, et le liège n'est certainement pas formé d'une substance particulière qui se déposerait par couches sur la face externe de l'écorce, mais bien par les couches même de l'écorce qui sont mortes : ceci nous fait comprendre comment il se trouve des raphides dans le liège du Tamus aussi bien que dans son écorce et son corps central , quoiqu'on n'en trouve pas or- dinairement dans le liège proprement dit. Les faisceaux ligneux ne renferment que peu de vaisseaux : ceux-ci sont grêles (1); ce sont des tubes ponctués, à articles courts , et présentant fréquemment la forme en chapelet. La partie cellulaire des faisceaux vasculaires est formée de cel- lules étroites à parois très minces, à cloisons horizontales, de sorte que tout le rhizome manque d'une substance ligneuse solide. A la place où sont situés les bourgeons, l'écorce n'est pas si nettement séparée du corps central que dans le reste de la cir- conférence : on y trouve une masse de cellules sans amidon , à (1) Leur diamètre varie de 1/70 à 1/200 de ligne. HUGO MGHL. — Sur le ramiis elephantipes. ^83 parois étroites, présentant une égale transition aux cellules amy- lifères du corps central et aux couches intérieures de l'écorce environnante. Le tissu cellulaire des écailles qui entourent cha- cune des tiges feuillues se continue avec les couches intérieures de l'écorce. Les faisceaux ligneux de la tige feuillue et des bour- geons ne ibrmen». point ur a que 1%'" à 7.0'". La structure de l'écorce du Citrus Jurantium, remarquable par son très peu d'épaisseur, est très analogue à celle du Fagus, ainsi que celles des Cornus alba , sanguinea; Hedera Hélix, Ilex Aquijolium. L'écorce du Platanus orientalis , dont tout le monde connaît le mode d'exfoliaîion par écailles, a la même structure que celle du Hêtre, mais elle ne conserve cette forme que jusqu'à la hui- tième ou la dixième année. Dans ce temps, il se forme à diffé- rentes places de l'écorce, dans son liber, une lame de cellules en table tout-à-fait analogues à celles du périderme : ce nouveau périderme n'est pas complètement parallèle à l'ancien qui existe à la superficie de l'écorce; mais lès bords de la lame récemment formée s'appliquent contre le vieux périderme et séparent aiîîsi une portion de l'écorce sous la forme d'écaillés. Le morceau d'écorce isolé se dessèche, se sépare du périderme placé au- dessous et tombe sous la forme que l'on sait. Lies choses se continuent de la sorte, et il en résulte que la :^urface de l'arbre demeure assez lisse par la formation con- ;stante d'un nouveau périderme. Dans plusieurs arbres, le péri- ardlii Brauo; et 4° Z. obtusifolius Hook. Le genre Encalypta , enfin , offre peu de cbangemens. VE affinis Brid. et VE. alpina Wablenb. sont rapportés à \'E. commatata Nee^ et Hornsch. A /JS. vulgaris sont réunis comme variétés ou variations les E- oblusifolia et pi- Ufera Funch, et lœvigata Brid., et à KE. çiliata HedAV. . YE.fimbriata Brid. MM. Bruch et Scbimper proposent deux nouvelles espèces: VE. longicoUaj trouvée au mont Schwarzenberg, dans la Carniole, et V E.procera, originaire de la Norwège, où elle a été découverte par notre savant confrère, M. le doc- teur Kurr. Nous terminerons en exprimant notre regret sincère que la place ne nous per- mette pas de donner les caractères diagnostiques des nouvelles espèces, pour les- quelles nous sommes forcés de renvoyer le lecteur à l'ouvrage lui-même. CM. pRODROMUS syslematis naturalis regni vegetabilis , etc. , auct. A. P. De Can- DOLLE. Pars scxta , sistens Compositarum continuationem (in-8°,687 pagcsj Paris, 1837); et parsseptima, sectio'prior, sistens Compositarum tribus ultimas etordinis mantissam (in-8", 33o pages; Paris, i838 , Treuttel et Wiirtz). N'ayant pu achever la famille des Composées dans le sixième volume du Pro- dromus, qui a paru vers la fin de iSSy, M. De CandoUe s'est empressé de mettre au jour la terminaison de ce travail, dont l'exécution lui avait coûté près de huit années. Nous avons annoncé (^nna/es des Sciences naturelles j vol. vi, p. 173) le cinquième volume, qui présentait, en tête de la famille, les divisions adoptées par l'auteur. Le sixième contieot la continuation des Sénècionidées et les Cyno" rêes. La première partie du septième traite des Muiisiacèes ^ Nassauviacées et Chiçoracées, L'auteur y a ajouté une maniissa,où il a fait une foule de correc- tions et d'additions importantes, enfin une table générale des noms et synonymes de Composées décrites dans les trois volumes consacrés à cette famille. j. DECAISSE. — Sur les Asclépiadées. 3a i Études sur quelques genres et espères de la famille des Asclépiadées, Par M. J. Dfcaisne. , Suite et /in. (Voy. p. 257.) § II. Massae pollinis pendulae. XIII. Matelea Aubî. R. Bi\ Calyx 5-partitus. Corolla rotata v5-partita. Corona staminea scuteliiformis v. cochleseformis submembranacea, lobata, ma- juscula. Antherœ transversim déhiscentes, membranâ termi- îiatae. Massœ pollinis extremitate exleriore respecta loculi af- fixae, stigmate tectae, obovoideae. Stigma planiusculo-depressum. Folliculi ventricosi costali. Semina calva(Aubl.). Herbae perennes v. frutices erecli. Folia opposita, bas^' supra biglandulosa. Flores racemosi v. siibumbellati extra-axil- lares. Matelea linearis. -j- M. percnnis pedalis ; foliis linearibus glabris pctiolatis, petiolis semiterèti- bus iraâ basi biglandiilosis; pedunculis erectis folia declinafa superantibus paucifloris; floribus pedicellatis majusculis ; coroUâ margine déganter ciliatâ ; folioUs coronae cochleaeformibus , submembranaceis , gynosicmium aequaHtibus. Hab. in Brasilia prov. San-Paolo. (Herb. Imp. Brasil. n° 871); in Prov.Rio- Grande et Minas-Geraes. n. 1828 (Cl. Gaudichaud). Obs. L'organisalion de cette plante se rapporte trop à celle de Matelea pour en être séparée, car à de légères différences près, elle en a les principaux caractères. Les masses poUiniques présen- tent une forme peu commune dans la famille ; elles sont ovoïdes, [ IX. l^OTAN. — Juin. ai 3ii j. DECAiSNE. — Sur lés Àsclépiadées. et de leur extrémité renflée, par laquelle elles sont fixés, se dé- tache une membrane assez analogue à celle des Oxfpetalum , avec cette différence qu'elle est dirigée inférieurement et que les corpuscules sont dépourvus d'appendices. C'est près des Gonolobus et Matelea que doit venir se placer un genre que je propose de former aux dépens de YAsclepias villosa Balb. (i). Cette plante diffère des deux genres que je viens de citer par sa corolle carapanulée, ses folioles de^^la cou- l'onne planes, échancrées au sommet et non scutelliformes, par la position des corpuscules au-dessus des lobes du stigmate et non recouverts par cet organe, enfin par l'absence presque com- plète de la membrane qui surmonte si généralement les an- thères. Je propose, pour ce nouveau genre, le nom de Pliera- trichis [ concavis. (i) Mémoires de l'Académie des Sciences de Turin, vol. vu, p, 386. (v) ÎS'utlall, (ienciu of Norlh America// j>lanl . , vol. i , p. 1C9. j. nicAiSNE. — Sur les Asclépiadées. 3i!l Hab. Mexico in sumino monte San Felipe; Julio florentenni legit Andrieux. Obs. Ce genre est très voisin des Asclepias , dont il diffère cependant par sa corolle étalée et non réfléchie, par sa couronne fixée à la base du gynostème et dépourvue d'appendice intérieur, saillant en dehors sous la forme d'une corne, ainsi que par la présence d'une petite couronne accessoire composée de cinq languettes charnues, dressées, alternes avec les anthères et opposées aux corpuscules. Il s'éloigne des Gomphocarpus ^ dont il présente presque la forme des folioles de la couronne et celle des masses polliniques , par le point d'uttache des folioles de la couronne relativement au gynostème, joint à celles qui ac- compagnent les anthères. Ce genre comprend plusieurs des espèces Ôl Asclepias recueillies au Mexique et envoyées par Drummond et Andrieux ; tel est entre autres \ Asclepias ma- crantha Dr., ainsi que l'espèce suivante. 2. Acerates gotnphociirpoicles.-^ A. foliis linearibus marginibns reflexis acutis iu pctiolum Licvem attenuatis , pedunculis folia superantibus, floribus lividis, fol. cor. gynostegium vix superan- tibus. — Habitus Gompkocarpi frulicosL Hab. Toluca, in ditione Mexici ; floret aprili. (Andrieux, n«235). Obs. Cette espèce a le port du Gomphocarpus fruticosus. Les folioles de la couronne staminaie, situées à la base du gynos- tème, avec lequel leurs bords sont soudés jusqu'aux anthères , présentent presque la même disposition que celles du Gompho- carpus^ avec cette différence qu'elles sont dépourvues de denti- cules latérales. L'échantillon que j'ai sous les yeux porte de jeunes fruits, couverts d'un duvet blanchâtre , et au sommet desquels sont fixées les corolles qui ne s'en sont point détachées, malgré la réflexion des pédiceiles après la fécondation. j. DECAïSNE. — Sur les Asclépiadées. XV. GoMPHOCARPtTs. R. Br. Calyx 5-partitus. Corolla 5-partita i^eflexa. Corona stumlnea summo tiibo filamentorum imposita, 5-phylIa,foliolis cucullatis V. tantiim Daviciilaribus ulrinqiie unidentatis , introrsùm sim- plicibus V. cristato-piîosis. ^4ntheiœ membrana terminalae Massœ pollinis compressa apice altenuato affixœ, basi rotun- datâ V. truncatâ. Stigma depressum, muticum. Folliculi ven- tricosi , spinis innocuis ec.hinati. Semina comosa. Friitices v. suffrutices erecli. Folia opposita, margine saepe re- voluta. Umbellae interpetiolares. 1. Gomphocarpusfruticoius^ R. Br. G foliis linearibus acutis attenuatis petiolatis utiinque piUs minimis inspei- sis,peduuculis folio brevioribus ,jflor. umbellalis,laciniis calycinis aoulis lobisqnc coroUae incano-puberulis. Gomphocarpiis fruticosus y^. Br. Wern. Soc. Mem. i. p. 16. — yisclepias fruticosa Ij. Hab. Yemeii, mons Mahamara. (Flor. legit oclobr. P.E. Botta.) 2. Gomphocarpus setosus , R. Br. G. foliis linearibus basi et apice attenuatis acutissirais utrinque glabenimis , ))edunculis folio brevioribus, floribus uinbellatis, laciniis calycinis acutis , corol- lîc lobis glabris margine ciliatis. Gomphocarpus setosus R. B. 1. c. p. 27. Asclepias setosa Forsk. p. cviii. n. 181. Vahl Symb. bot. p. 23. t. VIII. Hab. Yemen,Hagnef. (Florentem novembr. legit P. E. Botta). 3. Gomphocarpus cornutus. t G. foliis linearibus basi et apice attenuatis acutissimis glabris ,peduticiilis folio brevioribus ramulisque incacio-tomcnlosis, floribus umbellatis , laciniis calycinis acutis, corollae lobis margine ciliatis, coronae dcnticulis reflexis coiniforniibiis. Hab. Madagascar ( hojer) v. sp. parviim iniiciim. j. DECAISNI-. — Sur /('S Ascléj3iaLlées. 'Si^ Obs. Cette espèce se distingue par la présence des poils blancs qui couvrent les rameaux et les pédoncules, et principalement par la forme des folioles de la couronne staminale. 4. Gomphocarpus pulchellus f- G. caale infernc puberulo supra sparsè jiiloso ; foliis lineari-laiiceolalis aculis , sessilibus, glabris ;, inarginibus reflexis; pediinculo folia duplo supeiante subaii- gulato; floribus pedicellis iraâ basi bracteolis selaceis suffultis; foliolis calycinis lanceolatis acutis j corollâ extrorsùm et supernè pilosiusculâ ; coi. st. foliolis carnosis rostratis gynostegium aequantibus, introrsùm concavis pilis bievibus mstructis , appendiculis lateralibus siuuatis. Hab. Angola. (Sp. unicum vidi). 5. Gomphocarpus cristatus f . G. caule gracili pubescente ; foHis linearibus oblusis subsessilibus suprà pilis bievibus inspersis subtùs pallidioribus , nervo mcdio projiiiiiente flavescente ; pcduuculis elongaris 4-5° folia supeiantibus tiifloris ; floribu* pedicellatis brac- teolis destitufis; foliolis calycinis lanceolatis pilosis; corollâ extrorsùm etsuperuè pubescente, lenuiter guttatâ; cor. st. foliolis concavis piloso-cristatis marginibu* .-ippendiculalis gynostegio affixis. Hab. Angola. ( v. s. sp. unicum, ) 6. Gomphocarpus lisianthoides f . G. caule tereti lineolis pilosis foliis alleriianUbus percusso; foliis lineari- bus acutiusculis glabris , basi in petiolum brevissimurn attenuatis; peduuculis iolio dirnidio brevioribus tiifloris ; floribus glaberrirais pedicellatis , bracteolis brevibus setaceis ; calycinis fol. lanceolatis acutis ; corollâ roscâ lobis ovato-elbp- ticis ; fol. cor. st. gynostegio elongalo apice affixis crassis , rostratis, lineolatis, niarginibus edenlulis ; anlheris membranâ latà subreniformi terminatis , stig- mate cyathiformi affixis brevioribusque. Hab. Angola. ( Sp. unicum.). 7. Gomphocarpus sessilis t. G. caule tomenloso subflexuoso; foliis oblougo-knceolatis inucrouulatis basi «iibcordalis sessilibus nisi nervo medio glabris, subtiis reticulato-venosis venis coloratis; pedunculo nuUo, pedicellis folio dirnidio brevioribus tomentosis brac- teolis lineaiibus setaceis basi sufiful'is ; foliolis calycinis angustè linearibus ; co- 1 ollâ glaberrimâ luridâ ; coronae st. foliolis subturbinatis carnosis , gynostegium subsequantibus. Hab Angola, (in herb. mus. Farisiensi extat speciein unie. ) '6iG T. DKC AISNE. - — SuT les Asclépiaclécs. Obs. Cette plante se distingue nettement par ses feuilles ses- siles, glabies, à nervures anastomosées et réticulées à la ma- nière de certains Ru me x y par ses fleurs glabres d'une couleur olivâtre, supportées par des pédicelles droits, tomenteux, nais- sant entre les feuilles sans l'intermédiaire de pédoncule. 8. Qoinphocarpus lineolatus f. G. caule erecto pubesccnte supeinc sublomentoso ; fpliis oLlongis obtusiuscu- lis basi subcordato-tiuncalis brève petiolalis veiiis Iransversalibus regularibijs approxiniatis utrinquc scabriuscuiis marginibus pilis brevissimis deuticulato- scabris; pedunculo folia subaequatite ; foliolis caljciois linearibiis pilosis; corollf^ segmcnlis , supernè exlrorsùmquc puberulis; coronse stam. foliolis basi rostiatis supra cucuUato-bilobis. — Folia erecta nervosa ut isi A?ci. syriaca. Hab. Angola. (Sp. unicum in herb. mus. Par.). Obs. La disposition des nervures des feuilles caractérise cette espèce de la manière la plus positive 5 elles sont, sous ce rapport, semblables à celle de VjÎ. syriaca ^ auxquelles elles ressemblent encore par la grandeur. Cette plarjte, par la largeur de ses feuilles et leur contour garni de petites dents, par la forme des masses polliniques tronquées et comprimées à leur partie inférieure ap- partient, ainsi que par son aspect général, au genre Pachycar- pus établi par M. Meyer; mais l'organisation des folioles de la couronne staminale la réunit aux vrais Gomphocarpus. Après avoir examiné en détail plusieurs espèces de Pachycar- pus{i), je suis arrivé à ce résultat, qu'il faudra considérer ce genre comme identique avec le Gomphocarpus. En effet, le seul caractère sur lequel insiste M. Meyer pour séparer ses plantes des Gomphocarpus, porte sur la forme des masses polliniques qui sont planes et élargies à la base et atténuées au sommet dans cederniergenre,tandisque celles des P«c/rrc<7r/?i/j sont tronquées à leur base et fortement comprimées sur toute leur étendue. Ce caractère pourrait, j'en conviens, présenter quelque valeur si, non-seulement on ne trouvait point de transition , mais si une des espèces , le Gomphocarpus arborescens R. Br. , ne présentait point des masses polliniques presque triangulaires, et ne s'é- i) li. Meytr, Lomm. de pi. kh. auslr. )) aoç». T. DECAiSNE. — Sur Its Asclépiàclées. '^-xn loignait ainsi beaucoup plus de la lornie de celles des Gcrn- phocarpus frudcosus et setosiis qu'aucune de celles que nous retrouvons dans les Pachycarpus. Faudra-t-il limiter , d'après cette observation, les Gomphocarpus aux trois premières es- pèces que je viens citer, par cela seul qu'elles ont les masses polliniques en forme de massue? Je ne le crois point, car si on examine les anthères des différentes espèces de Pachycarpus , on voit cette forme se présenter dans plusieurs d'entre elles. Quant à celle des folioles de la couronne staminale, le G. arbu- rescens nous offre le type du caractère si habilement tracé par M. Brown. Les figures des espèces nouvelles que je viens de signaler, serviront à appuyer ma manière de voir. Car toutes les variations que présentent les folioles de la couronne staminale, portent uni- quement sur ce qu'elles sont plus ou moins redressées à la base, et par suite plus ou moins profondes ou évasées; dans le premier cas , elles peuvent être carénées et terminées par une sorte de ligule; mais quelles que soient ces diverses modifications, on re- trouve toujours les denticules latérales qui accompagnent cha- ctme des folioles. XVI. Pentatropis. R. Brown. W. et A. Calyx 5-partitus. Corolla rotata 5-fida, laciniis attenualis. Corona slaminea 5-phylla ; foliolis antheris oppositis gynostegio verticaîiter adnatis, aversis, apice solutis. Massœ pollinis ovoi- deae, ventricosas, pendulse , infra apicem affixse. Stigma puncti- forme v. umbilicalum marginibus incurvis. Folliculi laeves. SeTninq, comosa. Suffrutices volubiles. Folia subcarnosa, plana mucronulata. Umbellae axillares v. extra-axillares pauciflorae, floribus longe pe- dicellatis. Folliculi obsolète trigoni, hinc planiusculi, laeves. J. Pentatropis spiralis. t P. foliis lanceolalis mucronalis basi rotundatis v. subcordalis pctiolalis; pe- dunculis extra-axillaribus brevibus paucifloris, floribus pedicellatis folio bicvio- ribus ; coionœ foliolis oblusis. 3'28 T. DLCAisjNE. — Sar /e,s Asclépiadées. Asclepias .^piralis , Forsk. p. 49. Uo ^^' Hab. Yemen. (P. E. Botta, Bové, Schimper.) Obs. Cette espèce diffère notablement du P. inicrophylla par ses fleurs à pédicelles beaucoup plus courts et non capillaires comme ils le sont dans Ja plante de l'Inde, par les folioles de la couronne staminale dont la portion terminale libre est arrondie et non aiguë, ainsi que le prolongement externe de cette même foliole. Quant à la forme des feuilles, elles parais- sent identiques dans les deux plantes , car sur les échantillons envoyés au Muséum par MM. Wight et Arnott , on remarque sur le même rameau des feuilles presque orbiculaires et d'au- tres lancéolés comme dans la plante d'Arabie. 1. Pentairopis senegalensis. *}* P. foliis ovatis V. Idiiceolatis mucronalis pctiolo brevi siiprà puberulo ; pedun- culis exlra-axillaribus brevibus saepiùs bifloris ; coronœ fobolis submembranaccis majusculis parte infer. obtusâ. Hab. Senegambia, in locis humidis, secus flumen Sénégal. Obs. Cette plante paraît être fort répandue sur les rives du Sénégal d'où presque tous les voyageurs l'ont rapportée. XVII. Galoïropis. R. Brown. Calyx 5-partitus. Corolla subcampanulata, tubo angulato , angulis introrsùm saccatis, limbo 5-partito. Corona staminea 5-phylla , foliolis carinasformibus , gynostegio verticaliter ad- natis , basi recurva saccata, supernè lateraliterqiie lobis sub- membranaceis stipatis. Aniherœ membrana terminatae. Massœ pollinis compressai, apice aîtenuato affixae, pendulne. Stigma obsolète apiculatum v. muticum. i^o/Zicw// ventricosi, Iseves. Se- mina comor.a. Frutices eiecti, glabri, lactescentes. Folia opposita, lata. llm- bellnc inlcrpetiolares. Flores majusculi, speciosi. T. DECAisivt. — Sur les Asclépiadées. 829 1. Calot ropis heterophylla, Wall. C. cojollae segrnciilis erectiusculisicoronae st. foliolis gynoslegium aequanlibus, basi obtut>a rccurva, apice stigmalis margini incumbente bilobo, lobisincrassatis subdivergentibus. CcdotTopis heterophylla , Wall. — Wight et Arn. Contrib. bot. of Ind. p. 54. — Asclepias gi^antea. Forsk. p. cvii. n. 184. — ^. procera Del. fl. Egypt. Thonn. in Schum. Plant, de Gui- née, 1. c. p. 174- Hab. Yemen (P. E. Botta). Egyptus (Delile, Redouté, Bové, Aucher-Eloy). Senegalia (Leprieur, E. Robert). 2. Calot ropis procera ^ K. Br. C. corollae scgnienlis subpatulis, coronae st. foliolis gynostegium aequanlibus, basi ovoidca leciiiva , a[iice tiuticato bilobo, lobis approximalis. Caloiropis procera , R. Br.' Wern. Soc. (Mem. exlr.) p. '28. — u4 sclepias procera, H. Kew. p. 1., p. 3o5. éd. 2. i. p. 3o5. Hab. il] Persiâ. [ And. Michaux). Obs. D'après une courte note accompagnant l'échantillon lapporté par Michaux, cette espèce formerait un arbre de moyenne grandeur. La forme des folioles de la couronne sta- minale distingue nettement cette espèce de celles citées par MM. Wight et Arnott ; elles sont ovoïdes à la base , à peine mu- cronées, tronquées au sommet, où elles forment avec le stigmate, une surface plane à cinq angles. J'ai cité ici cette plante , afin d'en établir le caractère comparatif avec les autres espèces du même genre. « , XVIII. Ranahia. R. Browu. Caljx 5-partitus. 6oro//a subcampanuîata 5-partita , laciniis introrsùin lanatis. Corona staminea supra médium filamentorum tubum imposita , 5-phylla, foliolis monadelphis, e basi incrassata attenuatis indivisis v. bifidis laciniis contiguis. ^^jith'erœ mem- brana terminalte. Massœ poUims ventricosae ovoidcse apice affixae pendula;.i3V/^;7/â!niarginatum mediGconicum,umbilicalum. Folli- 33o .T. DKCAiSNi:. — Sur les Asclépiadées. culi Iceves crassiusculi. ^^/Tzm^ comosa iagericeformia, hinc con- vexa, illinc infernè planiuscula, supernè sulcata, marginata. Herba perennis erecta , habitu Gorriphocarpi fruticosi. Folia opposita saligna,ad articulos v. inter petiolos denticulis setaceis erectis verticillatis intructa. PeduncuU extra-axiilares apice fasciculatim plui iflori, floribus ionge pedicellatis ima basi brac- teolatis. 1. Kanahia laniflora ^ R. Br. K. foliis planis linearibus acutis in petiolum attenuatis glaben iniis, pcdunculis folio dimidio Lrevioribus. ^sclepias laniflora^ Forsk. p. 5i. ii. 72. — Vahl. Symb. pars 1 . p. '23, t. VIT. ITab. Yemen , mons Mahamara , secus rivulos; fl. friictumque perfectos octobri legit P. E. Botta. (Kanah Arabicè.) Obs. Cette plante dont les herbiers du Muséum possèdent: aujourd'hui plusieurs échantillons, et auxquels la description de Vahl convient parfaitement , présente , avec le caractère tracé par M. Brown, cette différence , que les folioles de la cou- ronne staminale sont bifides au sommet et non entières; les deux lobes sont rapprochés, mais nullement soudés. 2. Kanahia Delilli '\. K. foliis siibsessilibus lauceoktis, pednnculis folia subaequaîiUbus raccniosis , corollis carnpaïuilalis , laciiiiis lirabi ovalis iiitùs lanoiis. (Del.) ^4sciepias lanijïora , Del. Cent., p!. d'Afr., voy. de Caillaud, p. 49 _, t. Lxiv. — kwKanaliia lawflora ^ Br. ? append. Sait, abyss. p. 377. — Hab. mons Aquarô. Obs. m. Delile, en décrivant celte espèce comme nouvelle, lui a donné, par mégarde, un nom déjà établi par Forskal; cette si- militude de nomenclature spécifique m'a servi à reconnaître avec plus de certitude la plante rapportée par Caillaud, et à la considérer comme faisant partie du genre Kanahia.Yw effet, la figure donnée par M Delile, se rapporte tellement à la plante de Forskal par son ensemble général, qu'on serait porté à la T. ])FX,visNE. — bur les Asclépiadées. 33 1 regarder comme la même, si la description ne venait pas of- frir des différences assez essentielles pour en former une dis- tincte de celle de Forskal.Ces différences reposent sur la forme de la couronne staminale , dont je transcris ici textuellement la partie citée par M. Delile : « La colonne staminifère ne dépasse pas le fond en godet de la corolle. Cette colonne repose sur une base étranglée, et s'épaissit au sommet en une masse tronquée et cylindrique, qui porte à son contour cin([ appendices verti- caux connivens, nés d'une membrane circulaire, marquée dans chaque intervalle de ces appendices par une écaille courte, droite, unguiforme : ces cinq appendices se terminent en un prolongement cornu, penché sur le plateau stigmatique. » Lors- qu'on comparera cette description détaillée avec la figure que je donne de la plante de Forskal, on sera porté, je crois, ainsi que je Tai fait , à considérer ces deux plantes comme différentes. XIX. Argelia f Calyx 5-parlitus. Co7'o//« altè 5-partita,laciniis erectis oblon- gis. Corona staminea cyathiformis D-loba,lobis introrsùm nudis. Gynosteg'ium sîipitatum coronani superans. Antherœ membra- na termiuataî stigmati incumbente. Massœ pollinis infra stig- uiatis apicem affixcc , pendulse , clavatœ , compressœ. Stigma 5-goniim \)\mM\\n. FollicLili lœves. Herba perennis basi suffruticulosa. Folia carnosa pube tenui incana vestita. Umbellse extra-axillares multiflora?, compactse. Argelia Delilii. \ A. caille iDJpedali erccîo rainoso , foliis lanccolatis brève pctiolatis , iimbellis multifloris compactis. Cynanchutn ArgeL ^ Del. Flor. ^gyp. p. 53, tab. 20, fig. 2. — Ejusd. Cent. pi. «fAfr. voy. de Caill. Meroë, p. 48. — Cynanchum oleœfolium Nectoux , voy. p. 20, t. 3. Arget ^ Arabicè. Hab. Egyptus superior (Delile). Nubia (Caillaudj. Arab. petr. Ouadi Gurra (Schimp. n. 37(3-437). Or.s. J'ai séparé cette plante du genre Cynanchum ;, à cause du 33a 1. DKCAiSNF. — Sur les Asclépiatléis. caractère de la coVollcdont les divisions presque libres jusqu'à la base, sont dressées et non étalées; à cause du singulier allonge- ment du gynostème et de la longueur des masses polliniques. l'eut-étre faudra-t-il réunir à ce genre le Cynanchum gracil- l'uniitn Wall, (i) , qui seuible en avoir les principaux caractères , d'après la description qu'en ont donnée MM. Wight et Arnott. Le C Argel^ le Steinheilia et Podostigma , sont les seules plantes où, à ma connaissance, on observe un gynostème lon- guenjent slipité, sans porter la couronne staminale. XX. Cyjnanchum L. R. Br. (Sect. v.) Calyx 5-partitus. Corolla 5-partita, subrotata. Corolla sla- niinea scuteliiformis , carnosa , 5-io-loba, inlrorsùni simplex. Massœ pollinis infra apicem affixae, ovoidearent éga- lement du D. cordata 3. Dœmia angolensis f D. fruticosa voliibilishispida ; foliis(suppetente uiiico) corda tis,acuminatis acutis basi auriculatis utrin(jue lonientoso-hispidulis sul)tùs pallidioribus ; pedunculis elongatis , pedicellis gracilibus longis; coroUa lubo calycem superante ,margine ciliata , folliculis clougato-acuioinatis rostralis pilis brevibus hispidulis.j Hab. Angola. Obs. Cette plinte,dont les herbiers du Muséum ne possèdent qu'un exemplaire bien imparfait, se distingue par ses fruits ver- dâtres , dépourvus de prolongeràens , mais parsemés de poils courts et mous. La forme des feuilles , autant qu'il est permis d'en juger par la seule qui reste, rapptocherait cette plante du D. garipensis ; mais les fleurs sont beaucoup plus grandes dans cette dernière que dans toutes celles du genre. Peut-être aussi est-elle semblable à l'espèce décrite par Beauvois; mais comme le fruit m'a p;,ru différent de tous ceux dont j'ai eu con- naissance , j'ai cru pouvoir, sur ce seul caractère, en former une espèce distincte. IX. PoTAW. — Juin. aa 338 J. DKCAisNE. — ■ Sur les Asclépiadées. XIV. Decanema •}*. Calyx 5-partitus. Corolla rotata. Corona staminea duplex , lo-plicata v. cyathiformis lo-fida, laciniis inaeqnalibus gynoste- gium siiperantibus in appendicem subulatam medio prodiictis. Antherce membrana terminatœ. Massœ pollinis apice affixîe, pendulae. Stigma apiculatum. Folliculi Frutex erectus ramosus facie Sarcosteinmatis aphyllœ. Gaules aphylli articulati. Umbelloe latérales v. terminales. j. Decanema Boj'eriana f. D. apliylla ; raniis teretibus , umbellis lateralibus v. terminalibus sessilibns , floribas glabris, calycinis foliolis subrotundis , corollae lobis patulis v. reflexis lanceolatis, corona cyathiforrni gynostegiiim abscondenie lo-lobata, lobis medio subulatis, stigmate obsolète coaico. Asclepias aphylla^ Bojer, mss. (v. sp. unicum in herb. Mus. Paris. ) Hab. in monlibus saxosis Madagascar, prov. Emirna. Obs. Cette plante a tellement de ressemblance avec le Snr- costemma aphylla, qu'on serait tenté, à la première vue, de les réunir même spécifiquement ; mais l'étude de la flein- montre des différences telles, que j'ai cru devoir en faire un genre nouveau. La couronne staminale se compose d'une mem- brane à dix lobes inégaux, terminés chacun par une languette linéaire dépassant la corolle; les lobes correspondans aux cinq angles rentrans sont plus courts, et les languettes dont ils sont surmontés n'atteignent au plus que le milieu de celles apparte- nant à la rangée extérieure. D'après cette organisation, ce nou- veau genre aurait de l'analogie avec les Dœmia , car les languettes qui terminent chacun des lobes ont la plus grande ressemblance avec celles de ce dernier; mais le reste de l'orga- uisation florale ne peut être comparé qu'à celle de certains genres américains, avec lesquels cependant notre plante ne peut être confondue. j. DECAISSE. — »//• les Asclépindées. 33() XXV. Steinheilia \. Calfx 5-partitiis. Corolla campanulata o-fida laciniis erectis , acutis, crassiusculis, post anlhesira tortis; faux squamulis 5 ra- diantibus, sinuhus alternis, carnosis , flavidis clausa ; tubus ima basi foveolis 5 squamnlis alternis instructus. Corona siaminea nulla. Gynoslegium tubo inclnsum , squamulis corollaî faucis obtectum. Antherœ membrana oblonga stigmati incumbente terminatse , lateraliter supernèque cornua bina, cartilaginea, atra , lucida emittentes, stigmalis corpuscule aftixa. Massœ pollinis longe pendulae subcompressœ clavatse. Stigma muticum. Fol' liculi Herba perennis, caulem annuum spithamalem emittens uni- cum. Folia incana , eleganler venosa. Pedunculi extra-axillares erecti pluriflori, floribus pedicellatis, pedicellis infernè ima ba- sive bracteolis instructis. Hocce genus araiciss. Adolpho STEijvHEiL,de Botanicaob plii- rimas dissertationes ingeniosas benè merito, dicavi. Steinheilia radians . S. foliis priniariis suhreniformibus niucronulatis superioribus late cordatis, corolla çlaberiima violacea. Hab. Yemen (Bové , P. E. Botta). Asclepias radians Forsk. p. 49 (Descript. optima). — Lamk. Encycl. Obs. Ce genre est un des plus remarquables de la famille des Asclépiadées, soit par l'organisation de la corolle, soit par ceUe du gynostèrae. Je n'ai retrouvé sur aucune autre plante , ni les écailles qui se trouvent à la gorge de la corolle et s'inclinent vers le centre pour en fermer incom|)1ètement l'entrée, ni les fossettes situées à la base du tube , alternant avec chacune des languettes de la gorge et opposés aux lobes de la corolle. Cette dernière disposition du tube semble cependant se retrouver dans le genre Jraujia de Broîero , auquel il faudra, si j'en juge 34 > ^- DECAisNK. — 6'///* les Asclépiadées. traprès la description et les figures, rapporter le Physianthus de M. Martius. (i) Notre nouveau genre se fait encore remarquer par une dispo- sition toute particulière des anthères; celles-ci ont un appendice terminal oblong , muni latéralement de deux lobes dressés , aigus , appliques contre les corpuscules du stigmate dont ils ont et a consistance cornée et la couleur. Les masses polliniques sont suspendues au moyen de filamens dilatés au point de jonction des masses polliniques; ces filamens, dans leur partie rétrécie et interne, paraissent granulés et sont plus colorés que la por- tion externe qui est lisse. Le gynoslème est coriace, à dixcane- lures longitudinales. XXVL Pycnoneurum f. Calyx 5-partitus. Corolla campanulata, tubo subventricoso , laciniis dorso angulato carinatis supernè contorlis, sinu carnoso brevi glandiformi extrorsùm prominente interjectis. Corona sta- minea membranacea , cyathiformis , gynostegium superans, pli- cata , subdecem lobulata, irregulariter lacerata v. denticulata. Anlherœ membrana majuscula terminatae. Massœ pollinis pen- dulge obtuscB. Stigina obtusum sinuato-pentagonum. Folliculi... Herbae perennes erectœ simplices. Folia opposita linearia,in- terdùm marginibus reflexis, junciformia. Umbellap peduncu- jataî V. sessiles extraaxillares v. terminales densiflorae, floribus quorumdam Alliorwn forma dispositione magnitudineque iis similibus. I Pycnoneurum junciforme t. P. glabruni , foliis junciformibusstiiclis acuUsumbellam superantibus, umbellis densifloris, florum pedicellis reflexis. Hab. in Insul. Madagascar (Bojer). Vid. sp. unicum. Oi3s. Cette plante par sa forme générale se rapproche beau- (i) Parmi le grand nombre d'Asclépiadéesque j'ai euoccasion d étudier, je n'ai trouvé que le Phyiïanthus albens , dont les corpuscules du stigmate fussent munis d'un appendice terminal ynembraneux , indépendant de toute autre partie de la flpur. T. DKCAisNE. — Suf /(^s Asclépia(léf\s. 341 coup de certaines espèces de Gomphocarpus,ini\que\\^s M.Meyei- a donné le nom de La^arinthus, et en particulier des L. tenuis, gracilis y interruptus , dont les fleurs petites et serrées ressem- blent assez à celles de notre genre Pjcnoneurum. Mais leur or- ganisation les en éloigne complètement; en effet, la forme des divisions de la corolle présente de l'analogie avec celles du genre Sleinheilia , tandis que la couronne staminale est sem- blable à celle des Cyathella; enfin , la présence des cinq rayons en S, qui surmontent le stigmate, et que je n'ai retrouvés d'une manière aussi prononcée dans aucune autre Asclépiadée^ m'ont déterminé à en former un genre distinct , voisin du Decanema. 1. Pycnoneuruin sessiflorum \. p. foliis lineaiibus hasi et piœsertira apice lougè aUenuatis glauccsceiilibiis , floribus urabellatis sc.«silibiis viiescenlibiis. Hab. in Ins. Madagascar, ad Arecarum umbraculis planitie Lingate(Goudot in herb. Delessert ). Obs. J^es feuilles de cette espèce ressemblent à celles du Goin-^ phocarpus fruticosiis ; les fleurs sont disposées par petites têtes sessiles entre les tiges eî. les feuilles; la corolle, dont le tube est campanule ou urcéolé à la base, a ses lobes brusquement et fortement tordus immédiatement au-dessus du gynostème ; dans cet état elles ont quelque ressemblance avec les fruits d& certains Lylhrwn. XXVII. ASTEPMANUS R. Browij. Calyx 5-partitus. Corolla subcampanulata v. suburceola^a fauce tuboque esquamatis, laciniis interdùm elongatis. Corona staminea nulla. Antherœ membrana terminatae. Massœ poUinu pendulcc. Stlgnia caudatum bifidum , muticum v. conoideum. FoUiculi laeves. Semina comosa. Plantae perennes, suffrutices v. fruticesssepiùs volubiles. Vo\ki opposita. Umbellœ interpetiolares. Flores parvi. Patria. Africa australis , Madagascar, America australis (Reg^ chilense). 34'i J. DKCAiSNE. — Sur les Asclt'>[)iadées. I. ^-1 siephanus ovatiis -[-. A. ramis eloiigalis deflexis gracilibus piibcrulis , toliis [jaivis ovatis peliolalis subcoriaccis glabris, floribus extra-axillaribus solitariis gemiiiisvc brève pedicel- lalis glabris. Perjploca ovata^ Poir. Encyl. suppl. p. Hab. Madagascar rCommersoii). •1. Astephanus cei nuits ■^. A. lamis gracilibus scandcnlibus glabris. jisnioribus tineoh pilosa fol. allertiaiit. percussis , foliis lanceolatis brève aetmiinatis petiolatis mcmbranaceis glabris , pcdunciilis petiolo sub£ec|ualibiis paucifloris , floril)iis sEepiùs leriiis pedicelU./mw). On sous- diviserait ensuite la première section en deux groupes, ayant pour type, l'un , les longues anthères du T. mnjus Jacq. ou du T. mi- nus L. ; l'autre les anthères très courtes du y^ar/zm. Toutefois des intermédiaires viennent encore se placer entre les deux derniers groupes, et rendent l'application des anthères aux sections fort difficile. Les stipules et les stipelles présentent des caractères très variables : elles ne distinguent point avec certitude le flexuo- sumàu minus et\e flapumàe ses v'àriéiés.'De plus, à pe ne visibles souvent dans les divisions inférieures des pétioles, les stipelles ne sont point constantes sur le flavum type L. ( T. sphcerocar- pum Lejeune). Quant à celles que M. Roch (Synopsis) donne au flexuosumy on n'en trouve aucune trace sur un échantillon au- thentique , mais il est vrai en mauvais état , que possède M. Gay. Les tiges fisluleusios ou semi-pleines ne sont point aptes non plus à séparer le sinïplex de ïangusti/ollum avec assez de pré- cision. Les racines'' paraissent également varier d'un échantil- lon à l'autre d'une même variété. A coup sûr, on les trouve tantôt pivotantes, tantôt obliques et traçantes dans le simpiex, \q flavum et Vanguslijolium L. Je dois entrer maintenant dans quelques détails au sujet des modifications que subissent les divers organes de la fructifica- tion des Thalictrum: Les carpelles varient de grandeur et de forme avec le tem|)s , ai-je dit; ils se raccourcissent en effet, et , quand ils sont l^ien sains et très mûrs , leur forme tst plus régulière, phis ovoïde ou arrondie aux deux extrémités. Ces dif- DK MASSAS. — De V étude du fruit et de la graine ^ etc. 353 férences entre les carpelles observés avant maturité ou à maturité parfaite sont très grandes. — Souvent on cueille les carpelles en mauvais état , quoiqu'ils soient sains en apparence : ils ont alors une forme plus oblongue, plus étroite , moins obtuse aux deux bouts. Leur grandeur varie encore en proportion de la vigueur de la plante ; ainsi les mêmes variétés par les racines , les feuilles, etc. , ne présentent pas des fruits égaux. Les car- pelles, enfin , qui persistent en automne, sont pour la plupart stériles ou vésiculeux , et d'un volume double ou triple du vo- lume normal. Il est donc très important de ne pas les décriie dans l'un de ces états de maladie ou de stérilité (i). 11 faut re- cueillir ceux qui se détachent d'eux-mêmes de la panicule j la forme en est plus régulière, plus arrondie, et la graine les remplit entièrement. Quant à celle-ci , je l'ai toujours vue de même forme que le carpelle mûr, c'est-à-din|j ovoïde , s'il est ovoïde , oblongue, s'il est oblong; droite ou arquée, s'il a les formes in- diquées par ces mots. La surface de la graine paraît lisse; quel- quefois on aperçoit de légères stries longitudinales ; mais il ne m'a pas été possible d'en faire un caractère d'espèces. Négliger le triage des carpelles serait une cause d'erreurs graves; car, avec une même plante, observée aux diverses époques de la florai- son, et soumise aux causes de stérilité qui sont fréquentes dans les Thalicirum , on pourrait établir sept à huit espèces ou va- riétés. On comprendra encore mieux futilité de ce triage , si j'ajoute qu'un échantillon glanduleux devient glabre avec l'âge, que le minus, par exemple, varie de triille depuis quatre pouces jusqu'à plus de trois pieds , qu'il est tantôt vert , rougeâtre ou glai\que, etc. En combinant alors les variations par les carpelles avec celles dont le feuillage , la tige et la racine sont affectés , on concevrait un dédale d'espèces mal établies et de synonymes diffus. Afin de compléter ce qui est relatif au fruit et à la fleur , j'a- jouterai les observations suivantes : fi) Les carpelles vésiculeux proviennent, ordinairement du moins, de la piqdre d'un in- secte; souvent ils renferment uue petite larve IX. RoTAW. — Juin. a 3 354 ^^ MASSAS. — De l'étude du jruit et de la graine, t*. 1° On trouve de très bons carpelles de VangustifoUum \^- TÏété ga/ioides , presque sphériques et très petits; mais il y en a de plus gros et d'ovoïdes. 2* Le T.flavum L. varie également: ses carpelles sont petits comme ceux du galioides, dans la forme type {^Sphœrocarpuni Lejeune,in Herb de Fr., au Muséum);mais souvent ils atteignent une grosseur double (fait déjà observé par Rchb. FI. Germ.) 3° Le 7! simplex DC. a également ses carpelles, tantôt petits, tantôt plus gros. Si donc aux types indiqués on ajoute les varié- tés de chacun d'eux, susceptibles par des nuances de feuillages de rapprocher toutes les formes, on jugera avec raison très dif- ficile la distinction des trois espèces qui précèdent par le vo- lume et les apparences de leurs fruits. 4° Je ne connais point encore avec assez de certitude les fruits sains et mûrs des Th. makis , médium, elâlum (Jacq ) , Th. nU' tans (Desf.), Th. collinum (Wallr.) ; mais ceux des minus L. , saxalile Schl. , pubescens Schl., m'ont paru n'offrir entre eux aucune différence constante et appréciable. Quant au Th. alpinum L.,il est très distinct de la section du minus , dont il se rapproche par les racines et les feuilles, tandis que ses anthères, sa panicule et ses carpelles le placent près du simplex. La section du minus est ainsi, comme celle di\ flai^um, em- preinte de difficultés réelles. Il faut lui appliquer toutes les observations précédentes sur les carpelles stériles ou gâtés et sur la nécessité d'un triage propre à faire écarterceux qui, semés, seraient improductifs. Les carpelles du minus affectent en effet plusieurs formes: les uns sont ovoïdes, réguliers; d'autres, cou- pés en travers, offrent une section irrégulière, plus ou moins amaigrie d'un côté; enfin ou en trouve de .stériles, amincis aux deux bouts; le volume varie encore du simple à plus du double. Ces différences , je le dis de nouveau , provierment de causes accidentelles, nées du lieu même où la plante a pris naissance, ou bien particulières à une saison. 5° Les anthères se présentent sous des formes dépendantes du moment de la floraison; ainsi, après l'émission du pollen, elles se roulent un peu par les bords et deviennent plusétroileset pointues. On peut ainsi étreinduit en erreur, quand on prend pourun pro- DE MASSAS. — De l'étude du fruit et de la graine , etc. 355 longement du filet les extrémités des anthères, roulées sur elles- îïiémes. Quelquefois les étamines portent des poils blanchâtres assez longs, épars; niais ces poils n'appartiennent à aucune espèce en parliculier : le minus et ses variétés , lejlavum , etc. , en ont fréquemment. Les anthères du /la pu m et du nigricans (Jacq. ) prennent dans les herbiers une couleur orangée remarquable. Cette cou- leur n'est point constante. Dans certaines variétés ou formes, elle se conserve jaime-clair. 6° Au moment de la floraison, les étamines sont plus ou moins pendantes dans la section de minus , tandis que celles de la sec- tion àvxjlavwn se dirigent vers le ciel. Le Thalictum fœtidum L. les porte exactement comme l'indique la table 2^4 du FI. dani- ca, figure citée pour le Th. sirnplex L. — Toutefois il faut obser- ver la direction des étamines non sur le sec, mais sur la plante vivante et avant l'émission du pollen; car les pédicelles se relè- vent ensuite, et les carpelles sont dressés dans tous les Thalic- trum^excepté dans Kalpinum, qui lésa demi pendans à maturité. Le nombre des étamines et des ovaires par fleurs m'a paru très variable: je doute qu'il puisse jamais servir à la distinction des espèces. 'f Les sépales eux-mêmes ne donnent pas de caractères cons- tans. Dans \q flauuni type, ils sont ovales et d'un jaune clair qui contraste avec la couleur orangée des anthères ; mais, dans les variétés, cette couleur s'affaiblit. Quelquefois les sépales se co- lorent en purpurin {1 h. fœtidum L.). Rappellerai-je les variations propres à l'apparence glauque de certaines variations du minus^ à l'innervation des folioles, à la grandeur des feuilles, au port et à la taille, à la pubescence? Sans entrer dans de longs détails , il me suffira de dire que toutes les espèces offrent des individus à tige plus o[j moins feuilîée, plus ou moins flexeuse , haute de quatre pouces à quatre pieds [minus L.) ; à feuilles plus ou moins amples, dressées ou étalées, glabres ou glanduleuses-puboscentes {minus lu, ^ fœtidum L.); à folioles plus ou moins nerveuses en-dessous , plus ou moins oblongues , simples ou bi-trilobés , plus ou moins mattes ou lui- 23, 356 DF MASSAS.— De V étude du jruit et de la graine^ etc. santés {angustifolium L. ^flavum L.) , à panicule contractée ou étalée {flai>um et ses variétés), très ample ou très grêle {minus L.) En résumé, je crois à l'existence de quelques bonnes espèces de Thalictum; mais on ne parviendra à les définir: i° qu'en étu- diant d'une manière comparative leurs floraisons , la longueur des anthères, les carpelles bien mûrs et très sains ; 2' qu'en l'attachant point une importance trop absolue à la tendance ies racines à pivoter ou à devenir traçantes ( Th. angustifo- lium et simplex ) , à la forme des stipules et à la présence des Btipelles pour les sections du minus et diu flavum^ à la texture et aux formes des folioles très variables dans toutes les es- pèces; 3° qu'en dessinant avec soin les principales variétés des espèces voisines. But de cet article. Je me propose, dans cet article, non de donner une monogra- phie des Thalictrum de France , mais d'établir d'abord la syno- nymie des espèces ou variétés; et, afin de compléter ce premier travail , j'ajouterai aux dessins auxquels on rapporte certaines espèces, d'autres dessins propres à bien fait e connaître les formes intermédiaires remarquables qui n'ont pas encore été figurées. Cette synonymie ressort de l'étude sérieuse des Thalictrum , i^de l'herbier de Villars (bibliothèque deGrenoble); 2« de l'her- bier de France (Muséum d'histoire naturelle); 3o de l'herbier de Vaillant; 4" de l'herbier de Gaudin,dont M. Gay est possesseur, 5** des Thalictrum fC\x[\iv es au jardin royal de Paris. On blâmera peut-être la grande quantité de variétés ou formes que j'indique ici; mais ce blâme serait-il donné à propos? Avant d'asseoir les espèces, il faut en reconnaître les variétés, et, comme leurs caractères distinctifs ne sont pas encore invaria- ment fixés, il faut les rechercher avec soin et vérifier d'abord le travail d'autrui. i)E MASSAS. — De V étude du fruit et de la graine, etc. SSy SYNONYMIE DES THALICTRUM DE FRANCE. PREMIÈRE SECTION. — Floi'aison à étarnines pendantes, Ganpelles de première grandeur, 1'" ESPÈCE. — Th. MAJUs ( Jacq. FI. auslr. t. 420 (dessin bon). — Smith. Brir. 48i. — Gaud. herb. en partie, (non Mutel, Flore du Dauph.) Obs. m. Roch (Synopsis) a eu tort , ce me semble, de séparer lemojus Sm'iih du maj'uslacq.; la description donnée par Smith convient très bien à la figure citée du majus. M. Mutel (Flore du Dauphiné) a pris pour le majus une forme élevée du flauum (route d'E\bens à Grenoble), et un minus d'une très haute taille (prairies de Séguret). 2° ESPÈCE. — Th. minus (L. Sp. ). — Gaud. FI. helv. — Th. minus sive rutœ-pralensis y semine striato ; J. B. 3. 48/ et Th. minus Dod. pempt. 58, ex Vaill. herb.). Var. 1. Virens. — Th. monianum et virens (Wallr. 1. c). — FI. dan. t. 782 Plante glabre et verte. Var. 2. Saxatile. — Th. saxatile ( Schleich. pi. sech, in herb. Gay), non Vill. Dauph. — Th. minus saxatile (Gaud. FI. helv.) Obs. La plante de M. De Candolle (in. Herb. de France) n'est pas celle de Schleich.; elle appartient à la variété 3 des environs de Mende. Gandin Herb. ne renferme pas non plus d'échantil- lon semblable au saxatile Schleich., du moins dans la feuille du minus, mais on en trouve; un dans la feuille du médium j il y est accompagné de Fétiquette suivante de Schleicher : « Th. minus. » Var. 3. Pruinosum. — Th. minus pruinosum (Gaud. helv,). — Th. mon- tanum roridum (Wallr. l. c). — Th. saxatile (DC. Mus. in herb. de Fr.). Cette variété glauque et glabre est dans l'Herbier de France, envoyée par M. De Candolle sous le nom de 7 h. saxatile. L'é- tiquette porte pour localité : Mende. ^58 DE MASSAS. — De l'étude dajiuit et de la graine ^ etc. Var. 4. Glandulosum. — 2Vi. minus (Vill. Dauph. et herb.). Obs. Cette variété est très commune aux environs de Gre- noble et de L\on : elle y atteint 2-3 pieds. Le dessous des feuilles porte de petites glandes jaunâtres, sphériqiies, plus ou moins apparentes, et qui disparaissent quand la plante avance en âge. Elle est intermédiaire entre les variétés glabres du minus et celle qui suit. On la trouve très verte aux environs de Grenoble, et très glauque ailleurs. Var. 5. Ccesium. — Th. minus vœsium (Gaud. herb.) Obs. Cette variété alpine est remarquable par sa petite taille. On la trouve quelquefois aux Alpes du Dauphiné, haute seule- ment de 4-6 pouces, glabre ou glanduleuse comme la précédente. A l'état nain, sa pauicule devient presque simple; mais cette forme du minus n'a aucun rapport avec Yalpinum L. Var. 6. Fœtidum. — Th. fœtidum ^Gouan. FI. monsp. — VilL Dauph. et herb. — Nou Linn. Sp. — Th. pubescens(^Sc\\\t\c\i. PI. sech. — DC. in herb. Vaillant , d'après une étiquette mise par lai à un échantillon rapporté du mont Venteux par M. de Jussieu (voyez la feuille An Fœtidum). — Tli. minus pubescens (Gaud. herb.) Obs. La plante de Villars (Herb.) est parfaitement bien celle de Vaill. (Herb.) cueillie au mont Ventoux. Elle se fait remar- quer, en herbier surtout, par sa tige et ses feuilles d'un vert- roussâtre, en apparence pubescentes, et chargées de glandes. Sa taille varie comme celle du type minus. — Le pubescens des environs de Mende diffère seulement de celui du mont Ventoux par son aspect glauque. 3" ESPÈCE. - Th. nutans (Desf. Catal. i23, ex DC. FI. Fr.) — DG. in herb. de Fr. — Gaud. herb. Obs. m. Reichenbach distingue cette espèce du collinwn (Wallr); mais si l'on en juge par un échantillon, en mauvais état il est vrai, que M. Gay reçut de M. Wallr. , les espèces nu- tans et cotlinum seraient assez voisines. Je ne puis cependant en garantir l'identité. DE MASSAS. — De l'étude du fruit et de la graine , etc. 35^ 4' ESPÈCE. — Th. f^tidum {\j. Sp. et Mantissa , p. 4o7). — Schleich. PI. sec. in heib. Vill. — Gaud. herb. — DC. in herb. de France). — Th. minimum fœtidissimum C, B. (ex Vaill. herb.). - Th. saxalile Vill. Dauph. et herb. Th alpestre P pubescens (Gaud. Herb. ) Obs. Les échantillons de THerbier de Vaillant, et la note que Linné a introduite dans son Mantissa , le prouvent très claire- ment, la synonymie précédente est certaine. Villars reçut de Schleicher le Th. jœtidum , et son herbier contient l'échantillon de Sciileicher et des échantillons du saxatile Vill. absolument identiques entre eux. Quant à \ Alpestre var. [3 pubescens de Gaudin , il n'y a point lieu d'en faire même une variété : c'est évidemment le ty^e fœlidam. Il faut ainsi accepter en son en- tier, et comme définitive, la synonymie ci-dessus. L'odeur de cette espèce cultivée depuis longtemps à l'H. R. P., a de l'analogie avec celle du Géranium Rohertianum , comme Haller l'avait observé. Var. 1. Glabrum. — Th. alpestre (Gaud. herb.). Le Th. fœtidum varie de port et de pubescence, tandis que des formes alpines du minus se rapprochent d'elle par la petitesse des feuilles et par une certaine glandulosité. J'ai des Alpes du Dauphiné plusieurs échantillons glabres et glanduleux, si intermédiaires entre \es fœtidum et minus y que l'on hésite à les rapporter au minus. Toutefois, le Th. alpestre (Gaud. Herb.) me paraît être une variété glabre an fœtidum : c'était déjà l'opi- nion de M. Gay. Les étamines extrêmement pendantes du Th. fetidum le sé- parent 1res bien de toutes les variétés du minus ; mais il faut comparer ces plantes vivantes , car le caractère distinctif .s'efface dans l'herbier. Th. simplex (L. mant.). — Vill. Dauph. i. p. 379. — Rchb. FI. germ. — Koch. Syn. — Th. minus (FI. dan. t. 244). Obs. Adoptant pour section de genre les étamines pendantes ou dressées, je devrais: 1° placer après \e fœtidum le Th. simplex auquel Linné donne des étamines pendantes; 2'' mettre à la deuxième section , comme var-été ou espèce douteuse , in terme- 36o DE MASSAS. — De l'étude du fruit et de la graine , etc. diaire entre Vangustifolium et le flavum , le Th. slmplex (Wilcî. DC. Gaud.) , qui a les étamines dressées. MM. Reichenbach et Roch ont déjà séparé la plante An Mantissa de celle de MM. De Candolle et Gaudin; de plus, Villars, dans un joui-nal ma- nuscrit , se plaignait de ce que Willdenow avcit rapporté à tort Yangustifotium de l'Histoire des plantes du Dauphiné au slm- plex L. Toutefois, les formes alpines du Th. slmplex ( Vill. Dauph. vol. ]), cueillies au Lautaret , ressemblent beaiicoup à la table 344 de la Flore danoise , à part les étamines pendantes , carac- tère que je n'ai pas eu l'occasion d'observer, et MM. De Can- dolle et Gaudin ayant mis en variétés de leurs slmplex (à an- thères dressées) ces plantes alpines , je ne prononce point, faute de renseigneraens exacts, la séparation du slmplexh. de celui de MM. Gaudiu et De Candolle. DEUXIÈME SECTION. — Anthères dressées. Carpelles de deuxième grandeur. 5° ESPÈCE. — Th. sPECiosuM ( Desf. Catal. ex DG. FI. Fr. — DC. herb. de France). — Th. flavum var. P speciosuin (L. sp.) Je ne connais[pas d'autre échantillon de cette espèce que celui de l'Herbier de France. Par le feuillage, il appartient à la section du minus. Ses carpelles très murs sont de grandeur moyenne , ovoïdes, à quatre faces assez marquées , etc. L'échantillon en- voyé au Muséum par M. De Candolle n'a pas d'étamines ; je ne puis ainsi comparer les anthères à celles du flavum. La Flore française ne dit pas si les anthères sont dressées ; mais elles doi- vent l'être, si l'on en juge j)ar le synonyme de Linné (Species) et par la place que cette plante occupe dans la Flore française et dans Linné. Je crois convenable , d'après cela, de la mettre en tête de la deuxième section ou du groupe à carpelles de gran- deur moyenne , qui se compose ainsi du speciosum^ de Xelatum et du m,ediu!n. DE MASSAS. — De l'étude du fruit et de la graine , etc. 36 1 6® ESPECE. — Th. EiiATUM (Jacq. bur . vindob, 3, t. gS. — Gaud. herb.). — Th. ambiguum {Sch\t\c\i. ex herb. Gaud.), Oes. m. Roch (Synopsis) rapporte le majus (Smith. Brith. j, Velatum (Gaudin) et Vambiguum (Schleich.) au minus , et il en fait sa variété Th. minus a dumosum. — Velatum Gaud.) ou ambiguum (Schl.) convient très bien, ce me semble, à la figure citée de l'Hort. Vindob. Le majus (Smith) paraît être également celui de Jacquin , comme je l'ai dit plus haut. 7® ESPÈCE. — Th. MEDIUM (Jacq. hort. Vind. t. 90). Obs. Je n'ai vu dans aucun herbier un Thalictrum que l'on pût rapporter avec certitude à la figure donnée par Jacq. sous le nom de Th. médium. L'herbier de Gaudin renferme au moins trois plantes dont l'une, étiquetée minus (Schleich.) est du minus saxatile ; la deuxième appartient à la section du minus ; quant à la troisième , elle pourrait être du médium par ses anthères assez courtes, dressées, intermédiaires entre celles du minus et celles du simplex. Si mes souvenirs ne me trompent point , on trouve dans les îles du Rhône, près de Lyon , à la Tête-d'Or, un Th. qui doit avoir de grands rapports avec la table 90 de l'Hort. Vindob. M. De Gandolle (Prodr.) donne à cette espèce , comme à Xe- latum , les étamines dressées. M. Reichenbach (FI. germ. ) met e» synonyme du médium Jacq. le Th. saxatile (Schleich. PI. sec). Mais le saxatile que M. Griy tient deSchleichermême ne convient pas à Ja table 90 de l'Hort. Vindob , et appartient au minus. Ses anthères sont demi pendantes , tandis que le médium , au contraire, les a dressées. La synonymie de M. Reichenbach n'est donc point exacte. « 8° ESPÈCE. — Th. ai>pinum ( L. Sp.-— Gaud. heib,~DG. herb. de Fr. — Moris. s. 9 , t. 20). Cette jolie espèce a les feuilles et les racines du Th. minus , et les anthères courtes du simplex. Ses fr. ovoïdes , plus petits que ceux du minus j sont à -peu-près pendans à maturité, carac- 362 DE MA.SSAS. — De V étude du fruit et de la graine^ etc. tère, je crois, particulier à cette espèce. — M. Miitel (Flore du Dauphiné) indique le Th, alpinum L. aux Alpes; mais les her- biers faits en Dauphiné, ceux de Villars,de Liotard,etc., ne ren- ferment aucune trace de ce Thalictrum, et je n'ai vu nullement un seul échantillon cueilli avec certitude aux Alpes françaises. Tl est probable que l'on aura pris pour le Th. alpinum les formes naines du Th. minus var. Cœsium (Gaud. FI. helv.) , à tige quel- quefois longue de 4-^ pouces seulement et à panicule plus ou moins simple. 9" ESPÈCE. — Th. ANGusTiFOLiuM (L. Sp. — ViU. Dauph. vol. 4 , p. 712. — Gaud. FI. helv.) Obs. Villars , dans un journal manuscrit in-4'' , journal qui devait servir à une nouvelle édition de l'Histoire des plantes du Dauphiné, se plaint ainsi, à la page 407? de Willdenow : « Le « T. augustifolium L. vient à Echaux (Alsace) et ailleurs , dans « les marais et prés humides, tel que je l'ai vu, décrit en Dau- « phiné et envoyé à M. Willdenow, qui a écrit et persuadé aux « autres auteurs que je lui avais envoyé le Th. sïmplex L. sous « le nom de Th. augustifolium ; j'ai pris, au contraire , le Th. « simplex pour une variété du flavum^ moins ramifié à la vé- « rite. C. B. Pro. i46 et Jacq. hort. ont bien figuré le Th. au- « gustifolium L. , tandis que la table 244 du Flora danica re- « présente le simplex » Il dit ailleurs , page 369 : « Le Th. simplex est commun en a Savoie. Quant à la plante que j'ai envoyée à Willdenow, elle est ff parfaitement représentée par la figure de G. B., et Haller a « pensé comme moi. Ainsi M. De Candolle ( Fl. fr. ) a mieux si- « gnalé cette espèce du pays même , qu'il tenait^de Nestler, sous « le nom de Th. galioides. » D'après cela , Villars pensait que le Th. simplex Wildenow n'était pas celui deL., mais bien une simple forme de Xangus- tijolium. L'histoire des plantes du Dauphiné, vol. 4? P- 7'^' adopte pour synonyme de V augustifolium L. le n° 11 37 de Haller (Helv.), le Th. pratense angustissimo folio C. B. Prod. 146. et comme variété B, il cite le Th. pratense augustifolium G. B. DE MASSAS. — De l'étude du fruit et de la graine ^ etc. 363 Pin. 337. Cette synonymie s'applique, je crois, parfaitement à Vangustifolium L. sp. — L'herbier de Villars renferme 1° le Th. galioides cueilli en Alsace; 1° le Th. angustifolium Jacquinia- num (Gaud. Helv.); 3° une forme plus éloignée encore du type de l'espèce. — Il est absolument impossible, du moins avec les ouvrages et les herbiers que je connais, d'indiquer une li- mite de séparation entre les diverses variétés de Vangustifo- lium L. et celles du simplex de De Candolle et Gaud. Ainsi les formes cueillies sur les bords de l'Isère et delà Téte-d'Or près de Lyon ( presqu'île du Rhône), passent d'une manière insen- sible de \ angustifolium type ( Jacq.) , au simplex majus (Gan- din) , etc. — En définitive, Willdenow s'est mépris sur ï angusti- folium ( Vill. Hist. du Dauphiné), et il n'aurait point dû, sur un seul échantillon qui pouvait être une de ces formés mixtes fort embarassantes encore aujourd'hui, signaler une prétendue erreur de synonymie dont lexistence pouvait être contestée. Comment , avant de publier ses observations ne les a-t-il pas communiquées à Villars? L'étoile eu botanique du Dauphiné avait droit à cette déférence. Il est convenable de dédoubler ï angustifolium {Y\\\2iYs\ie.Th.\ et d'en mettre une partie à la plante Linéennede même nom, et l'autre au simplex de De Candolle et Gaud. Var. 1. Bauhini. — Th. Bauhini (Ci àn\z y Aust. io5). — Th. galioîdes (Nesller. ap. Pers. syn. a , 161). — DC. herb. de Fr. — Koch. Synops. — Th. angustifolium \. galioides (Gaud. herb.). — 2Vi. pralense angusUssimo folio (G. B. Pr. i46,ic. ex Vaill. herb.). Obs. Le Th. galioîdes varie de taille et de forme. J'ai dessiné, en effet, un petit échantillon de l'herbier Gay, dont les fo- lioles oblongues, souvent trilobées, tiennent beaucoup de celles du simplex Gaud. ; de plus , M. Gay cueillit sur la route d'Orbe à la frontière de France , et près de la route,un échantillon à tige très épaisse, haute de deux pieds environ. Var. 2. Heterophyllum — Th. angust. helerophyl. (Gaud. herb,). Les folioles du bas des tiges sont plus larges , lancéoléesli- néaires au lieu d'être Hnéaires. 364 ^^^ MASSAS. — De l'étude da jruit et de la graine, etc. Var. 3. Longifolium. — Th. angustifolium(i,\C(\. hort.Vind. 3, t. 43. — DC, beib. de Fr. — Gaud. herh.).,H. R. P. L'échantillon envoyé par M. De Candolle au Muséum, paraît avoir été cultivé; il ressemble beaucoup à la figure citée de Jacq. Les folioles très allongées la distinguent de la précédente ; ces folioles sont quelquefois à 2-3 lobes. Var. 4. J acquini anum. — Th. angusUfolium Jacquinianum Gaud. herK), Th. angustifolium (Vill: Hist. et herb. en partie). Tige haute de l'-ipieds; les folioles trilobées sont très rétré- cies en coin à la base, nerveuses, etc. Cette variété s'éloigne du type et commence la chaîne qui unit V angustifolium au simplex ( DC. et Gaud.) lo* ESPÈCE. — Th. simplex (L. Manlissa). Vill. Dauph. i, 379. — DC. in lieib. deFr. — (Gaud. herb., échantilloos des Alpes). — DC. Syst.? — Gaud. FI. helv.? Obs. IjQ simplex (L. mantissa), représenté par la table 244 de la flore danoise, a toutes les folioles à-peu-près semblables du haut en bas de la tige, et les fleurs pendantes dans toute l'acception de ce mot, c'est-à-dire comme elles le sont sur le Th. fœlidum L. — MM. De Candolle et Gandin donnent à leur Th. simplex les fleurs dressées. Y aurait-il donc une erreur commise soit par Linné, soit par MM. De Candolle et Gaud.? Je ne puis r épondre avec certitude ; mais le simplex de ces deux^derniers auteurs se lie à V angustifolium par de si nombreux intermédiaires, qu'il est très difficile de saisir la limite où finit l'une des espèces. Il serait donc important de vérifier la floraison des diverses formes de X angustifolium et du sim* plex, dans le but de reconnaître celles dont les fleurs sont pen- dantes et celles dont les fleurs sont dressées. Jusqu'à ce que cette vérification soit faite, il sera impossible soit d'indiquer une synonymie exacte , soit de grouper d'une manière conve- nable les variétés qui, en ce moment, composent le simplex et V angustifolium L. DE MASSAS. — De V étude du fruit et de la graine ^ etc. 305 Var. 1. Nigricans. — Tli. angustifolium (Vill. herb. ex parte). Obs. Plante élevée, tige peu fistuleiise, résistante à la pression. Les folioles du bas sont lancéolées, entières ou lobées , elles dé- croissent promptement; celles du milieu des tiges paraissaient déjà très linéaires. Leurs textures, la couleur luisante en dessus, l'innervation en dessous, la floraison, etc., rapprochent entièrement cette forme des variétés linnéennes de Xam^ustifo- lium. On la trouve communément dans la vallée dePlsère, à Lyon près des bords du Rhône (Tête-D'or). Aux Alpes elle prend un feuillage d'un vert quelquefois très foncé, mais cette couleur varie. Un échantillon de l'Herb. Gaud. , mis dans la feuille du simplex avec l'étiquette Th. angustifolium L. , est une sous-va- riété du nigricans. Var. 2. Majus. — Th. simplex majus (Gaud. herb.). Cette variété diffère de la première par sa tige moins élevée, ses feuilles radicales à folioles plus ovales et les supérieures à folioles moins linéaires. Var. 3. Laserpitioides. — Th. simplex laserpitioides (Gaud. herb.). Les feuilles sont distantes les unes des autres sur la tige , et plus courtes que les entre-nœuds. Var. 4. Alpestre. — Th. sim.plex alpestre (Gaud- herb.). Obs. Cette variété est celle qui a le plus de rapport avec la table 244 tle la Flora dardca. J'ai des échantillons cueillis au Lautaret, ouVillars, vol. i, p. 879, indique le Th. simplex^ très ressemblant à cette table tant par les folioles, la tige, que par la panicule. Ces formes alpines doivent être le simplex L. ; mais n'ayant point vu les plantes en fleurs, je ne puis résoudre la question des étamines dressées ou pendantes. Var. 5. Lucidum. — 7%. luoidum L. Sp. — Th. minus lucidum libano- tidis coronoriœfoliis (Pluk. Phyt. t. 65, f. 5 , ex etiq. de Vaill. herb.). — 7'/t. mi- nus, alterum , parisiensium y foliis crassioribus et liicidis (Vaill. herb.). Tige très droite , élevée, peu fistuleuse, résistant à la près- 366 DE MASSAS. — De l'étude du fruit et de la graine ^ etc. sion , épaisse , très feuillée. Feuilles demi étalées ; folioles iné- gales, plus grandes, lancéolées, à 2-3 lobes, les latérales lancéo- lées-linéaires, le plus souvent entières toutes luisantes, etc.; panicule du simplex (Gaud.) Je suis très convaincu que ce lucidum n'appartient pas au flavum, qui souvent, il est vrai, est luisant. La surface luisante des folioles n'est particulière à aucune espèce. — M. Desf. avait rapporté les échantillons dont il est question ici à Vangusti- foliain L. , d'après une étiquette mise par lui dans l'Herbier de Vaillant. M. Koch (Syn.) pense que le lucidum L. touche de très près au médium Jacq.; mais Linné ayant établi son espèce sur les synonymes de Tournefort , de Vaillant , etc. , et la plante de Vail- lant appartenant au ^zwp/er Gaudin, il faut préférer la synony- mie précédente. Toutefois, je le répète, si le simplex L. n'était pas celui de Gaudin, les variétés indiquées ci- dessus, excepté peut-être la quatrième, seraient des formes de Vangustifoliumlj. Var. ? HeteropJiyllum. — Î'A. heierophyllum ( Lejeune , FI. de Spa. et in herb. de Fr.). — Th- flavam L. (ex Koch, syn.). L'échantillon de l'herbier de France m'a beaucoup embarras- sé : sa lige est élevée , plus sensiblement fistuleuse que celle des variétés du simplex ; cannelée; les feuilles sont grandes, demi étalées , quelquefois stipellées, composées de folioles ovales, assez larges, vertes, minces, planes, non ridées, ni crépues, nia bords roulés en dessous, peu nerveuses, la plupart entières; une feuille ayant un rameau à son aisselle est longuement pé- tiolée (le pétiole est nu sur le premier tiers de sa longueur), ses folioles sont beaucoup plus petites, ovales-oblongues ; au- dessus de cette feuille, il y en a une ou plusieurs autres compo- sées de folioles bien plus grandes, ce qui donne un aspect tout particulier à cet échantillon. Ln effet, les feuilles à folioles plus petites paraissent être insérées sur la tige, au-dessous de feuilles à folioles plus larges, et c'est l'inverse qui ordinairement a lieu dans les thalictrum^ car les folioles vont en diminuant de gran- deur à partir du collet de la racine. Les sti pelles ont sans doute déterminé M. Koch à mettre cette uf: MA.SSAS. — De V étude du fruit et de la graine , etc. 867 variété en synonyme du^Za^wm L. Elles sont très petites, ver- dâtres, peu apparentes; mais rien ne dit que, sous certaines influences de localité , tous les Thnlictrum ne soient sujets à en avoir; déjà on cite comme ayant les feuilles stipellées : i" le Th. aquilegi/oliurn ; 2" le Th. collinum Waltr. , 3° \eflavum. De plus, M. Gay cultive au jardin du Luxembour*» un Thalictrum également très stipellé. La forme des folioles, leur texture et la panicule, éloignent VheterophylUim Lej. du flavum., et le rapprochent du simplex Gaud. Il conviendrait de l'étudier vivant ;seulement alors il se- rait possible de décider si cette forme remarquable appartient anjïawum L. ou au simplex DC. (Voyez à la fin de cet article une Obs.) 1 1 *• ESPÈCE. — Th. flavum (L. Sp.). — Vill. Dauph. — DC. Syst. Var. I. Stipellntum. — Th. sphœrocarpum (Lejeune,in hcrb. de Fr. — FI. (le spa. n*» 860). — Th. majus siliquâ angulosâ aut strialâ (C. B. pin. 336', ex Vaill. herb.) Obs. C'est là le Xyi^e Jlàvwn , par ses feuilles stipellées, ses folioles à-peu-près toutes semblables , ovales , nerveuses en des- sous, et sa panicule ramassée. La tige est fistuleuse, moins ré- sistante à la pression que celle du simplex ; les anthères sont courtes, obtuses, etc. Je ne crois pas les stipelles constantes; on les trouve à peine visibles dans les ramifications des pétioles inférieurs, et si l'échantillon n'est pas complet, on ne peut les observer. Var. 2. rufinerve. — Th. rufinerve (Lejeune, in herb. de Fr. — Koch synopsis). Plante très élevée; panicule très grande; fleurs agglomérées à l'extrémité des rameaux; folioles plus allongées; stipe^jes nulles. Obs. Je ne pense pas que la taille de cette variété et les mo- difications qui en sont la conséquence puissent, malgré l'absence des stipelles , autoriser à séparer cette forme du type flavum. M. De Candolle réunit aux variétés précédentes même X exalta- tum Gaudin. 368 DE MASSAS. — De l' étude du fruit et de la graine , etc. Var. 3. Nigricans. — Th. nigricans (Jacq. aust. 3 , t, 42i. — Gaud. heib.) — Non Requien pi. sech. — Non DG. in heib. de France). Les feuilles du bas de la tige sont absolument semblables à celles Awflavum type; mais celles du haut sont linéaires et dres- sées. La panicule compacte , la forme des anthères, etc. , font de cette plante une variété Au flavum. M. Roch (Synopsis) la met tout simplement en synonyme du flauum L., et il rapporte le nigricans (Gaud, helv.) à Vangustifolium } mais le nigricans de l'Herb. Gaud. est on ne peut plus conforme à la table l\ii de Jacq. (Fl. austr. ) , et la plante représentée par cette table est au moins aussi distincte du flavwn type que peuvent être dis- tincts du flavum et de Xangustifolium les rufinerve et galiaides. Or, M. Roch élève au rang d'espèces ces deux derniers Thalic- trum :. il était donc rationnel d'admettre au moins comme va- riété le nigricans Jacq. Var. 4. AngustifoUum. — Th. nigricans Requien. PI. Sech. in herb. Gay). — DC. in herb. de Fr. — Th. angustifol. var. heterophyll. (Koch Synops.). Obs. Je rapporte i\ujlavu7n, comme variété déjà éloignée , la plante que M. Requien découvrit près d'Avignon. Elle n'est point la forme nigricans (Jacq. Fl. austr.). M. Roch la rapporte à tort, je crois, à \ angustifolium\j. Je me suis décidé , après ue exa- men attentif de deux échantillons authentiques malheureuse- ment non en très bon état, à la réunir au flavum. I^e feuillage la rapproche du simplex Qf2i\\à. , mais il s'en distingue par la panicule qui est contractée, et par sa tige peu résistante à la pression, plus fistuleuse et épaisse. Var. 5. Pauperculum. — Th. pauperculum (Rerm. als,. inéd. ex DC. Fl. fr.). — Th. Jlapum var. pauper. (DG. Fl. fr. 5, p. 877. — Th. flavum var. pauperatuT{i (Gaud. herb. — Th. fiaccidam (Schl. PI. sec. ex Gaud.). Obs. Cette singulière variété a la tige grêle , les feuilles du haut de la tige lancéolées , linéaires , planes , la plupart entières; celles du bas plus larges, tenant à-la-fois des feuilles à\x flavum var. angustifolium, et de celles de quelques variétés du simplex. Les fleurs sont peu nombreuses , éparses sur de courts rameaux DE MASSAS. — Etude du fruit 869 qui forment une panicule grêle et feuillée. I.a panicule et les fleurs tiennent de celles du simplex ( Gaud. ). Il serait utile d'étudier cette plante vivante. Je crois sa tige fistuleuse , peu résistante; car elle est très aplatie dans l'herbier de Gandin, ce qui la suppose manifestement fistuleuse et tenant àwjîavum par ce caractère. 10® ESPÈCE. — Th. exaltatum{Ga.\ià. helv. et heib.). — Th. fLavum (Crautz. austr. — Non L.). — Th. Morisoni (Rchb. FI. Germ.). — Th. majiis siliquâ seminis striatâjfoUis rugosis trifidis (Moris. uml). 70, d'après l'étiquette de Vaill. herb,). — Th. pratense majus, monspellensis , folus rugosis {W dSW.. herb.). Obs. D'après une étiquette de M. De CandoUe, conservée dans l'herbier Gaudin (janvier i838), le Th. exaltatum ou aliis- simum (Thomas) ne différerait pas du flavuni L. Cependant les échantillons des herbiers de Gaudin , Gay et Vaillant, se distin- guent facilement des variétés ànfla^um par les feuilles glauques en dessous, pointillées rudes, vues à la loupe, très nerveuses et un peu plus roulées en dessous par les bords. Ces différences suffisent-elles pour établir une espèce? Je ne puis répondre; car je n'ai pas vu les fruits mûrs de la plante en question. Les an- ciens botanistes avaient déjà séparé du flamim Vexaltatum (Gaudin): il me paraît convenable de suivre leur exemple, afin d'appeler de nouveau sur cette espèce douteuse l'attention des botanistes modernes. Je ne rappelle pas ici les Th. tuberosum et aquilegîfoUum L., parce qu'ils n'offrent aucune difficulté de dénomination. Je ne dirai rien non plus d'une nouvelle variété ou espèce cueillie aux Pyrénées par M. Grenier, docteur en médecine à Besançon , et envoyée à M. Gay. Les carpelles encore jeunes de cette espèce douteuse sont d'une longueur extraordinaire. M. Grenier publiera sans aucun doute sa découverte. Je dois ainsi , par convenance , hii laisser le plaisir de dessiner cette nouvelle forme pyrénéenne et de lui donner un nom. Mon intention , comme je l'ai dit plus haut , en établissant la synonymie précédente et en y ajoutant quelques notes, n'a pas été d'écrire les diagnoses des espèces de Thalictrum appartenant IX. ^OTAJH,-^ Juin. a4 370 r>E MASSAS. — Etude du fruit. à la Flore française; mais j'ai voulu fixer la synonymie des prin- cipales variétés, et les faire connaître par des dessins exacts. Plus tard j'essaierai de compléter les descriptions des espèces à l'aide des caractères que pourront fournir la floraison, les an- thères et les fruils de chacune de ces formes comparées entre elles. J'offre de communiquer à tout botaniste qui les réclamera les dessins au trait des espèces ou variétés dont voici les noms : Th. nutans (Desf.). — Th. speciosum (DC). — Th. saxatile (Schleich). — Th. angustifolium dwersifolium (Gaud.). — 2'h. sim- plex maj'us [Gsiud.). — ■ Th. simplex laserpitioides (Gaud.). — Th. heterophjllwn (Lejeune, FI. de Spa). — ■ Th. exaltatum (Gaud.). — Jh. jftaçum pauperatum (Gaud.). Oes. (voy. p. 367 ). — Après un nouvel examen , je crois de- voir adopter l'opinion de M. Roch ( Syn. ) , et rapporter ainsi Sixaflai^um L. le Th. heterophjllum (Lejeune, in Herb. de Fr.) Il faudrait le placer entre les variétés stipellatum et rufinerve. Description de quelques Graminées , formant une partie de la "végétation des Jheels du district de Sylhet, Par M. W. Griffith, Aide-chirurgien à rétablissement de Madras; Zizania? ciliata Spreng. Syst. ii. p. i36; Kunth. Agr. p. 10. Leersia ciliata Roxb. Fl. Ind. p. 207. Pharus ciliatus Retz. Obs. 5, p. 23. Gramcn in aquosis proveniens , culinis gracilibus basi longe repentitus, ar- ticulis cylindraceis pubescentiLus, cœterùin lœvibus. Folia subglaucescentia, (1) Mémoire accompagné de deux planches , extrait du vol. v du Journal de la société asiatique de Calcutta. W. GRiFjFiTH. — Graminées du district de Sylhet. 871 lincaria, acuta, supra lineata et tactu scabï-a , margine subsimplici scabro. Spicœ paucse , distantes , snbsecundae , in panicnlam niitantem alternatim dispositœ. Spicalœ solitariac , iu apicc cyatbifoimi pedicelli curvati arliculatae^subsessiles, uniflora?. Glumœ nuliœ , nisi cupulam membranaceani apicis pedicelli glumam existimes. Paleœ 2, cbartaceo-coriaceae , corupresso-carinatse, mutica;, obtuse mucronatae , breviisimè stipitatae , stipite crasso-rotundato; exterior 5-venia, veuâ média (carinâ) duabusque marginalibus denticulato-ciliatis , duabus inter- mediis subglabiis, interveniis scabris; interior 3-venia, pauUo ferevior, carinâ denticulato-ciliatâ, intervenio scabro, cseterùm laeviuscula. Lodiculce 2, C3ivnos3ey acinaciformes , iutegraî , glabrae., Stamina 6 , antheris longe exsertis. Ofarium ovato-oblongum , glabrum. Sirli 2. Stigmata plumosa , divisionibus ramosis , ratioue stylorum longa. Caryopsis Legimus in aquosis Jumalpore j in plagis inundatis ÎJheels Yernaculè dictis , 6y//ze;confînibus ; in collibus Kasiensibus propè Nunklow, et nuperiùs in re- gioue Assamica superiore, annis 1 835-36. Obs. Nous avons pour l'établissement de ce genre l'autorité de M. Brown (Prod.FI.Nov. Holl. ed Nées. 1. p. Sj, suh Leptaspide)'^ car il diffère totalement du Pharus , auquel Uetz l'avait primi- tivement rapporté. M. Brown pense que cette espèce et la sui- vante ne peuvent être conservées parmi les Zizania, et qu'elle doit former un genre distinct. On verra que j'ai essayé d'aller au-delà , et que j'ai été seulement détourné par la difficulté de là caractériser nettement et de la séparer des Leersia , genre dont je n'ai connaissance que par l'Agrostographie de M. Kunth. II présente des affinités avec les Orjza, et principalement avec la variété dépourvue d'arêtes. La présence d'une cupule mem- braneuse terminant le pédicelle dans \Oryza, sert à prouvef qu'elle ne peut être considérée comme une modification de ses enveloppes. POTÂMOCHLOA GHff. Spicujœ uniflorœ. Gîumœ nuUae. Palleœi, membranaceo- chartacese, carinatœ, apertae, exteriore in aristam productâ. Lodiculœ. 2. Stamina 6. Styli 2. Stigmata plumosa. Caryopsis. — Gramen fluitans ope vaginarum cellulosarum, dense cœspi- tosum. Folia lata;ligula obsoleta. Panicula effusa erecta; pedi- celli infra médium constricti. 24. 3^2 w. GTiiFFiTiT. — Gramuiées du district de Sylhet. PoïA3iocHLOA Retzii Griff. Zizania? aristata, Runth, Agr. p. îo. Leersia aristata, Roxb. Flor. Iiid. i , p. 207. Pharus aristatus, Retz, Obs. 5, 23, ex Runth. Hab. Inaquisstagnantibus <ÇiYo^h Jumalpore et copiosissimè in inundatis , Jheels dictis , Sylhet confinibus. Legimus florentem , septembre i835. Culmi emersi vix pédales glabri ; immersi longissirci , hinc illinc radiculas ca- pillaceo-divisas emittentes. Vaginse immersae vel semi-imraersse quam maxime cel- lulosae, incrassatae et quasi inflalae ; emersœ longiores cylindraccœ, minus cellulosae. tolia in exeraplaribus spontaneis seraper emersa et erccta (1) lanceolata, basi cordata, obtusa, apice subcucullata , rigida^ suprà tactu scabra. Panicula erecta axiadejusoriginem subito augustatâ ; ramiinfimi subverticillati, divaricati; supe- riores alternantes ascendentes. Spiculœ rarais adpressae, subsecundseinferiores ge- minatej insequaliter pedicellatœ, supcriores solitariae longius pedicellatae. PedicellL clavati , infrà médium constricli, ibidemque annulo rubro insignili, spicularum infimarum curvati. Paleœ sessiles, apicuia pedicellorum conlinuse ! vix com- pressas; exterior major 5-venia , venis denticulato-ciliatis, caeteriim parce hirîa, arista continua , recta , scabni , paleam cxcedens ; interior rautica , acuminata , 3-venia, carinâ denticiilato-scabrâ , venis lateralibuslaevibuspallidis. Lodiculœ'2y subacinaciformes , magnse extrorsùm gibbosse etcarnosse, intiorsùm subnoembra- naceae ^ glabrse vel apice ciliatse. Staniina B, fdamenta longé exserta ; antherae lincares , longae. Oparium oblongum, glabrnm. Stigmata ratione stylorum longiuscula. Caryopsis non visa, stipitata? Obs. Ce genre me paraît voisin du Zizania. Il diffère, à ce que je crois, de la précédente , parle port , la forme et la consis- tance de la paillette, qui est ouverte pendant la période de l'in- florescence , et dont l'inférieure est aristée. (t) la exemplaribus in liorto GalcuU.ie cultis natantia oblonglora et teneriorâ. w. CKiFFiTH. — Graminées du dlsincL de Sylhet. 378 VossiA Wall, et Griff. Mss. Spica compressa, aiticulata, rachi flexuosâ excavatâ» Spi- culœ in singulo articulo cluse , altéra sessili , altéra pedi- cellatâ, biflorse. Glumœ 1, dissimiles, exterior chartaceo-cartila- ginea, plana, apice in cuspidem producta; interior chartacea, mutica, carinato-navicularis. Flosculi hyalini , mutici; superior (interior) hermaphroditus (in spiculâ pedicellatâ sœpiùs mascu- lus) , bivalvis 3-venius. Lodiculœ 1 , cunealae , dentatse. Stamina 3, Stfli 1. Stigmata plumosa. Caryopsis Flosculus inferior mas- culus bivalvis bivenius ! Gramen procerum,fluitans csespitosum. Ciilmi 3-4-stachyi. jPoZta longissima, plana, venâ central! crassâ albâ. Ligula indivisa , dcrisè ciliata. Diximus in me- moriara B. Johannis Georgii Vossii^ poetse Geimanonim dulcissimi , erudi- tissimi , poenfàturn Graecorum et Lalinorum , imprimis Georgici Virgiliani tran- slatons et commcntatoris locnpletissimi , reruin botanicaruin et agrestium insi- gniter periti. Vossia proceraY(2M. et Griff. Mss. Ischœmum cuspidatum Roxb. Flor. Ind, éd. Carey, i. p. 325. ^- Runlh. Agr. p. 5 16. Hab. In inundatis vernacule Jheels dictis prope Hubbeganje, fluminis Barak, Bengalse orientalis. Florentem invenimus mense septembris i835. Gramen glaucescens, in aquis stagnanlibus leniter fluentibus profundis nascens. Culmi immersi longissimi , crassi, cellulosi , radiculas capillaceas ad geniculas emittentes, eraersi 3-4-pedales, yaginis Iaxis , corapressiusculis , tactu scabris undiquè tecti. Vaginarum axillse gemmifcrse ; colla dense bai'bata. Ligu- la brevis Iruncata. Folia lineari-ensiformia, basi subcordata, longissiïaè subulato- acuminata ,2,3 {-'pedalia , suprà parce piibescentia, infià glabra, venâ centrali crassâ, albâ, sujfa plana, subtùs prominalâ, raarginibas carlilagineis antrorsùra denticulatis. Spicœ terminales, biose vel ternse , rariùs quaternse , digital ae , 6-8-unciales, patentes, subnutantes, latérales, subsessiles , rudimento alteriys interdùm adjecto , teiminalis pedunculata, iusertionibus cartilagineis plus minus hispidis. Rachis iotrorsùm planiuscula , extrorsiim convexa ; flexuris dextrorsis sinistrorsisquc , marginibus acabrii. Spiculcc pedicçllatai , iiiiîujte suramsequc 374 w. GRfFFiTii. — Graminées du district de Sylhei. tabescentcs. PediceUi spicularam inferioruin articulis paulo lougiores. Glumâ «xterior cloi'so plaua , venoso-striata , apice producta iii cuspidem cnsiformem, longam , glumam ipsam ferè bis supeiantera, vectam vel subundnlatam, venoso- striatam , maiginibus dcnticulato-scabris. Intcrlor naviculaiis , caiinâ obliqua a medio supra scabra,brcviter mucronata,ii-regularitcr venosa,\'enâ centrali nunc incomplets intcrmediis inconiplelis et saepiiis , praesertim spiculae sessilis, cum venâ centrali arcuatina conflueutibus. Paleœ floscuU exterioiis masculi men).- branaceae , biveuiae ! exterior apiculo brcvi pubescente : marginibus rautuo invo- lutis subciliatis. Lodicidœ 2 , carnosœ, raaximae , cuneatae , angustiores quain in flosculo hermaphrodito , dentatse. Antherœ longé exsertee , lineares , lutese. Pollen globosum, inaequale, laeve. Rudimentiim fseniinei nullum. Paleœ flosculi interioïis hermaphroditi consimiles,sed exterior trivenia.io(iic«/<5E' siami- îiaque ut in mare. Opariu/n subobovatum , glabrura. Styli duo , urabone nulle interjecto. Stigmata ratione stylorum longa , raniis denîiculatis. Caryopsis Spiculœ stipitatse flosculi minores , et superior interiorrariùs hermnpliroditus. Obs. Genus habitii quodammodo Tripsaci, H emar ê uriœ çiccQ- dens, seddiscrepans praecipuè pedicellis flosculorum exteriorum glumisque interioribus spicularum sessilium solatîs , nec axi adnatis, flosculisque exterioribus bipaleaceis mascidis , nec uni- paleaceis neutris. Ab IscJiœmo differt prœcipuè paleâ exteriore floculi hermaphroditi (superioris) muticâ. Panicum Brunonianum Wall, et Griss. Mss. Paniculâ effusâ, spiculis i vel 1 infimis sessilibus et in axis excavationibus seminidiilantibus , reliqiiis exsertis saepissimè so- \itariis , rachillâ in aristam spiculam duplo sepurantem producta, foliis linearibus 3-vemis vaginisque glabris , ligulis 3-dentatis. Hab. In aquis leniter currentibus profundis plagarum Jheels dictarum propè Goalnagar; florens septembre. Grameii fluitans: culmi longissirai , compressiusculi, ad geniculos radicaulcs , vaginarum colla nuda. Ligulœ dens inlcrmedius minor. Folia linearia 2-3-an- ciala , obtusiuscula, 3-vcnia, marginibus subsimplicibus deuticulatis. Paniculâ terminalis, ambita ovata, subglabra, axi infernè îetragonâ etexcavatâ. Spiculœ 1 vel 2 infimae in excavationibus seminidulantes; reliquae exserlas saepissimc solitariae; rachillâ scabra ultra spiculam quamque si unica, ultra terminalem si gemiuata, in aristam subulatam , antrorsiim denticulatam producta. Gluma exterior miniraa , membranacea , evenia , subcrenulata , decolorata ; interior lanceolala , acula , mutica, vcuosa (sub-i3-vcuia) marginibus paiîim , involutis w. GRiFFiTii, - — Graminées du district de Sjlhet, 875 subciliatis. ïlosculi dissimiles ; exterior masculus , duplo triplove major^ palea exterior glumae interiori stimilis , sedscabrella et margines magis involuti; interior duplo luinor breviorque, raembranacea , glabra , apice bifida , dente setiformi mi- nimo interdùm interjecto, venis 2 indistinctis infra apicem evanidis.Z,ot^jCM/YGALÉEs. Polygala serpillacea Weihe. La rieze de Rocroy. Polygala uliginosa Rchb, Lieux marécageux de La rieze. Hyféricinées. Hypericum duhium Leers. Les bois et quelques prairies. Composées. Arnica monta?ia L. Fréquente dans les landes et les bois de Rocroy, Beaulieu et jusqu'en Belgique. Connue dans le pays sous le nom à'herbe au prêcheur, sans doute à cause de la disposition de ses fleurs. Centaurea montana L. Les bois situés entre Rocroy et Revin. Campanulacées. Campanuîa çervicaria L. Les bois entre Rocroy et Fumay. BoRRAGiNÉEs. Myosoùs lutea Pers. Auprès de Rocroy. AsPAHAGÉES. Convallaria verticillata L. Les environs de Rocroy, les bois d'Estaignière, Beaulieu. Graminées. ^♦^ewa «me^Ays^^wa DC. Auprès de Chimay (Belgique), Espèces et variétés nouvelles. On trouve fréquemment, dans la partie de l'arrondissement de Vervins qui avoisincl'Ardenne et dans le canton de Rosoy-sur-Serre, une variété du boucage {Pimpinella)à grandes feuilles, ou plutôt une espèce bien distincte, qui y remplace coaplètement l'espèce ordinaire. Les feuilles radicales fort amples sont ailées , à folioles ovales en coin, pinnatifides , incisées-dentées en scie ; les supérieures réduites aux gaines. Sa tige s'élève quelquefois à cinq pieds: elle se trouve aussi dans l'arrondissement de Sainl-Pol (Pas-de-Calais). Ne pourrait-on pas la nom- mer Plmpinella axonensis ? Deux variétés du chanvre cultivé viennent spontanément sur la montagne de Laon , près Ardon. La première se distingue de l'espèce par ses tiges basses et DE LAFONT. — Sur la végètatiou des environs de Laon^ etc. 879 très rameuses , et la seconde par ses feuilles simplement lobées , à cinq et quel- quefois trois lobes , et non à cinq ou sept folioles. BelUs perennis L. Monstruosités : l'une a neuf pédoncules en ombelle , trouvée entre Rosoy-sur-Serre et Chéry ; l'autre remarquable par de longs filets blancs , qui s'échappent du milieu du disque, trouvée dans le parc du cMteau de Cuiry; la troisième, observée auprès de E.ocroy, à fleurettes de l'intérieur de la calatbide, métamorphosée en feuilles. Linaria spuria Blill. t- p. grandifolia. Auprès de Parfondeval, Marie. Cette variété et l'espèce se pélorient très fréquemment dans l'arrondissement de Vervins. Les corolles ont cinq ou six éperons. Dans d'autres pélories, la corolle est à cinq lobes ; mais elle est fendue dans sa partie supérieure, et n'est munie que de trois ou même quelquefois de deux éperons. J'ai observé sur plusieurs pieds une pélorie qui, je pense, est encore nouvelle pour la science. La corolle semble, au premier abord , avoir conservé sa forme ordinaire, mais, lorsqu'on l'examine avec attention , on remarque qu'elle est munie de deux éperons, et que la lèvre supérieure, au lieu d'être bifide, comme dans l'état normal, n'a plus qu'un seul lobe , tandis que l'inférieure en a quatre. Un seul échantillon m'a procuré une corolle à lèvre supérieure bifide. Sur une tige chargée d'un grand nombre de fleurs à corolle régulière, j'en ai observé une privée d'éperon et du reste semblable aux autres. Scrophularia aquatica L. v. p. S: àppendiculata Balb. Flore jlavo, La variété à fleur jaune de la Scrophulaire aquatique n'a encore été observée qu'une seule fois en France , à Cluny (Saône-et-Loire), dans un fossé de la route, vis-à- vis le portail de la papeterie (Mutel , Flore française , t. 11, p. 369) ; mais ma sous-variété àppendiculata j est par conséquent encore inédite. J'ai eu le bonheur de découvrir cette belle plante, en juillet i836 , près Agni- court , sur les bords de la Serre , non loin du confluent du Porcelet dans cette rivière. Elle se trouvait mêlée à la variété àppendiculata , et les corolles jau- nâtres purent seules me la faire remarquer. Prunella vulgaris. Une monstruosité de la prunelle commune , trouvée à Saint-Georges, près Rosoy-sur-Serre, prouve la justesse des observations de MM. Henri de Cassini et Moquin , observations qui démontrent que , dans les Labiées , le lobe moyen de la lèvre inférieure est la seule partie de la corolle qui ait conservé sans aucune altération les caractères primitifs. En effet, dans cette monstruosité remarquable, les trois lobes de la lèvre inférieure se sont métamor- phosés en trois pétales , dont les deux latéraux sont presque avortés. Convallaria muliifloralj. var. C- longibracteata 'Nohis.CcUe variété diffère de celle de Roeper, trouvée auprès de Thann,par ces pédicelles munis de bractées d'une telle dimension, qu'on pourrait les prendre pour de petites feuilles. Je l'ai observée à Coing , dans les bois. Campanula rolundifoUa L. J'ai trouvé dans la forêt des Ardennes, près Rocroy, une monstruosité delà campanule à feuilles rondes, dont la tige aplatie 38o J. p. GUÉPijv. *~ Flore de Maine-et-Loire. était ornée de trois fleurs. Deux d'entre elles avaient une corolle régulière, mais à dix lobes, au lieu de cinq. Les organes sexuels étaient aussi en nombre double. L'aplatissement de la tige avait concouru à former cette monstruosité remarquable. La troisième fleur avait conservé la forme primitive. ConvolvuLus arx^ensis L. v. ^. corollis profonde quinque- partiiis Nobis. Celte variété n'a jamais été observée. Ses corolles ont cinq lobes très étroits qui arrivent près de la base , sans y atteindre néanmoins. Quelques-unes d'entre elles ont un stigmate à trois lobes et non à deux , comme dans le Liseron des champs. Trouvée à Anteny^ avec l'espèce. Flore de Maine-et-Loire, par J. P. Guépin, D. M. Tome i*', 52" édition, in-ia. 4og. p. Angers, chez Pavie. Paris, chez Baillière. En i83o, M. le docteur Guépin publia le premier volume d'une Flore de Maine-et-Loire, fruit de plusieurs années de travaux consciencieux et assidus, et modèle^ selon nous, des Flores départementales. Nous ne sommes donc pas étonnés de voir paraître dès à présent une seconde édition de ce premier volume, parce que son utilité ayant été justement appréciée par les nombreux élèves de l'École de médecine d'Angers , la première édition a dû s'écouler rapidement. Mais nous regrettons que M. Guépin n^ait pas encore publié le second volume , qui devait être consacré à la Cryptogamie , partie de la science à laquelle il s'est attaché de préférence, et où il a fait des découvertes intéressantes pour la Flore française. Dans l'avertissement placé en tête de l'ouvrage, l'auteur annonce ce second volume, et il indique les principales espèces cryptogamiques qu'il se pro- pose de publier. Comparée à la première édition , celle qui vient de paraître présente des addi- tions notables. C'est assez faire l'éloge de ce livre, qui a obtenu un grand succès dans son pays, succès mérité par l'exactitude et la concision des descriptions , la bonne détermination des espèces, l'indication des localités, et les savantes obser- vations qui accompagnent les plantes ligneuses. M. Guépin est certainement un des botanistes les plus au courant des publications nouvelles qui paraissent tant en France qu'en Allemagne, en Angleterre et en Italie, sur les plantes d'Europe, et il en a enrichi sa Flore de Maine-et-Loire. Nous desirons qu'il trouve des imitateurs dans les principaux départemens , surtout dans ceux qui sont placés au centre des régions dont l'ensemble de la végétation présente un caractère parti<;ulier. Germination du Marsilea Fabri. 38 1 Germination du, Marsilea Fabri. Le rapport de M. Auguste de Saint-Hilaire , renfermant tous les faits signalés par MM. Dunal et Fabre dans leur'notice sur la germination de cette plante, cous avons pensé qu'il suffisait d'y joindre les figures de cette germination que ces savans avaient ajoutés à leur travail: elles complètent l'histoire de cette plante intéressante. EXPLICATION DE LA. PLANCHE XIJI. a. Grappe détachée du pédoncule mucilagineux , de grandeur naturelle, vue du côté des ovules. A. La mênie, grossie. I. Ovule de grandeur naturelle. I. Le même très grossi. a. Ovule commençant à germer. — b. Première feuille ou cotylédon. IL Le même grossi. III. Autre ovule plus avancé , avec le cotylédon et la première radicelle, grossi. IV. Le même un peu plus avancé et grossi . 5. Le même , de grandeur naturelle : la première feuille ou cotylédon b ; la seconde feuille d, la troisième feuille/; la quatrième feuille encore recourbée /«,- la première radicelle c; la seconde e ; la troisième g, V. Le même grossi. 6. Plantule de grandeur naturelle un peu plus avancée moutrant: b , la première feuille ou cotylédon; d, la seconde feuille;/, la troisième; /< , la quatrième feuille épanouie. c , première radicelle ; e , seconde ; g , troisième ; i , quatrième radicelle. 7. Autre plantule de grandeur naturelle , montrant : b, première feuille ou cotylédon j detf, deuxième et troisième feuille ;/«, quatrième feuille; /(, cinquième feuille encore recour- bée en crosse. 8. Autre plantule , de grandeur naturelle , un peu plus avancée , montrant : b , première feuille ou cotylédon • d , seconde feuille ; /, troisième feuille; h, quatrième feuille; k, cinquième feuille; m, sixième feuille, encore roulée eu crosse ; c, e, g^i j radi- celles dans l'ordre de leur développement, 9. Autre plantule où l'on voit le cotylédon: 6,1a première et la seconde feuille ; c? et/, qui, au lieu d'être entières et spatulées comme dans les figures précédentes, sont bilobées à lobes oblongs linéaires j h , quatrième feuille dont les folioles ne sont pas encore étalées. 10. Autre plantule dans laquelle on ne voit point de feuille en alêne comme la première feuille des autres plantules, mais où l'on voit , en revanche, quatre feuilles bilobées; djf, h,hf, qui précèdent la première feuille quadrifoliolée. La feuille d serait-elle la première qui , au lieu d'être subulée , aurait un limbe bilobé ? Dans ce cas /"serait la seconde feuille , ^ la troisième et y la quatrième. Le nombre des feuilles qui précèdent la première feuille à quatre folioles serait le même que dans les autres plaittules. Il n'y aurait alors de changement que dans la forme de ces feuilles. TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE VOLUME. OKGANOGIIÀPHIE, ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALES. Observations sur la circulallon des fluides chez le Chara fragilis Desvaux , par M. DuTRocHET .... 5 et 65 Noie sur la coloration de Y Hibiscus mutabilis ^ par P. W. Korthals . . 65 Influence de l'électricité sur la circulation du Chara , par MM. Becquerel et DuTROCHET 8o Des organes mâles du genre Tar^îoraïa, découverts sur une nouvelle espèce du Chili i par Camille Montagne i oo Rapport fait à l'Académie des Sciences par MM. Achille Richard et Auguste de Saint-Hilaire , rapporteur, sur un mémoire ayant pour litre : Germi- nation du Marsilea Fahri, par MM. Fabre et Dunal ii5 De l'organisation et du mode de reproduction des Caulerpées, et en parti- culier du Caulerpa FF'ebbiana, espèce nouvelle des îles Canaries, par M. Camille Montagne 129 Recherches anatomiques sur la Chlorophylle jT^mx M, Hugo Mohl. ... i5o Extrait d'un mémoire de M. F. Dunal sur les Algues qui colorent en rouge certaines eaux des marais salans méditerranéens 1 172 Recherches sur la coloration hibernale des feuilles, par M. Hugo Mohl. . aii Recherches sur le rhizome du Tamus elephantipes , etc. , par M. Hugo OHL. i 279 Recherches sur le développement du Liège et du Faux-Liège sur l'écorce des dicotylédones ligneuses . . ^ , . . t.;,. . . . . 290 GeïminaXion au. Ikfarsilea Fabri. . . .î. . l.. • . • . :'.N . . . fi] 38i monographies et descriptions de plantes. Centurie de plantes cellulaires exotiques nouvelles , par M. Montagne. • 38 Observations sur la spécification des Zannichellia et sur le ^enxe Diplan- ^ ^/iera de Du Petit-Thouars, par Ad. Steinheil 87 Observations sur quelques espèces à'Aristida^ par J. F. Tausch. . . < . 127 Notice smVAbies Pinsapo j par M. E. Boissier. . . [7] . . . . . .167 Description de deux genres de la famille des Hamamélidées,de deux espèces de Podostemon et d'une espèce de Kaulfussia, par M. W. GRiPFrTH, . 1 j^ TABLE DES ARTICLES. 383 Recherches sur les Cladonia de la flore du Hartz , par Hampe. .'..-• . 243 Etudes sur quelques genres et espèces de la famille des Asclépiadées , par J. Decaisne , aô/.et Z21 De rétude des fruits et de la graine , prise pour base de la détermination des espèces, par M. de Massas, capitaine d'artillerie. ....... 348 Observations sur quelques Graminées 3ii Description de quelques Graminées , formant une partie de la végétation des /Aee^Sj du district de Silhet, par M. W. GRiFriTH FLORES ET GEOGRAPHIE BOTANIQUE. Flcrœ fluminensis Icônes lapidi inscidptœ, edidit D. A. de Arrabida. . 64 Flore du bassin sous-pyrénéen, par M. J. B. Noulet 118 Prodromus florœ Peninsulœ Indice Orientalis , auct. R. Wight et Wal- ker-Arnott 121 Matériaux pour servir à la Flore de Barbarie , par M. Ad. Steinheil. . . 193 Observations sur le climat du territoire d'Hyères et sur les végétaux exo- tiques qu'on y cultive en pleine terre , par M. Martins 235 Flora cestrica , par le D"^ W. Darlington 254 Extrait d'une lettre de M. Perrottet sur la végétation des montagnes dites Kilgherry 288 Note sur la végétation des environs de Laon, Vervins et Rocroy, comparée à celle de Paris , par M. de Lafont, baron de Melicccq 375 extraits d'ouvrages généraux et mélanges. Icônes selectœ planiarum quas in Prodrome systematis unipersalis ex herbariis Parisiensibus , etc. , descripsit A. P. De Candolle ; editœ a Benj. Delessert, vol. tertium 58 Troisième mémoire sur le groupe des Céramiées et sur le mode de leur pro- pagation, par M. J. M. Duby 189 Essai sur les Cryptogames des écorces exotiques officinales, par^M. A. L. A. FÉE 249 Flore de Maîne-et-Loire , par M. Guépin 38o Publications nouvelles .;, .; ,. - ... Siy TABLE DES PLANCHES. CONTENUES DANS CE VOLUME. PjL ANCHES l , U» 3. lO, II , 12. Structure et circulation du Chara/ragilis. A. Zannichellia dentata Willd. B. Zannichellia palustris WïWd. A. Zannichellia palustris Wûld. B. Diplanthera Du Petit-Thouars. Targionia bifurca Mont. et Nées. Caulerpa TVebhiana. Rumex bucephalophorus - — Emex australis.'-'Or- chis lœla. (Détails anatomiques. Daucus gracilis. Genres d'Asclépiadées. Germination du Marsilea Fàbri. — du Tamus communis. FIN DU NEUVIÈME VOLUME. Bot. Tom g ri.j. -;^.--; à " . ,^f;j Uj'iuHuro et cirru/alwn du Cliarn frao-ilis r '^, ylnn . cic^ Seienc. naf. 2^ Série . Bot Toni . q . J'/ . 2 . 'Il' ■y / 'il: SiTucàtre et circa/ation (^u Cliara frafrilis c,:.: J ^ot.Iom.q.ri 3. K.ZamWu'//ai f^ ^^ f A' \ [ # A i\Û fh \i i 44! V, A "Vil H^ hCrijinnenia riifescen